Hey !
Après avoir eu un peu de repos, Gabrielle va avoir une sale journée...
Bonne lecture !
Chapitre 28 : Vieille bique et Sombrals
La journée de la veille avait été étrange. J'avais dû expliquer à Blaise Zabini que je ne voyais qu'en lui un ami et rien d'autre… Il avait compris mais était néanmoins distant. Drago ne voulait plus lui adresser la parole pour le moment, car il était vexé que son ami me fasse des avances.
Les choses avançaient petit à petit avec Drago, mais notre relation si je pouvais l'appeler comme ça, restait entièrement secrète. Astrid avait quelques soupçons mais j'arrivais à ne rien lui dire… De mon côté j'avais passé les derniers jours à ignorer mes amis Gryffondor, je n'avais pas encore digéré la remarque de Harry concernant les Serpentard… Mais je ne pouvais pas éviter les lions indéfiniment…
- Halte là ! s'écria Fred.
- On ne bouge plus ! renchérit George en me tenant par derrière.
- Eh ! rugis-je.
Je me débattis en vain, l'ancien batteur de Gryffondor me tenait fermement.
- C'est moi, où on ne te voit plus Gabby ? demanda George sur le ton de la plaisanterie.
- Demande à Potter ! grognai-je en m'échappant des bras du rouquin.
- C'est pas une raison pour nous ignorer George et moi… dit Fred l'air taquin.
- Je vous ai manquer tant que ça ? plaisantai-je.
- T'aimerais hein ? taquina Fred.
- Pfff… soufflai-je en souriant.
Nous échangeâmes les dernières nouvelles et en profitâmes pour critiquer allègrement Ombrage. Mais la cloche sonna la fin de la pause, je devais justement me rendre en cours de Défense contre les forces du mal.
Devant la porte attendaient sagement les Serpentard et les Serdaigle. Je rejoignis Drago et patientai à mon tour…
- Vivement les vacances de Noël… chuchotai-je. J'en peux plus de voir sa tête…
- Tu rentres en France ? demanda le Serpentard.
- Ouais, j'ai pas vu mon père depuis la rentrée donc… répondis-je.
Ombrage fit son apparition et je ne pus m'empêcher de pousser un soupir d'exaspération. J'entrai dans cette salle que je détestais et m'assis à ma place, aux côtés de Malefoy.
- Bonjour à tous, la leçon du jour portera sur les détraqueurs. Veuillez prendre votre livre à la page 255 et lire l'ensemble des documents.
Un bruit sourd survint, les élèves sortirent leur énorme manuel en même temps. Je cherchai la bonne page et commençai à lire nonchalamment les différents documents sur les détraqueurs.
- Je ne comprends pas ce passage… murmurai-je à Drago.
Même si j'étais forte en anglais, il restait certains mots ou expressions que je ne comprenais pas.
- En gros, c'est quand le détraqueur….
- MONSIEUR MALEFOY ! rugit Ombrage. Vous souhaitez un micro peut-être ?
- C'est ma faute Madame, intervins-je. J'ai demandé une explication.
- Et pourquoi donc ? demanda le barbapapa outré.
- Je n'avais pas compris le sens d'une phrase, avouai-je.
- Et vous ne pouviez pas lever la main ? rétorqua la bonne femme.
- Je ne voulais pas interrompre le cours pour ça.
- Ou bien vous aviez trop honte d'avouer à la classe que vous ne compreniez pas l'anglais… répliqua-t-elle le sourire aux lèvres pendant que Pansy et Millicent rigolaient de sa remarque. Vous savez, reprit-elle, vous devriez prendre des cours d'anglais. Cela vous éviterait de poser des questions inutiles et ferait disparaitre cet horrible accent français.
- Vieille bique, lâchai-je en français sans m'en rendre compte.
- Qu'avez-vous dit ?! s'insurgea Ombrage.
- Rien… soufflai-je en sachant que j'allais avoir des problèmes.
- Traduisez immédiatement ! s'énerva-t-elle.
- Vous n'avez qu'à prendre des cours de français si vous voulez comprendre, vieille bique ! m'emportai-je.
- SORTEZ TOUT DE SUITE ! cria Ombrage.
Je me levai brusquement sous les regards médusés de mes camarades et envoyai voler ma chaise.
- Ce sera un mois de retenue vous m'entendez ! UN MOIS ! s'égosilla l'horrible sorcière.
Je me sentais bouillir mais préférais ne pas aggraver mon cas. Je sortis en claquant la porte et me rendis dans la cour du château.
J'attendais mes amis dans la Grande Salle pour le déjeuner… Je n'étais pas fière de moi, mais le barbapapa m'avait vraiment cherché sur ce coup-là… Cette sorcière était vraiment xénophobe.
Peeves volait et embêtait les rares élèves présents dans le réfectoire. Il s'approchait de plus en plus de moi, je ne pouvais pas y échapper.
- Alors la française est encore toute seule ! On a fait des bêtises ? se moqua le spectre.
- Je suis pas d'humeur Peeves… Cette harpie d'Ombrage… ronchonnai-je.
- Peeves ne l'aime pas du tout ! pesta le fantôme.
- Pour une fois qu'on est d'accord… dis-je avec un léger sourire.
Puis il s'envola et me laissa attendre en paix.
Des voix résonnèrent soudainement, les élèves avaient fini les cours et n'allaient pas tarder à franchir les portes de la Grande Salle pour déjeuner.
Nombreux Serpentard s'assirent en me fixant. Une chose était sûre j'avais fait sensation pendant le cours de Défense contre les forces du mal…
Astrid arriva en trombe, suivie par Drago et d'autres serpents qui souhaitaient entendre mon ressenti.
- Punaise c'était quoi ça ! s'empressa mon amie. Elle est vraiment tarée cette femme !
- M'en parle pas… répondis-je blasée. J'ai un mois de retenue avec elle…
- En plus tu parles mieux anglais que certains d'entre nous, lâcha Drago en désignant du menton Crabbe et Goyle.
- Je crois qu'elle a vraiment une dent contre moi… Elle va me renvoyer avec les Gryffondor, pouffai-je.
- Je peux aller voir Rogue… peut être qu'il pourra faire quelque chose, proposa Drago.
- C'est très gentil, mais je vais prendre mes responsabilités et assumer…
Notre conversation fût coupée par l'arrivée des hiboux distribuant le courrier du jour. À ma grande surprise, une lettre tomba délicatement dans ma main.
Miss Arbois,
Nous serions enchantés d'avoir votre présence au Manoir pour célébrer la nouvelle année.
Ainsi, nous vous convions, si vous le souhaitez, à venir quelques jours dans notre humble demeure.
Merci de nous retourner un hibou avec votre réponse.
Je vous prie de croire, Miss Arbois, en l'expression de nos plus respectueuses salutations.
Lucius et Narcissa Malefoy
J'étais tout d'abord surprise par cette invitation… mais aussi par le fait qu'ils avaient osé utiliser « manoir » et « humble demeure » dans la même lettre.
- Euh Drago… balbutiai-je.
- Hum ? fit-il en relevant la tête de son assiette.
- Tu étais au courant ? demandai-je.
- De quoi ? Eh mais c'est notre hibou, remarqua-t-il.
- Oui il m'a apporté une lettre de tes parents… répondis-je en lui donnant le papier.
Il le lu attentivement et reprit :
- Je te jure, je n'étais pas au courant de ça… Tu comptes accepter ?
- Je sais pas du tout, avouai-je. D'un côté ça ne me déplairais pas de passer le nouvel an avec toi…
- Ça pourrait être sympa… dit Drago.
- Ouais ça me changera de la traditionnelle cuite du nouvel an… je vais leur répondre que je viens, assurai-je. Enfin, seulement si tu arrêtes de sourire comme un idiot, plaisantai-je.
- Je suis content que tu viennes c'est tout… dit-il les joues vermeilles.
- Venir où ?! s'enquit Astrid en s'incrustant dans la conversation.
- Je suis désolé, cela ne concerne que Miss Arbois et moi-même… dit gentiment Malefoy.
Cette journée était décidément pleine de rebondissements. Et comme on dit si bien, jamais deux sans trois. Rogue arrivait à grand pas et avait l'air énervé, aucun doute c'était pour moi.
- Miss, dit-il froidement en me faisant signe de le suivre.
Je n'avais même pas fini de manger que je me retrouvais à sortir de table.
- Astrid, prend-moi du gâteau s'il te plaît, demandai-je en partant pour suivre mon directeur de maison.
La sombre silhouette du professeur Rogue m'emmena jusque dans les entrailles de Poudlard, les cachots. Il ouvrit d'un coup de baguette la porte de son bureau et d'un autre geste il tira une chaise en bois déformée pour que je puisse m'y asseoir.
Il se plaça derrière son bureau massif et resta immobile les bras croisés. Aucun de nous deux ne prononçaient mots, le silence pesait de plus en plus et les secondes paraissaient des heures.
- Je suis déçu, dit-il brisant ce lourd silence.
Je ne répondis pas et me contentai de fixer le sol poussiéreux de son bureau.
- Mrs Ombrage m'a fait part de votre comportement… ce n'est pas admissible Miss Arbois.
- Mais ce n'est pas ma faute ! C'est elle qui est grossière ! me défendis-je.
- Je ne pourrais pas vous aider, cette fois-ci, dit Rogue. Vous allez devoir vous rendre en retenue jusqu'au vacances d'hiver, c'est-à-dire trois semaines.
- Bien, j'irai, répondis-je sèchement. Mais vous pouvez regarder dans mes pensées, ce n'est vraiment pas ma faute si elle déteste les étrangers !
- Je veux bien vous croire, cependant je tiens à ce que vous puissiez terminer votre cursus scolaire à Poudlard.
- Bien, professeur… soufflai-je.
- D'ailleurs, la semaine prochaine vous vous rendrez dans la Grande Salle le samedi matin à 10 heures, déclara Rogue. Vous allez suivre le stage d'apprentissage de transplanage avec les sixièmes années. Car après tout vous êtes majeure… Et à partir de demain et ce pour les trois prochaines semaines, vous irez dans le bureau de Mrs Ombrage à 19h30, tous les soirs.
- Tous les soirs ? m'indignai-je.
- Vous avez bien entendu. Cela étant dit, vous pouvez disposer.
Je ne me fis pas prier pour sortir de son bureau.
Je traînais des pieds et marmonnais des choses incompréhensibles, Ombrage avait vraiment le don de m'énerver, une chance pour elle que la nouvelle potion que m'avait concocté Rogue fonctionnait. Sinon, cette chose qui m'habitait aurait sûrement pété un plomb.
Je retrouvai Astrid qui me donna une petite madeleine pour que je puisse manger un peu…
- On doit vite se rendre en cours de Soin aux créatures magiques ! s'écria Astrid.
Non seulement cela allait être un de mes premiers cours avec les Serpentard et non les Gryffondor, et c'était aussi mon premier cours avec Hagrid comme professeur. J'appréhendais énormément, car j'adorais la professeure Gobe-Planche… Et Hagrid bien qu'étant très gentil, me semblait moins qualifié pour ce poste… Mais comme on dit, l'habit ne fait pas le moine.
Il faisait terriblement froid aujourd'hui, le vent nous fouettait violemment le visage et les nuages étaient de plus menaçants. Parfois un grondement sonore se faisait entendre contrastant avec le silence du parc. J'étais emmitouflée dans ma grosse écharpe Serpentard et portais la panoplie complète, bonnet et gants verts et argents.
Les autres étaient déjà arrivés et Hagrid faisait patiemment l'appel.
- Excusez-nous pour le retard, dis-je essoufflée.
- C'pas grave Miss Arbois, répondit le géant avec un large sourire.
Drago ne pouvait s'empêcher d'émettre des critiques à son sujet, à vrai dire, personne n'était vraiment enthousiasmé par le fait de l'avoir comme professeur… Cela me fit un pincement au cœur, mais j'attendais sagement de voir comment le cours allait se dérouler.
- Ombrage l'a inspecté ce matin avec les Gryffondor… murmura Malefoy, ça s'est très mal passé pour ce balourd.
- Ah oui ? s'enquit Pansy en se collant à Drago telle une sangsue.
Je les regardai d'un air amusé, et m'avançai avec Astrid afin de mieux écouter Hagrid.
- B'jour à tous ! dit-il de sa voix tonitruante. Aujourd'hui, cela va être une leçon plutôt spéciale ! Suivez-moi !
Et il s'enfonça petit à petit dans la forêt interdite. Sous les regards inquiets et dubitatifs de l'ensemble des élèves.
- On a le droit ? demanda Astrid regardant autour d'elle stressée.
- Je sais pas trop… il doit savoir ce qu'il fait quand même, la rassurai-je.
- Pffff, souffla Drago en nous rattrapant. C'est évident, ce gros balourd ne sait absolument pas ce qu'il fait ! Ses cours sont pourris…
- Ne sois pas aussi médisant, dis-je gentiment, nous verrons bien à la fin du cours.
- Mouais… râla le blondinet qui n'arrêtait pas de sursauter à chaque bruit étrange.
Après quelques minutes de marche laborieuse dans les hautes herbes, Hagrid se stoppa enfin.
- Bon, alors tadaaaa ! dit-il en s'écartant pour nous laisser observer.
Il y eut un grand silence.
- C'est une blague j'espère ! pesta Drago. On est vraiment en train d'observer du vide ?
- Je te rejoins sur ce coup-là… souffla Astrid.
Quant à moi, je les reconnus aussitôt. Il y avait deux de ces étranges chevaux que j'avais vu tirer les carioles en début d'année. Ils avaient toujours cet aspect cadavérique. On aurait dit des pégases zombis. Je ne savais pas comment les appeler autrement… Je restais donc bouche bée tandis que les voix des élèves mécontents me ramenaient peu à peu à la réalité.
- Professeur… interpella Astrid. Que devons-nous observer ?
- Hein ?! réagis-je en me réveillant de mes pensées. Mais Astrid regarde devant toi ! pouffai-je de rire.
Elle me jeta un regard noir, et n'avait pas l'air d'avoir apprécier ma remarque.
- Très drôle Gabby…
- Miss Arbois, peut donc les voir, il y en a-t-il d'autres ? demanda Hagrid.
Une seule main se leva, c'était un garçon de Serpentard à qui je n'avais jamais parlé sauf pour lui demander un bout de parchemin, ou de l'encre.
- C'est tout ? dit le géant. D'un côté tant mieux… Bien ce sont des Sombrals.
Ils étaient en train de dévorer une carcasse de vache, les autres ne devaient voir que la viande disparaître étrangement.
- Maintenant, qui peut me dire pourquoi certains d'entre vous les voient et d'autres pas ? lança Hagrid.
La main de Padma Patil se leva en une fraction de seconde, Hagrid lui donna la parole.
- Seules les personnes ayant vu la mort, peuvent voir les Sombrals.
- Exactement, dix points pour Serdaigle.
Mes camarades se retournèrent alors tous vers moi. Ils me dévisageaient comme si c'était la première fois qu'ils me voyaient.
- Gabby… ? s'enquit Drago.
- Il s'agissait de qui ? demanda gravement Astrid en me tenant par l'épaule.
Je mis un certain temps à répondre mais finis par lâcher :
- Je ne sais pas, c'est bien ça le problème…
J'espère que ce chapitre vous aura plu ! Qu'en pensez-vous ? Le comportement d'Ombrage ? Ou bien avez-vous une idée sur la personne que Gabby a vu mourir ?
Je vous retrouve la semaine prochaine !
Manosky
