Disclaimer: Les persos ne nous appartiennent pas!

Attention, gros tournant ici. Ce chapitre est l'idée de base qui a fait naitre cette fic. Il m'a fallu deux chapitres pour tout mettre en place! Y a pas mal d'explication, j'espère ne pas trop vous ennuyer avec.

Bonne lecture à tous! ^^


Je t'aime à la folie

Chapitre 3

Tout allait bien, aussi bien au niveau professionnel que sentimental pour Bakugou Katsuki et Midoriya Izuku, jusqu'au jour où un événement fit trembler la société. Cela se passa quelques mois après l'incident du monstre géant. Les autorités avaient recensé plusieurs cas de perte de contrôle des pouvoirs jusqu'à son épuisement. Au mieux, la victime plongeait dans le coma. Au pire, celle-ci mourrait. Ce fléau se multipliait à une vitesse folle. Bien trop pour les pauvres héros en service. Bientôt, les deux prodiges de leur discipline de prédilection furent réquisitionnés à tout instant, de jour comme de nuit, pour s'occuper de ces cas étranges et particuliers.

En effet, ce phénomène touchait, non pas des personnes lambdas ou des délinquants, mais bel et bien des héros ayant derrière eux plusieurs années d'expériences et de pratiques. Les chances de ne plus pouvoir maitriser son alter étaient quasi nulles. Si seulement cela ne concernait que leur pouvoir. Mais il semblerait que ces malheureux perdaient en réalité la raison et attaquaient aussi bien les vilains que les héros ou pire, les civils innocents. Sans distinction. De grands noms tels que, pour n'en citer que quelques uns, Air-Jet, Tora ou encore Gang Orca avaient été touché par cette calamité dévastatrice. Cet homme orque avait été particulièrement inhumain, sanglant et terrifiant, lors d'un spectacle pour enfant dans un des aquariums qui avaient quémandé sa présence pour une animation pédagogique. Un véritable massacre dans toute sa splendeur. Tel un animal, Gang Orca avait déchiqueté ses victimes avec ses dents acérées, usant de la force brute pour démembrer ses proies avant de les donner en pâture aux poissons carnivores en quêtes de chair fraiche.

Pour le monde, ce n'était pas de simples petits incidents. C'était des catastrophes. Ce n'était plus des bagarres de quartiers où chaque héros protégeait son propre territoire. Cela concernait désormais la sécurité nationale. Ces professionnels détenteurs d'un permis octroyés par le gouvernement, jouissant d'une certaine notoriété auprès de son peuple, les avaient tous trahit. De la pire des manières qui soit. La police était débordée et les justiciers habilités à agir étaient à cran. Les amis d'aujourd'hui pouvaient devenir les ennemis de demain. C'était très dur. Au point même que la position privilégiée de héros fut remise en cause.

Contrairement à ce que certains pouvaient croire en voyant les héros se démener et courir à droite à gauche à longueur de journée, le plus sollicité dans cette affaire fut en réalité Midoriya Izuku. Il avait un rôle particulier dans cette affaire. En tant que professionnel et volontaire, il apportait son soutien de par ses connaissances et son expérience. S'il était autant sollicité, c'était parce qu'il était célèbre pour une chose. Il avait réussi l'exploit de transformer un vilain impitoyable en enfant de cœur. Ce miracle était resté dans les annales.

Ce mal personnifié métamorphosé avait pleuré à chaudes larmes ses victimes, regrettés tous ses actes de barbaries et acceptés sans bronché toutes les infamies lancés à son encontre ainsi que tous les actes de vengeances des familles des victimes. Il avait pleinement coopéré avec la police sur des enquêtes encore non élucidées auxquelles l'homme réincarné aurait participé, et effectué divers travaux d'intérêt général afin d'expier ses crimes envers la société. Il avait même demandé à ce que sa peine soit perpétuelle, reconnaissant ses péchés que seule une vie de souffrance pouvait acquitter. La thèse qui relatait cet exploit avait été publié, réédité, sur cet unique exemple afin que d'autres professionnels de cette profession s'en inspirent et rapportent à leur tour leurs savoirs.

Mais ce n'était pas tout. Le psychologue avait également été invité par les forces de l'ordre afin d'éclaircir sa situation dans leurs quartiers généraux. Avoir accompli un exploit ne l'immunisait pas contre une enquête judiciaire. Devait-il être considéré comme un suspect ou bien comme une victime?

En effet, au cours de son enquête, la police avait établi un lien entre Midoriya Izuku et les héros devenus fous. Un point commun qu'ils avaient tous et non-négligeable. Ils avaient tous été ses patients. Sans exception. Mais l'inverse n'était pas vrai. Tous ses patients ne perdaient pas la raison. Coïncidence? Peut-être. Mais la piste n'était pas écartée. Loin de là. C'était justement ce qu'il fallait creuser. Évidement, il n'était pas aisé de soupçonner quelqu'un qui sauvait ces grands héros de la déchéance. De nombreux grands noms avaient plaidé l'innocence de leur sauveur. Mais il était bien sur impossible que la police fasse l'impasse sur un tel indice. Le métier de héros était bien difficile, aussi bien pour le professionnel sur le terrain que celui dans les coulisses.

Lorsque Midoriya s'était rendu compte de ce point commun entre les héros déments, il avait hésité à le dire. Pourquoi cela? Par peur d'être accusé? Non. A cause du secret professionnel qui était la base de la confiance entre son patient et lui. Il avait conscience que c'était un élément important de l'enquête. Mais révéler cette information aurait-il aussi amené à révéler la cause de leur consultation? Pouvait-il garder le silence après avoir laissé entrevoir une piste sur cette folie meurtrière? Non. L'étude des dossiers des corrompus aurait aussi amené à rechercher de potentiel victime parmi celle encore saine. Il avait été de son devoir de soulever ce point auprès des enquêteurs. Mais si ce n'était qu'un malheureux hasard et qu'il avait trahit la confiance de ses patients, ne perdrait-il pas tout le crédit qu'il avait gagné jusqu'à ce jour? Au final, il avait trop attendu, trop réfléchit et s'était fait accusé. Ce ne fut que sous la contrainte d'un mandat qu'il donna accès aux fichiers concernés par l'enquête.

Malheureusement, le seul lien que les membres de la cellule d'enquête suivaient était bancal. Les héros récemment devenus fous avaient été considéré par le passé comme apte à reprendre du service et n'était plus retourné dans la salle de consultation depuis une longue période. Aucun des héros déchus n'avaient rendu visite au psychologue durant au moins six mois, ni même croisé leur sauveur dans un café du coin. De plus, cette perte de raison se faisait sans aucun signe avant coureur. Les héros devenaient corrompus d'une seconde à l'autre. Ils pouvaient rire et plaisanter avec leurs collègues puis basculer dans la violence à l'état pur. Ils pouvaient combattre un vilain puis se déchainer dans son propre camp.

Au début de toute cette histoire, Midoriya ne pouvait faire un pas sans être suivi. Il avait finit par repérer les policiers habillés en civil et les voitures stationnées devant son appartement ou son bureau. Ayant un mauvais pressentiment quand au motif d'une telle surveillance, il tenta d'éviter son petit ami pour ne pas salir la réputation de Ground Zero. Mais c'était grandement sous-estimer le tempérament du blond. Le jour où le lien fut établi entre le vert et les victimes, le psy fut mis en garde-à-vue et le héros avait tenté d'exploser les barreaux de sa cellule lorsqu'il avait découvert où était retenu son amant. Sans oublier qu'il s'était fait salement sermonné sur le fait qu'il avait gardé ses inquiétudes pour lui-même. Sa garde-à-vue se transforma en assignation à résidence…chez le blond qui refusait toute autre alternative. Ce n'était absolument pas une décision logique et impartiale mais puisqu'elle permettait aussi de freiner les ardeurs destructrices d'un certain héros, le procureur fit une exception. En se mettant en danger, la bombe humaine voulait prouver l'innocence de son amant par les faits.

Quelque temps plus tard, l'enquête avait progressé. Près des lieux d'une énième déchéance, un homme du nom de Daigo avait tenté de semé un policier qui l'avait interpellé au hasard pour recueillir un témoignage sur un récent incident. Ayant éveillé les soupçons des inspecteurs, un nouveau lien vers Midoriya Izuku fut établi. Mais ils durent se rendre à l'évidence que le psy n'était non pas le cerveau comme il le croyait mais belle et bien la victime dans cette affaire. Pourquoi cela?

Premièrement, durant sa surveillance, Izuku n'avait pas bougé de l'appartement de son petit ami. Il n'avait eu aucun contact avec le monde extérieur. Les portes, les fenêtres, les téléphones sur écoute… rien. A part des mots d'amour assez mièvres envers le héros qui vérifiait toutes les deux heures que son amant ne manquait de rien et allait bien.

Deuxièmement, la serrure du bureau du psychologue avait été forcée et des traces de fouille avaient été retrouvées. La salle de consultation avait été mise sans dessus-dessous et les dossiers confidentiels de ses patients avaient été éparpillés. Une véritable tornade. L'ordinateur était resté allumé. Le mot de passe avait été forcé. Il était plausible d'envisager un vol de données. Si le coupable avait accès à de telles informations, il était évident que celui-ci cherchait un bouc-émissaire pour y coller ses méfaits.

Troisièmement, le dénommé Daigo n'avait apparemment jamais pu digérer le fait qu'il se soit fait rejeté par le vert, allant jusqu'à violer son ex-partenaire d'un soir dans un ultime acte de désespoir. Cet événement avait été confirmé par le couple. L'idée de vengeance avait alors envahit l'homme amoureux qui ne rêvait que d'un moyen de se débarrasser de celui qui l'avait humilié. Il avait suivit sa victime plusieurs semaines auparavant. Dans son appartement, ses murs étaient tapissés de photos de Midoriya Izuku. Izuku mangeant une pomme. Izuku faisant la queue dans sa pâtisserie préférée. Izuku en plein dilemme sur son prochain dessert. Izuku mordillant son stylo dans son bureau. Izuku faisant des courses au supermarché. Izuku lisant un livre. Izuku attendant son train. Izuku courant pour rendre un porte-monnaie. Izuku allant à l'hôpital. Izuku ayant un visage érotique entre deux rideaux mal fermés, surement en pleine acte sexuel avec son partenaire.

La police arrêta le nouveau suspect. Les déchéances s'étaient arrêtées un temps, faisant naitre l'espoir d'avoir mis fin à cet enfer. Malheureusement, les héros recommencèrent à se déchainer, tel le calme avant la tempête. Pire! Ce n'était plus seulement les patients de Midoriya qui étaient touchés mais aussi ceux de ses confrères.

Dans tout ce merdier, une nouvelle connexion apparut sous leurs yeux, faisant naitre une nouvelle hypothèse. L'alliance des supers vilains. Ils auraient donné un coup de main à ce pauvre amoureux rejeté. Mais ce pervers que les forces de l'ordre avaient mis aux arrêts n'était en réalité qu'un pantin aux creux des mains de cette organisation maléfique. Il n'avait servit qu'à détourner l'attention des véritables responsables de l'affaire des déchéances. Ce nom résumait d'ailleurs bien les choses. Non seulement les héros passaient du statut d'idole à une simple bête sauvage animé par ses instincts mais les enquêteurs en plein milieu de ce casse-tête sentaient leur santé mentale se dégrader à force de suivre fausses pistes sur fausses pistes. Il fallait se rendre à l'évidence, Midoriya Izuku n'était pas l'instigateur mais la victime de tout ce remue-ménage.

Cependant, loin d'écarter définitivement tous les soupçons envers le petit ami de Ground Zero, et pour mieux prouver sa bonne foi, le vert se porta volontaire pour apportait sa contribution sur cette affaire, entouré d'autres spécialistes de la psychologie humaine et criminelle. Au point où ils en étaient, les défenseurs du bien acceptaient toutes les mains tendues. Ainsi, ils firent d'une pierre deux coups. C'était le meilleur moyen de surveiller un de leur suspect, aussi bien par les exécuteurs de la loi que par les intellectuels plus à même de sentir un stratagème visant à endormir leur vigilance. Mais l'inconvénient d'avoir autant de penseurs furent le nombre d'avis divergeant, des débats à longueur de journée sans parvenir à une conclusion claire et précise. Il n'y avait pas de consensus. Bien entendu, les forces de l'ordre n'étaient pas naïfs au point de croire qu'une simple séance chez le psy pouvait régler tous les cas de folies héroïques. Il y avait eu un miracle chez les vilains. Il n'y en aura pas deux.

Bien que l'enquête fût au point mort, un élément du puzzle fut finalement trouvé. La piste de la drogue, qui avait été longtemps suivie, fut déclarée veine. La piste de l'alter, longtemps négligée, avait été difficile à confirmer de manière sure et certaine. Il y avait tant de paramètres inconnus à prendre en compte. Mais à présent, il ne faisait aucun doute qu'un pouvoir avait été utilisé pour faire basculer les héros dans la démence. Après maintes enquêtes, recherches et sacrifices, les défenseurs du bien étaient enfin sur la ligne de départ.

La connexion entre les divers événements avait été difficile. En effet, trop occupé à penser aux héros, la police avait négligé une partie importante des victimes du nouveau super vilain. Les vilains eux-mêmes. La brigade des stups avait apporté de nouveaux éléments. Cette nouvelle drogue qui circulait et qui ne laissait aucune trace chez les vilains était en réalité un alter. C'était pour cela qu'il n'y avait ni trace de seringue, ni trace de consommation de stupéfiants. Cette nouvelle hypothèse avait ouvert une porte jusqu'alors fermée. Les vilains voyaient leur pouvoir boosté. Les héros voyaient leur raison s'envoler. Dans les deux cas, la perte de contrôle avait été confirmée.

Malheureusement, cet effet ne pouvait être annulé immédiatement. Le héros Eraser Head avait tenté sa chance. L'alter du héros infecté était effectivement effacé mais pas les effets de la folie. Le résultat n'était donc pas celui escompté. Le super vilain anonyme qui répandait la folie, surnommé The Fool par les protecteurs de la justice, avait apparemment un pouvoir étrange qui altérait l'esprit sain de sa victime et la plongeait dans un état second. Étant donné leur passif, serait-ce plutôt un effet régressif? Mais ce terme n'était pas non plus correct car la folie plongeait les héros dans un état pire qu'antérieurement. Les vilains voyaient leur vision du monde plus déformé que jamais. Malgré tous ces efforts, le procédé était encore inconnu. Était-ce à effet immédiat? A long terme? Par illusion? Par contact? À distance? Tant de questions actuellement sans réponse. Pour en découvrir la cause, différents spécialistes de plusieurs domaines de recherches se sont regroupés pour réfléchir sur la question.

Malgré un certain pessimisme et une pointe de désespoir ancrés dans les esprits, tout espoir n'était pas encore perdu. Il y avait différents degrés de trouble psychologique. Pour les moins atteints d'entre eux, ces quelques héros étaient en voie de réhabilitation. Il y avait des folies passagères comme il y en avait des irrécupérables. Nul ne savait ce qui permettait de «s'immuniser» contre ce mal qui les rongeait dans l'ombre. Les vilains avaient ainsi réussi à porter un grand coup à la société de héros. D'autant plus que tous les héros susceptible de tomber dans la déchéance avait été placé sous étroite surveillance. Une telle détresse n'avait plus été ressenti depuis la mort d'All Might qui avait eu lieu peu de temps après la capture d'All for One.

Heureusement, le rythme avait bien baissé par rapport à la frénésie du commencement de ce nouveau stratagème diabolique des supers vilains. Il n'y avait plus qu'un ou deux héros déchus par mois maximum, c'est-à-dire qu'il pouvait y avoir des mois paisibles. C'était rare, mais mieux que rien.

C'était ainsi qu'après une grosse journée à gérer les attaques de vilains, les séances de réhabilitation et les médias friands de scandales, Bakugou Katsuki et Midoriya Izuku rentrèrent enfin chez le blond, épuisés. Comme l'appartement du héros était plus proche du centre névralgique de toute cette névrose, ils se retrouvaient assez souvent à rentrer ensemble plutôt que chacun chez soi. C'était d'ailleurs plus rassurant et fortement conseiller. Il valait mieux être toujours accompagné ou en groupe, tel des écoliers qui rentraient chez eux ensemble après les cours. De plus, Deku avait été un temps la cible des vilains en tant que bouc-émissaire, il n'était clairement pas prudents de le laisser seul. Kacchan avait donc laissé échapper un jour qu'il protégerait son amant envers et contre tout. Une cohabitation temporaire s'était imposée le plus naturellement du monde.

- Le chaos qui règne en ce moment me rappelle celle qui a suivit la mort d'All Might… Murmura Izuku.

- Hm…

- Je me demande si All for One y est pour quelque chose.

- Au fond de sa prison? Y a pas une putain d'mouche qui peut entrer dans sa cellule.

- Tu sais, pour un génie du mal comme lui, il a peut-être trouvé une faille à exploiter. Tu ne sais pas. C'était peut-être un alter qu'il possédait et qu'il a refilé à quelqu'un.

- T'as l'air bien au courant de ce qui se passe là-bas.

Bakugou regarda son petit ami préparer du thé, sans relever sa remarque. Il fixa la télévision allumée sur le journal du soir sans prêter plus attention que cela.

- Mais c'est impossible. Ce mec est surveillé vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept. Il ne peut même pas se curer le nez sans que des flingues ne le pointent direct. Sans parler du tout dernier système de détection des alters qui est infaillible. Si jamais il utilise l'un des siens, il finira six pieds sous terre avec des trous d'balles dans le corps.

Izuku versa l'eau chaude dans les tasses assorties qu'il avait acheté il y a peu lors d'un petit détour et retourna dans le salon où son amoureux était avachi sur le canapé. Il le rejoint et tendit une des deux tasses. Katsuki s'en saisit et but une gorgée avant de la déposer sur la table basse. Il se décala légèrement pour laisser son squatteur s'installer à son tour contre lui.

- Je ne te l'avais pas dit? Tu sais qu'il y a quelques années, j'ai écrit une thèse sur la psychologie des vilains et leur réhabilitation?

- Et t'as transformé un vilain en bisounours.

- Ahah… Les médias ont exagéré la chose, comme d'habitude. Il n'y a eu qu'un seul cas connu à ce jour et puis, je n'étais pas seul. J'étais avec mon professeur. Et c'était un travail de longue haleine et non du jour au lendemain, comme j'ai pu lire dans certain article…

Le vert semblait vouloir rajouter quelque chose quand son smartphone sonna. Il étira au maximum son bras sans se lever afin d'atteindre l'objet de bruyant. Après quelques efforts, il décrocha enfin. Il se redressa et se décolla de la chaleur de son amant sans se lever pour autant du canapé. Katsuki en profita pour baisser le son de sa télévision qui repassait inlassablement les mêmes informations en boucle. Son attention s'en détourna rapidement lorsque la conversation sembla se terminer.

- C'était qui?

- L'inspecteur Tsukauchi.

- Pourquoi il t'appelle? Demanda Kacchan soupçonneux. Encore une déchéance? C'est moi qu'il aurait du appeler alors, dit-il en regardant son portable.

- Non, c'est pas ça… Enfin, ce n'est pas sans rapport non plus… Il m'a appelé pour… commença Deku hésitant. Je lui ai fais une demande et il m'a confirmé une visite… en prison…

- En prison? Tu connais quelqu'un en prison? Demanda surpris le blond.

- Oui et non… Enfin…

Sentant que la patience de Kacchan n'allait pas tenir bien longtemps avec toutes ces hésitations, Midoriya décida de tout avouer. De toute façon, son petit ami l'aurait su d'une manière ou d'une autre alors autant que ce soit lui qui lui en parle. Il expira tout l'air de ses poumons avant de reprendre son souffle doucement.

- Je vais rencontrer All for One demain.

- Ah ok… Qu-Quoi?

Le héros se redressa brusquement sous la surprise. Et il y avait de quoi. Son Deku allait rencontrer le pire super vilain qui puisse exister. Il vit son petit ami lâcher un soupir discret, preuve qu'il s'attendait à une telle réaction de sa part. Il se mit alors à marmonner de manière plus ou moins rebutante tout en se tenant le menton, organisant ses idées, comme il en avait si souvent l'habitude dans leur jeunesse. Quoi qu'il surprenait quelque fois son amoureux le faire devant le journal du soir. Le blond n'en revenait toujours pas. Son amant avait entamé une procédure assez laborieuse pour rendre visite au plus grand criminel de l'histoire dans son dos! Soudain, le vert eu comme une révélation.

- Ah, mais ne t'inquiète pas. La rencontre sera encadrée et contrôlée. Je vais simplement vérifier qu'il ne soit pas derrière ces folies meurtrières.

- Ne pas m'inquiéter? Tu déconnes ou quoi, Deku? Même avec toute la sécurité du monde, ça ne serait pas assez pour arrêter ce putain d'enfoiré!

- C'est le contraire de ce que t'a affirmé tout à l'heure.

- J't'ai pas sonné! T'iras pas! Point! Envoie quelqu'un d'autre! C'est pas comme si t'était le seul psy du pays à pouvoir lui parler!

Le psy soupira pour de bon, ce qui agaça encore plus le héros colérique.

- Écoute, Kacchan. Tout comme vous les héros, nous les spécialistes-chercheurs, on ne sait plus en donner de la tête avec tout ça. Soit les héros corrompus restent bloquer dans leur démence et nous devons trouver un moyen d'annuler l'alter pour espérer une réhabilitation. Soit ils redeviennent lucides mais plongent dans une autre folie lorsqu'ils se rendent compte de ce qu'ils ont fait durant leurs aliénations. C'est un cercle vicieux. Nous sommes dans une impasse qui exige de recourir à tous les moyens à notre disposition.

- Mais de là à voir ce type?

- Je l'ai déjà rencontré tu sais? Et je vais très bien, comme tu peux le voir. Ça se passera bien aussi demain.

- Comment ça tu l'as déjà rencontré? Quand? Pourquoi?

Katsuki avait attrapé les joues de Izuku d'une main pour le forcer à le regarder. Les lèvres du vert étaient à présent collé à la verticale, semblable aux bouches aux formes du chiffre trois comme dans les mangas et animes qu'il avait vu durant ses heures perdues. Bien sur, il avait conscience qu'ils avaient passé près de la moitié de leur vie loin l'un de l'autre, mais il y avait des choses importantes à se dire, non? Par exemple, une rencontre avec le pire être humain sur cette Terre?

Midoriya massa ses joues douloureuses lorsqu'il réussit enfin à s'extirper de cette poigne de fer et prépara son récit, sachant qu'aucune échappatoire n'était possible. Kacchan savait comment faire pour obtenir ce qu'il voulait de lui. Il savait que sous ses traits colériques se cachait un regard soucieux et inquiet. Il fallait aussi dire que jusqu'à présent, il avait habilement évité le sujet. Non pas qu'il ne voulait pas en parler, mais dire à celui qui penser être la cause de la mort d'All Might que son actuel petit ami avait déjà rencontré celui qui avait accéléré cette mort n'aurait pas été d'une très grande délicatesse de sa part. Et puis, techniquement, sans question, nulle réponse, n'est-ce pas?

Pour sa thèse, Midoriya Izuku avait choisit un thème qui requérait une discussion avec plusieurs prisonniers. Avec de préférence des crimes murement réfléchit à leur actif et non une action sous une simple impulsion du moment. Son professeur de l'époque, ayant quelques contacts haut placés, lui permis de rendre visite à quelques meurtriers sur un cours laps de temps. En tant que bon élève, il avait préparé sa visite bien en avance, ses questions, la façon de les amener naturellement, comment maximiser son temps et éviter un éventuel blocage qui gâcherait ses efforts.

Lorsqu'il pénétra pour la première fois au Tartare, il était passé par tellement de fouilles et autres contrôles qu'il crut que l'heure de sa visite était passée. Il avait même eu honte d'avoir emporté un porte-mine plutôt qu'un crayon à papier. Il finit par entrer dans une petite salle séparée en son milieu par une grande vitre en verre blindée, donnant une belle vue sur l'autre moitié encore vide. Il s'installa à sa table et prépara de quoi prendre quelques notes, étant donné que tout enregistrement était prohibé. A peine eut-il terminé que le grand All for One lui fut amené. Le vert retint un tremblement malgré la vision qui s'offrait à lui. Était-il effrayé ou excité par la présence du criminel? Dans tous les cas, son cœur battait la chamade et ses mains devinrent moites. Il devait se calmer. Il devait récolter un maximum de donnée afin de présenter sa thèse. Mais il ne pouvait s'empêcher d'être intimider par une telle présence malgré la position peu flatteuse de celui-ci.

En effet, les mouvements du vilain étaient complètement restreints par une camisole blanche, ceinturée par des lanières en cuirs noir. Des tuyaux entraient et sortaient de son corps, le maintenant encore en vie malgré son grand âge. Cette image qui aurait du être rassurante pour le visiteur ne fit que renforcer l'impression de dangerosité de l'enchainé. L'air semblait même se raréfiait lorsque le plus grand vilain que ce monde ait connu, celui qui avait réussit à mettre fin au long règne d'All Might le symbole de la paix, avait pénétré dans la salle suréquipée et ultra sécurisée.

Le doctorant déglutit puis respira doucement. Il ne devait pas montrer ses faiblesses. Il était devenu plus fort à sa façon. Grâce à cette interview, il allait faire un pas de plus vers son nouveau rêve. Il reprit un semblant de calme et entama alors la conversation avec des salutations des plus banales. Il s'enquit de l'état de santé du vilain, de son ressenti dans cette cage infernale ultra moderne. Étonnement, le prisonnier était assez bavard et répondait à ses questions parfois de manière honnête, parfois en les esquivant, parfois de manière implicite, d'autre fois encore par énigme. Il aurait juré qu'il se faisait tester. Non, il en était sur. All for One était très fort. Alors que le vert était censé être celui qui jouait le rôle de l'interrogateur, il avait plutôt la sensation d'être celui qui se faisait sonder.

Alors que l'étudiant remettait de l'ordre dans ses pensées afin de ne plus jouer le jeu de son interlocuteur maléfique et mener la danse, l'entretien se trouva interrompu par une alarme stridente. Le sol s'ouvrit, avalant son prisonnier dans la seconde, faisant trembler les murs sous les mouvements mécaniques du système de sécurité. Izuku perdit son équilibre sous la surprise. Toute sa concentration s'éparpilla tandis que des gardiens l'évacuaient de la salle sans ménagement jusque dans une pièce équipée pour un examen approfondi.

- Et t'oses dire que ce bâtard t'a rien fait? Hurla Kacchan.

- Le système de sécurité s'est bien déclenché mais rien n'a été décelé. All for One n'en a pas eu le temps je suppose. Je ne sais pas ce qu'il cherchait à faire mais il a échoué.

- Tu-!

- J'ai passé une semaine en observation entouré de scientifiques et chercheurs. Mise à part ce petit incident, si ça n'avait pas été un génie du mal, j'aurai apprécié la conversation qu'on a eue. Bien que je sentais qu'il se jouait de moi.

- Tch! Il te manque vraiment un grain, putain d'nerd.

- En tout cas, grâce à lui, j'ai écrit une bonne thèse et je suis aujourd'hui entrain de travailler avec toi pour sauver les héros corrompus.

- T'auras beau dire ce que tu veux, je t'interdis d'y aller! Ordonna Katsuki en se levant et en pointant du doigt son amoureux.

- Comment ça tu m'interdis d'y aller, Kacchan? Releva Deku, debout à son tour. Même si tu es mon petit ami, je ne te permets pas de t'immiscer dans la vie professionnelle!

- Il a déjà tenté de te faire quelque chose et toi, t'y retourne comme une fleur? C'est un super vilain! Tartare ou pas, il reste trop dangereux pour un simple psy!

La bombe humaine attrapa le simple psy par le col qui n'hésita pas à l'imiter, bien décidé à ne pas se laisser faire. Malgré leur différence de stature, les deux amants se défiaient du regard. La colère se lisait sur leur visage.

- Un simple psy? C'est vraiment ce que tu penses après tout ce que j'ai fait pour toi? C'est vrai que toi, le super grand héros, t'a réussi à résoudre ton problème sans moi, hein! Et tu crois que t'es capable de faire cracher à All for One ce qu'il sait? Désolé de te décevoir mais la violence ne résout rien!

- J'avais pas besoin de toi pour m'en sortir! Et je serais toujours mieux placé que toi pour combattre ce taré! C'est pas avec tes pauvres techniques d'amateur que t'arrivera à te défendre lorsqu'il réussira à se libérer pour faire de toi un de ses pions jetables!

- Ne me fait pas rire Kacchan! Sans moi, tu aurais abandonné ta licence! Tu dis que t'es un héros, mais moi aussi j'en suis un! Et je n'hésiterais pas à mettre ma vie en jeu pour vous sauvez!

- T'as rien d'un héros, Deku! C'est pas avec tes conseils à deux balles que t'arriveras à sauver quelqu'un! Encore moins un héros!

- Mes conseils à deux balles? T'étais bien content lorsque je m'occupais de toi! Et toi, hein? Toujours à penser que t'es responsable de la mort d'All Might? Réveille-toi! Avec ou sans toi, il était condamné! Le monde ne tourne pas autour de ta petite personne!

- La ferme Deku! Je-

Avant d'avoir pu terminer sa phrase, Katsuki se reçut un violent coup de poing dans l'estomac, lui coupant ainsi le souffle. Izuku, debout devant son petit ami replié en deux, ramassa rapidement son sac et sa veste avant de se retourner vers le héros.

- Hors de question de rester une minute de plus ici. Je rentre chez moi. Et sache que même pour toi, je n'arrêterais jamais mon travail. Je ferais tout pour coincer The Fool. Cette fois, je ne laisserai personne se mettre en travers de mon rêve.

Midoriya sortit en claquant la porte, laissant le blond seul dans son appartement devenu soudainement vide et froid. Il tapa du poing sur le parquet et s'allongea par terre, le temps de récupérer du coup reçu. Putain… Il savait où frapper pour faire mal… N'était-ce pas à cet endroit qu'il s'était pris un coup lors d'une bagarre il y avait de cela trois jours? Son petit ami visait un peu trop bien. Il ne pensait pas que son amant aurait autant de force dans les bras malgré sa petite carrure. Ce n'était pas censé rester le cul vissé sur une chaise à longueur de journée un psy? Quoiqu'il avait déjà dit qu'il savait maitriser les héros récalcitrants… puis, il se souvint de comment il avait été récupéré dans ses locaux. Il claqua la langue d'agacement. Il était peut-être allé un peu trop loin dans ses propos… Mais ça, il ne l'admettrait jamais de vive voix. Et puis quoi, Deku pensait que rentrer chez lui allait le pousser à le poursuivre? Ils n'étaient pas dans un putain de manga pour filles. Deku reviendra tout seul ici quand il se sera calmé. Enfin, il l'espérait.

Le lendemain matin, le Izuku se réveilla difficilement sur son canapé rouge, dans sa salle de consultation, repensant aux mots qu'il avait osé prononcer sous la colère. Il regarda son téléphone. Aucun message. Il s'en doutait un peu. Connaissant la fierté de son amoureux, celui-ci n'allait pas le contacter de suite. D'ailleurs, il n'était même pas sur que le héros fasse le premier pas. Il soupira. La priorité, c'était l'entretien qu'il avait avec le plus grand vilain de l'histoire.

Un peu plus tard, le psy arriva devant la prison du Tartare. Il passa la sécurité ainsi que les fouilles corporelles assez minutieuses puis patienta. Tout se passa exactement comme la première fois, il y avait quelques années de cela. Mais cette fois, il avait pris soin de prendre des crayons à papier. Par contre, son taille crayon avait été confisquée.

Les gardiens le firent attendre dans une grande salle vitrée toute blanche, attendant que le prisonnier lui soit amené dans l'autre moitié de la pièce. Il n'eut pas à attendre longtemps.

- Midoriya Izuku! Quelle bonne surprise de te revoir!

- J'aurai voulu partager ce même plaisir, All for One. Je dois vous avouer que je suis plutôt surpris que vous vous souveniez encore de mon nom.

- Tu me blesses là. Depuis que je suis ici, tu es le seul à m'avoir rendu visite.

- Ahah… Si la procédure pour venir vous voir n'était pas aussi longue et difficile, je serai venu bien plus tôt pour vous remercier. Grâce à vous j'ai rédigé une bonne thèse. Merci beaucoup.

- Tu m'en vois ravie.

La lentille de la caméra au dessus de la tête du visiteur réajusta son focus sur All for One et un petit grésillement se fit entendre, faisant relever la tête du psy vers le plafond.

- Allez à l'essentiel, monsieur Midoriya.

Le son du micro se coupa et le vert reporta son attention vers le détenu, un petit air désolé sur la face.

- Vous avez entendu? Je suis désolé mais je vais devoir vous poser des questions sans détour.

- Quel dommage! Tes manœuvres si maladroites étaient absolument adorables.

- J'aurai voulu vous montrer mes progrès mais je doute qu'on me laisse le temps de dévoiler mes techniques.

- Une prochaine fois, j'espère.

Izuku acquiesça puis se concentra sur l'objet de sa visite.

- Connaissez-vous tous les alters que vous avez volés jusqu'à présent?

- Je me fais vieux tu sais. Parfois je le sais, parfois non. Je me rappelle de certains, j'en oublie d'autre. Ce n'est pas facile de devenir sénile, tu sais?

- Ahahah, vous m'avez plutôt l'air d'avoir toute votre tête. Se moqua gentiment Midoriya. Dans ce cas, saviez-vous si vous avez ou aviez eu dans votre stock un alter qui permette soit de contrôler les esprits, soit de le briser soit d'un effet qui s'en rapproche?

- Voilà une question bien difficile. Mais dis-moi, y aurait-il un problème à l'extérieur? Pour qu'on me questionne de manière aussi directe. Vois-tu, je n'ai même pas accès à la télévision ni même à la radio.

- Ne lui répondez pas, Midoriya Izuku, ordonna la voix venue d'ailleurs.

Le psy soupira discrètement, sachant que c'était exactement ce genre de phrase qui révélait tout. Il jeta un coup d'œil à l'homme aux mouvements restreints, imaginant un sourire derrière son masque, avant de faire semblant de n'avoir rien remarqué.

- Je ne peux vous répondre, désolé, s'excusa le visiteur.

- Cela m'attriste. Mais pour te remercier de tenir compagnie à un vieillard comme moi, je vais te répondre.

Un petit silence suivit cette déclaration un peu trop facilement obtenue. Les hommes derrières les écrans se tendirent, attendant la réponse.

- Je n'ai rien de tel en ma possession actuellement, malheureusement.

- Très fâcheux en effet…

- Tu t'imagines bien que si je pouvais contrôler les esprits, je serais sorti d'ici pour faire ma promenade du matin tout en poursuivant mon dessein de faire régner le mal sur terre.

- Ce n'est pas faux. Mais je vous ai également demandé un alter qui s'en rapprocherait.

- Qui s'en rapprocherait… Encore une question bien pertinente. Un alter dépend toujours de son utilisateur. Bien que je puisse me qualifier de sage, je ne suis plus qu'un vieillard dont les idées sont dépassées. Je ne puis rien faire contre l'ingéniosité et l'inventivité de la jeunesse d'aujourd'hui. Regarde mon successeur, Shigaraki. J'en suis si fier.

- Un vrai désastre.

- N'est-ce pas?

Le vert jeta un œil discret à la caméra qui ajustait de nouveau son focus et retourna son attention vers le joyeux prisonnier.

- Et pour en revenir aux alters?

- Ah, oui, c'est vrai. Je peux rarement m'en vanter, vois-tu? Je risque de digresser de temps en temps.

- Comme tout parent fier de leur enfant, je suppose?

- Tout à fait. Pour en revenir à nos moutons, un alter que j'aurai jugé inutile pourrait très bien se révéler être une arme puissante dans d'autres mains. Parfois, il n'est utile que s'il est combiné à un autre pouvoir. tout est une question d'affinité. Mais comme je te le disais, je n'ai actuellement pas d'alter permettant de faire main mise sur la conscience de quelqu'un. Quand aux combinaisons, il faudrait déjà que je me rappelle de ce que j'ai encore en ma possession. Tu t'imagines bien que j'en ai distribué pas mal. Mais impossible de me souvenir de qui a quoi.

Derrière les caméras, les observateurs se rongèrent les ongles. Ils fixèrent les deux protagonistes à l'écran se regarder dans le blanc des yeux, sans rien ajouter.

- On ne tirera rien de lui.

Celui qui semblait être le chef des lieux grogna et attrapa le micro, mettant fin de manière bien arbitraire à l'entretien qu'il jugeait plus que stérile. Mes écrans montrèrent le vilain emporté au loin dans le sous-sol tandis que le psy se débattait contre les gardiens pour quitter la salle sans leur aide.

Lorsque Izuku sortie du Tartare, la fin d'après-midi approchait. Il balaya la rue du regard. Elle était déserte. A quoi s'attendait-il? Un beau blond légèrement renfrogné qui l'aurait enlevé tout le traitant de sale nerd? Un petit sourire triste apparut sur le visage du vert. Bien sur que Kacchan n'allait pas revenir aussi vite après leur dispute. En prenant la route vers son bureau, le psy se rassura en disant que dans quelques jours, leur dispute ne serait plus que de l'histoire ancienne et que naturellement, ils se retrouveraient dans l'appartement du héros à roucouler ensemble.

Une fois arrivée à son bureau, Midoriya commença à rédiger son rapport à remettre à la cellule d'enquête. Il retranscrit la rencontre la plus fidèlement possible. Alors qu'il tapait assidument les touches de son clavier, ses mains se stoppèrent. Il lâcha un long soupir, las. Il sortit son smartphone et d'une pression de doigt, alluma l'écran. Rien. Un nouveau soupir retentit dans la pièce vide. Il reprit son travail. Plus vite il en aurait terminé, plus vite il pourrait retourner à ses occupations. Il ne se fit cependant pas d'illusion sur le nombre d'heure supplémentaire qui allait bientôt alourdir son emploi du temps.

- Kacchan…

Izuku secoua la tête et se reconcentra pour terminer la rédaction de son rapport, prêt à l'envoyer par mail avant de s'installer sur son beau canapé rouge. Il retira le nœud de sa cravate et ouvrit le bouton de son col de chemise. Il retira ses chaussures et s'installa confortablement. Vu l'heure avancé, plus aucun train ne circulait. Dans le silence, il se mit à méditer. Durant combien de temps encore ferait-il ce genre de chose? Il ne le savait pas. Mais il espérait secrètement que cela durerait le plus longtemps possible. Ainsi, il pourrait rester avec Kacchan le plus longtemps possible.

Quelques jours plus tard, loin de se douter des tourments de son psy, Ground Zero effectuait son tour de garde en ville. La tension était telle qu'un roulement fut mis en place avec les autres sociétés de héros et la police, de sorte que tout le secteur soit quadrillé. La nuit, ils se réunissaient pour ratisser la ville en équipe afin de trouver The Fool. Ils espéraient ainsi diminuer les chances de se faire corrompre. Sauf que ce soir-là, un problème survint au cours de cette mission. Katsuki ne retrouvait plus son coéquipier du soir.

Une seconde. Il lui avait fallut qu'une seconde d'inattention pour qu'ils soient séparés. Il scruta tout autour de lui, sur ses gardes. Rien. Les rues étaient calmes. Aucun mouvement n'était détecté. Il claqua la langue.

Pour ne pas changer, Kacchan jura de son vocabulaire coloré. Conformément aux règles de sécurité convenues, il contacta les autres équipes éparpillées sur le secteur pour signaler la disparition de son partenaire. Il devait à présent rejoindre le groupe le plus proche afin de se réunir et non partir à la recherche de son binôme. Ils devaient limiter les dégâts si jamais il y avait une déchéance en cours.

Il fit route pour rejoindre une équipe dans le quartier voisin quand, en passant devant une ruelle, il reconnut le costume d'Ouragan, le héros maîtrisant le vent. Soulagé, il l'interpella. Si ça se trouve, il voulait juste vider sa vessie, même si voir un héros le faire dans une ruelle sombre n'était pas très reluisant.

- Tch! Ouragan, t'étais où bordel? Préviens-moi avant de-

Un nuage se déplaça dans le ciel, laissant ainsi à la lune l'occasion de baigner les rues sombres de sa lueur blanche. Le héros explosif vit alors des bras autour du cou de son collègue et une tête chapeautée. Seule la moitié inférieure de son visage était visible. L'autre moitié était cachée par un masque vénitien. Tout de suite, il se mit en garde. Ce sourire malsain ne présageait rien de bon.

- T'es qui, putain d'enfoiré? Lâche Ouragan!

L'inconnu sourit puis murmura quelque chose aux oreilles de sa victime avant de l'embrasser une seconde. Ouragan se retourna, les larmes aux yeux, un regard empli de rage et de douleur. Les bras autour du cou disparurent dans la pénombre, laissant place à un héros ébranlé.

- Arg! Crève… Crève! Sale fils de pute…. Je te le ferai payer cher…

Le héros à présent aliéné envoya une bourrasque en direction de Ground Zero qui ne put qu'éviter l'attaque au risque de finir comme le lampadaire coupé en deux derrière lui. Au même moment, l'homme au fedora s'engagea dans la ruelle derrière lui, loin des deux héros coéquipiers devenus adversaire.

- Reviens, espèce d'enfoiré!

Heureusement pour Katsuki, l'équipe la plus proche du secteur le rejoint dans la seconde qui suivit la fuite et ils entreprirent de contenir les pulsions destructrices de la tornade humaine. Une véritable tempête fit rage avec, en son cœur, le héros dément qui tranchait tout ce qu'il y avait dans le périmètre. Il n'était pas dans le haut du classement pour rien.

- Je vous laisse vous occuper d'Ouragan! Moi, je vais rattraper ce putain de fou!

- Attends Ground Zero! N'y vas pas seul!

Ne les écoutant plus, la bombe humaine fonça tête baissée à la poursuite de l'assaillant. Il courut quelques mètres avant de perdre sa trace. Il erra quelques secondes avant de capter un mouvement dans l'ombre et se remis à sa traque. Le fugueur semblait bien connaître le labyrinthe de petites rues qu'il empruntait. De plus, n'ayant que peu d'espace, le héros ne pouvait utiliser son alter sans craindre de causer des dégâts aux bâtiments. Il finit malheureusement par perdre complètement la trace du suspect. Il jura et sortie du dédale pour se repérer. Il savait qu'il allait se faire remonter les bretelles pour être parti tout seul mais il ne pouvait décemment pas laisser passer une occasion pareille, même si au final, il l'avait perdu de vue.

En sortant du labyrinthe, Katsuki reconnut le quartier de son amant. Il était actuellement en service et ne pouvait pas aller réveiller le vert au beau milieu de la nuit pour mettre fin à leur dispute ridicule. Il secoua la tête, chassant cette idée grotesque. Il allait retourner vers la tornade à maitriser qui se déchaînait quelques instants plus tôt mais une boule se forma dans son ventre. Il avait quand même suivit le vilain jusqu'au quartier résidentiel. Soit il avait voulu le semer dans les environs pour retourner sur le champ de bataille soit prendre un autre chemin de fuite, soit il pensait l'avoir vraiment semé et avait baissé sa garde en sortant dans ce quartier. A cette pensée, il lui fut difficile de faire un pas de plus vers ses camarades. Il serra ses poings. Juste pour être sur que rien ne se passerait dans les environs, il allait faire un tour des environs. Rien à voir avec le potentiel danger qui planait près de celui qu'il aimait.

Ground Zero parcourut les rues du quartier résidentiel, à l'affût du moindre suspect. Il continua ainsi jusque devant l'immeuble de Midoriya et hésita à aller monter voir si tout allait bien. Le quartier était tranquille et rien ne semblait troublé la douce nuit qui avait commencé quelque heure plus tôt. Il hésita quelques secondes avant de renoncer. Ce n'était vraiment pas le moment. Il lâcha un soupir de frustration et s'éloigna de quelques pas. Il rechercha tout de même la fenêtre de l'appartement de Deku. Pas de lumière. Bien. Soit il dormait, soit il trainait au bureau. Le vert avait tendance à oublier de prendre soin de lui pour cumuler les nuits blanches si son magnifique petit ami ne le rappelait pas à l'ordre de temps en temps. Peut-être qu'à l'occasion, il pouvait trouver une excuse pour passer près du bureau de son amoureux. Il allait faire demi-tour quand il capta un mouvement dans les rideaux. Avait-il bien vu? La lune décida de s'illuminer à ce moment là, comme par hasard. Il fallait dire que vue la violence des vents, les nuages bougeaient à une vitesse incroyable. Mais ce n'était pas le plus important. La silhouette qu'avait entraperçue Kacchan lui glaça le sang. Venait-il de voir un fédora? Izuku n'avait aucune raison de porter un chapeau chez lui. D'ailleurs, il n'en portait jamais. Au mieux, il y avait ce bonnet de lapin qu'ils avaient acheté ensemble au parc d'attraction le mois dernier. Mais ce qu'il avait vu n'avait clairement pas des oreilles de lapins.

Son corps réagit avant sa tête et il fonça dans l'immeuble. Il monta rapidement les trois étages et arriva devant une porte qui portait une plaque sur le côté: Midoriya Izuku. Il posa la main sur la poignée et la tourna, espérant que celle-ci reste verrouillée. Mais elle s'ouvrit. La peur s'insinua en lui. Il fit un rapide tri dans les informations qu'il avait sur le vilain et se demandait pourquoi il viserait un simple psy. Serait-ce vraiment une vengeance envers le vert, comme ce sale stalker? Un simple bouc-émissaire?

Respirant profondément, le héros se décida à pénétrer dans l'appartement de son amant, lieu dans lequel il n'avait encore jamais mis les pieds. Habituellement, c'était toujours Deku qui venait chez lui. Il avait bien essayé d'échanger de temps en temps mais le fait que son propre appartement était plus proche de leur lieu de travail avait toujours était un excellent argument pour ne pas changer leur habitude. Et bien sur, le fait qu'il était certain que le vert n'avait pas une cuisine très équipée, vu le désastre qu'il avait causé dans la cuisine du blond, l'avait convaincu de ne pas faire un trajet inutile pour au final terminer la soirée chez lui.

Le blond pénétra dans l'appartement plongé dans la pénombre. Il y avait une paire de chaussure bien rangée par terre. Il s'abaissa et la toucha. Froide. Deku devait être chez lui depuis un petit moment. Il se redressa et poursuivit son inspection. Il marcha sur la pointe des pieds, ne voulant pas alerter le supposé intrus. Au pire, il aura juste à engueuler Izuku d'avoir été imprudent en laissant la porte ouverte.

Pourquoi chez Deku? The Fool aurait très bien pu choisir un autre habitat, plus proche du sol ou du ciel pour faciliter sa fuite en cas de besoin. Un simple psy… un psy pour héros… Il guérissait les héros… Mais avant cela, il avait travaillé sur des vilains. Serait-ce donc vraiment une vengeance? Il avait entendu dire que des vilains qui avaient suivit sa thérapie avait pu sortir de prison sur liberté conditionnelle. Ils se réintégraient dans la société, regrettant et réparant les tors qu'ils avaient causés. Serait-ce la raison? Mais son petit ami avait affirmé que c'était exagéré… Seulement, pour qu'il y ait une telle rumeur, il devait aussi y avoir un fond de vérité. Peut-être devait-il s'énerver sur le fait d'avoir un petit ami trop efficace dans son travail.

Durant ses réflexions, il avait parcouru le salon. Vu l'état des plantes vertes, le propriétaire des lieux oubliaient souvent son devoir envers ses pauvres pots. La cuisine était bien trop propre, comme si elle n'avait jamais été utilisée. Elle était digne d'apparaitre dans un catalogue. La salle de bain n'avait récemment pas été nettoyée, ou alors, elle ne l'avait pas été correctement faite. Il allait devoir apprendre à son amant comment enlever les moisissures des recoins. Quand au bureau, il était rempli de poster d'All Might. Cela lui rappela des souvenirs, de leur enfance et de leur admiration sans borne pour le numéro un des supers héros. Mais il ne devait pas s'égarer et rester concentrer. Il ne restait plus que la chambre à vérifier. Une goutte de sueur froide glissa le long de sa tempe. Il s'approcha doucement et posa la main sur la poignée. Il l'abaissa et poussa la porte, toujours sur ses gardes. Il entra dans les lieux et se figea devant le spectacle devant lui.

Des photos. Des tonnes de photos de lui. Des grandes et des petites, des vieilles comme des récentes. Des privées et des publics. Elles étaient accrochées sur tous les murs ainsi que sur le plafond. Certaines étaient abîmé, d'autre tailladé ou encore raturé. Il y en avait des froissés, d'autres déchirés.

- Que-

Soudain, il sentie une décharge dans son dos et sentit sa conscience le quitter. Quel imprudent il avait été.

- De…ku…

A peine eut-il prononcé ce nom que sa vision devint noir. Il tomba lourdement au sol. Derrière lui, le jeune homme aux cheveux vert et au fédora tenait toujours le taser qui avait servie à mettre hors d'état de nuire le héros explosif.

- Bonne nuit… Kacchan…

Plus tard, Bakugou Katsuki émergea de son sommeil forcé. Il se sentait lourd et avait une sensation désagréable dans le dos, à l'endroit où le taser l'avait touché. Il essaya de bouger mais impossible. Il ouvrit difficilement les yeux. Il vit ses genoux. Il tenta de nouveau de faire un mouvement mais il était comme retenu. Sa vue s'adapta enfin et il vit des chaînes sur son torse. En secouant ses bras, il sentait plus clairement les maillons de chaîne autour de ses poignets. Il lui serait difficile de les faires exploser mais peut-être pas impossible. Avec l'esprit un peu plus clair, il vit que les chaines n'étaient pas ordinaires.

- Tch! Que-

Il releva la tête et vit dans quel environnement il était retenu prisonnier. Il était dans un genre d'hangar. Un peu de lumière filtrait à travers les fenêtres situées en hauteur. En face de lui était assis Midoriya Izuku, le dos de la chaise devant son torse lui servant de reposer bras. Ses mains gantées pendaient dans le vide, la tête reposant sur ses bras croisés. Ses jambes encadraient chaque côté de la chaise.

- Bonjour, Kacchan! A moins que je ne devrais dire bonsoir?

Sa voix enjouée n'allait pas du tout avec son allure. Ni son costume d'ailleurs.

- De…ku… C'est quoi ce… bordel? Prononça Katsuki encore sonné.

Deku se leva de sa chaise et fit quelque pas en direction de son prisonnier. Il se retrouva plus qu'à quelque centimètre du héros et tendit la main droite pour lui caresser la joue.

- Il se trouve que tu as trouvé mon secret alors je vais faire en sorte que tu garde le silence, Kacchan.

- Ton…secret?

Le vert acquiesça.

- Je pense que tu l'as deviné lorsque tu es entrée chez moi. Ahlala, si j'avais su, j'aurai rangé un peu. Je suis si embarrassé!

- J'ai suivi… The Fool… jusque chez toi et… ta chambre…

Soudain, tout les éléments recueillis jusqu'à ce jour se connecta dans sa tête. Tout ce qu'il prenait pour des coïncidences, les posters, les vilains boostés, les héros qui se détraquaient au même moment, leur retrouvaille. Sa rage explosa et il tira fortement sur les chaînes, tentant de les briser par la force brute.

- Deku! Tu t'es foutu de moi!

Le vert ne bougea pas, regardant de haut son prisonnier essayer de s'échapper pour lui faire la peau. Il observait son Kacchan soumis de force à lui. Il avait beau se débattre, il ne briserait pas ces chaînes conçues avec un alliage spécial. Un sourire jubilatoire se dessina sur ses lèvres.

- C'est toi, Deku?… Tu es The Fool? Pourquoi, Deku?

- Ahah! Tu as vu juste. Je suis The Fool, comme vous aimez m'appeler! Mais j'aime bien ce nom alors je le garde avec plaisir.

- Deku!

- Je t'aime Kacchan! Je t'adore!

Malgré la rage qui le brulait de l'intérieur, il ne pouvait s'empêcher de ressentir de l'amour pour lui. Pour les mois qu'ils avaient passé ensemble, pour la passion qu'ils avaient partagée. Tout cela n'avait-il été qu'une illusion? Il baissa la tête. Pourquoi ressentait-il cela maintenant malgré sa colère?

- Alors? Tu viens de ressentir de l'amour, n'est-ce pas? Malgré ta colère.

Relevant brusquement la tête, le héros regarda le vilain incrédule. Comment avait-il deviné?

- Ah… Je sens une légère désorientation de ta part. Mais c'est normal.

- Mais comment…

Izuku ria légèrement puis se montra du doigt.

- Tu vois, j'ai un alter.

- Impossible!

Il le savait. Il savait que Deku n'avait aucun intérêt à lui mentir à cet instant, mais c'était impossible. Il avait vu la déchéance qu'avait vécu son ami d'enfance lorsqu'il avait apprit qu'il n'aurait jamais d'alter. Il l'avait vu souffrir et subir ses coups sans jamais avoir pu répliquer. Il l'avait vu s'entraîner en cachette. Il avait vu tous les efforts qu'il avait fait pour compiler des données sur les héros, dans l'espoir d'en devenir un lui aussi. Il ne pouvait pas récupérer un alter comme ça, du jour au lendemain. A moins que… Ses yeux s'écarquillèrent face à la vérité qu'il touchait du doigt.

Deku se pencha vers l'oreille de son amant et susurra.

- Je pense que tu l'as deviné mais je te le dit quand même. J'ai reçu mon alter… directement d'All for One.

Il en profita pour déposer un baiser sur la joue de son Kacchan qui digérait l'information reçue.

- C'est impossible… Il est…

- Je sais. Je ne voulais pas y croire au début, mais le fait est qu'il a réussi à me donner un alter.

Lorsqu'il avait rencontré All for One il y avait quelques années, il avait reçu un alter sans le savoir. Il n'avait rien senti lors de l'insertion de l'alter en lui. Malgré les divers examens auxquels il avait été soumis, rien n'avait été décelé. Mais la première fois qu'il s'était rendu compte que quelque chose était différent en lui, ce fut lors de ses visites à d'autres prisonniers pour sa thèse. Certains d'entre eux ressentaient un certain plaisir pervers à lui raconter leur atrocité dans les moindres détails. Si au début, il avait ressenti un malaise vis-à-vis de tant de précision dans leur description, le vert avait ensuite commencé à ressentir des pulsions. Celles-ci étaient tellement fortes qu'il avait presque l'impression de vouloir passer à l'acte. Ses entrailles se tordaient au point de le faire vomir de dégout. Se contrôlant, se raisonnant au maximum, il résistait à cette envie d'égorger cette femme au parfum trop abondant ou d'éviscérer ce chien du voisin qui aboyait à toute heure de la journée et de la nuit. Et c'était sans parler de son admiration pour All Might qui prenait des tournants pervers de destruction. Chose impossible puisque ce grand héros avait trépassé lors de l'enfermement d'All for One. Mais plus il ressassait, plus il se disait qu'il aurait du agir avant d'être confronté au vide. Une vengeance alors que la cible n'existait plus n'était pas des plus apaisantes.

Il avait lutté, encore et encore. Toutes ces émotions qui allaient à l'encontre de son sens de la justice, de son rêve. Lorsque ces pulsions devinrent trop forte, il s'enfermait chez lui, cloîtré dans sa chambre, mais ses murs tapissés de poster du numéro un des héros ne l'aidait absolument pas à retrouver la raison. Il luttait littéralement contre lui-même, entre son rêve de devenir un héros et son désir de saccager cette société bâtit sur ces mêmes supers héros.

Lorsqu'il sortait, la foule le rendait malade. Il se sentait agresser de toutes parts. Par des sentiments malheureux. Par des sentiments heureux. Par des sentiments d'injustice. Par des sentiments héroïques. Par des sentiments égoïstes… Toute une palette de couleurs le pénétrait de part et d'autre, telle des milliers d'aiguilles, sans jamais se retirer, s'enfonçant de plus en plus profondément. Elles se confrontaient violement, sans préliminaire ni douceur, le pénétrant sauvagement. Le pire devait être à l'hôpital, empli de morts et de désespoirs. Il se sentait glisser vers la folie petit à petit. Il avait vaguement compris que sa visite à All for One n'avait pas été sans conséquence. Il était à deux doigt de mettre fin à son calvaire de ses propres mains, peu importe les conséquences qu'aurait ses actes sur son entourage. Il voulait juste en finir. Cette ligne rouge qu'il se refusait de franchir s'affinait. Ses pensées se troublaient. Sa souffrance l'étourdissait. Et s'il posait un pied dans cet autre monde, que se passerait-il?

Un jour, alors qu'il était sur le point de faire un malaise du à la saturation de panique du à une attaque de vilain, un héros qui passait par là l'aida et le soutenu jusqu'au poste de secours. Sa seule pensée cohérente à ce moment fut de se débarrasser de cette peur qui l'assaillait. Il voulait extirper ce corps étranger en lui, peu importe dans quel main elle tomberait. Le héros qui faisait son travail vit sa pâleur et ses tremblements. Il y traduisit la peur et tenta de rassurer le doctorant. Mais alors que Midoriya atteignait le point de non retour, sa tête sembla exploser et il lâcha un cri de douleur. Le héros qui le soutenait toujours dans ses bras fut aussitôt envahi par une immense panique. Il lâcha Izuku comme s'il brûlait et regarda frénétiquement autour de lui. Devenu extrêmement nerveux, le justicier l'abandonna et chercha une autre place. Lorsqu'un civil le bouscula, le protecteur des faibles hurla de peur et activa son alter pour effectuer un massacre de masse. Ce premier bain de sang hypnotisa le vert qui se sentait à présent serein. Il ne tremblait plus pour de la terreur mais frissonna devant de nouveaux sentiments de plaisance.

- Comme tu as pu le comprendre, Kacchan. All for One m'a donné le pouvoir de l'empathie. Je suis capable de capter et transférer les sentiments je perçois. Les émotions d'une personne ne me font rien. Mais imagine recevoir celle de toute une foule en délire. Il y a bien de quoi devenir fou entre toutes ces contradictions, non?

- Deku! T'as besoin de te faire soigner!

Les yeux de Deku brillèrent de démence. Son sourire était difforme et une aura de perversion malsaine l'entourait.

- Reprends-toi, putain d'nerd! C'est toi qui voulais devenir le héros des héros, non? Alors pourquoi devenir un super vilain maintenant?

- Mais c'est les héros qui m'ont mis dans cet état!

Il avait élevé la voix. Le vert se prit la tête, semblant lutter contre quelque chose en lui. Il recula d'un pas.

- Kacchan… murmura doucement le kidnappeur.

Une lueur d'espoir s'alluma dans les yeux du blond. Tout n'était peut être pas encore perdu. Il pouvait encore le raisonner. Étant donné l'introduction forcée d'un tel alter, il y avait peut-être une chance pour lui d'avoir une réduction de peine ainsi qu'une thérapie.

Ses pensées furent cependant interrompues par un rire d'abord tout bas, puis de plus en plus fort jusqu'à l'éclat.

- Mais c'est toi qui m'as mis dans cet état! Si tu savais! Toi et All Might! Vous n'avez fait que me désespérer de plus en plus! Deku! Deku! Deku! Impossible de devenir un héros sans alter! Tu sais ce que ça fait d'entendre la personne la plus proche de soi ainsi que son héros préféré dire que c'est impossible de réaliser ses rêves. J'ai lutté, encore et encore, pour trouver une voie que je pourrais emprunter. Tu crois que c'était facile d'être l'assistant d'un professeur pervers? Tu sais ce que ça fait de ressentir les pulsions meurtrières de tous ces prisonniers? Tu sais ce que sais d'endurer les derniers souffles des patients à l'hôpital? Tu sais ce que c'est de ressentir chez les héros, non pas la notion du bien et le devoir de justice mais la corruption et la quête de puissance pour élever son rang? Cette obsession que vous avez de vouloir être à tout prix le numéro un! Franchement, les vilains étaient beaucoup plus honnêtes et moins hypocrite que tous ces soi-disant héros.

Izuku s'arrêta quelque instant, le temps de reprendre son souffle.

- Je dois remercier Stain, le tueur de héros, qui m'a ouvert les yeux. La société est corrompue de héros qui n'en porte que le nom et qui n'agisse pas comme tel. Le seul véritable héros est All Might. Ah, j'étais déchiré. Malgré mon admiration, j'avais aussi une dent contre lui. Je ne savais pas quoi faire. Et puis, il était mort, je n'y pouvais pas grand-chose. Je n'étais pas non plus un monstre au point d'aller saccager ou piller sa tombe. Je n'étais pas un sans-cœur.

Le revoilà partie dans ses délires. Comme lorsqu'ils étaient jeunes, il parlait dans un monologue à voix basse de manière assez flippante. Mais le fait de savoir que Deku était vraiment devenu un vilain le rendait encore plus écœurant.

- Alors en attendant, j'ai décidé de me venger de toi.

- Hein?

Deku s'assit en califourchon sur son prisonnier, toujours incapable d'effectuer le moindre mouvement. Son érection légèrement visible, le vert n'hésita pas un instant à se frotter contre celui de son amant qui, malgré sa situation, sentait l'excitation grimper au fur et à mesure.

- Dégage Deku! Sale putain d'pervers! T'utilise ton alter là?

- Qui sait, répondu malicieusement le kidnappeur.

Le vert se moqua ouvertement du blond et s'occupa du cou de l'explosif, suçotant et léchant la peau visible.

- Si tu savais comme j'attendais ce moment! Kacchan… Je t'aime et je te déteste en même temps… Tu as eu tout ce que je voulais. Un alter puissant. De la force. Une volonté inébranlable. Tu as les moyens d'atteindre le sommet de la hiérarchie des héros. Mais en même temps, tu étais si cruel. Alors, lorsque après si longtemps sans avoir eu de tes nouvelles, alors que je croyais avoir tourné la page, je te revois après que tu sois devenu un héros… avec ton cœur fragile. Tellement fragile… que j'ai eu envie de m'amuser avec toi. Après tout, rien d'interdit de rendre l'utile à l'agréable, n'est-ce pas?

- Deku…

Il ne savait plus quoi penser. Sa tête lui disait que le vert avait perdu la raison et qu'il ne devait pas écouter les délires d'un dangereux vilain. Mais son corps lui, réagissait à la stimulation extérieure. Il ne savait pas si ce désir qui grandissait en lui venait bel et bien de lui ou bien s'il aurait été incité par cet alter de l'empathie. Il se sentait si bien et en même temps dégouté de lui-même. C'était étrange.

Izuku commençait à se sentir bien étroit dans son pantalon. A force de se frotter contre la bosse naissante de son amant attaché, il sentait son bas ventre d'humidifier. Sachant que le blond ne pourrait pas le toucher, au risque de s'enfuir, il entreprit de défaire lui-même le barrage de tissu de leur deux membres pour les stimuler ensemble dans un mouvement de va et vient avec ses deux mains gantés. Leurs respirations s'accélérèrent.

- Arrête… Deku… Tu me dégoutes.

- Ahah… Pourtant, une partie de toi est plus honnête.

Quelque mouvement supplémentaires de haut en bas et vint la délivrance tant attendu, salissant leurs costumes sombres. Les gants noirs se tachèrent de blanc et le vert entreprit de les retirer avec ses dents, sans quitter du regard le blond qui semblait vouloir le tuer. Si seulement le vilain n'avait pas l'air aussi sexy dans ce costume vert, retirant ses gants de manière si provocateur. Si seulement ce regard ne lui criait pas «je t'aime» malgré l'once de folie.

L'idée de vengeance m'est venue après notre première séance. Elle me tourmentait jour et nuit, sans me laisser un seul répit. Au début, simplement te revoir me faisait plaisir. Puis, tu as piétiné mes sentiments en refusant de me voir. Tu m'as fait mal tu sais? Très mal.

Midoriya continua son récit comme si de rien n'était. Il s'était détaché du blond, retirant son pantalon avant de poser son genou dans l'espace entre les jambes de son amant, dont les pieds étaient également retenus à cette chaise qui semblait indestructible. Il déboutonna ses boutons, sans pour autant retirer le vêtement et colla son torse au visage du blond qui tentait toujours de feindre l'indifférence.

Le vert utilisa un bras comme appuie sur l'épaule du héros et avec l'autre, entreprit de se préparer, insérant ses doigts en lui, laissant échapper des soupirs et des gémissements près de l'oreille de son prisonnier. Le fait de sentir le souffle chaud de son prisonnier le rendait fou et ne voulait qu'une chose, que le blond s'occupe de la partie découverte de son corps. Mais celui-ci s'obstinait à garder la bouche fermée malgré sa forte respiration qui chatouillait sa chair. Voulant continuer à s'amuser, Izuku recommença à stimuler l'entrejambe de son partenaire qui ne put rapidement plus garder la bouche fermée. Il respira de manière saccadée, son souffle caressant les zones devenues extrêmement sensibles de son corps grâce à leur entraînement régulier.

La tête de Kacchan tournait malgré sa résistance, commençant à faiblir sous la luxure. Il ne rêvait que d'une chose, mordiller ce bout de chair rose pointé vers lui de façon indécente sous son nez. Mais il continua de résister, par fierté de héros.

- Je t'aime tellement… Ah… Mais je ne pouvais te pardonner de m'avoir tant fait souffrir…Hn… Alors… Alors… j'ai tout fait- ah- pour te séduire… ah-ah… J'ai même été jusqu'à provoquer chez le mec avec qui j'ai couché une fois… un excès de violence…ah… pour te rendre jaloux…

Le membre du blond bien dressé et son derrière bien préparé, Izuku se plaça de nouveau à califourchon et prit en main la virilité dressée qu'il plaça devant son entrée. Il s'abaissa doucement, faisant durer son geste. Il savait que Kacchan préférait y aller un peu plus brutalement. Mais le meneur de l'acte n'était pas son petit ami attaché mais lui, le super vilain. Lentement mais sûrement, le vert entoura complètement le blond qui grognait.

- Je ne voulais pas… ah… que tu tombes amoureux de moi par un alter… Ma vengeance n'aurait été complète… que si tu tombes vraiment amoureux de moi… Puis… au moment où tu atteindrais… le point de non retour…

Ses petits mouvements de haut en bas se firent de plus en plus amples et de plus en plus rapide. Le prisonnier se retenait à grande peine de donner des coups de hanche malgré ses fortes restrictions. Et ce téton esseulé qui lui criait de lui porter de l'attention depuis tout à l'heure.

- J'avoue… avoir utilisé mon alter sur toi… pour t'aider à surmonter ton traumatisme… comme à tous mes patients… mais l'amour… Je voulais ressentir ton véritable amour pour moi. Et je n'ai pas été déçu. Tu me submergeais par la violence de tes sentiments… J'étais si heureux…

- Alors pourquoi…?

Katsuki perdait de plus en plus sa conscience. Il ne se pensait pas aussi fort pour résister jusque là. Mais il sentait qu'il allait bientôt céder.

- Parce que t'imaginer me faire confiance -ah- au point de me confier tes pensées…hn… m'aimer au point de vouloir me ravager…et me garder prisonnier, ahah… t'imaginer te briser lorsque tu apprendrais la vérité… Il n'y avait pas plus jouissif comme situation! Aah! C'est si bon, Kacchan… Ici… Ah… Tu-tu aurais vécu ce que j'ai vécu à tes côtés… T'aimer… t'admirer… et me faire jeter comme une sous merde, hn… Je pensais te détester de tout mon être mais…Ah-ah-ah! Je t'aime toujours autant, Kacchan. Ah! Ah-ah-ah!

Kacchan avait cédé. Du mieux qu'il put, il bougea ses hanches avec son ravisseur sur ses cuisses. Il avait attrapé cette protubérance qui s'exhibait sous ses yeux depuis le début de leurs échanges passionnés sous ses dents et lui réservait un traitement particulier. Il se maudit de ne pas pouvoir être libre de ses mouvements pour en profiter pleinement. Il voulait le caresser, l'aimer, le dévaster.

- Ah oui! Kacchan! Ici!

Izuku sautillait sur ses cuisses de manière frénétique, incapable de stopper le mouvement. Et de toute façon, qui voudrait arrêter? Ils étaient si bien ensemble.

- Détache-moi… putain ah… Deku…

- Ah-ah-ah! Je… peux pas… Ah! Tu vas… tu vas partir… et me quitter encore ah! Si je le fais!

Les larmes de plaisir se confondirent avec celle de la tristesse qu'il ressentait en imaginant son amant partir au loin, l'abandonnant une nouvelle fois.

- Kacchan! Kacchan! Kacchan!

Un dernier coup de rein les firent atteindre l'orgasme. Deku s'écroula, essoufflé, sur son prisonnier. Katsuki sentit son épaule se mouiller. Il tourna légèrement la tête, caressant la touffe verte de sa joue. Putain, pourquoi se préoccupait-il encore de lui?

- Deku?

Deku releva la tête, inondé de larme. Le choc lui fit perdre la voix. Il ne pensait pas le revoir pleurer, enfin, pour autre chose que du sexe. Ces larmes, il les avait déjà vu, il y avait longtemps de cela.

- S'il te plait… Kacchan… Aide-moi…

La voix suppliante d'Izuku lui pinça le cœur. Après tout, lui aussi était une victime d'All for One, n'est-ce pas? Il ne pouvait pas laisser l'homme qu'il aimait dans un tel état de détresse.

- Deku…


Alors? Comment l'avez-vous trouvé? Lâchez les reviews!

C'est la première fois que je fais cela alors j'espère que vous vous prêterez au jeu. En effet, le prochain chapitre signe la fin de cette histoire. Mais ce ne sera pas une fin comme les autres. Pour faire simple, vous avez le CHOIX! Que je vous explique. La prochaine parution comportera trois chapitres, postés simultanément et qui correspondront à trois fins différentes (bon… à deux-trois minutes près, le temps de remplir le formulaire).

Voici les chapitres en question:

- Chapitre 4: Vengeance

- Chapitre 5: Amour

- Chapitre 6: Passion

Maintenant que vous êtes prévenus, choisissez la fin de votre histoire! Bien sûr, n'hésitez surtout pas à jeter un coup d'œil aux autres fins alternatives et dites moi laquelle vous avez préféré!

Rendez-vous aux prochains chapitres~