Auteur: Ariani Lee

Bêta-lecture : Shangreela


I am You and you are Me

~ 08 : Mensonges et vérités

Baby, please try to forgive me
Stay here, don't put out the glow
Hold me now, don't bother if every minute it makes me weaker
You can save me from the man that I've become
Looking back on the things I've done
I was trying' to be someone
I played my part, kept you in the dark
Now let me show you the shape of my heart

The Backstreet Boys, Shape of my heart


La mystérieuse jeune femme - Margaret, donc – attendit un petit instant avant de poursuivre. Sora avait la tête de quelqu'un qui se mâche la langue, Roxas était toujours très secoué et Axel, lui, n'avait pas encore fini d'encaisser le nouveau rejet de ce dernier. Riku, lui, restait silencieux. Les bras croisés, il attendait.

- Je me doute que vous avez tous beaucoup de questions. Comme je l'ai dit tout à l'heure, mon temps ici est limité, donc je ne pourrai pas tout vous expliquer ce soir, mais je peux déjà débrouiller une partie de la situation. Avant de commencer, l'un de vous pourrait-il me dire ce que vous avez vu exactement ?

Les garçons échangèrent des regards hésitants, puis Riku entreprit de raconter succinctement les évènements en commençant par l'apparition de Naminé sur le Midnight Channel. Il expliqua sans fournir trop de détails que l'existence de cette dernière était inextricablement liée à celle de Kairi et que cette existence avait pris fin des mois plus tôt – en théorie irrémédiablement. Pourtant ils l'avaient vue, le doute n'était pas permis, après que Kairi se soit volatilisée, et l'avaient poursuivie jusqu'à une boutique dans laquelle elle était entrée, mais pas ressortie.

- À la place on a vu cette... cette chose qui ressemblait à Roxas et qui s'est changée en monstre.

- Et qui nous a mis une peignée à tous, souligna Axel avec aigreur.

- J'ai l'impression qu'on s'y est pris complètement de travers, répondit Riku avec un regard coulé en direction de Roxas.

Celui-ci tenait debout tout seul et semblait un peu rasséréné maintenant, mais il avait aussi l'air de quelqu'un qui voudrait rentrer dans un trou pour y mourir de honte.

- En effet, approuva Margaret avec un hochement de tête. On ne peut pas endommager les Ombres – pas matériellement. Vos armes conventionnelles seront inefficaces contre elles.

Sora marmonna quelque chose à propos des Keyblades et des armes « conventionnelles » que la jeune femme ne releva pas.

- Qu'est-ce que c'était ? Demanda Roxas qui, s'il crevait effectivement d'envie de disparaître aux yeux du monde, avait encore plus besoin de savoir ce qui lui était arrivé.Ces créatures noires et rampantes, et cette Ombre de... enfin, cette Ombre.

Tout le monde fit mine de ne pas remarquer son hésitation et la jeune femme désigna des caisses alignées contre les murs d'un des entrepôts.

- Si vous souhaitez vous installer un peu plus confortablement, je suggère que nous allions nous assoir. L'Épreuve est une expérience exténuante et le combat vous a tous fatigués.

Cela convainquit tout le monde et ils allèrent donc s'installer sur les caisses. Comme il paraissait plus logique que Margaret soit assise en face d'eux pour leur parler, Riku tira galamment une des caisses devant les autres. Elle le remercia et s'assit gracieusement sur le siège improvisé pendant que les autres grimpaient, sans aucune élégance, sur celles qui étaient restées alignées contre l'entrepôt.

- Il est compliqué d'expliquer exactement ce que sont les Ombres, mais ce que vous avez vu étaient deux manifestations différentes du même phénomène.

- Et d'ou elles sortent ? Demanda Sora.

- Je ne vous apprends rien en vous disant que votre petit monde n'est pas le seul qui existe. Il y en a une infinité d'autres, des galaxies entières, mais il existe aussi des endroits plus abstraits, et beaucoup moins accessibles. Des univers parallèles, superposés en couches au-dessus et en-dessous du vôtre, séparés par des dimensions intermédiaires.

Elle pointa le ciel de l'index sans les quitter des yeux. Elle avait tellement l'air d'une maîtresse d'école que Sora et Riku se redressèrent inconsciemment, adoptant un maintien un peu plus civilisé.

- Elles sont là, même si vous ne pouvez pas les voir. C'est à la fois une barrière invisible et une frontière infranchissable. C'est de là que les Ombres viennent.

- Et si c'est supposé être infranchissable, comment ces trucs se sont retrouvés ici ? Demanda Sora, toujours sur le même ton, s'attirant au passage un regard étonné de la part de Riku. Jamais il n'avait vu Sora se montrer aussi agressif, surtout de façon gratuite. Okay, l'étrangère étaitplutôt étrange et son attitude imperturbable dans cette situation qui les dépassait et les déboussolait tous avait quelque chose d'agaçant, mais concrètement, elle ne leur avait rien fait. L'attitude de Sora était très surprenante.

- Les Ombres n'ont rien à faire ici. Il y a une brèche, quelque part, dont elles se servent pour passer de leur plan au vôtre. C'est justement parce qu'elles viennent d'ailleurs que les armes normales leur font rien.

- Parce qu'un tas de Keyblades et une paires de chakramsenflammés, c'est tout ce qu'il y a de plus quelconque, dit enfin Sora en croisant les bras, cette fois trop fort pour que leur interlocutrice puisse l'ignorer.

Margaret ne dit rien, se contenta de fixer sur lui son regard impavide, ses iris d'un jaune qui n'était pas celui des Ténèbres mais qui rappelait qu'ils ignoraient jusqu'à ce qu'elle était. Sora soutint son regard un court moment avant de baisser la tête et Riku l'entendit déglutir avec peine. Un-Zéro en faveur de la Dame En Bleu, songea-t-il.

- Je disais donc, reprit Margaret comme si elle ne venait pas tout juste de mater un adolescent en rogne doublé d'un sauveur des mondes (deux fois !) juste en le regardant, qu'on ne peut combattre les Ombres qu'avec une seule arme, et cette arme, c'est le pouvoir de l'esprit. Ou plutôt, sa manifestation concrète : un Persona. C'est ce que vous avez vu apparaître devant Roxas, à l'instant.

Margaret ne leur avait pas demandé leurs noms et apparemment elle n'en avait pas besoin. Mais encore une fois, puisqu'elle leur fournissait des explications quant à tout ce bordel, personne ne posa de question. Roxas tendit l'oreille, il voulait comprendre ce qui lui était arrivé. Ce fut Axel qui posa la question qui lui brûlait les lèvres.

- On poursuivait une fille, et on est tombés sur un double de Roxas. Ça a un rapport avec ces créatures ?

La jeune femme regarda Axel, puis Roxas et revint sur Axel et y resta. Quelque chose passa dans son regard mais cela ne dura pas.

- Oui. D'après ce que vous me dîtes, je pense que vous étiez à la poursuite de l'Ombre de votre amie, qui retournait à l'endroit où elle l'a emmenée. Vous n'êtes pas arrivés à temps pour elle mais c'est comme ça que vous avez croisé l'autre Ombre qui en venait.

- Et le Midnight Channel ? Le brouillard ? Demanda Roxas.

- Tout est lié, admit Margaret, mais je n'ai pas le temps de tout vous expliquer ce soir. Sachez simplement que le brouillard arrive ici par la brèche, comme les Ombres. C'est ça qui véhicule l'influence de l'autre dimension, qui se manifeste via la télévision ou vos doubles. Quand il y en a, il n'y a pas d'Ombres. C'est l'un ou l'autre. Les entremondes sont des endroits plutôt calmes en temps normal, expliqua-t-elle en voyant leurs mines perplexes. Le brouillard agit comme une espèce de calmant sur les créatures, ce qui fait que dans leur élément naturel elles sont plutôt amorphes. Mais comme le brouillard et les Ombres vont et viennent entre ici et là-bas, elles sont plus vives et plus agressives.

- Et Kairi est là-bas ? Dans l'autre dimension ? Demanda Sora.

Il s'efforçait visiblement de parler poliment.

- J'en suis sûre. Vous avez vu ce qu'a fait son Ombre. (elle désigna Roxas) Elles veulent toutes la même chose – avoir le droit d'exister. Et elles sont prêtes à tout pour ça.

Roxas baissa la tête. Il pouvait sentir le regard d'Axel sur sa nuque.

- L'Ombre de votre amie l'a attirée de l'autre côté pour qu'elle soit seule et qu'elle s'affaiblisse. Si elle lui a pris assez d'énergie vitale quand les autres Ombres finiront par la tuer, ou qu'elle la rejette comme lui l'a fait, elle pourra devenir un être vivant à part entière. L'Ombre ne peut pas exister en tant que personne si celle dont elle est issue est en vie, c'est juste un reflet déformé.

Roxas sentit son cœur plonger encore un cran plus bas. Outre son inquiétude pour Kairi qui allait en grandissant, les paroles de Margaret provoquaient en lui des échos douloureux. Son Ombre l'avait réintégré comme il avait lui-même réintégré Sora par le passé. Mais il y avait une différence notable entre les Ombres et les Similis : les premières cherchaient à voler la vie de ceux dont ils étaient issus, quand les seconds résultaient de leur disparition. Pour autant, il ne pouvait se résoudre à penser qu'une créature, quelle qu'elle soit, n'avait pas le droit d'exister. Il connaissait trop bien la douleur d'un tel déni.

- Kairi n'est pas comme moi, dit-il finalement, le regard toujours baissé. C'est quelqu'un de bien, et elle n'a rien à cacher. Elle ne rejettera pas une partie d'elle-même. Elle fera face, j'en suis sûr.

Sora et Riku hochèrent vigoureusement la tête. Tous savaient que la jeune fille était probablement la seule d'entre eux à pouvoir se tirer indemne d'un tel combat.

- Si c'est bien le cas, c'est une excellente nouvelle, dit Margaret. Si elle n'a à gérer que les Ombres mineures, elle a de bonnes chances de s'en sortir. Elle va malheureusement y passer quelques jours avant que mon Maître puisse organiser une expédition de sauvetage.

- Une expédition ? Qui ? Demanda Axel.

- Hé bien, vous tous pour commencer. Elle aura de toute façon besoin de soutien moral. Mais il y a d'autres détails à mettre au point. (Elle décroisa ses jambes et se pencha pour regarder ses mains. Riku remarqua que sa pâleur naturelle, déjà proche de la blancheur, virait à une espèce de bizarre transparence. Il ne pouvait pas voir à travers elle, mais elle paraissait … moins nette. Un peu floue.) Je dois partir.

- Quoi ? Non !

Margaret se tourna vers Sora qui avait de nouveau l'air prêt à mordre.

- Je dois partir, répéta-t-elle. Je n'ai ni le choix ni le temps de tout vous expliquer ce soir. Comme je vous l'ai dit, je ne peux exister dans votre plan que pour un temps limité et j'ai été envoyée ici en catastrophe. Je reviendrai.

- Vous pouvez pas nous laisser comme ça ! Protesta Sora, presqu'autant suppliant qu'en colère. Qu'est ce qu'on va faire ? On peut pas laisser Kairi, il faut qu'on aille la chercher !

Riku posa une main apaisante sur l'épaule du brun. Lui non plus n'aimait pas du tout le tour que prenait la situation mais si Margaret était obligée de retourner d'où elle venait, ils ne pouvaient rien y faire.

- Écoutez, dit-il de son ton le plus diplomate. Personne ici ne cherche à vous manquer de respect, mais il n'a pas tort. Vous ne nous dites pas tout, et notre amie est en danger. Expliquez-nous au moins ce qu'on peut faire pour l'aider.

Margaret secoua la tête.

- Il n'y a rien que vous puissiez faire pour le moment. Si je vous explique par quel moyen voyager entre l'autre dimension et celle-ci, vous vous précipiterez à son secours. Ce sera très noble de votre part, mais vous ne l'aiderez pas en vous jetant dans la gueule du loup. Vous vous feriez tuer et vous ne pourriez plus sauver personne. Je comprends que ce soit frustrant mais vous devez être patients. Vous n'êtes pas prêts. Le seul d'entre vous à avoir éveillé son potentiel ne sera pas capable de l'utiliser comme ça et vos armes sont inefficaces contre les Ombres, et là-bas, elle pullulent. Mon Maître avait prévu cette situation, mais les circonstances font que sa... capacité particulière est perturbée et qu'il n'avait pas réalisé que cela arrivait si vite. Nous préparons quelque chose qui vous aidera tous à affronter ces ennemis particuliers. Vous avez tous le potentiel – virtuellement, tout le monde l'a, mais pas nécessairement la tournure d'esprit nécessaire à son développement. Vous allez devoir apprendre très vite et je ne peux pas rester ici suffisamment longtemps pour vous l'enseigner.

- Donc vous voudriez qu'on se contente de laisser Kairi là où elle est ? Demanda Sora, l'air de ne pas arriver à y croire.

- Elle est en sécurité pour le moment – si, come vous le croyez, son Ombre ne représente pas de réel danger pour elle. Et même si l'Ombre pouvait toujours essayer de l'avoir à l'usure, cela lui prendrait du temps. Tant que le brouillard ne se lèvera pas ici, elle ne risquera pas grand-chose. On ne ressent ni la faim ni la soif, là-bas, rien que la fatigue.

En dehors de Sora, qui suffoquait de révolte à l'idée de rester sur le banc de touche alors que sa princesse était portée disparue et qui n'avait donc pas les yeux bien en face des trous, tous maintenant pouvaient voir le changement chez la jeune femme qui se brouillait de plus en plus. Un discret froncement de sourcils était la seule manifestation de l'effort qu'elle faisait pour rester tangible.

- Je dois partir, répéta-t-elle d'une voix qui résonna bizarrement.

- Merde ! Les mecs, dites quelque chose ! S'écria Sora, trop scandalisé pour arriver à se taire.

- Calme-toi, dit Axel, qui ne quittait pas Margaret des yeux.

- Non mais je rêve ! On va quand même pas faire ce qu'elle nous dit !

- Si, répondit sombrement Riku, visiblement plus résigné qu'emballé par cette idée.

- T'as complètement pété les plombs ! Pourquoi on ferait ça ?!

Ce fut Margaret qui lui répondit en se levant, ses yeux jaunes bien plantés dans les siens.

- Parce que vous avez pas le choix, Sora, dit-elle comme à regret. Mais je promets de revenir d'ici quelques jours et à ce moment-là, nous passeront à l'action.

Et elle disparut.

Juste comme ça. Sans bruit, sans rien – elle était là et la seconde d'après, il n'y avait plus personne, comme s'éteint la lumière. Sora poussa un cri de rage et se retourna vers les autres, les regarda comme s'il espérait que l'un d'entre eux lui crie soudain "Poisson d'avril!" ou trouve une solution miraculeuse, mais rien ne vint. Roxas et Axel étaient trop ébranlés par ce qui venait d'arriver et trop surpris de le voir dans un tel état de nerfs pour trouver quoi dire ou faire. Mais Riku tendit la main à son ami et l'attira dans ses bras. Sora s'y jeta, l'empoignant des deux mains. Il enfonça la tête dans son épaule, mais tous entendirent le son étouffé de son hurlement de frustration et d'impuissance. Pour la première fois depuis des semaines, Roxas se tourna vers Axel et leurs regards se croisèrent.

Malheureusement, ils étaient tous les deux beaucoup trop tristes pour qu'il en ressorte quoi que ce soit de positif.

Ils retournèrent tous chez Riku. Personne n'avait parlé durant le trajet, mais ils savaient très bien qu'il ne fallait pas que la mère de Sora voie son fils dans cet état. Le retour à la "vie civile" et le sentiment de normalité qui en avait découlé avaient certes tôt vécu, mais ce n'était pas une raison pour impliquer plus de monde. Ils devaient préserver les habitants de l'île, à commencer par leurs proches. Roxas pensait aux parents de Kairi, à ce qu'allaient dire ses profs et ses camarades de classe, et se demandait ce qu'ils allaient bien pouvoir raconter si on leur posait des questions. Qui croirait une histoire pareille ? Et quel aurait été l'intérêt d'en parler, quand il n'y avait qu'eux qui étaient susceptibles de pouvoir la secourir ?

Comme les frères de Riku occupaient le salon - Kadaj les avait tous ostensiblement ignorés quand ils avaient traversé la pièce alors que les deux autres les saluaient - ils s'étaient entassés dans sa chambre. Assis sur son lit, il avait le regard sombre.

- On ne doit pas attirer l'attention sur nous, dit-il gravement. On sera beaucoup moins libres de nos mouvements si les gens nous soupçonnent d'être mêlés de près ou de loin à ce qui se passe, et il faut qu'on soit prêts à intervenir quand on pourra le faire.

- Tu veux dire quand Madame nous autorisera à le faire, grinça Sora, amer.

Roxas aurait voulu pouvoir le réconforter mais il n'osait pas l'approcher. Il était comme hérissé de partout, et il avait peur d'empirer les choses ou de se prendre un retour de flammes. Axel, adossé à un mur, regardait simplement Riku. Celui-ci semblait peu à peu prendre la situation en main, et il était tout disposé à suivre ses directives. Il avait beau être le seul adulte du groupe,il n'était ni un leader, ni un héros. Il aiderait de son mieux, mais ce ne serait pas lui qui prendrait les décisions. Il appréciait beaucoup Kairi, mais Sora et Riku la connaissaient bien mieux que lui, et le brun était trop bouleversé pour réfléchir efficacement.

- Ça ne m'amuse pas plus que toi, Sora, mais on n'a pas vraiment le choix. Elle en sait beaucoup plus que nous.

- Je trouve qu'elle était vraiment très bien renseignée, souligna aigrement le brun. C'est louche.

Roxas se gratta la nuque, mal à l'aise. Margaret était-elle plus impliquée dans les derniers évènements qu'elle n'avait bien voulu l'admettre ? Peut-être bien que oui... mais peut-être bien que non. Sora avait manifestement besoin d'un bouc émissaire sur qui décharger sa propre impuissance et la jeune femme était une cible toute trouvée. Sans compter que sans son intervention, ils seraient probablement tous morts ce soir-là, et que la façon dont elle avait disparu n'avait pas eu l'air préméditée – on aurait plutôt dit qu'elle s'était accrochée aussi longtemps qu'elle avait pu maintenir sa présence, jusqu'à l'épuisement. Il lança un regard dubitatif à Riku, mais garda ses réflexions par devers lui. Il était inutile de jeter de l'huile sur un feu qui ne brûlait déjà que trop bien.

- Ce qui m'emmerde, moi, intervint Axel pour passer à autre chose, c'est qu'elle nous en a dit juste trop ou pas assez. « Vous devez être patients », singea-t-il – il était visiblement un peu agacé, lui aussi - elle aurait mieux fait de juste la boucler, parce qu'on va rester plantés là comme des cons à extrapoler pendant des jours. C'est comme son histoire d'utiliser la force de l'esprit...

Riku se tourna vers Roxas.

- C'est vrai, que tu ne saurais pas rappeler cette créature ? C'était quand même vachement efficace, ce truc...

Le blond secoua la tête, puis la baissa pour cacher le rouge de la gêne qui lui montait aux joues. Il n'avait pas envie de parler de ce qui s'était passé devant Axel.

- Je ne sais pas ce que j'ai fait. J'ai juste entendu une... une voix qui résonnait dans ma tête, et puis j'ai perdu connaissance. Quand je me suis réveillé, c'était fini.

Les autres se regardèrent, interloqués

- Qu'est-ce qu'elle disait ? Demanda Sora, temporairement distrait de sa colère par la curiosité.

Roxas se pencha un peu plus et s'accouda à ses genoux. Il avait l'impression que raconter ça le dépouillerait d'une autre partie de son intimité, qui avait été bien assez exposée à son goût. Mais ce n'était pas le moment de faire des manières.

- C'était bizarre, répondit-il avec réticence. Ça parlait d'une drôle de façon, comme dans une langue ancienne mais j'ai quand même compris. Ça disait que j'avais créé un lien qui me rapprochait de la vérité. Que le... le Persona - Artémis – était un don.

Roxas savait très bien qu'Axel avait raison. Faute d'autres informations, ils allaient passer les jours à venir à se presser le citron, à décortiquer les plus petits détails. Il aurait voulu que ces détails ne le concernent pas d'aussi près.

- C'en est un, clairement, vu la façon dont t'as descendu toutes ces créatures, tout à l'heure, souligna Sora.

- J'ai fait ça ? S'étonna Roxas. Je me souviens de rien...

- C'est ton Persona qui a tiré. Toi, tu as juste fait le geste, et il... elle ? Bref, ça a agi à ta place, expliqua Riku du mieux qu'il pouvait.

- Oh. D'accord.

Une heure passa avant qu'ils se séparent. Ils en passèrent le plus clair à convaincre Sora que ne rien faire était malheureusement leur unique option, et de l'importance de s'y tenir. Il aurait voulu filer tout droit chez Kairi pour expliquer ce qui se passait à ses parents.

- C'est la deuxième fois qu'elle disparaît, ils doivent être malades d'inquiétude ! Protesta-t-il quand les autres entreprirent de l'en dissuader.

- On doit pas se faire remarquer, lui dit Axel. Surtout toi, en fait, ajouta-t-il après un temps de réflexion.

- Pourquoi ?

- Parce que tu es la dernière personne à l'avoir vue, répondit Riku. Et parce que quand ses parents vont se mettre à s'inquiéter sérieusement, ils vont sans doute te rappeler. Il faut qu'on fasse comme si on était au courant de rien, sinon les gens vont se poser des questions et on sera moins libres d'agir quand Margaret reviendra.

Sora se renfrogna à l'évocation de leur « nouvelle amie ». Roxas renchérit :

- Personne ne voudra croire cette histoire de dimension parallèle qui passe à la télévision, dit-il, même ta mère pensera qu'on perd les pédales. On a aucune preuve de ce qu'on avance : pas de Midnight Channel tant qu'il ne pleut pas - et vu l'influence que la météo aurait sur les chances de survie de Kairi, il faut espérer qu'il continue de faire beau. Pas de portail dimensionnel (1), je peux pas rappeler ma créature et pour ce qui est de Margaret...

Il s'interrompit un instant, l'air contrarié et mal à l'aise, avant de poursuivre.

- On ne sait pas où elle est, on a aucun moyen de la contacter et en plus, vous avez vu comment elle nous a traités ? Elle a trouvé nos armes ordinaires, elle avait l'air de croire que nous, on serait sans défense face à cet ennemi.

Axel et Riku échangèrent un regard entendu. Sora le remarqua et interrogea Riku d'un sourcil à demi-froncé.

- Roxas a raison. Les habitants des îles seraient sans défense face à ces créatures, la police y comprise. Il faut surtout pas les mêler à ça. Quant à Margaret, elle est... pas aussi flippante que les Ombres, mais c'est clair qu'il y a quelque chose de pas naturel chez elle ? Vous avez vu ses yeux, et comment elle est devenue transparente à la fin ? Ils lui tireraient dessus sans sommation rien qu'en la voyant.

- C'est peut-être pas une si mauvaise idée, finalement, dit Sora.

- C'est pas drôle ! On doit surtout éviter d'attirer l'attention sur nous ou de donner des informations à qui que ce -

Riku ne termina pas sa phrase. Dans la pièce, un téléphone sonnait. Sora était devenu tout pâle. Tous les regards se braquèrent sur lui tandis qu'il tirait son portable de sa poche et regardait l'écran.

- C'est la mère de Kairi...

Riku fut sur ses pieds en un clin d'œil. Il tira Sora pour le mettre debout puis se planta devant lui, les deux mains sur ses épaules, son regard rivé au sien.

- Écoute-moi attentivement, dit-il.

Il parlait bizarrement - très rapidement, tout en articulant avec beaucoup de soin. Dans la main de Sora, le téléphone sonnait toujours.

- Kairi a disparu, ses parents sont inquiets. Toi aussi. On l'est tous. Mais on est les seuls à pouvoir l'aider, et si des gens apprennent qu'on sait des choses à son sujet, ça nous fera perdre un temps précieux, et ça nous compliquera beaucoup la tâche. Alors je sais que c'est révoltant, pour toi, de leur cacher des choses, je sais que tu n'es pas doué pour ça, que tu ne l'as peut-être même jamais fait, mon vieux, mais pour Kairi, maintenant, tu vas décrocher ce téléphone et tu vas mentir.

Il poussa Sora hors de la chambre et claqua la porte derrière lui.

- Pourquoi tu fais ça ? Souffla Roxas.

Riku leva une main pour lui faire signe de se taire. Ils tendirent l'oreille. Un instant plus tard, ils entendirent la voix de Sora s'élever dans le couloir, de l'autre côté de la porte. Un soupir de soulagement général se fit entendre dans la chambre. Ils ne comprenaient pas ce qu'il disait, mais son ton semblait relativement naturel.

- Pourquoi tu l'as jeté dehors avant qu'il décroche ? Demanda Axel qui voulait savoir, lui aussi.

- Pour qu'il panique pas. Je suis pas sûr qu'il ait déjà raconté un vrai mensonge, dans sa vie. Vous savez, pas comme quand on était mômes et qu'on essayait de couvrir nos petites bêtises. Un gros. Un qui porte à conséquences. Ça, c'en est un. Devant nous, il aurait flippé.

Roxas et Axel hochèrent la tête en silence. De l'autre côté de la porte, la voix de Sora continuait de leur parvenir, quoi que plus agitée – la mère de Kairi lui ayant probablement signalé qu'elle n'était toujours pas rentrée, il ne devait plus cacher son inquiétude. Un instant plus tard, la porte se rouvrit, alors que Sora parlait toujours.

- ... suis chez lui, je peux vous le passer si vous voulez, proposait-il en faisant signe à Riku de le rejoindre dans le couloir.

Ce dernier s'exécuta et referma la porte derrière lui. Roxas n'eut que le temps de se demander pourquoi Sora n'était simplement revenu dans la chambre pour passer le téléphone à Riku avant de se rendre compte qu'il était seul avec Axel. Son cœur se mit à battre très vite et son visage s'embrasa alors que lui revenaient subitement en mémoire toutes les choses que son ombre... non, que lui-même, il avait dites. Devant tout le monde, devant lui ! Et la voix caressante, gémissante qu'il avait utilisée pour s'adresser à Axel. Il se consumait en y repensant, de honte et d'autre chose, il ne savait trop quoi. Son cœur pompait de toutes ses forces et ça faisait un tel vacarme à ses oreilles que la voix d'Axel lui sembla venir de très loin quand – forcément – il parla.

- Roxas ?

Il avait dit ça très doucement, mais Roxas sursauta quand même. Il se tint raide et immobile. Il ne tourna pas la tête vers Axel, ni ne répondit. Il ne pouvait pas. Il avait trop honte et, autant l'admettre, il avait trop peur.

- T'as pas besoin de me regarder ni de me parler. Si tu veux bien m'écouter, c'est tout ce que je demande.

Roxas ne manifesta en aucune manière qu'il l'avait entendu, mais il sentit tous ses poils se hérisser, des bras aux chevilles. Même ses cheveux se dressèrent sur sa tête.

Sa voix, qui me parle, rien qu'à moi. La voix qui m'a guidé, éduqué, qui m'a parlé d'amitié et d'amour alors qu'on n'avait pas de cœur... la même voix qui m'a menti et trahi. Axel.

- Tout à l'heure, avant d'aller aider Riku, je t'ai dit certaines choses... et je suis pas sûr que tu les ais entendues, poursuivait la voix familière et mélodieuse, presqu'envoûtante. Tu... tu me laisses pas beaucoup t'approcher, en ce moment, alors tu comprends, je veux pas laisser passer une occasion de te parler.

Sa voix, hésitante, comme... vulnérable.

Toi, vulnérable ?

- Je te demande pardon de t'avoir menti. Je ne t'ai pas caché la vérité parce que j'avais reçu l'ordre de le faire. J'étais pas très regardant sur les ordres quand il s'agissait de toi. Je l'ai fait parce que j'avais peur que tu t'en ailles si tu apprenais l'existence de Sora. Et tu m'as donné raison. Je te demande pardon de ne pas t'avoir suivi, ce soir là, au lieu de te regarder partir sans rien faire. J'aurais dû. Je sais pas pourquoi je l'aipas fait, tu as toujours été plus important que l'Organisation, à mes yeux. Je te demande pardon pour tout, Roxas, mais je t'aimais, et je me suis comporté comme un crétin égoïste. Je n'ai aucune excuse. Mais je veux être avec toi. J'attendrai aussi longtemps qu'il le faudra, et je te le répèterai autant de fois qu'il le faudra pour que tu me croies. Je t'aime.

Un coup de marteau en plein cœur. Roxas se demanda s'il pouvait exploser sous la pression.

- Je t'aime, répéta Axel, et ce fut comme un deuxième coup de massue dans sa poitrine. Je serai toujours là. Je ne te laisserai plus jamais tomber. Je ne te mentirai plus jamais. Prends ton temps, mais laisse-moi une chance de te prouver que je peux regagner ta confiance.

De ferme et pleine de conviction, sa voix s'affaiblit d'un coup, et quand il conclut, Roxas eut un peu de mal à distinguer ce qu'il disait.

- S'il te plaît, ajouta Axel, presque timidement. Donne-moi une deuxième chance. Parce que je t'ai dans la peau... et je peux pas vivre sans toi. J'essaye mais j'y arrive pas.

Roxas crut qu'il allait se jeter dans ses bras. Pendant un bref instant, toute la rancœur, tous les doutes et l'amertume disparurent, le laissant étourdi de liberté et de légèreté. Ses lèvres remuèrent pour former des mots, ses muscles se contractèrent pour amorcer le mouvement qui le mettrait debout... et la porte s'ouvrit.

Il n'avait pas esquissé un geste. Sora et Riku revinrent, et il osait encore moins regarder Axel, maintenant. Il avait été sur le point de lui répondre. Et là, il se sentait mal, vraiment, de ne pas le faire... un minimum.

- Alors, qu'est-ce qui se passe ? Demanda Axel à Sora et à Riku, comme si de rien n'était.

- J'ai répété ce que j'ai dit la première fois qu'elle m'a appelé, répondit Sora, morne. Tout ce que je savais à ce moment-là, c'était qu'elle n'était pas rentrée une demi-heure après que je l'ai quittée...

- Ça n'engage à rien, approuva Riku sur un ton encourageant. C'est la vérité, et c'est la deuxième fois que tu la dis, déjà, donc c'est cohérent. Et moi, j'ai rejoint Sora dès qu'il m'a prévenu, mais je ne suis au courant de rien en dehors de ce que Sora m'a dit. Vous deux...

Il regarda Roxas et Axel d'un air concentré.

- Axel, ils vont forcément passer à ton travail, puisque c'est de là qu'elle rentrait chez elle. Roxas, comme tu es quand même pas mal proche de Sora, on risque aussi de venir te poser des questions...

- Pourquoi tu pars du principe qu'on va forcément s'intéresser à vous deux ? Demanda Axel.

Sora haussa les épaules.

- C'est petit, ici. Tout le monde se connaît. On est les meilleurs amis de Kairi, si la police interroge des gens, on sera en tête de liste. Ils vont d'abord penser à une fugue.

- T'es sûr ? Demanda Axel, l'air embarrassé. C'est pas la, hum, première fois qu'elle « disparaît ».

Sa mine piteuse aurait pu être comique, dans d'autres circonstances.

- Justement. Les quelques semaines qu'ont duré sa dernière, disons, absence, sont classées comme une fugue. C'est ce qu'elle a raconté en revenant. Donc ils vont penser à une récidive, ce qui est plutôt bon pour nous. Tant qu'aucun de nous ne se fait remarquer, en tout cas, insista-t-il.

Sora baissa la tête. C'était le coup de grâce : il était vaincu. Il promit de ne rien faire d'inconsidéré (de ne rien faire du tout, insista Riku) tant que « la nana bizarre n'aurait pas donné son feu vert ». Roxas se préparait néanmoins à passer une très mauvaise nuit, en sa compagnie.

Lorsqu'il fut temps de partir - rentrer très tard aurait paru louche - il fit mine de chercher quelque chose afin de laisser les autres sortir d'abord. Heureusement pour lui, Sora et Riku semblaient trop plongés dans leur conversation pour remarquer sa manœuvre. Elle n'échappa cependant pas à Axel : quand Roxas releva la tête, il était toujours au même endroit, assis sur la chaise de bureau, et il attendait. Roxas se mordit les lèvres et, après un instant d'hésitation, le regarda dans les yeux.

Il avait cru tout connaître de ce regard. Dans la naïveté et l'innocence des quelques semaines qu'avait duré son simulacre d'enfance, ils avaient été son repère, son port d'attache. Puis il s'était réveillé un matin, beaucoup plus vieux dans sa tête qu'il n'aurait du l'être, et alors il avait découvert beaucoup de choses différentes dans les yeux d'Axel. Des choses qui n'auraient pas dû s'y trouver puisqu'ils étaient tous sensés ne rien ressentir. Ça arrivait à presque tous les membres, mais aucun n'avait d'yeux plus vivants que ceux d'Axel : Roxas y avait vu de la joie, de la tristesse, de la colère, de l'angoisse et de la frustration, et parfois même une émotion différente, et qui lui semblait à l'époque unique et étrangère. Depuis, il avait vu Sora regarder Kairi comme ça. Il savait ce que signifiait ce regard, et pourtant, Axel l'avait quand même trahi. En définitive Roxas avait découvert qu'il n'était pas seulement doué pour manifester des émotions : il savait aussi les cacher. Pendant combien de semaines avait-il regardé Axel en face sans voir qu'il lui cachait des choses, qu'il lui mentait ? S'il ne l'avait pas vu alors, le verrait-il aujourd'hui ?

... Non.

C'était un océan, ce regard. Ce que Roxas y découvrit était une véritable tempête en comparaison avec ce qu'il avait vu du temps d'Illusiopolis. Douleur, fatigue, espoir, crainte...

Amour. C'est ça, l'amour ?

Il se détourna d'un coup, rougissant, se souvenant de la première fois qu'il s'était posé cette question. Il ne pouvait pas soutenir son regard. Il n'était toujours pas capable de voir au-delà, de savoir. Il ne pouvait pas, pas maintenant. Il avait encore trop mal, trop peur, trop honte. Même s'il aimait ce qu'il voyait dans ses yeux, même si cette subite proximité faisait vibrer en lui une corde dont il avait jusque là ignoré l'existence, même s'il était prêt, mille fois prêt à affirmer qu'il ressentait la même chose, il ne pouvait pas. Il secoua la tête et bredouilla des excuses.

- C'est... juste trop tôt.

Parce qu'au final c'était bien de ça qu'il s'agissait.

Je t'ai écouté. Je t'aime aussi, mais j'ai besoin de temps. Pourquoi j'arrive pas juste à dire ça ?

Mais Axel n'en demandait visiblement pas plus. Il se leva, souriant largement, et se retint d'aller vers Roxas – ce dernier put le voir amorcer un pas et s'arrêter aussi sec. Ça lui donna envie de sourire, et il le fit, parce qu'Axel lui répondit :

- T'excuse pas. Merci. Prends tout ton temps.

Il avait l'air de le penser... et c'était précisément ce que Roxas voulait. Il n'avait même pas eu à le dire. Tout ce qu'il voulait, c'était avoir le choix, et le droit de prendre sa décision quand il le sentirait. Cela le libérait d'un poids tel qu'il laissa son sourire s'élargir.

Il n'est qu'à deux pas. Je pourrais le toucher. Juste une fois, juste un peu, ça fait tellement longtemps...

II se mordit les lèvres, encore une fois. Fit un pas puis s'arrêta. Leva une main qu'il n'osa pas tendre. Axel ne bougea pas et se contenta de le regarder faire. Finalement, Roxas avança jusqu'à mi-chemin, et lui laissa le soin de franchir l'espace qui subsistait entre eux. Axel s'exécuta, lentement ; leurs doigts se touchèrent, se nouèrent. Finalement, les mains enlacées, Axel se pencha vers lui. Roxas baissa les yeux, réticent, mais Axel pressa juste son front contre le sien.

- Je peux te serrer dans mes bras ? Demanda-t-il à voix basse.

Roxas hésita un instant. Juste leurs mains, c'était déjà si agréable... Il s'avança et s'appuya contre Axel, qui lâcha ses mains aussitôt. Roxas ne les regretta pas, cependant. Il se blottit contre lui, savourant le cocon de ses bras, devinant qu'Axel prenait sur lui pour l'étreindre ainsi, fermement mais tendrement, et non le serrer de toutes ses forces. C'était agréable... Il se sentait bien. Et en même temps, il avait mal.D'étranges sensations lui nouaient le ventre et la gorge, pourtant il aurait voulu rester là pour toujours. Il sentait battre très fort le cœur d'Axel.

Ils restèrent ainsi un long moment, enlacés et immobiles. Ce n'était que ça, et ce serait tout, mais c'était déjà beaucoup. Riku le comprit tout de suite quand il jeta un coup d'œil dans la chambre pour voir où ils restaient. Axel le vit par-dessus l'épaule de Roxas et lui lança un regard heureux et penaud à la fois. Riku leva le pouce, et repartit occuper Sora en attendant qu'ils aient terminé.

Il était temps que quelque chose de positif arrive enfin... Mais l'absence de Kairi ne s'en faisait que davantage ressentir. Elle espérait tant que ces deux-là se réconcilient, et alors qu'enfin, les choses semblaient avancer un peu, elle n'était pas là pour voir ça. Il serra les poings.

Ils la retrouveraient.


No I can't forget the scene
And nor your face as you were leaving
But I guess that's just the way the story goes
You always smile but in your eyes
Your sorrow shows
And now it's only fair that I should let you know
What you should know
Can't live
If living is without you
I can't live, can't give anymore

Without You, Mariah Carey


(1) Un portail dimensionnel : C'était un peu interpellant à écrire, je dois dire, mais en fait, oui, c'est le genre de choses qui serait plausible pour eux XD

Les explications de Margaret ont du vous laisser dans le flou pire qu'avant, mais si elle en avait dit plus, c'est sur qu'ils auraient tous couru au massacre dans la joie et la bonne humeur. Enfin, surtout Sora, y aurait pas eu moyen de le retenir, et c'est clair que Riku aurait suivi (parce que c'est ce que Riku fait) ainsi que Roxas (parce que Roxas aime Sora comme sa moitié, au propre comme au figuré) et du coup Axel aussi (parce que lui aussi, c'est ce qu'il fait). Mais la prochaine fois qu'il y aura des explications, tout devrait être plus clair pour tout le monde. Persona est tellement mindfuck comme série qu'intégrer ses principes est très compliqué sans tomber dans des explications de dix pages qui vous ennuieraient. À partir de maintenant, quand il y aura des explications, il y aura de l'action ! Mais on va d'abord les laisser mariner un peu dans leur jus 8D