Bonjouuur! Me voici revenu du monde des morts. Vraiment désolé de tout ce retard, qui ne s'explique même pas parce que je n'ai toujours pas de chapitre en avance. J'arrive en fait au point de l'histoire qui m'ennuit le plus, il me parait long le temps où vous allez enfin voir mon petit couple que j'aime par dessus tout.
Enfin bon, armez vous de courage tout comme moi, on verra l'apparition de Killer dans 4 chapitres! En attendant n'hésitez pas à me contacter par review ou par MP ça me fait toujours plaisir et j'adorerais parlez avec vous!
Chapitre 5 : Red Line
« Red Line a ses mystères que l'Homme ignore. C'est pourquoi peu d'être humains sont assez fou pour essayer de la franchir. Et tout ces fauteurs de troubles seront amené de gré ou de force à Shabondy pour apprendre aux côtés d'honnêtes gens la valeur de la normalité »
-décret des Quatres Nations-
Arruda était loin derrière elle a présent. Lorsque Lisabeth se retournait elle ne voyait que les hautes cimes des sapins. Elle s'était dirigé droit vers Red Line, l'immense montagne rouge pour seul repère. Ses pieds étaient douloureux et brûlants, ses jambes lourdes et trop à l'étroit dans son pantalon en toile, tout son être lui criait de s'arrêter. Mais le jour ne s'était toujours pas levé, signe que sa marche n'en était qu'à son commencement. Souvent elle s'était demandé pourquoi elle n'avait pas fait demi-tour. Pourquoi venait-elle d'abandonner sa famille sur un simple coup de tête. Et elle n'avait toujours pas la réponse mais la jeune femme était convaincue que pour une fois, la première fois de sa vie, son acte venait d'elle et de seulement elle. Plus de Destin, d'âme animale ni de famille pour la diriger. Elle était seule et elle marchait vers son rêve : voir au-delà de Red Line. Voir ce monde merveilleux dont parlaient les livres anciens de sa mère. Et enfin sortir de ce cocon que l'on avait tissé avant sa naissance et être ce pourquoi elle était : un être libre.
Lisabeth se sentit un peu plus légère, elle avait un but, des provisions et des rechanges. Que pouvait-il lui arriver ? Après tout elle n'aurait qu'à se faire passer pour une nomade. De toute façon vu la tenue miteuse qu'elle avait troqué contre sa robe de princesse ce serait un jeu d'enfant. La forêt autour d'elle était odorante et fraîche. La jeune femme se sentait à sa place, sans personne pour la déranger et uniquement la Nature pour seule compagnie. L'envie de se transformer était entêtante mais Lili savait le chemin encore long et sa forme humaine était la plus endurante et la plus discrète pour son voyage.
Voilà bientôt deux nuits que la jeune femme marchait sans répit. Ne se reposant que lorsque la journée devenait trop chaude ou qu'elle s'écroulait de fatigue. Assise a même le sol, la jeune femme fouillait dans son sac de provision. Il n'y restait pas grand chose, un sac de toile rempli de riz cuit mais devenu sec, une panse remplit d'eau à moitié et un fruit pourri, bleuit par les champignons. Dégoutée, la jeune femme prit avec précaution le fruit avarié et le lança loin d'elle avec un gémissement d'impuissance. Elle n'allait jamais tenir la distance jusqu'à Red Line. Pourquoi du château cette montagne semblait à deux jours de voyage alors qu'elle semblait à présent inatteignable ? Son estomac se mit à gémir de faim et la jeune femme posa sa main sur celui-ci. Bien en chair avant de partir, la jeune femme avait l'impression d'avoir perdu ses formes. Ses cotes semblaient vouloir percer de son corps et son ventre était a présent dépourvu des reliefs graisseux dont elle avait fini par assumer. Poussant un profond soupir Lisabeth releva la tête vers le ciel orageux. De la pluie, il ne lui manquait plus que ça pour craquer complètement.
Fermant les yeux, elle tenta de faire le vide dans son esprit. Elle avait besoin de s'évader autant que son corps avait besoin de sommeil.
Elle y était presque arrivé lorsqu'elle entendit un cri strident venant de derrière elle. Ouvrant les yeux et bondissant sur ses pieds, elle se tourna vers la source du bruit. Sa tête se mit à bourdonner sous le mouvement trop brusque et elle vit flou quelque seconde avant de se reprendre. Personne. Il n'y avait personne devant elle. Devenait-elle folle ? Pourtant elle avait très bien entendu le cri de terreur. Ses yeux se mirent à traquer le moindre mouvement devant elle, les bois étaient calmes et sombre sous l'orage et la pluie masquait en parti son champ de vision. Son cœur tambourinait dans sa poitrine. Ça lui rappelé beaucoup trop les histoires de fantômes que l'on racontait dans le château. Des jeunes femmes assassinées dans des bois perdu, à la merci d'un terrifiant monstre. La pluie redoubla en intensité et Lisabeth se retrouva rapidement trempée jusqu'au os. A la hâte elle rangea ses affaires dans son gros sac de voyage et regarda autour d'elle. Elle n'avait pas le choix, elle devait s'en aller au plus vite. Elle ferma les yeux alors une seconde fois, en alerte et prépara son corps à la transformation.
« Tudieu ! Ma brave dame faut pas rester sous la flotte comme ça ! »
Sursautant une nouvelle fois, Lili se tourna vers l'étrangère qui lui avait adressé la parole. Une seconde plus tard elle aurait révélé son secret devant une vieillarde. L'étrangère était emmitouflé dans divers toiles multicolores. Elle était la première personne que Lisabeth voyait depuis le début de son voyage et elle mit un certain temps à regarder la veille femme, chose que cette dernière semblait s'en amuser au vu de son sourire ridée.
« Je...Excusez moi. Je...Je suis nomade et...
-Ouuf plutôt une jeune fleur en fuite non ? T'es pas très bien équipée pour une nomade, à d'autres va ! » La vielle femme partit dans un fou rire rocailleux en voyant la mine offusquée de Lili.
-J...
-Basta ya ! Treve de bravache, tiens tu va m'être utile. J'ai ramassée un peu de bois pour ce soir mais la pluie m'a surprise. Transporte le moi et ce soir tu aura un repas chaud et un toit pour te couvrir. »
Le ton rude de la veille dame déplut un temps à l'ancienne princesse mais le regard bienveillant et la proposition ne la laissa pas indifférente et elle s'exécuta. Le fagot n'était pas très épais mais la pluie l'avait rendue lourd. Lisabeth souffla sous l'effort mais une fois installé sur ses épaules elle ne ressentit que légèrement le poids.
Elle regarda la vieillarde et celle-ci lui sourit en ricanant
« Brave petite, tu dois venir de la ville toi. Bien, moi c'est Kureha. J'magine que tu vas pas m'dire ton nom mais c'est pas grave. J'en ai pas besoin, tu as deux bras et deux jambes ainsi qu'une tête qui fonctionne. Ça me suffit. Allez on y va »
Lisabeth ne dis rien. Cette vieille femme lui faisait peur et en même temps elle avait confiance. C'était la première villageoise qu'elle rencontrait hors du château. Sa curiosité refaisait surface et sa louve en son sein frétillait d'impatience. Enfin elle allait avoir une tanière chaude où passer la nuit !
« V...Vous habitez seule ? , la voix de Lisabeth ne portait pas bien loin sous l'orage et elle dut marcher très proche de Kureha pour que celle-ci l'entende.
-Hu ? Je n'aime pas vraiment les villageois, ils sont bien trop bourru et sectaire pour moi. Mais Chopper me tiens compagnie alors ça me suffit.
-Qui est Chopper ?, la jeune femme essuya ses yeux aveuglés par la pluie.
-C'est mon garçon a tout faire, son parrain est mort il y a un an. Depuis il m'aide. Mais il est aussi le medecin du village. Aujourd'hui il est parti aidé une jeune à accoucher. Franchement les femmes devraient se tenir loin des hommes ! Surtout des jolies fleurs comme toi. T'as un mari ? Un amant ?
-Qu...Quoi ? N..Non. La question fit rougir jusqu'au racine le visage de Lili.
-Hehe. Pas besoin de te mettre dans de tel état. Tu es une louve pas vrai ? , l'éclat malicieux dans les yeux de Kureha fit frémir la jeune femme
-C...Comment vous savez ?
-Je suis une humaine mais j'ai beaucoup d'intuitions et d'instinct. Et puis des louveteau dans ton genre c'est pas ce qui manque. Ici dans North Blue vous êtes une grande communauté.
-Une communauté ?, intriguée Lili pencha la tête sur le côté, manquant de renverser le fagot et elle dans le même mouvement, sa pitrerie fit ricaner Kureha
-Ouais, une meute si tu préfère. Quand j'étais jeune c'etait pas rare de voir des groupes de zooans loups s'amuser dans la neige. Mais...Maintenant c'est plus trop ça.
-Oui, c'est très mal vu ! , Lisabeth était fascinée, ainsi il existait un temps ou être sous sa forme animale était normale ?
-Mais bon, tout ça c'est vite terminée à cause de Naziè. Ce dernier s'était mis dans la tête que nous Changer était contre nature !, Lisabeth observait les plaques rouges sur les pomettes saillantes de Kureha et vit ses yeux flamber de colère.
-Naziè ? Le père de mo...Enfin de l'ancien Roi ?, elle se mordit la langue, révéler appartenir à la lignée d'un roi que sa protectrice détestait n'était pas une très bonne idée.
-Lui-même. C'était peu après son mariage avec l'Etrangère. Franchement celle-là, personne n'a put se la sentir. Une fille de West, et puis quoi encore ? Elle puait l'océan et l'esprit volubile qui va avec !
-Peu de temps après ? Mais...Ça remonte à au moins soixante-dix ans ! Quel âge avez-vous Kureha-ya ?
-Oy ! On ne demande pas l'âge aux vieilles dames ! Et arrête avec tes conneries, tutoie-moi et enlève donc ce « ya ». On est pas à la cour Son Altesse !; malgré le ton tranchant Lili put voir un large sourire sur le visage ridée de Kureha.
-Excusez...Excuse-moi ! Et donc maintenant il nous est interdit de nous Changer ?
-Oh non ce n'est pas interdit ! Mais disons qu'on se fait voir comme des paria. Ici il n'y a que Chopper qui se Change souvent. Mais je pense que les autres sont juste des emboucaneurs parce qu'il est un Alpha. »
Lisabeth s'arrêta aussitôt de marcher sous le choc. Être Alpha était un privilège pour les Rois, rarissime et acclamé par le peuple. Comment se faisait-il que de simples villageois puissent être autre chose que des Bêtas et des Oméga ?
« Un problème louveteau ? Kureha s'était aussi arrêté, la mine renfermée
-Mais...Les Alpha ne sont-ils pas issus de famille royale normalement ?
-Ou est-ce qu'on t'a enseigné cette connerie ?, Lili écarquilla les yeux et reprit sa respiration qui s'était inconsciemment arrêtée
-Au...Au Palais.
-Baah, ça m'étonne pas, la famille royale est prétentieuse si tu veux mon avis. Depuis le fiasco des générations précédentes, elle essaye de tout faire pour paraître parfaite.
-Prétentieuse ?
-Ouais, les Alpha sont justes des niveaux d'âme. Ils ont un caractère sanguin et ont un Changement plus rapide que la moyenne. Certains sont aussi plus fort mais l'Histoire nous a souvent montré qu'un Bêta pouvait très bien rivalisé avec un Alpha. »
Puis sans même attendre la réaction de la jeune femme, Kureha se remit en route. Lisabeth était sous le choc. Elle avait l'impression de ne rien connaître et d'avoir vécue longtemps avec une idée fausse. En fait non, ce n'était pas une impression. Mais la réalité avait du mal à rentrer. Elle prit une grande inspiration et se remit à marcher. Lisabeth se doutait que plusieurs vérités allaient s'imposer à elle. Après tout elle était plongée pour la première fois dans le monde tel qu'il était. Sans le Palais pour la protéger.
La pluie avait pratiquement cessé, au loin elle pouvait voir une bâtisse en chaume. Et qui semblait tenir par miracle. Kureha était sur le seuil et était tournée vers elle, les bras croisés.
« Allons du nerf jeune fille ! Il me faut du feu pour préparer le dîner !
-J'arrive ! »
Lili accéléra le pas et déposa son fardeau sur le seuil. Ses vêtements lui collaient à la peau et elle grimaça en se relevant. Kureha retira ses bottes pleines de boue et ouvrit la porte de sa demeure. La jeune femme l'imita et retira ses souliers détrempés. Ses pieds enfin à l'air libre depuis trois jours étaient gonflés et rougies par le froid et l'humidité. Lisabeth entra ensuite dans la chaumine avec le fagot et déposa ses souliers à l'entrée. Ses yeux balayèrent ensuite le petit espace.
L'ensemble était douillet, bien que ne rassemblant que le nécessaire à vivre, Lili se sentait bien. La cheminée était éteinte mais elle imaginait sans mal les couleurs flamboyantes de l'âtre courir sur les murs en terre et sur le sol couvert de tapis épais. Au fond de la bâtisse elle pouvait entrapercevoir derrière un rideau, deux matelas. Et un tas conséquent de couvertures, signe que les nuits étaient fraîches. Kureha s'était approprié le fagot et s'appliquer à mettre le feu en route. Pendant ce temps, Lisabeth découvrit les brocs et la table qui servait de cuisine sur un des murs et le lieu ou elle allait dormir. C'était un amas de couverture qui étaient aussi douce que de la fourrure au toucher. Sa louve se mit à japper dans son esprit. Elle n'avait qu'une envie s'était de se rouler en boule et plonger sa truffe sous les tissus doux. Elle se mit à tirailler sa lèvre inférieur avec ses dents et joua avec le bout de sa chemise.
La porte s'ouvrit en grand, ce qui surprit la jeune femme qui sursauta vivement en poussa un petit cri. L'étranger qui venait d'entrer fit écho à sa réaction puisqu'il recula vivement en poussant un cri incrédule. Puis un rire tonitruant se fit entendre suite au grand silence qui avait suivit l'arrivée du nouveau venu. Lisabeth avait toujours le regard rivé sur l'homme en face d'elle. C'était un adolescent, à peine sortit de l'enfance, pourtant sa carrure et sa taille était déjà impressionnante. Ses cheveux châtains clairs lui descendait jusqu'au épaules et son nez était étrangement bleu. Sans doute lié au froid dehors. Ses yeux étaient ronds et ses iris noirs. Son front était à moitié caché par un chapeau haut de forme rose avec une croix en son centre. Lili ne ressentait aucune aura combative émaner de lui.
« Chopper ! C'est de cette manière que tu salut les invités ?!, le rire de Kureha avait cessé, vite remplacé par une colère qui était inconnu à Lili.
-D...Désolé !, Le dit Chopper glissa à l'interieur de la maison et referma la porte.
-Bonsoir ! Enchantée je suis Lisabeth !, la jeune femme sourit à l'adolescent mais celui -ci fit comme si il ne la voyait pas.
-B...Bonsoir »
L'ambiance s'était considérablement refroidit et la jeune femme se sentit légèrement mal à l'aise. Kureha poussa un soupir résigné et posa une petite marmite sur le feu.
« Je n'ai que de la soupe aux pommes de terre à te proposer princesse »
L'éclat dans les yeux de Kureha glaça un instant Lisabeth. Horrifié par l'erreur qu'elle avait commise elle plaqua les mains sur sa bouche. Elle venait de révéler son identité. Elle allait être dénoncer et renvoyée au château.
Mais lorsqu'elle regarda de nouveau la vieille dame, elle vit son large sourire et ses yeux semblaient pétiller de mille feu.
« J'te l'ai dis. Tant que tu as deux jambes, deux bras et une tête qui fonctionne je me fiche bien de qui tu es. Chopper et moi garderons le secret. C'est un gentil garçon. Il est timide et mal élevé mais il ne t'attirera aucun ennui »
Lisabeth poussa un profond soupir de soulagement et regarda avec déférence ses hôtes.
« Merci, merci pour tout !
-Bah, maintenant que les présentations sont faites, pose tes fesses dans ce fauteuil et raconte moi un peu pourquoi tu t'es enfuie d'Arruda. »
Hochant la tête, Lisabeth s'exécuta. Dés qu'elle fut assise, elle eut droit à un bol de thé noir par Chopper. Rougissant celui-ci bafouilla que c'était pour l'aider à reprendre des forces. Il ajouta plus bas qu'elle avait été stupide de partir dehors sous ce temps. Lili se mit à sourire, l'inquiétude du jeune médecin était visible et lui fit bien plus chaud au cœur que le thé. Avalant une gorgée, elle savourant le parfum fort et caractériel de la boisson avant de commencer son récit. Elle raconta tout de sa dernière journée au château, ses doutes et ses craintes. Elle se surprit à voir Kureha sérieuse et à l'écoute. Posant quelques fois des questions pour étoffer la conversation. Lorsque Lisabeth eut finie, elle vit la mine scandalisée de la vieille dame et l'expression très gênée de Chopper.
« Alors comme ça ta mère ne voyait pas d'inconvénient à ce que ce gars te revendique ? Mais ! Enfin même moi en tant qu'humaine je sais quelles sont les répercussions d'un tel acte ! , les cris se répercutèrent dans toute la maisonnée et Lili serra plus fort son bol.
-Je sais moi aussi les conséquences. Et c'est pour ça que je me suis en allé. D'un côté ma...Mon esprit était tenté et appréciait la compagnie de Trafalgar, mais d'un autre, j'étais morte de peur et très gênée par son comportement.
-Tu sais, ce genre de comportement arrive souvent entre jeunes loups. Vous vous cherchez, vous vous faites la cour. Enfin pleins d'idioties en somme ! Dans le village aucuns zooans ne permet à un loup en rut de courtiser ainsi une louve. Ils sont certes vieux jeu, mais ça a évité à Chopper d'aller accoucher des jeunes louves trop peu farouches. Enfin jusqu'à aujourd'hui...
-Hum, j'aurais espéré avoir le droit à une cour digne de ce nom. Et non être traité comme un bout de viande, Lisabeth regarda l'eau sombre au fond de son bol d'un air gênée
-Oh, t'sais, y'a que dans les contes que ca se passe comme ça. Généralement les jeunes gens se tournent autour quelques semaines et hop ! Se marient très tôt, font des gosses à tout va et finissent par se haïr car ils ne sont pas âmes sœurs. , le visage de Kureha était sombre, seul un côté était éclairé par l'âtre et son regard perdu montrait qu'elle faisait référence à de lointains souvenirs.
-Vous croyez aux âmes-soeurs ?
-Bien sur, elles existent. Mais la trouver relève parfois de l'impossible. Beaucoup de personnes ne trouvent pas leurs âmes sœurs et finissent seuls...
-Et...Vous avez trouvé la vôtre ?, la question indiscrète de Lili sembla réveillé Kureha qui se leva et se mit à touiller d'un geste gênée sa soupe
-C'était il y a bien longtemps. Tu sais, parfois deux âmes sœurs ne se reconnaissent pas. Ou alors seule une moitié reconnaît l'autre. La mienne pensait dur comme fer que l'homme qui partageait sa vie était celle qu'elle avait attendue toute sa vie.
-C...C'était une femme ?, Lisabeth cligna des yeux surprise, elle n'avait jamais entendu parler de relations entre femmes, ni entre hommes d'ailleurs.
-Bien sur. Quoi ? Tu pensais que les hommes allaient seulement avec les femmes et les femmes seulement avec les hommes ? Certains ou certaines sont attirés par leur consœurs ou confrère. C'est telle que la Nature nous a faites.
-Mais...Cela ne se peut..Co..Comment concevoir dans de telles conditions ?
-Haha, l'amour ma ptite princesse, ne se résume pas à simplement concevoir. Dis moi, tu n'as jamais été amoureuse, je me trompe ?
-N...Non. Jamais, Lili se sentait terriblement gênée et honteuse et se mit a fixer son bol vide
-Ce n'est pas grave. Ne fais pas cette tête. Lorsque tu seras amoureuse, tu penseras à moi. Et tu seras surprise de voir qu'au final tes attentes ne seront finalement pas si importante que cela. Maintenant, apporte moi ton bol, tu dois être morte de faim. »
Ainsi se passa le repas, la conversation ayant glissé vers un sujet moins houleux. Chopper se détendit au fil du temps et raconta avec passion comment il avait sauvé la vie de la mère durant l'accouchement difficile. Lisabeth se surprit à en apprendre de nouveau sur la mise au monde d'un enfant. Et se trouva beaucoup de chose en commun avec Kureha. Cette dernière lui fit promettre de rester quelque temps à leurs côtés. Lisabeth semblait apprécié la compagnie de ses hôtes autant qu'eux.
Et c'est sur cette pensée qu'elle s'endormit, roulé en boule et le nez sous les couvertures. Avec sa louve plus que ravie et le ventre remplie de la délicieuse soupe aux pommes de terre de Kureha.
Le lendemain matin, Lili fut réveillée par un fort vent froid qui la fit frissonner de tout son être. Les yeux collées, elle mit du temps avant de pouvoir les ouvrir complètement. Lorsqu'elle y parvint, elle vit le soleil déjà haut dans le ciel et la maison vide. Se levant de son lit de fortune, elle grimaça sous la douleur de ses muscles endoloris. Respirant un grand coup elle prit son temps pour s'étirer et chercha des yeux Kureha et Chopper.
Elle remarqua la vieille femme par la fenêtre et s'enveloppa de son manteau pour la rejoindre dehors.
Le vent glacé lui fit fermer les yeux et remonter son manteau sur son nez. L'orage avait fait chuté les températures estivales. Kureha était a quelques mètres de la maison, penchée au-dessus de fleurs multicolores. Elle portait une longue robe chaude et un chapeau tressé. Ses longs cheveux blancs étaient eux aussi retenu par une lourde tresse qui lui habillait l'épaule. La rejoignant à petite foulée, Lisabeth prit un temps pour savourer le doux parfums qui émanait du jardin. Des petits arbres lourds de fruits étaient sur les bords, longeant la cloture en bois qui servait de frontière. Lili poussa le petit portail en osier et poussa une exclamation de surprise. Jamais elle n'avait vu jardin aussi fourni. Bien sur, il n'avait rien a voir avec le jardin royale mais elle préférait sa simplicité à la fausse complexité du jardin de son enfance. Elle reconnut dans une allée des plantes médicinales de toute sortes. Puis quelques allées de fruits et légumes mélangés. Et enfin l'allée où était Kureha, où toutes sortes de fleurs semblaient se pavaner. Les couleurs étaient toutes uniques et les senteurs se mêlait dans un parfum puissant et reposant. Son hôte sembla enfin la remarquer et lui adressa un grand sourire.
« Bonjour ! Alors que penses-tu de mon jardin ?
-Il est magnifique, Lili souriait de toutes ses dents, son regard happé par les informations qu'il découvrait
-Oh, petite charmeuse, je sais bien qu'il n'a rien à voir avec ce que tu as pu voir avant ! Pourtant Kureha semblait ravie du compliment et des petites plaques rouges étaient de nouveau présentes sur ses joues.
-C'est vrai, avant j'avais toujours connu un étalage de faste faussement humble. A présent je découvre enfin la véritable signification d'un jardin.
-Haha ! Je suis ravie de te le faire découvrir dans ce cas. Tu as l'esprit ouvert, j'aime ça !
-J'ai simplement tiré parti de l'enseignement Zooan »ce fut au tour de Lisabeth d'être gênée du compliment.
Kureha se remit au travail, elle triait les fleurs et déposait les fanés au sol et les abîmés dans son panier. Après un long silence sa voix rocailleuse se fit entendre.
« Aujourd'hui je dois aller en ville avec Chopper, ça ne t'embête pas de rester seule durant quelques heures ?
-Quelques heures ? Non ça ne me dérange pas. Tu veux que je fasse quelque chose en attendant ?
-Ça ne sera pas nécessaire. Au fait, où veut-tu aller ? Tu fuis Arruda mais as-tu un but ?
-O...Oui, Lisabeth prit une fleur entre ses doigts et l'observa, embarrassée
-Quel est-il ?
-...Ligne rouge
-Hein?Mais que veux-tu y faire là-bas ? C'est interdit de s'en approcher !, Kureha semblait fâchée et ses gestes se firent rageur
-Je...Je veux savoir ce qu'on veut nous cacher !
-Tu sauras jeune fille que quand bien même on nous cache des choses, cette montagne est gardé. Une enfant comme toi n'aura pas fait deux pas qu'elle serait aussitôt arrêté et vendue !
-Vendue ? Que veut tu dire ? Les Zooans seraient incapables d'abaisser les leurs au titre d'esclave !, Lisabeth était scandalisée devant le rire cynique de son hôte.
-Les Zooans ou les humains ne considèrent pas ceux qui s'aventurent à Red Line comme leurs semblables, Le visage sombre de Kureha refroidit l'ardeur de la jeune princesse.
-Je parviendrais à tromper leurs vigilances ! Je serais la première à passer la Montagne ! Je n'ai pas d'autres but dans mon existence Kureha et rien ne pourrais changer le Destin que je me suis choisie.
-Ma pauvre enfant, tu comprendras bien assez tôt qu'on ne choisit pas son Destin. Mais puisse tu être bénie par les Dieux. Il te faudra bien ça... »
Kureha prit ensuite son panier rempli de fleurs et de senteurs sous le bras et salua son invité.
« Chopper doit m'attendre au village. Si tu dois continuer ta route, je te conseille de partir rapidement, le mauvais temps va être de plus en plus rude. Avant ce soir la pluie sera de retour. Ton voyage va être sans repos, prends en conscience, son ton s'était radouci et son sourire reprenait ses droits sur son visage ridée.
-J'en ai conscience...Combien de jours nous sépare de Red Line ?
-Je dirais trois jours, si tu te presse. Tu es libre de te servir dans nos vivres. Pour trois jours ce ne sera pas une grande perte pour nous, surtout pour un petit oiseau comme toi.
-Je ne pourrais jamais vous remercier assez de votre générosité ! Merci, merci pour tout, Lisabeth était transportée de joie, ainsi une grande partie de ses craintes s'envolait grâce à la générosité de Kureha.
-Prends ceci comme un cadeau d'adieu. Même si j'espère que nos routes se recroiseront dans cette vie. »
Puis, presque sèchement, la veille dame se détourna de la jeune femme et partit à grande enjambées, sans un au revoir ni adieu.
A présent seule, Lisabeth prit quelques instants avant de hocher la tête, reprenant sa motivation et rentra dans la maisonnée.
Reprenant son sac prés de sa couche, elle fourra à l'intérieur trois épaisses miches de pain, une gourde d'eau et une petite provision de thé noir.
Serra fermement les liens et rabattant l'épais tissu sur le dessus de son bagage, elle revetit sa cape et le hissa sur ses épaules.
Elle était fin prête pour reprendre son voyage, qu'elle savait à présent non sans danger. Mais une louve ne tremble pas, elle grimpera sur cette montagne et contemplerais le Monde. Foi de Lazurite !
