Holà la marmaille! Oui je sais ça fait trèèèèès longtemps que je n'ai pas publié ici. J4espère donc me faire pardonner avec ce chapitre très riche en rebondissement !

N'hésitez pas à donner vos avis dans les reviews elles sont là pour ça!

Kiss mes loutres!


Chapitre 6 : Une longue épreuve

N'importe qui peut se déclarer libre, à condition que personne n'enchérisse sur votre compte. L'esclavage fait partie de l'Histoire de West Blue, si ce petit Roi souhaite l'abolir qu'il s'y approche. Il aura tôt fait de retourner dans ses montagnes. West Blue a perdu la guerre pas son Histoire !

-Joëm, saltimbanque de West Blue-

En y repensant, Lisabeth s'était sans doute un peu trop emballée. L'air froid du Nord lui glaçait le nez et lui piquait les yeux. Elle est frigorifiée et ses jambes peinaient à avancer. Le ciel était dégagé mais les contreforts désertiques de Red Line ne lui offraient aucun abri. Tout était froid et sec. Les odeurs lui étaient étrangères, fini les odeurs de terre humide et de pins centenaires. Le voyage avait duré quatre nuits après le village de Kureha. Elle s'était traînée en chemin et avait fait nombre de détour lorsqu'elle sentait au loin les effluves d'autres Zooans. Elle savait bien qu'à présent il fallait être discrète. C'est pourquoi elle s'était aventurée dans cette zone inhospitalière. Aucun poste de garde à l'horizon, mais cela ne l'empêchait pas d'être tétanisée de peur et de douter. Pour la première fois de sa vie, Lisabeth avait enfin l'impression de faire ce qu'elle voulait, sans personne pour lui dire si ses choix étaient avisés ou non ou sans que cela soit tout de suite cachée au monde. Elle était libre et ce simple état de fait lui redonna un peu d'espoir. Elle ne savait pas réellement ce qu'elle risquait. La prison sans doute. Mais les gardes allaient la reconnaître et son frère pourrait la sortir de son mauvais pas.

Soudain son pied glissa sur un caillou et son tibia s'heurta violemment contre le sol. Son gémissement de douleur se répercuta un instant contre les parois rocheuses de l'immense falaise avant de mourir dans le vent. Lisabeth souffla, il fallait qu'elle soit prudente nom d'une Lune !

Elle reprit son ascension, plus lentement à cause du froid qui se fit plus vif et de sa nouvelle blessure. Ses bagages étaient légers, à présent vide de provisions. Lisabeth se promit de redescendre avant la nuit. L'escalade était son fort. Elle ne prendrait pas longtemps avant de monter en haut, contempler la vue et redescendre n'est-ce pas ? Quoi que à bien réfléchir lorsque la jeune femme levait la tête, elle ne voyait pas le sommet, caché derrière d'épais nuage. Perdue dans ses contemplations, la jeune princesse fugueuse ne prit pas garde au vent qui changea de direction, soufflant dans son dos à présent. Elle continua sa marche et aperçut enfin le pied de la montagne.

Elle en resta coite. Là au pied de ce gigantesque édifice fourmillaient une centaine d'hommes. Tous de blancs, verts et bleus vêtus avec un casque masquant leurs yeux. Ils étaient tous armés, certains portaient des haches, faux ou grandes épées. Lisabeth se coucha ventre à terre lorsqu'un groupe d'homme se tourna dans sa direction. Pourquoi étaient-ils autant armés pour garder cette montagne inhospitalière ? Pourquoi une armée campait au pied de la falaise et semblaient y avoir installée leur base ? La guerre était finie et aucune frontière n'était proche d'ici. Elle sentit son cœur s'emballer, elle avait fait une erreur en venant jusqu'ici. Mais il était trop tard, si elle se levait, les hommes la remarqueraient et au vu de leurs armes, elle risquait bien pire que la prison ou les remontrances de son frère.

Il lui semblait même qu'elle venait de prendre conscience d'une chose qu'elle n'aurait jamais dû savoir. Mais combien était dans la confidence ? Son frère savait-il que cette armée étrangère avait élue domicile sur ses terres ? Ou plus effrayant encore, était-ce son armée qui était exilée en dehors de la capitale ?

Elle prit conscience du vent caressant sa nuque et elle se raidit. Son cœur s'emballa. Si par malheur cette armée contenait des Zooans avec un très bon odorat, elle était fichue. Allaient-ils la tuer ? Au fond d'elle, Lisabeth savait que c'était une option plus qu'envisageable. Elle l'avait su dès qu'elle avait posé les yeux sur eux. C'était une troupe de tueur, ils n'en avaient que faire d'une pauvre voyageuse. Ils défendaient leur base ou alors quelque chose dont là encore, elle ignorait l'existence.

Tout d'abord elle entendit comme une sorte de sifflement, puis l'odeur musqué vint lui chatouiller le nez. Elle n'osa plus faire un geste. Ils approchaient vers elle.

Puis son manteau l'étrangla lorsqu'il fut tiré brusquement en arrière, sa capuche se déchira sous le choc et une grosse mèche de cheveux parti dans le vent dans le même mouvement. La douleur lui vrilla le crâne et lorsqu'elle ouvrit les yeux qu'elle avait inconsciemment fermés, elle se retrouva nez à nez avec deux orbes d'or fondu qui la fixait avec colère. Un homme la tenait à bout de bras par le col de son manteau, comme on tiendrait un chiot. Lisabeth tremblait de terreur. Si les hommes casqués lui avaient filé une peur bleue, cet homme, avec ses cheveux couleur sang et son regard embrasé par la fureur lui faisait la peur de sa vie. Elle tenta de se recroqueviller alors que l'homme continuait de vriller son regard dans le sien, comme si en un instant il voulait la faire fondre sur place. Une troupe arriva vers eux et l'homme aux cheveux rouges la reposa sur le sol, sans pour autant la lâcher d'un iota. Et la jeune femme n'essaya même pas se dérober. Car s'il ne lui avait encore rien fait, elle se doutait bien qu'il pouvait lui réserver une place directe pour l'Enfer.

Lorsqu'il détourna son regard d'elle, elle reprit sa respiration laborieusement.

« Général ! Nous ne vous attendions pas aussi tôt... » Le premier homme ne semblait ne pas encore l'avoir remarqué mais un second tourna sa tête vers elle et la pointa du doigt

« Une intruse ! Caporal Blok il faut avertir l'escouade !

-Comment était-elle arrivée jusqu'ici ? s'écria un troisième

-Heureusement que le Gé..., commenta un quatrième

« Bande de moins que rien »

Cette voix... Lisabeth se tassa sur elle-même. Rauque, profonde et dangereusement basse lui suffit pour se faire dessus. La peur couplée de la honte était le pire sentiment qu'elle n'ait jamais éprouvé jusqu'alors. C'était sûr à présent, elle était fichue.

L'homme aux cheveux sanguins, Général à en croire la troupe, renifla d'un air méprisant avant de secouer l'intruse comme si c'était un tas de chiffon.

« Cette vermine n'a rien à foutre ici et vous l'avez laissé approcher la base. Et vous voulez en plus de ça faire chier l'escouade pour qu'ils la ramènent gentiment au bercail ? Cette pute n'a jamais dû entendre parler de nous et vous allez croire qu'elle va gentiment fermer sa gueule de suceuse une fois bien au chaud chez elle ? le Général hurlait presque à présent, une lueur folle dansant dans ses yeux n'augurait rien de bons pour les soldats, et pour Lisabeth.

-C'est à dire..., le premier sembla perdre tous ses moyens

-Que voulez-vous..., le second n'était pas en meilleure position

-On ne peut rien faire d'autre ... » le troisième semblait fataliste et regardait ses pieds avec grand intérêt.

Un grognement sourd résonna un instant dans le silence qui suivit et Lisabeth mit un temps avant de comprendre qu'il venait du Général. Cet homme était une bête, en plus d'être insultant. Sa peur et sa honte semblait s'amenuiser à mesure que ces rustres décidaient de son sort comme si elle n'existait pas. Alors elle se mit à gigoter, ses mains essayèrent de desserrer la poigne de l'homme. Mais lorsque ce dernier s'en rendit compte sa seconde main crocheta les poignets de la jeune femme et manqua de peu de les briser. A son tour Lisabeth émit un grognement de douleur et ses yeux rencontrèrent leurs homologues masculins. Le Général eut un sourire méprisant puis ses yeux s'illuminèrent. Ce qui fit flancher toute colère chez la jeune princesse.

« Rien faire d'autres hein ? Cette catin vaudrait bien mille ou deux mille berrys non ? »

La vendre…Cette bête voulait la vendre comme esclave ! Lisabeth cligna des yeux plusieurs fois, hébété. Non…ça ne pouvait pas être vrai.

« Espèce de charogne ! Lâche-moi ! Plutôt crever ! Sale rat lâche moi je te l'ordonne ! »

Lisabeth se débattit comme une diablesse, ruant et secouant la tête en tous sens. Ses pieds percutèrent les flancs du Général et elle chercha à mordre ses mains qui la gardait toujours prisonnière.

« Regardez-moi ça…Tu veux que je te lâche sale vaurienne ? Qui es-tu donc hein pour me donner des ordres ? Pour qui te prend tu pour m'insulter ?! Sais-tu seulement qui je suis chienne ?! »

Le Général hurlait à présent, en même temps qu'il secouait comme un chiot pris en faute Lisabeth. Sur ses derniers mots l'homme s'était approché à un souffle du visage de la jeune femme qui retroussa les lèvres en grognant furieusement. Elle avait peur pour sa vie en cet instant mais sa liberté tant chérie était à un cheveu d'être volé pour toujours. Si elle devait mourir alors ce serait aujourd'hui même, à une centaine de mètres de son rêve d'enfant. Pas en cage !

Le carmin se mit lui aussi à grogner et Lisabeth pris de plein fouet son odeur d'Alpha, son aura bestiale tentait de prendre le dessus sur elle. Au fond d'elle la jeune princesse sentit sa Louve bondir de rage. Jusque-là sa partie animale avait été soigneusement repoussé au fond de son esprit, mais à présent la situation était critique et Lisabeth n'hésiterait pas à montrer à ce gros mâle qui d'un Alpha ou d'un Eta était le plus dominant. A cet instant la vue de la jeune femme s'aiguisa, signe que sa Louve prenait les commandes de son corps. Si sa colère montait encore, elle savait que son Changement lui serait inévitable.

Le grognement féroce du mâle lui fit comprendre qu'il avait senti son odeur et son aura.

Elle fut aussitôt jeté au sol, comme si l'homme avait été brulé vif. Le choc la fit glapir et elle s'éloigna en poussant sur ses jambes du Général et de ses hommes. Le géant rouge l'étudiait la mine sombre, alors que ses hommes semblaient complétement dépassés par la situation, leurs narines frémissantes et leurs yeux hagards.

« Eta »

La voix du carmin était réduite à un grognement et si elle n'avait pas été Zooanne, Lisabeth ne l'aurait sans doute pas entendu tant ce mot avait été murmuré.

Son cœur battait à la chamade, son corps tremblait du contre coup de toute ses émotions. Dans son esprit se rejouait toutes ses années d'existence et seule sa Louve était encore alerte, prête à affronter le mâle qui avait osé vouloir la soumettre.

Elle aperçut du coin de l'œil le reste des troupes qu'elle avait remarqué au début venir vers eux. Bientôt elle fut cernée par une centaine de soldats lourdement armé qui pointait leurs lames dans sa direction.

Comprenant son impuissance une lourde lassitude pris possession de son corps, ses coudes plièrent et sa tête se fit plus lourde. Elle n'eut même pas la force de se débattre lorsque le Général la prit vivement sur son épaule. Elle sentit sous son ventre ses muscles se mouvoir et en voyant les troupes regagnaient leurs positions elle comprit que le carmin venait de les congédier.

« Par la Lune…North Blue est vraiment un ramassi de déchets et d'abomination ! »

Etrange, comme la voix de l'homme vibrait à ses oreilles, le sol lui semblait plus lointain à présent, le vent moins fort et Lisabeth sentit ses muscles s'engourdirent pendant que l'obscurité pris possession de son esprit…

Une vive secousse la sortit de sa torpeur. Se réveillant en sursaut elle se cogna contre un mur et fut de nouveau secoué alors que Lisabeth tentait de comprendre où elle se trouvait. Il faisait sombre et l'odeur d'urine et de bois mouillé saturait l'air. Le sol où elle était assise était mouvant et des secousses se firent de nouveau sentir.

« C'est comme lorsqu'enfant je me promenais en calèche et que les roues rencontraient des pierres sur leurs routes »

Un frisson parcouru ses chairs, oui c'était exactement cette sensation, elle était dans une calèche. Mais au lieu d'un toit céleste, elle se retrouvait prisonnière d'une boite en bois.

« Non ! Non ! Pitié par la Lune ! Non ! Laissez-moi sortit ! Pitié ! »

Ce sentiment…Elle n'aurait jamais cru le ressentir de nouveau un jour. Elle était enfermée, comme lorsqu'elle était enfant ! Son esprit humain ne répondit plus, la panique pris complément possession de son corps. Ses mains rencontrèrent du bois partout où elles se posaient et dans un dernier espoir elles se mirent à griffer espérant arracher les planches pour se libérer. Ses ongles se brisèrent et le sang se mirent à couler de ses doigts. La matière visqueuse coula entre les sillons organiques. Sanglotante, gémissante et parfois hurlante, Lisabeth s'évertua à se libérer. Elle ne réfléchissait plus, n'entendait plus, tout ce qu'elle sentait c'était le bois, le bois, cette affreuse prison ! Elle manquait d'air, elle sentait, elle savait que les parois se rapprochaient d'elle, comme des bêtes tapis dans l'ombre en attendant que leurs proies s'épuisent pour plus facilement se jeter sur elles. Elle allait être écrasé, broyé et d'elle ne restera plus qu'un amas de chair, d'os et de sang et son dernier soubresaut ne serait du que par ses nerfs derniers survivants de l'affreuse boucherie.

Les doigts sanglants firent place à des griffes ébréchés et les hurlements humains firent place à des glapissement lupin, les crocs de la bête tentèrent à leurs tours d'arracher la maudite cellulose et la Louve fut bientôt couverte de sueur, ses poils collants à son corps rachitique.

« Général ! Quelque chose ne va pas là-dedans ! Il y a un loup à l'intérieur ! »

Le soldat, conducteur de la calèche tira brutalement sur les rênes, arrêtant deux grands chevaux aux couleurs sombres, et se tourna vers un énorme lion légèrement en retrait et menant une grande troupe d'humain mêlé à de divers animaux, marchant à allure vive.

Ce dernier se rapprocha rapidement et dans un mélange de craquement lugubres fit place au Général, nu comme au premier jour de sa vie.

« Avons-nous passé la frontière ? demanda le carmin en haussant la voix pour couvrir les hurlements de la louve.

-Oui depuis deux heures maintenant ! »

Un sourire lugubre répondit au soldat.

« Il est temps pour vous de découvrir la calamité de notre monde. Mes frères ! Approchez donc et voyez, observez comment ces monstres pourraient être à l'origine du chaos ! Apprenez comme nous devons les traiter ! »

Sur ses mots, le Général eut un rire sadique et ouvrit la trappe de la cage où, une demie journée plus tôt, il y avait enfermé Lisabeth.

Aussitôt, une louve grise et noire avec le museau et les pattes en sang sortit. Sa démarche était maladroite et le regard de la louve était voilé, ses halètements et ses gémissements résonnèrent dans les montagnes glaciales qui entouraient les soldats. Ils se trouvaient dans une étroite gorge, qui aurait à peine laissé la place pour deux calèches de se croiser.

Tous avaient les yeux sur la louve qui s'éloigna de la calèche comme si elle avait le diable aux trousses. Sa fuite fut entrecoupée de chutes et de trébuchements. Sa panique et sa lutte contre la cage l'avait épuisé.

Elle entendit des murmures stupéfaits et des rires moqueurs dans les rangs du Général. Ce dernier était amer, loin de l'image de bête sanguinaire, cette chienne se rapprochait plus d'un chien errant que d'un quelconque danger. Il avait été tourné au ridicule devant ses hommes ! Rageur, il s'approcha promptement de la louve et la saisit par la peau du cou avant que cette dernière n'aille se réfugier sous un rocher creux.

Les poils dans sa main étaient rêches, comme ceux d'un véritable loup, alors qu'il savait qu'un Zooan avait les poils plus lisses, comme la texture de cheveux humains. La bête se tortilla et dans les yeux de la bête il ne perçut aucune lueur humaine. Les orbes dorés évitaient avec soin celles de l'humain. Si elle n'était point la bête assoiffée de sang que les légendes laissaient entendre, l'homme comprit qu'il n'y avait rien de figuratif lorsque ses précepteurs le mettaient en garde contre l'âme animale et sa facilité à prendre le dessus sur l'humain.

« Pourquoi s'est-elle mise dans un tel état? »

Une question a peine soufflée, sans doute par un jeune soldat fut le début d'un étourdissant concert de questions et d'hypothèses fallacieuses, créant un brouhaha qui fit gigoter la louve de plus en plus vivement à mesure que sa peur reprenait le dessus.

« Fermez là ! Tous autant que vous êtes. Je veux que vous repreniez la marche, plus vite nous rentrerons à Ghadir plus vite nous pourrons recevoir des réponses à nos questions. Wire ! Apporte-moi un collier pour cette chienne ! Puisque la calèche ne lui sied pas, autant prendre quelque chose dont elle doit avoir l'habitude ! »

Ghadir, capitale de West Blue, du moins avant que North Blue n'annexe ce pays à son territoire, était une ville portuaire. Les effluves marines et les nombreuses cultures ont agencés la ville durant des siècles. Composé de petites habitations faites de pierre et peinte en ocre, elle se fondait quasiment dans l'environnement aride du littoral. Les rues étaient constitués de larges pavés polis par le passage de centaine d'âmes et toutes menaient au rivage. Là, était construit le plus grand port des Quatre Royaumes, garni de flottes luxueuses et d'embarcations chargés de trésors venus des îles côtières ou bien d'autre Royaumes tel que South Blue. Malgré la richesse démesurée de la ville, le Palais passait inaperçu aux étrangers et aux regards peu affutés. Installé dans une des rues principales de la capitale, le Palais n'était en effet pas le bâtiment le plus haut ni le plus richement décoré. Son faste restait à l'abri des convoitises. Néanmoins, les gens originaires de Ghadir savent que si le Palais est aussi discret c'est parce qu'il ne se contente pas d'être dans une des rues principales, il compose à lui seul l'avenue.

Construit tout en longueur et inventé par l'architecte le plus rusé de sa génération, ce dernier organisa le Palais avec différents couloirs et passages souterrains pour accéder plus vite a certaines parties du Palais où, en cas d'attaque, s'échapper sans être vus.

Et si l'agitation est coutumière à Ghadir, aujourd'hui elle avait un goût particulier. Les habitants se massaient dans les rues et les chuchotements ne faisaient que croitre à mesure que le soleil déclinait. Tous semblaient attendre quelque chose, ou plus particulièrement quelqu'un et cela semblait concerner l'épais nuage de poussière qui était visible depuis la levée du jour.

A quelques minutes de la ville, le Général fit arrêter ses troupes. Il avait revêtu ses vêtements d'apparts, qui en tant que Gradé se résumait à un pantalon en lin noir et une cape fine attaché par une broche en or. Il s'immobilisa à son tour pour profiter de son retour dans sa ville natale.

Il eut un claquement de langue agacé lorsqu'il ramena brusquement à lui la louve enchainé qui à bout de force marchait comme un automate. Elle eut un faible glapissement avant de s'allonger docilement au pied du carmin.

Durant le reste du voyage il s'était particulièrement amusé à éduquer à sa manière cette chienne qui dans sa forme humaine était bien trop tentante à son goût. Homme d'arme il n'était pour autant pas démuni de yeux et si la colère de voir leurs troupes découvertes l'avaient d'abord aveuglé, il n'était pas resté longtemps insensible à ses yeux d'or et à la lueur combative qu'il avait vu lorsqu'il s'était imposé en tant qu'Alpha. Il serait ravi de la voir avec cette même lueur dans le regard dans un autre contexte, offerte dans son lit avec ce collier autour du cou et la voir se soumettre au fil de ses assauts qui, il s'en fit la promesse, ne seraient en rien tendre. Ce besoin de la voir devenir sa soumise s'était insinué dans son esprit au fil des heures de marche sans qu'il ne s'en rende vraiment compte, seules les différentes questions de ses subalternes lui avaient permis de garder l'esprit plus ou moins clair jusqu'à Ghadir.

D'un geste de la main il signifia la fin de la pause qui avait permis à ses inférieurs de se préparer pour profiter dignement de l'accueil de leur patrie.

Lorsque le Général passa l'entrée de la ville, des musiciens sortirent de l'ombre por accompagner les guerriers et jouèrent des airs martiaux et entrainants, amenant la foule en liesse.

Tout ces bruits, ces odeurs lui avaient tellement manqué que le carmin se permit un large sourire, qui ne fit que s'accroitre quand les habitants remarquèrent la louve enchainé et relié à son poignet. Cette dernière n'en menait pas large et se collait de temps à autre à la botte de l'homme, pour son plus grand plaisir. Elle n'avait pas mis longtemps avant de connaître la place qui lui revenait.

La musique enfla dans les rues à mesure que la troupe se rapprochait du Palais et s'arrêta dés que la porte de ce dernier s'ouvrit.

Le silence revint dans Ghadir et le Général cessa de sourire pour afficher un air solennel. Il eut un court laps de temps où rien ne se passa, puis le bruit de deux pas se fit entendre et tous retinrent leurs respirations.

A la lueur du crépuscule, deux hommes franchirent le seuil du Palais, tout deux richement vetus. L'un était incroyablement grand et ses cheveux étaient similaires à ceux du Général, à la seule différence qu'eux étaient lisses et retombaient délicatement sur le visage de l'homme. Et l'autre était plus trapu, tout de muscles et de bestialité tant par sa démarche que par le masque qu'il arborait fièrement.

Lorsque les deux hommes furent à trois pas du Général ils s'immobilisèrent et tous les guerriers s'inclinèrent. Seul le carmin resta droit, courbant seulement sa tête comme unique signe de respect. Puis le masqué s'avança vers le Général et tous deux s'enlacèrent.

« Mon frère ! Qu'il est bon de te revoir !

- Le bonheur est partagé ani'* !

- Pourrais-je avoir l'honneur de voir mon fils si souvent absent Killer ?

- Bien sûr Otousan ! , le masqué blond s'écarta de son jeune frère et se tint en retrait, remarquant par là la présence orthodoxe d'un loup aux pieds du Général.

- Aurais-je manqué à mon débordé de père ?, la voix railleuse du carmin ne put défaire l'énorme sourire du géant roux qui posa son unique main sur l' épaule de son cadet

- Pas le moins du monde fils ! , il eut un rire éclatant puis apres avoir échanger un regard complice avec son fils, il s'adressa aux troupes massés derrière le Général.

« Allez donc vous reposez et vous restaurez ! Cette nuit sera la vôtre ! Que l'on fête dignement le retour de nos guerriers ! »

Les rires, les cris et les chants débutèrent alors et les trois hommes se dirigèrent vers le Palais.

« Il me semble mon frère que tu as omis de nous présenter un nouvel invité »

La voix de Killer derrière son masque était taquine et il désigna de son masque la louve qui tenait à peine sur ses pattes.

« Ceci mon frère, n'est pas un sujet que je souhaite aborder en dehors du Palais. »

La déclaration de son cadet eut le mérite de faire froncer les sourcils au vénérable Shanks qui lança un regard intrigué au loup, qu'il jugea comme sauvage au vu de son état.

Que pouvait bien réserver ce fils qui depuis sa naissance n'était qu'un aimant à catastrophe ?

L'interieur du Palais était à l'image de la ville, portuaire et oriental. Le sol était recouvert principalement de tapis épais aux motifs colorés et complexes. Les trois hommes retirèrent leurs sandales et marchèrent dans le dédales de couloirs et de petits salons un long moment bercés uniquement par le bruit feutré de leurs pas et ceux, plus léger de la louve.

Au bout d'un énième couloir les trois Zooans se retrouvèrent dans un large salon entouré de vitraux et composé de larges et haut coussins et d'une table basse en ivoire. L'encens qui brulait au bout d'une applique diffusait un parfum capiteux. Une fois installés et délaissés de leurs capes, ils prirent une pose bien plus décontractée. Killer posa son bras sur les épaules de son frère et se pencha pour mieux observer la louve qui regardait les lieux avec méfiance.

« Alors Kidd, raconte-nous pourquoi tu nous as ramené un chien au Palais »

Et le carmin conta son histoire, comment il avait trouvé l'intruse, sa première décision de la vendre en tant qu'esclave puis l'odeur de l'Eta qu'il avait sentie et enfin l'incident de la calèche. Shanks écouta avec attention le récit détaillé de son fils tout en fixant la louve, ainsi donc c'était une Eta, une femme originaire de North Blue à plus de deux jours de marche du dernier village avant Red Line. Son ascension était donc préméditée mais sans doute n'avait-elle pas prévue de tomber sur une troupe ennemi venue en repérage. La situation était fâcheuse, d'une part parce que le plan du dernier hériter de West Blue était découvert et d'une autre parce que jamais en plus de deux cent ans il n'avait été vu d'Eta à l'âge adulte.

« Elle ne doit pas d'être d'extraction populaire pour être restée en vie. Du sang bleu doit couler dans ses veines. Je souhaite connaitre son visage, Killer va chercher notre médecin Heat je te prie.

-Bien Père »

Une fois tous deux, Shanks plongea son regard grave dans celui de son fils.

« Es-tu conscient du risque que tu as pris de l'emmener avec toi ?

-Je n'aurais pas pris le risque qu'elle aille révéler nos positions à l'ennemi et si ce que tu dis est juste, qu'elle est « bleue » alors j'ai fait le meilleur choix. ,Kidd se renfrogna en étant de nouveau cible des critiques de son père et sa voix baissa en octave.

-Nous ne savons pas quel poids politique elle a, au mieux son absence passera inaperçu, au pire North Blue se prépare déjà à la guerre. Je pense ne pas avoir besoin de te rappeler que nos effectifs sont bien en deçà de ceux de notre ennemie.

-J'en suis conscient ! Mais cela n'avait pas semblé te poser problème lorsque tu m'as chargé d'infiltrer leur territoire ! C'est parce que cette fois-ci cela menace directement la couverture de ton cher fils prodige que maintenant tu ouvres les yeux ?!

-Cesse donc te comporter comme un enfant ! TU savais dans quoi tu t'engageais en prenant la Cape de Général, ne joue pas les surpris ou les frustrés ! »

Le ton montait, comme à chaque fois lorsque le fils et le père se retrouvaient seul à seul. Aucun d'eux n'était conciliant avec l'autre, l'un attendait une attention plus prononcée, à l'égal de son frère et l'autre exigeait de son cadet une retenue dont il semblait dénué.

Pour ne rien arranger leurs fiertés ne leurs permettaient pas de parler clairement de leurs attentes ou de se confier sur leurs peines. Alors leurs échanges étaient rares et empreint de frustration et de déception.

Comme toujours ce fut l'arrivée de l'aîné qui calma le conflit et les deux hommes, a deux doigts d'imposer sa volonté à l'autre, se calmèrent.

Heat, grand homme aux cheveux bleus et à la peau diaphane était le médecin du Palais depuis maintenant quelques années et il ne fit aucune remarque concernant la tension présente dans l'air. Son professionnalisme lui avait permis de viser cette place de choix dans le monde médical et il n'était pas idiot. Il savait donc que le mieux à faire était de se concentrer sur ce que Killer lui avait demandé en chemin, c'est-à-dire provoquer le Changement chez cette Eta. Avant de la voir le médecin s'était imaginé une tueuse d'homme tels que les contes décrivaient ces êtres. Mais son côté cartésien avait repoussé cette hypothèse a la seconde où il avait remarqué la forme grise couché en boule aux pieds du Général. Elle semblait à bout de force et à peine consciente.

Pour provoquer le Changement chez un Zooan et ce, le plus rapidement possible, était de lui faire ingérer de la Digrane, fleur qui au grand bonheur de Heat ne poussait que dans les plaines arides de Ghadir. Il avait donc dans son laboratoire assez de préparation pour forcer n'importe quel Zooan à collaborer. Reduite en poudre et ensuite incorporer dans de l'eau de coco, la Digrane était parfaitement incolore et inodore. Il versa donc sa mixture dans un bol en terre cuite qu'il avait pris soin d'emmener et le présenta devant le museau de la louve. Cette dernière ouvrit ses yeux et redressa sa tête vivement, entrainant malgré lui un geste de recul du médecin. Il prit soin d'étudier la bête en face de lui pendant qu'elle lapait avidement le contenu du bol.

Ses yeux étaient malins mais ils n'avaient rien d'humain, ils s'approchaient plus du regard du chien savant que d'une femme. Ses poils étaient rêches et n'avaient rien à voir avec l'aspect habituel des Zooans. Pour finir sa taille choqua Heat, grande et massive elle aurait eu sa place parmi les loups du désert. Rien à première vue ne donnait d'indice quant à la possibilité d'être en face d'un Zooan.

« Une fois qu'elle aura terminé de boire, le changement se fera dans quelques minutes. Je n'ai jamais vu de Changement d'Eta donc je ne saurais dire s'il sera rapide ou non. Ses Altesses auraient-ils encore besoin de ma présence parmi eux ?

-Tu peux disposer Heat, je demanderais ton retour s'il y a le moindre problème

-Bien votre Grâce » Le médecin s'inclina profondément vers Shanks et recula jusqu'à être dans le couloir puis disparu du regard des hommes.

Tous à présent était concentré vers la louve qui ayant fini son breuvage se léchait distraitement les babines, un semblant de force retrouvée elle promenait son regard autour d'elle, méfiante.

Killer s'assit non loin de l'animal et posa sa tête sur sa paume, si on ne pouvait voir son regard on devinait sans mal que toute son attention était sur l'étonnante Eta et sur sa mystérieuse identité.

Kidd quant à lui reposa sa tête sur le dossier de son coussin et posa ses pieds sur la table, se sentant peu, ou presque, concerné par l'affaire. Il redoutait au fond sa réaction lorsqu'il verrait le corps alléchant qui allait se dévoiler à eux.

Shanks lui réfléchissait aux options envisageables. Qui serait-elle et qu'elle poids aurait-elle dans son projet ? Un boulet ou une aide inespérée ? Peut-être aurait-il moyen de marchander sa vie pour reprendre le trône que cet arrogant Nathan lui avait volé ?

Après tout c'était lui l'héritier de Barbe Blanche et s'il avait abdiqué par contrainte il n'avait pas encore juré fidélité à ce morveux qui avait le même âge que son fils.

Ce fut le premier a remarqué les poils de la louve se résorber doucement, laissant la place à une peau velouté et aux accents rosé. La transformation était accompagnée de couinements et de craquements sinistres, ce qui au final, ne changeait pas des Changements que Shanks voyait depuis toujours. Il en fut déçu et lorsque le corps de la jeune femme se fit deviner il le fut encore lorsqu'il vit la chemise de son aîné recouvrir pudiquement la nudité de leur prisonnière.

Une fois le Changement fini il put observer la chevelure noir ébène où quelques mèches grises se perdaient, les lèvres charnues mais desséchés, les yeux d'un or intense qui fixaient avec étonnement le masque de son fils.

Haussant un sourcil il reporta son attention sur son fils et il resta incrédule en voyant à quel point il semblait tendu et comment son langage corporel renvoyait un étonnement et une inquiétude grandissante.

« Toi…, la voix de Lisabeth était chargée de dégoût et inconsciemment elle sera la chemise contre elle.

- Comment est-ce possible ? Tu devrais être à Arruda …, Shanks fronça les sourcils en comprenant que ces deux là c'étaient déjà croiser et en entendant la voix perdue de son fils.

- Killer, explique-toi. Comment connais-tu cette femme ?

-Je l'ai rencontré à Arruda Otousan et je la connais parce qu'elle est…

-Je suis Lisabeth Lazurite, fille de Nathal Le Sage et sœur du Roi des Deux Royaumes. Ce qui fait de moi en ces lieux et ce jusqu'au mariage de mon frère votre souveraine! , Lisabeth avait repris de sa superbe et elle se redressa dignement, le menton haut et cracha avec mépris son discours. Mais soudain une rapide et forte traction l'a fit tomber à terre, une main s'empara de sa nuque et elle feula de colère lorsqu'elle entendit les rires gras des hommes.

-Souveraine hum ? Ainsi la chienne que j'ai trainé jusqu'ici et la soeurette de notre adoré Roi ? Je ne pensais pas être aussi chanceux…, Kidd était euphorique et il caressa avec appétit la peau douce à sa portée. Jamais encore il n'avait eu de Reine dans ses draps et cette perspective l'enchantait grandement.

-Calme tes ardeurs Kidd. Même si ça ne nous enchante guère elle a raison, si les gens de Ghadir la reconnaissent elle sera reconnue comme Reine. De par son titre nous lui devons le respect. Retire-lui ce collier. » Killer s'était avancé, ses muscles tendus et sa voix bouillonnait de colère, envers cette gamine prétentieuse et envers le comportement ignoble de son frère. L'armée ne lui avait fait aucun bien contrairement à ce qu'avait pensé son père.

« Si les gens de Ghadir la reconnaissent, fils, elle sera lapidée à mort. Aurais-tu oublié la rancœur qu'on nos gens à ces nordistes sans scrupules qui par vanité ont saccagé notre pays et tué notre véritable souverain ? Elle n'a d'autorité que ce nom et encore. Nous ne lui devons rien, elle sera notre prisonnière. Qu'elle soit reconnaissante de ma clémence. D'autres l'auraient jeté au peuple pour une telle insolence ! Quant à son rôle dans notre projet, elle sera d'un appui précieux…Après tout Nathan n'a pour l'instant aucun héritier pour lui succéder, si ce n'est sa sœur disparue. Elle pourrait être notre monnaie d'échange pour notre indépendance. »

Pensif Shanks s'était approché de la jeune femme qui était toujours maintenu par son cadet, les yeux flamboyants de rage. Arrivé à sa hauteur il s'accroupi et caressa du bout des doigts la joue de la princesse.

« Ne t'a-t-on jamais dit que tu étais le portrait craché de la Reine Zéfir ? Le même regard, le même visage. C'est assez ironique de voir le sang Westien coulé avec autant de ferveur dans tes veines… Et cela le sera plus encore lorsque tu partageras un peu de son Destin…Connais-tu le Serment qui à lier ton arrière-grand-père à notre regretté Reine ? Que dirais-tu d'être liée à ton tour de cette façon ?

-Non…, la voix de Lisabeh s'étrangla dans sa gorge et elle secoua la tête, son cerveau complétement court-circuité par les sous-entendus de Shanks

-Tu pourrais être facile domptée de cette manière, plus aucune menace mais cela pourrait rester entre nous…Pas besoin de prévenir ton frère de notre petit arrangement…Hum ? N'ais-je pas une excellente idées mes fils ?

- Ce ne serait que partie remise

- …

-Tu ne dis rien Killer ? Mon idée de déplait-elle ? Allons…Tu ne voudrais pas avoir cette somptueuse créature à tes pieds ? En tant que stratège tu dois bien savoir que ce Serment serait la clé de nos soucis. Peut-être que Kidd en aurait un meilleur usage…, Le ricanement de Kidd et sa façon de se lécher les lèvres eurent raison de la patience de Killer qui serra vivement les poings et se posta près de son père.

-L'idée ne me déplait pas Père !, le sourire de Kidd se fana, si son abruti de grand frère se positionnait pour devenir le Lié de la donzelle il ne pourrait jamais la toucher, ni la posséder comme il en rêvait depuis des heures.

-Père, c'est moins qui vous l'ai ramené, cela mérite bien ce genre de récompense !

-Malheureusement pour toi mon fils, en tant que Second et membre de l'armée, dans le jeu des Couronnes tu n'es pas de taille. En tant qu'héritier Killer est tout choisi pour notre chère et tendre. Surtout que cela serait finement joué après les années de filatures que ton frère a du enduré. Se battre contre sa patrie uniquement dans le but de porter le coup fatal à cet idiot de Nathal mérite largement cette récompense… »


Tadaaaaa ! Le prochain chapitre est en cours d'écriture! Je ne vous fait pas de promesse mais je compte revenur au plus vite pour vous le poster !