Arg, vous n'imaginez sans doute pas à quel point ce chapitre a été compliqué pour moi. J'ai eu pendant deux semaines le syndrome de la page blanche. Ce chapitre est sans doute l'un des plus courts que j'ai prévue pour cette histoire. (exactement 3771 mots pour l'histoire en elle-même). Mais il a été très riche en émotion. plein de doute et de colère car je n'ai pas réussi à en tirer ce que je voulais. Mais voilà, je préfère poster cette version maintenant et la réecrire plus tard, pour me laisser le temps d'avancer dans l'histoire et de dépasser toute ma frustration. Alors je vous pris de m'excuser si ce chapitre est mauvais, si il est bourré de faute ou si il est trop court à votre goût. Mais je vous jure que je ne l'ai pas bâclée et que j'ai sans doute justement passée trop de temps dessus pour le poster tranquillement.
Donc Nous sommes officiellment Mardi depuis 15 minutes mais j'ai quand même tenue à garder le rythme de un chapitre tout les Lundis. ;)
Lexique:
-Okaasan: Mère
-Otousan: Père
-Oniisan: Grand frère
-Imoutosan/ Imouto: Petite soeur
C'est un langage assez soutenu, sauf Imouto qu'on peut traduire par "Sœurette".
Chapitre 3 : Sept ans plus tard.
« La Guerre est si affreuse Okaasan, que je ne pourrais jamais l'oublier. Je ne sais pas pourquoi Père a déclarer la guerre à West Blue. Mais c'est sans doute à cause de cette stupide affaire de ses parents. Excuse moi de mon ton, Okaasan. Mais j'ai si peur. Le sang coule dans mes veines et sur mes mains. Je me sens immonde, un être abjecte répugnant. La mort est si affreuse...Et pourtant je me dois de l'infliger chaque jour, pour notre pays, pour toi et Lili. Je me bat pour vous. En ce moment nous avançons petit à petit, et je sais que la bataille finale approche. Déjà six ans de bataille acharnée...J'attends cette fin avec impatience mais aussi avec peur. Je ne veux pas mourir Okaasan »
-14 octobre - Prince Nathan. Lieu non précisé.
« C'est avec grand regret et tristesse que j'annonce à sa Majesté Boa Hancock, la mort brave et valeureuse de son feu mari et notre bien aimé Roi Nathal. »
-Lettre officiel du Comité de Guerre-
Le vent dans sa fourrure était le sentiment le plus galvanisant qu'elle n'ai jamais ressenti. Ses pattes de louve frappèrent le sol en cadence, dans un rythme que elle seule pouvait soutenir. Son cœur propulsait son sang avec force dans ses veines. Tout chez elle semblait décuplé, embelli et a vif. Et elle adorait cette sensation, pleine de promesse et de luxure. Alors elle courrait de plus belle, distançant encore un peu plus son ami qui haletait au loin et lui hurlait de revenir. Mais pour quoi faire ? Supporter les pleurs de sa mère ? Les draps noirs du deuil dont le Palais était recouvert ? Même si Lili avait été dévastée par la mort terrible de son père, sa seule envie avait été de courir et non de pleurer. Sa mère n'avait rien dit et personne au Palais ne s'en était encore rendu compte. Sa louve en avait été ravie, pour elle, cela faisait trop longtemps que son père était parti pour qu'elle ressente quoi que ce soit. C'était un risque à prendre lorsqu'on quittait la Meute après tout. La forêt autour d'elle se fit soudain plus rare, les senteurs plus éparses. Et enfin sa course se finit dans les immenses champs du Royaume. Là ou des centaines de paysans travaillaient la terre comme trois cents ans en arrière. Le mode de vie des Zooan était simple, hors du temps. Hors de tout en fin de compte, et c'est ce que Lili aimait. Alors la grande louve grise s'assit entre les blés, ces derniers chatouillant sa truffe qu'elle remua un peu. Puis des pas de course lui parvint, et le souffle anarchique de son ami. Lili sourit alors au fond d'elle-même, son âme humaine se moquant ouvertement de la petite forme qui s'approcha d'elle.
Ses prunelles d'or se posèrent sur Bepo, rouge et plein de sueur. L'Oméga se laissa tomber au sol près de l'animal, le maudissant de sa vitesse et de sa condition. La louve eut un sourire canin en regardant l'homme en face d'elle. Bepo était le seul a connaître sa condition d'Eta et en sept ans, il ne l'avait jamais trahi, ni quitté d'ailleurs. Il lisait les sentiments et les pensées de Lili comme un livre d'astronomie. Matière où Bepo était une espèce de génie. C'est dire donc la facilité qu'il avait eu à suivre sans un mot la jeune femme hors du palais avec un sac de rechange pour elle.
Comme pour se faire pardonner, la louve frotta sa truffe humide contre la joue du garçon qui poussa un grognement de protestation et rougit légèrement. Ce qui fit doucement grogner la lupine, car malgré leurs longues années d'amitié, Bepo était toujours cet enfant timide qui ne pouvait s'empêcher de s'excuser à chacune de ses paroles.
Puis la louve saisit entre ses longs crocs le sac de rechange que son ami avait laissé rouler un peu plus loin et s'éloigna un peu. L'animal cendre était deux fois plus grand que les autres loups normaux. C'était sans doute à cause de son éveil prématuré ou alors de sa croissance humaine exceptionnelle. Sa gueule était large et ses mâchoires puissantes, pouvant facilement briser un bras humain (dont Bepo avait été la malheureuse expérience lors de sa première transformation). Lorsque la louve fut loin des regards, sa fourrure tomba en paquet de poil fin révélant une peau noire qui tomba peu de temps après. Puis les muscles et les os vinrent rejoindre eux aussi le sol. Il eut un léger craquement et bref cri de douleur. Car Lili avait compris que si sa transformation d'humaine en louve était sans douleur, l'inverse n'était pas vrai. Certes, la douleur était vive, fulgurante mais elle ne durait jamais. Elle finissait par s'apaiser en se diluant dans ses veines et mourir au bout de ses articulations.
De la louve à présent, ne restait qu'une jeune femme totalement nue. Ses cheveux cendre teintés de noir descendait le long de ses épaules pour caresser le bas de son dos;Sa taille fine mais ronde autour de ses hanches était celle d'une femme accomplie tout comme l'était son visage et sa poitrine. Mais Lisabeth ne s'attarda pas sur son corps et enfila rapidement ses sous-vêtements et sa robe de lin. Puis la jeune femme de seize ans noua avec une grimace sa ceinture doré et celle en coton. Cette ceinture qui l'avait accompagnée depuis ses trois ans et qui allait bientôt tomber pour laisser place uniquement à celle en or, démontrant son statut de jeune femme en fleur.
Une fois changée, Lili sortit des fourrés et trottina jusqu'à un Bepo somnolent, un large sourire aux lèvres. Le vent se leva doucement sur les champs, couchant quelque fois les brins de blé et rabattant sans cesse les longues mèches noires sur les yeux la jeune femme. Son ami respira un grand coup, laissant les parfums de l'été parcourir ses sens, avant de lancer d'une voix timide :
« Tu vas mieux Lili-san ?
-Oui Bepo-chan, merci de m'avoir suivi, la jeune femme eut un doux sourire qui fit de nouveau rougir son ami
-Ce...Ce n'est rien...Pardon
-Arrête dons de t'excuser Bepo-chan ! »
Lili ria un peu avant de frapper amicalement l'épaule du garçon à côté d'elle. Ce dernier avait un visage plus anguleux que lorsqu'il était enfant, et comme elle, avait eu la couleur de son animal pour couleur de cheveux lors de son Eveil. Ces derniers étaient donc d'un blanc de neige, chose rare car des Zooans ours polaire, on n'en voyait presque jamais. Et c'est ce qui le faisait apprécier des autres jeunes femmes du Palais. Fait qui ne semblait pas vraiment l'enchanter d'ailleurs. Lui qui rêvait de sa femme ours, risquait de l'attendre longtemps.
Cette dernière pensée fit encore rire Lili avant qu'un long son ne vienne briser toute la petite quiétude qu'elle avait tentée d'instaurer. Achevant la piètre paix que son cœur avait encore.
Le glas d'Arruda sonnait, et sonnait encore, emplissant l'air de sa mélodie lugubre et qui fit monter les larmes aux yeux de Lili.
« Ils sont revenus »
La phrase de Bepo fut aussi triste que le son qu'ils entendaient mais d'un geste commun, ils eurent un petit sourire avant de se lever. Ils devaient se dépêcher de rentrer au Palais avant que leurs absences soient remarquées.
La forêt du Nord était à dix minutes de course de la porte arrière du Palais. Néanmoins, c'est après un quart d'heure que les deux amis franchirent les lourdes portes. L'ambiance alors les frappèrent alors d'un revers violent. Lili entendit des sanglots au bout du couloir, puis des murmures et des pas étouffés. Sans un mot, elle prit la main de son ami et l'entraîna dans le Grand Salon.
La pièce était immense et se trouvait au rez de chaussé du château. Pour autant, lorsqu'ils arrivèrent enfin, la pièce était bondé, noire de monde et de têtes parfois inconnus parfois familières. Mais là, dans cette pièce, personne ne parlait. Il n'y avait même pas un murmure, seulement un sanglot étouffé et un froissement de tissu. Car tout les regards étaient sur elle, Lili. La princesse en deuil qui avait perdu son père mais qui était aussi la princesse de deux royaumes à présent. Car si son père était mort, North Blue avait triomphé. Le Royaume avait tué « L'Homme le plus fort du monde » mais avait aussi perdu l'un des siens le plus brave. North Blue et West Blue ne faisait qu'un à cet instant, ce qui rendait son statut à la fois enviable, à la fois pris en pitié. Alors la jeune princesse ne savait pas quoi faire, si ce n'est chercher son frère et sa mère des yeux. Les seuls qui avaient de l'importance, et pour elle et pour sa louve. Ils étaient sa Meute, sa famille, son sang.
Ses yeux dorés se posèrent enfin sur un visage qu'elle connaissait bien. Mais les larmes et la tristesse déformaient ses traits, changeaient son visage pour ne montrer qu'une âme en peine et brisée. Et c'est d'un pas crispé que Lisabeth fendit la foule qui s'écarta d'elle lentement. La jeune femme pinça doucement ses lèvres en posant sa main sur le bras amaigrie de sa mère. Sa voix fut celle qui brisa le silence morbide de la salle
«Okaasan ...»
A ces mots la Reine eut un instant de fierté, relevant doucement son menton, avant que ses larmes ne ravagent de nouveau ses joues. Mal à l'aise devant tant de détresse, Lili chercha des yeux son frère. Ce nouveau Roi qui avait quitté le palais alors qu'il était à peine un homme.
«Imoutosan ...»
L'appel surprit la jeune femme, c'était une voix grave, si différente de celle qu'elle avait connue enfant. Et lorsqu'elle se retourna, elle fit face à un nouvel homme. Nathan avait grandi pendant ses sept années d'absence. Son visage s'était aminci mais était à moitié caché par une barbe de trois jours. Il semblait fatigué mais surtout plein de tristesse. Ses cheveux noirs étaient retenus par un catogan, style de coiffure des soldats Zooan mais quelques mèches tombaient sur ses tempes. Ses yeux beus hurlaient de détresse mais aussi de joie. Sentiment que la jeune femme partageait elle aussi.
Lili prit une soudaine inspiration, retenant son envie de le prendre dans ses bras, et recula légèrement.
« Oniisan*...Je suis heureuse de te revoir, son ton était tremblant et la jeune femme toussota pour reprendre contenance.
-J'aurais aimé revenir plus tôt et sans mon nouveau titre..., Lili eut un petit sourire triste en entendant le ton tout aussi tremblant de son frère.
-Je suis sure que Otousan* serait fier de toi »
Elle posa sa main sur le bras de son frère d'un geste réconfortant mais aussitôt Nathan fit de même pour l'attirer contre lui. Le visage de la jeune femme rencontra le large torse de son frère et ses bras s'enroulèrent d'eux même autour de lui. Elle entendit vaguement l'homme sangloter et elle se serra un peu plus et fourra son nez dans son cou. Son odeur était aussi différente de celle de son enfance,pleine de senteurs inconnues que celle qu'elle connaissait mais aussi une légère note de lis, la fleur du deuil. Deux mains puissantes caressaient son dos en formant de petits cercles. Et c'est lorsqu'elle renifla que Lili se rendit compte que elle aussi sanglotait.
Elle s'écarta alors doucement de son frère, passant d'un geste rapide sa manche sur ses yeux et les releva vers la foule autour d'eux. Ils avaient tous l'air grave et solennel, elle comprit alors qu'elle avait devant elle des soldats, qui avaient combattus pendant six ans sans voir leurs familles. Ils ne devaient attendre qu'une chose : présenter leurs condoléance et quitter le Palais pour enlacer leurs femmes et leurs enfants qui avaient bien grandis.
Mais Lisabeth n'eut pas vraiment plus le temps de réfléchir car la voix de son frère raisonna dans la salle. Résonnant légèrement dans le silence morbide
« Mes chers compagnons d'armes, aujourd'hui est un jour de deuil, mais je ne peux me résoudre à vous laisser plus longtemps loin de vos proches. Demain sera un autre jour pour North Blue et j'espère que ce sera le début d'une longue période de paix et de prospérité. »
Sur ses paroles les hommes éreintés disparurent peu à peu. Parfois en boitant, parfois en soutenant les plus faibles qui avaient tenus à présenter leurs condoléances. A cette vision Lili resta un instant admirative de la loyauté que son peuple faisait preuve.
« Lili... »
La jeune femme sursauta, ne reconnaissant pas la voix qui venait de l'interpeller. Elle tourna donc la tête pour découvrir d'abord deux orbes grises qui s'étaient aussitôt accrochées à son regard. Elles semblaient contenir à elles seules tout les orages de la Vie et les tornades de l'Existence. Puis son regard dériva sur la peau hâlé et sur les mèches noires corbeaux qui barraient parfois le front de son vis à vis. Puis sur le sourire narquois et amusé qui étirait doucement les lèvres fines de l'homme en face d'elle.
« Trafalgar ! »
Lisabeth n'eut pas le temps de bien comprendre ni de réaliser qui elle avait devant elle puisque Bepo l'avait devancé. Se jetant sur un Law surpris et manquant de se renverser sur le poids de leur ami. Un rire bref s'échappa de la jeune femme et des jeunes hommes.
Trafalgar Law, maintenant Lili se rappelait. Il avait cinq ans de plus qu'eux mais Bepo le considérait comme son grand frère lorsqu'ils étaient enfants. Relation que la jeune femme n'avait jamais compris et n'avait pas eu le temps puisque le jeune homme était parti à la guerre avec son grand frè le Trafalgar d'antan avait changé lui aussi, comme Nathan il avait acquis cet air grave et mature sur le visage. Il n'avait pas son éternel bonnet sur la tête, laissant ses cheveux noirs faire leur propre loi. Par contre il avait toujours ses deux boucles d'oreilles et ses cernes sous les yeux. Des éléments facilement reconnaissable, même pour elle.
Bepo par contre, ne semblait pas vraiment prêter attention à tous ces changements chez Trafalgar. Il l'harcelait de question et lui racontait en quelques phrases les sept ans qui les avaient séparés. Lili eut un léger sourire amusé en le voyant agiter les bras et réclamer à grandes exclamations son les regarda tout les deux, l'un semblait sombre et renfermé alors que l'autre était tout son contraire. Déjà enfants ils étaient d'un contraste saisissant mais maintenant c'était le jour et la nuit. Lili posa son regard d'or sur les hommes restant qui étaient seulement son frère et les deux vieux amis. L'ambiance dans la salle avait changé, de lourde et oppressante, elle était maintenant d'une intimité confortable. Seul le feu crépitait et les exclamations de Bepo comblait le silence qui l'avait tant gênée.
Puis elle avisa son frère qui restait près de la cheminée. Il avait cette pose nonchalante, une épaule contre le cadre de l'âtre et le poids de son coprs reposant sur celle-ci. Ses longs cheveux noirs tombaient sur ses joues et ses yeux, lui donnant un air sombre, plein de contraste avec la lumière des flammes. Lili balaya le reste de la salle de son regard, elle était mère avait sans doute dû aller se coucher. Et Lili ne lui en voulait pas, perdre sa moitié devait être une dure épreuve. Car même si une seule de leur âme était lié avec l'autre, cela suffisait pour créer un violent traumatisme et une douleur vive. La jeune femme se demandait même comment Hancock ne s'était pas écroulée de chagrin. Peut-être le faisait-elle en ce moment, là, effondrée sur son lit, pleurant toute les larmes de son cœur et hurlant son chagrin. Et sans doute son frère pensait la même chose, à en voir son air triste et renfermé.
Elle s'avança donc vers lui, posant sa main sur son épaule puissant avant d'y déposer doucement sa tête. Son contact lui avait manqué et lorsque son bras puissant entoura ses épaules, Lili poussa un léger soupir de contentement. Elle entendit un léger rire secouer le corps de son frère et elle releva la tête
« Je ne savais pas que je t'avais manquée à ce point »
« -Arrête donc de te moquer. Tu es partis pendant sept ans. Et ...Il s'est passé tant de choses pendant ton absence »Lili regarda dans le vide un instant, se remémorant son Eveil brutal et le long apprentissage que sa mère lui avait inculqué, tentant de contrôler du mieux qu'elle pouvait la nature de sa fille.
« -Je sais. » Le ton de son frère se fit soudain grave et elle se sentit d'un coup bien plus petite contre la force qu'il dégageait. « L'aura des Alphas » pensa-t-elle.
« -Okaasan te l'a dit ? »
« -Non, elle a prévenue Otousan et c'est ce dernier qui me la annoncer. Il était furieux tu te doute bien »
« -Bien sur, sa parfaite petite fille pas si parfaite que ça... »
« -Moi je te trouves toujours aussi parfaite Imoutosan » L'accent taquin fit rire la jeune femme, rassurée de voir que son frère la soutenait toujours
« -Tout ça n'est qu'une façade Oniisan »
Lisabeth sentit le regard perçant de son frère sur le haut de son crâne et elle eut un petit sourire. Elle voulait expliquer plus en détail ce qui lui été arrivée, mais la fatigue et la présence des deux autres hommes l'empêchait de délier sa langue. Une main caleuse et chaude serra alors la sienne si fine et délicate. Ils n'avaient plus besoin de mots maintenant. Ils savaient qu'ils auraient de nouveau cette conversation dans les jours à venir.
« Quand va se dérouler ton couronnement ? »
« -Sans doute après ta Marche »
« -Ma...Ma Marche ? » Lili releva soudain sa tête en écarquillant les yeux. La Marche de l'Eveil était le second événement le plus important dans la vie d'un Zooan. C'était le moment symbolique où l'Homme accepter à part entière son Animal et qu'il quittait la maison de ses pères pour rejoindre sa véritable nature. La jeune femme n'avait jamais crue que la Reine la laisse faire sa Marche, puisque ce rituel demandait au moins un Changement. Et si Lisabeth se Changeait, elle révélerait sa nature d'Eta. Et donc d'erreur.
« -Ne t'en fais pas Imouto*, Je serais à tes côtés et Okaasan aussi. Nous en avons longuement parlé elle et moi. Et nous avons convenus que ce serait étrange de ne pas te voir faire ta Marche. Si nous ne l'organisons pas, cela voudrait dire que tu es restée Humaine. Et... »
« -Je préfère ça » Nathan la regard un instant surpris, sa bouche encore ouverte et ses yeux légèrement arrondis
« -Q...Quoi ? Pourquoi ? » Lili détourna son regard de celui brûlant de son frère, gênée.
« -Parce que je ne veux pas être considérée comme une erreur. Pas une nouvelle fois. Si je fais croire à tout le monde que je suis Humaine, alors personne n'ira cracher sur notre famille. Des cas comme ça se voit de partout. Et puis c'est très courant pour les deuxièmes enfants. Alors que si je révèle ma nature, on pourrait mettre en cause notre famille et le manque de jugement de la Reine. »
Pendant son monologue, Nathan avait lâché peu à peu sa main. Il comprenait sans doute le douloureux choix que sa sœur faisait là. Mentir n'était pas dans la nature d'un Zooan. Surtout sur sa nature. Mais il comprenait ses choix, et il était en parti d'accord. Les Etas étaient violemment rejetés dans la société. Et ils étaient si rares que le dernier Eta reconnu remontait à plus de vingts ans.
« -Tu es devenue sage Imouto. Bien trop si tu veux mon avis » il se mit à caresser doucement les cheveux de sa sœur et fut surpris de les trouver rêches.
« -C'est sans doute la fatigue »
Tout deux se sourirent d'un air complice puis s'écartèrent lorsqu'ils virent approcher les autres.
Ensemble ils passèrent une grande partie de la nuit à discuter, se retrouver. Lili ne parlait pas beaucoup avec Law, pour elle ils n'avaient pas grand chose à se dire et le laissait volontiers à Bepo. A vrai dire, la jeune femme ne se sentait pas vraiment à l'aise avec le jeune homme. Enfants, ils étaient les pires ennemis du monde et le voir en adulte lui était encore étrange. Alors elle esquivait toute sorte de questions de sa part. Et les autres ne semblaient pas vraiment s'en rendre compte, ou alors n'y prêtaient pas grande attention.
Et c'est lorsque le soleil pointa à l'horizon que les jeunes gens se séparèrent. Nathan s'en alla vers l'aile Est et Bepo et Lili vers l'aile Ouest, réservée aux jeunes du Peuple. Car même si la jeune femme était une princesse, tant qu'elle n'avait pas fait la Marche de l'Éveil, elle ne pouvait rejoindre l'aile Royale. Du moins pour l'instant, car une fois déclarée comme Humaine, Lili ne serait plus encombrée par ses anciennes obligations. Être Humaine chez les Zooans apportait bien plus de liberté. Elle ne vaudrait plus rien pour les pays voisins, donc pourrait épouser qui elle voulait, partir où elle le souhaitait et faire presque tout dans le Royaume. Mais cela voulait aussi dire qu'elle ne serait plus mêlée aux affaires du Royaume, elle ne trouvera jamais une place haute dans l'échelle du Pouvoir. Elle serait seulement la princesse Lisabeth. La seconde enfant de l'ancien Roi et une humaine aux yeux de tous. Elle ne serait ni une erreur, ni une menace.
Et c'est avec cette pensée que la jeune femme eut un petit sourire. Arrivée devant la porte de sa chambre, elle salua Bepo rapidement et s'engouffra à l'intérieur de son cocon. La pièce était petite, et elle ne comportait qu'une petite commode et un lit deux place. Ici elle n'avait aucun confort, tout comme ses camarades d'étages. Et ils étaient peu. En effet, le Palais n'accueillait que rarement des jeunes gens. Pas parce qu'il en refusait, mais plutôt parce que les jeunes Zooans préféraient faire rapidement leurs preuves et rentraient dans la vie active dés leur Marches accomplis. Ici, c'était là où vivaient ceux qui n'avaient pas encore trouvés leurs places dans la Société. Ou, comme Lili, qui n'avaient pas fait leurs Marches de l'Éveil.
Aujourd'hui, Lili savait que personne ne l'attendait, il n'y avait rien à faire au Palais. Car c'était un jour de deuil, et tous se devaient de l'honorer. Comme ils avaient honorés le Roi pendant sa vie, ils devaient l'accompagner encore une journée, avant d'accueillir un nouveau souverain.
D'habitude, un événement marquant s'annonçait toujours par un couché de soleil, mais dans ce cas précis, il semblait trouver sa force dans les rayons du levant. Marquant ainsi le début d'une nouvelle ère.
A suivre...
