Chapitre 1
« Dans la culture Zooanne, la monarchie n'est pas synonyme de pouvoir. Il a été entendu, voilà bien longtemps, que les monarques seraient les Guides du Peuple. C'est une tâche bien plus ardue que de simplement gouverner. Le Roi, tout d'abord, est nommé lorsque son prédécesseur atteint l'âge de Sagesse (60 ans en âme humaine). Une fois nommé, ce nouveau Roi prend le rôle de Défenseur du Royaume. C'est lui, et quelques conseillers, qui forme les nouvelles recrues de l'Armée. Il sert d'exemple de bravoure et de courage au Peuple. Mais un Roi seul ne peut-être un bon guide. C'est à ce moment que la Reine fait son entrée.
Le couple royale doit avoir la même âme animale (exemple : un couple de Tigre Zooantrope). Ce n'est que dans ce cas que les deux amants peuvent espérer avoir un enfant. Même si chaque naissance Zooanne, est vu comme un don de la Lune.
Mais la Reine, avant d'avoir un rôle de mère, se doit d'être une parfaite Conteuse. C'est elle, qui enseigne la culture et la croyance Zooanne aux enfants de la Capitale.
Il est très important que la Reine éduque les jeunes Zooan avant leurs Éveils. C'est elle qui incarne le Futur et l'Équilibre du Peuple. »
-Fondement du Pouvoir- Saltimbanque Ener. Archive de North Blue
« Il faisait bien froid ce matin dans la capitale de North Blue. Cette ville qui était depuis maintenant cinq ans , la nouvelle ville où logeait la famille royale Lazurite.
Arruda était une ville bâtie sur le modèle de l'Ancien Temps. L'âge où la Guerre des Vents faisait encore rage.
L'Ancien Temps correspond aussi à ce que l'on appelle aujourd'hui le Siècle Oublié. Personne ne sait vraiment ce qu'il sait passée pendant ce temps. Seulement qu'il y avait eu une immense guerre, que les saltimbanques avaient appelée la « Guerre des Vents ».
Et le seul vestige de cet oubli de cent ans était l'architecture rustique des villes. Les bâtisses étaient assez basses, (environs cinq étages pour les plus hautes) et d'une couleur cendre, rendue par les pierres volcaniques de la région.
Les rues étaient assez étroites, (les plus grandes étant les rues commerçantes) et toutes pavés. Le plus surprenant dans ces rues, était que leurs états ne se dégradaient jamais dans le temps.
Arruda était ainsi construite.
Et les Lazurite tombèrent aussitôt sous le charme atypique du lieu et des grandes montagnes qui protégeaient la ville.
Le Palais royale était d'ailleurs assez loin de la ville, toujours un peu plus haut pour être vu et voir. Il avait été construit à l'arrivée du Roi Zek dit le Roi Constructeur. Sur sa volonté, le Palais fut construit sur un flanc de falaise, sur la montagne la plus grande de la région.
Le flanc de montagne était assez aisé d'accès et la construction se fit rapidement. La bâtisse ainsi faite, reproduisait l'architecture de l'Ancien Temps mais était bien plus haute. Permettant ainsi la construction d'un donjon et d'une tour de gué.
Au fil des années, la famille royale fit de nouvelles modifications. Elle créa un jardin intérieur, trouvant ainsi deux sources d'eau dans la roche. L'une étant aussi brûlante que le feu, et l'autre plus froide que la glace. Ces deux sources furent partagés au Peuple, comme la tradition le voulait. Mais traversaient toujours ce fabuleux jardin.
Le Jardin Royale était circulaire et creusé profondément dans la roche. Créant ainsi un écart de vingt mètre entre le dernier étage du Palais et le sol.
Mais la chaleur apportée continuellement par la Source, permit la croissance d'immense arbres et d'une flore variée. Ce fut l'endroit adoré de la Reine Elisabeth, troisième Reine d'Arruda.
Dans le Palais en tant que tel, se trouvait de nombreux couloirs et de nombreuses salles de Conseil.
La famille Royale, privilégiant la vie du Peuple avant son confort. Elle ne laissa, des huit étages, que les trois derniers pour son intimité.
Le Palais ne subit plus aucune modification après l'arrivée au pouvoir du père du Roi actuel, Naziè, dit le Roi Conservateur.
Ce Roi avait été l'un des monarques les plus emblématique de l'Histoire. En effet, il fut le seul Roi de North Blue à se marier à une Reine de West Blue. Son histoire, d'ailleurs, avait inspirée bon nombre de saltimbanque et l'avait rendu populaire dans les deux Royaumes.
Mais, malgré cette alliance entre les deux Royaumes, North Blue garda ses frontières. En effet, Naziè tenait bien à trop son Peuple, pour le voir se mêler à celui de sa femme. Il gagna de cet épisode, le surnom de Naziè le Conservateur.
De cette étrange histoire, les saltimbanques racontent que la Reine Zéfir, dite l'Étrangère, avait envoûtée Naziè. La légende raconte, que la Reine aurait pactisé avec un Shaman pour empêcher le Roi d'envahir son ancien Royaume. L'étrangère, aurait liée ses âmes avec celles du Roi, rendant ainsi le pauvre monarque, sous son emprise complète.
La Reine fut donc détestée par son peuple adoptif et ne lui donna qu'un fils après vingt ans de mariage avec le Roi Naziè. Le Roi actuel, Nathal.
L'Étrangère, mourut une année après la naissance de l'Héritier. On murmure encore aujourd'hui que c'est le prix à payer pour avoir trompé la Lune, Mère de tout les Zooantropes.
Le Roi Naziè ne se remaria jamais, ses deux âmes à jamais brisée par la perte de ses jumelles. Le Prince Nathal, fut élevé par sa Tante, remplaçant ainsi l'Étrangère dans son rôle de Conteuse.
Et le jeune Nathal se jura de ne jamais se marier avec une étrangère, développant une haine sans faille contre West Blue.
Une fois devenu Roi, Nathal dit le Sage, s'unit à la magnifique Boa Hancock. Une saltimbanque, parcourant depuis son enfance le Sud de Line, que tous jugeait comme la plus belle Zooantrope de Line.
Ainsi liés, tout deux donnèrent dés la première année, l'Héritier Nathan. Gagnant ainsi l'amour du peuple malgré l'origine bancale de la Reine. »
-Histoire des Lazurite et d'Arruda- Archive de North Blue
Et aujourd'hui, après plus de dix ans de mariage, la Reine donnait un second enfant au Peuple.
Dans sa chambre à coucher, la future mère était allongée, souffrant des milles maux que son enfant lui imposait pour vivre.
La soie des draps autour d'elle était déjà tachée de sang, la sueur coulait autour de son visage et sa respiration était hachée. Son corps était quand à lui, souvent parcourut de spasmes et pris de violents tremblements.
Mais Hancock n'avait pas peur, elle avait déjà traversée cette épreuve et elle avait, au creux de la paume, celle de son mari. Qui était assis au côté de sa compagne et regardait d'un air soucieux les sages femmes autour du lit.
Ces dernières épongeaient le sang de la nouvelle mère et chuchotaient des mots encourageants. Mais la Reine n'en avait rien à faire car elle avait mal. Si mal qu'elle voulait tout arrêter, ses pensées entièrement tournées vers la source de son mal-être. Mais elle savait que les sages femmes ne la laisserait pas tant que l'enfant n'aurait pas poussé son premier cri.
Elle regarda du coin de l'œil sa meilleure amie et aussi sa sage-femme attitrée. Cette dernière lui sourit doucement, ses cheveux roux emmêlés et ses yeux verts étaient un havre de paix pour Hancock. Nami et elle avaient fait connaissance lors de la naissance de son premier fils et elles ne s'étaient plus jamais quittées.
La Reine eut un long cri de douleur en poussant pour la première fois, aussitôt, les femmes à ses côtés lui donnèrent des indications. Certaines pressèrent ses flancs pour soulager la femme en nage, et d'autres s'occupèrent de l'état de santé du futur né.
Le Roi Nathal se sentit de trop, dans ce moment si étrange qu'était l'accouchement. Il se demandait encore, comment sa femme pouvait survivre après une telle perte de sang. Il eut une grimace de douleur lorsque Hancock lui broya à moitié la main mais se garda bien de dire quoique ce soit. La première fois qu'il avait tenté de dire quelque chose, la Reine l'avait envoyé paître. Et même si il la savait douce et tranquille, il avait eu du mal à reconnaître sa femme à cet instant.
Il garda donc le silence, écoutant les femmes parler à la sienne et l'encourageant. Il trouvait sa femme bien silencieuse et la regarda. Il rencontra alors son sublime regard bleu et son visage crispée. Même rouge, avec des cheveux sur les joues, il trouvait sa femme belle. Il lui sourit doucement et caressa son front moite. A son toucher il la vit fermer les yeux et serrer ses lèvres roses.
Il eut un grand mouvement dans son dos et le Roi regarda la raison, les femmes apportaient des linges blancs et se penchèrent vers les cuisses de sa femme.
Il entendit plus qu'il ne vit son enfant. Et il eut un long frisson comme sa femme à ses côtés.
Lorsque l'hurlement du nouveau né empli la pièce,les sages-femmes enveloppèrent le bambin avant de l'emmener vers la bassine d'eau chaude qui l'attendait.
Incapable de bouger, le Roi resta aux côtés de la Reine qui venait de se redresser légèrement.
Ils étaient tout deux à la fois heureux et inquiet. Nathal caressa la main de sa femme et regarda le dos de ces femmes qui l'empêchait de voir son enfant.
Il entendit de nouveaux cris puis des pleurs. Tendu, il se leva d'un bond, son instinct paternel prenant le dessus. Son âme animal était tout aussi concentré vers sa progéniture et n'appréciait pas de ne pas la voir.
Et puis soudain, il la vit. Nami, la sage-femme et amie de Hancock lui tendit un ligne blanc. Prit d'émotion, le Roi saisit le paquet et regarda le visage de son enfant.
Il vit une bouille ronde et rosée encore crispée par la douleur de la Vie. Des petites mains dépassant avec peine de la prison de tissu et une petite bouche rose qui braillait encore. Ému, le nouveau père rejoint sa femme sur le lit.
Il ne pouvait détacher son regard du fin duvet brun qui se trouvait sur le nouveau né, de la peau rose et pâle et de ces yeux noirs qui le fixaient curieusement.
Hancock regarda avec tendresse son mari découvrir son enfant. Terrassée par la fatigue, la jeune mère se rallongea après que ses aides de chambre aient enlevés les draps souillés.
Nami, était restée proche du couple, et une fois qu'ils furent de nouveau maîtres de leur émotion elle leur demanda d'une voix douce.
« -Comment voulez-vous appeler votre fille, Nathal-sama ? »
L'intéressé releva ses yeux de sa fille pour les poser vers sa femme. Cette dernière lui accorda son droit d'un simple hochement de tête.
« -Elle s'appelle Lisabeth. »
Le nom, étant ainsi décidée, Nami prit de nouveau l'enfant pour s'occuper des premiers soins avec ses collègues. Laissant le couple royale se reposer et seuls.
Nami était sage-femme depuis ses vingts ans, âgée à présent d'une quarantaine d'année, elle n'avait jamais regrettée son travail. Elle était née femme-ours et dans une famille pauvre. Ses choix de carrières à l'époque n'était donc pas beaucoup variés et elle avait choisi de suivre son instinct animal. Un petit sourire fier étira les lèvres fines de la rousse. Après tout, elle tenait dans ses bras, et ce pour la seconde fois de sa vie, un enfant royale.
Les enfants dans la culture Zooanne était une chose sacré. En effet, il était très compliqué pour une femme de porter un enfant et de le mettre au monde. Souvent les grossesses chez les Zooantropes ne se finissait que pour un dixième des cas. Alors, donner naissance à un second enfant relevait d'une prouesse.
Et Nami espérait que cette prouesse donnerait à cette jeune enfant, une vie joyeuse et douce.
9 ans plus tard, dans le Palais d'Arruda.
Dans le Jardin Intérieur, on entendit un grand fracas. Puis une éclaboussure et enfin, le cri outrée d'une femme.
Et quelque instants plus tard, résonna le nom de la source du trouble
« Sainte Lisabeth ! Cessez donc vos enfantillages ! »
Mais la femme qui s'était exclamée avait un grand sourire aux lèvres en regardant la petite enfant courir entre les arbres du Jardin.
Lisabeth était encore petite pour son âge, ses cheveux noirs corbeaux tombaient en cascade sur son visage et ses épaules, cachant la plus grande partie de ses traits.
La jeune fille portait une robe couleur sable, enfin, c'était la couleur qu'elle avait eu ce matin, car en cette fin d'après-midi, elle était plutôt noire de terre.
Lisabeth, plutôt surnommée Lili, était une vraie pile électrique, préférant l'air du Jardin plutôt que les salons du Palais. Elle aimait la nature et le Soleil et n'écoutait jamais les leçons que sa mère tentait de lui inculquer. Elle n'en voyait pas l'intérêt et son père la confortait souvent dans ses idées.
Après tout, la petite princesse était l'enfant miracle et quel père ne serait pas fier de voir gambader sa progéniture ?
Mais le Roi était absent pour le moment, en fait, il l'était depuis maintenant un mois. Et Lili s'ennuyait sans lui et surtout sans son frère aîné : Nathan.
Nathan était de dix ans plus âgé mais ils s'étaient toujours très bien entendu, d'ailleurs c'était lui qui lui avait soufflé l'idée de jouer dans le Jardin lorsqu'elle s'embêtait.
Mais il ne lui avait pas dit que sa gouvernante la suivrait même dehors. Sa gouvernante, c'était Dame Pique, elle était si pâle que Lili croyait voir un fantôme. Ses yeux étant aveugles, Lisabeth avait crue que l'alité serait moins attentive. Mais à en voir avec quelle facilité sa tutrice la retrouvait, il fallait bien avouer qu'elle s'était trompée.
Courant à en perdre haleine, Lili retrouva le chemin de la Source Chaude. C'était là que sa mère lui avait donnée rendez-vous. Et même si au départ, la jeune fille ne voulait pas y aller, Dame Pique avait su trouver les mots pour piquer sa curiosité. Sa mère allait Conter. Et si Lili adorait une chose, c'était bien les contes.
Sa mère, en tant que Reine, devait instruire les jeunes enfants de la capitale à la culture Zooanne et à l'Histoire en général. Elle remplissait alors son rôle de Conteuse.
Une conteuse, comme Dame Pique lui avait dit, était comme une Saltimbanque sauf que la Conteuse n'avait pas à voyager.
Les Saltimbanques étaient la Voix du Monde, c'étaient eux qui créaient et partageaient les histoires ou l'Histoire du Monde. Lili adorait les écouter et surtout écouter sa mère, qui avant de devenir Reine, en était une aussi.
Les saltimbanques étaient très bien vu par le peuple de North Blue, car dans le Royaume, les artistes étaient très bien pris en considération et la Culture était placée en maître mot dans l'éducation des Zooantropes.
En arrivant au lieu de rendez-vous, Lili retrouva sa mère et un petit groupe d'enfant. Ils étaient tous très bien habillés, ce qui faisait un contraste saisissant avec la petite princesse qui ressemblait plus à une souillon.
Hancock, en voyant l'état de sa fille, eut un léger claquement de langue. Mais sa fille, loin d'être honteuse, fit un grand sourire à ses camarades avant de prendre place dans la ronde.
Il était en effet d'usage, que les fils ou filles du Guide soient mêlés au Peuple, sans aucune considération pour leur sang. On disait que c'était ainsi qu'ils apprenaient la valeur de chaque chose. Et Lisabeth adorait cette éducation, elle pouvait jouer avec n'importe qui sans que personne ne les réprimande.
La jeune fille s'était d'ailleurs assise contre son meilleur ami d'enfance, Bepo. C'était un jeune garçon de onze ans, assez grand et frê avait les cheveux courts et cotonneux avec des magnifiques yeux ambres. Mais il avait tout le temps le visage bas, continuellement honteux et s'excusait dés que quelqu'un lui parlait. Pourtant, cette nature si renfermée et timide n'avait pas empêchée une boule d'énergie comme Lili de se lier d'amitié avec le garçon.
La Conteuse avait attendue que le silence se fasse avant de saisir un instrument que Lili voyait chaque jour. C'était un violon. En tant qu'ancienne Saltimbanque, Hancock ne racontait ses histoires qu'avec un instrument, jouant sur les mélodies et les mots pour raconter.
Et alors que les premières notes résonnaient dans l'air du Jardin, tout les enfants se concentrèrent, comme happés par le charme de la musique.
Et la voix de la Conteuse s'éleva, pas plus forte que le cours d'eau derrière elle.
« L'histoire qui va être racontée, vient d'un autre temps. Le temps de la Création.
Homme venait d'être fusionné à Âme. Et cet incident avait changer le malheureux en un tout nouvel être.
Il l'avait remarqué lorsqu'il avait rejoint son frère Animaux, l'être aux milles visages était devenue une femme. Sa femme.
Car Homme aimait son frère, ou du moins le croyait-il. Mais leur amour s'était toujours soldé d'un échec. Car Soleil avait lancé une malédiction sur Homme, le contraignant à aimer uniquement Âme.
Mais le malheureux n'aimait pas cette sœur, il aimait sa moitié. Et seulement elle.
Toujours est-il, que lorsque Homme, devenu Humain, voulut rejoindre Animaux, il se vit saisit de honte. Ce sentiment était nouveau pour Humain, il ne comprenait pas.
Et puis Âme, en fusion avec son esprit, lui souffla d'une voix moqueuse
« Ton frère ne doit pas souffrir de ton hypocrisie, Homme. Et si tu veux rejoindre Animaux, il te faut d'abord l'aimer. D'un amour sincère et juste. »
Tout d'abord effrayé, Humain se révolta contre cette nouvelle conscience. Qu'en avait-il à faire de ces sentiments que Âme décrivait comme Amour ?
Après tout, Humain voulait seulement faire lui aussi les nouveaux êtres, comme Nymphe ou les Paramorphes.
Mais la malédiction dura, et Humain ne put approcher Animaux. Ils ne pouvaient se toucher, seulement parler.
Alors Humain se résigna. Il fit des efforts pour attirer l'attention d'Animaux, puisqu'il ne pouvait plus le réclamer de force.
Et puis, au fil des saisons et des années, Humain se mit à comprendre Animaux, il l'écoutait et le conseillait. Il regagna ainsi la confiance blessée de sa moitié. L'être aux milles visages restait de plus en plus longtemps avec Humain. Et Humain voulait de plus en plus de la compagnie de Animaux.
Il se mit à rougir dés que sa moitié lui faisait des compliments, ou que il le regardait. De ce regard aux milles nuances.
Humain avait le cœur qui s'affolait, dés que son frère lui souriait.
Et puis, un soir, il comprit qu'il était amoureux. Âme se moquait souvent de lui, de sa joie impatiente mais lorsqu'elle lui dit d'attendre, il lui obéit.
Nymphe et Paramorphe eurent bientôt atteints leur âge adulte lorsque Humain put toucher Animaux.
Ce fut sûrement le plus beau jour de leur vie.
Humain comprit qu'avec des mots et de la patience, il pouvait lever n'importe quelle malédiction. Et que finalement, la seule chose qui barrait son envie de concevoir, était lui-même.
Plus tard, Humain et Animaux fusionnèrent l'espace d'une nuit, pour donner naissance aux Zooantropes. Et ensuite, plus jamais ils ne se quittèrent. »
En entendant la voix et la musique se taire, les enfants ouvrirent les yeux. La petite Lili, quand à elle, était encore dans l'Autre Temps. Elle s'imaginait Animaux, l'être aux milles visages et ce à quoi il pouvait ressembler. Mais c'était inutile, Animaux n'avait pas véritablement de visage, il pouvait se présenter en n'importe quelle bête sur cette Terre. La petite fille aurait bien voulue avoir ce don, de se changer en n'importe quoi.
Mais elle savait aussi qu'il était dangereux de penser ça. Elle ne comprenait pas encore bien pourquoi, mais ses parents la grondaient souvent lorsqu'elle leur partageait son sentiment.
Ils disaient que c'était mal de penser à sa future condition animale avant l'Éveil.
L'Éveil, ce nom inspirait à Lili un souffle de liberté, d'interdit et d'excitation.
Après tout, c'était sans doute le moment le plus important dans la vie d'un Zooantrope. Celui de l'éveil de son âme animale. Ce moment où le Zooan pourrait enfin se sentir lui-même, entier et libre de tout.
Mais l'Éveil était aussi dangereux, la conteuse leur apprenait très tôt le revers de ce fabuleux moment. Car il y avait des règles à respecter, si on ne voulait pas perdre son âme animale, ou dans le meilleur des cas, sa vie.
Lili s'énuméra ses conditions pendant que les enfants autour d'elle se levèrent. Ils ne firent pas attention à sa mine préoccupée et sa moue.
Pour un Éveil réussi, Lisabeth se souvenait qu'il fallait avoir un certain âge, de onze à treize ans pour les garçons. C'était eux les plus précoces mais aussi eux qui ont le plus d'échec. Souvent les âmes animales ne s'éveillent jamais, rendant l'enfant humain, pour le reste de sa vie.
Pour les filles, c'étaient différent, elles devaient avoir entre quinze et dix-sept ans. C'était vers cette période que leur croissance se finissait. Ainsi elles n'avaient pas à gérer leur puberté et celle de leur âme animale.
Mais il n'y avait pas que ça, qui caractérisait un Éveil.
Un enfant, quel qu'il soit, à une âme animale de trois sortes.
Il y a l'âme Oméga, c'est l'âme la plus faible de toute, mais d'une infinie douceur. Un Zooan Oméga était un parfait artiste ou médecin.
Puis il y avait l'âme Bêta, l'âme valeureuse mais peu puissante. Un Zooan Bêta était souvent un être courageux et avec un sens de l'honneur aïgu.
Et enfin, l'âme que Lili espérait avoir, l'âme Alpha. L'âme des Rois, celle qui dominait toute les autres avec sagesse et doté d'une force inégalable.
Dans sa famille, tous étaient des Alpha Zooan. Mais sa mère lui disait que ce n'était rien si jamais elle était Bêta ou Oméga. Et la petite princesse la croyait sans soucis.
Car malgré cette différence de puissance, jamais un seul Zooan ne traiterait un autre de ses frères comme un être inférieur.
C'était là toute la beauté de la race Zooanne, elle était solidaire et doté d'un grand sens d'équité avec ces congénères. Et Lili était fière d'appartenir à un Peuple comme le sien.
Une main délicate sortit l'enfant de sa rêverie. Levant ses yeux sombres de sous sa masse de cheveux, Lili découvrit le visage de sa mère.
Sa mère était assez vieille maintenant, approchant doucement de l'Age de Sagesse. Elle avait les cheveux grisonnant et ses yeux étaient plissés par le baiser du Temps, comme disait son père. Mais malgré tout, Boa Hancock restait toujours aussi belle, avec ces yeux bleus pleins de fierté et d'assurance. Lili admirait souvent avec quelle grâce sa mère se mouvait, gardant la souplesse des corps sans âge. Mais ce que l'enfant adorait par dessus tout, c'était la douce voix de sa mère, celle qui l'emmenait si facilement dans le pays des contes.
« Et bien Lili, tu as aimée cette histoire ? »
La jeune fille hocha la tête avec enthousiasme et sourit à la Reine.
« -Bien, et que en a tu compris ma chérie ? »
S'asseyant à ses côtés, Lisabeth se cala dans les bras réconfortants qui s'offraient à elle.
« -Euh...Que Humain est amoureux d'Animaux ? »
Lili aimait ses moments, là où la Reine prenait son temps pour expliquer l'histoire à chaque enfant. Les prenant dans ses bras doux et chauds et les aidant à regarder le monde d'un œil plus adulte. Pour les préparer à maîtriser parfaitement leur âme humaine et à être des bonnes personnes.
« -Oui mon cœur, mais il n'y a pas que ça, Humain ne comprenait pas la différence entre l'attirance physique et l'Amour. Il pensait qu'il aimait Animaux parce que son frère le laissait être prêt de lui. Sans se rendre compte qu'il détruisait Animaux »
« -Et c'est pour ça que Âme l'a empêchée de s'approcher de son frère. » La jeune fille fronça ses petits sourcils sombres en réfléchissant.
« -Oui, en faisant ça, Âme à protégée Animaux. Et Humain a du réfléchir pour rester près de son frère et que lui veuille bien de lui. Cette histoire nous apprend qu'il faut parfois prendre du recul sur certaines choses, pour nous et les autres. Mais elle nous apprend aussi que l'Amour ne se passe pas que par les gestes, il est dans la parole et l'écoute de l'autre. »
Lili hocha doucement la tête et la posa contre la poitrine de sa mère.
« -J'aimerais bien être comme Animaux, changer de visage comme j'en ai envie »
Le petit rire de sa mère la surprit et elle la regarda en coin d'œil.
« -Tu pourras changer de visage Lili. Une fois ton âme animale éveiller tu pourras devenir une louve à volonté »
« -Maman... »
« -Oui ? »
« -C'est vrai que les Oméga ne peuvent pas se transformer ? »
« -Ils le peuvent ma chérie, mais c'est douloureux pour eux. Leur esprit animal a du mal à prendre le dessus sur celui humain. »
« -Le Changement fait mal ? »
« -Pas pour les Alphas, leurs deux esprits sont puissants, et si il y aune douleur elle est brève. Pour les Bêtas le changement est un peu plus long, donc plus douloureux. »
« -Et les Omégas ? »
« -Le Changement est long, et ils ont besoin d'aide, de soutient. C'est très éprouvant pour eux. Leur corps se brise pour s'adapter à leur animal, comme nous tous, mais leurs os se brisent à un à un. C'est presque une agonie pour eux. Alors ils ne se transforment que le jour de leur Eveil et lorsqu'ils y sont contraints. »
« -C'est triste... »
Lili sentit sa mère se lever dans son dos et la petite soupira, il était temps pour la Reine d'aller voir un autre enfant. La petite brune fit de même, lissant d'un geste nerveux sa robe avant de s'étirer.
Elle avisa ensuite Bepo, assit sur un rocher, seul. L'enfant était toujours seul, et Lili avait beau le présenter aux autres et jouer avec lui, il restait toujours aussi solitaire. Trottinant jusqu'à lui, la petite fille eut un large sourire aux lèvres.
« -Bepo-chan ! Tu as aimé l'histoire ? »
La petite fille se posta contre son meilleur ami. De sa demi nature lupine, Lili était d'un naturel très tactile, cherchant sans cesse le contact de ses pairs. Elle eut un petit rire en voyant les joues rondes de Bepo se rosirent. Lui, c'était tout le contraire, étant un mi-ours, il ne ressentait aucun besoin de contact avec les autres.
« -O...Oui » L'enfant se tortilla, mal à l'aise, et regarda l'eau chaude à leurs pieds.
« -Hé...Bepo ? Je m'ennuie, on joue ? »
Le-dit Bepo soupira et tourna un peu la tête vers la jeune brune à ses côtés.
« -Tu veux jouer à quoi ? »
« -A cache-cache ! »
Un petit sourire timide vit le jour sur les lèvres du garçon pendant que sa meilleur amie saute en bas du petit rocher.
Le garçonnet s'élança après Lili. Tout deux, ils allèrent chercher Dame Pique.
Ils trouvèrent tout deux très drôle de lui proposer. Et la vieille femme, bien qu'en soupirant, accepta.
Bepo et Lili se regardèrent avec défi un instant, pendant que la vieille dame s'asseyait dans son fauteuil.
« Que le meilleur gagne ! »
