Bonsoir les gens ! Une amie (qui dessine vraiment très bien) a illustré le début de chapitre. Je vous conseille d'aller jeter un oeil, il suffit de taper "Alcka tumblr" dans google et vous tomberez sur son blog. Je vous conseille de le parcourir, vous avez quelques strips sympa sur Doflamingo dessus.

Edit : il m'a fallu quelques manipulations, mais apparemment les espaces sont revenus entre les lignes. Enjoy


Diamante n'était pas homme à se laisser impressionner. Dès que le jeune maître lui confiait une mission, il la menait à bien, surtout s'il y avait des ennemis à écraser en face.

Lorsqu'il entra dans le café et découvrit la quasi-totalité des lieutenants qui s'amusaient, il sut tout de suite que quelque chose de louche se tramait. Sourcils légèrement froncés mais un sourire sadique aux lèvres, il parcourut la pièce du regard. Il vit d'abord les deux femmes au comptoir dont une lui paraissait particulièrement inoffensive et l'autre qui lui laissa une impression… plutôt désagréable, mais il n'aurait su dire pourquoi. Puis son regard tomba sur la jeune fille aux cheveux bleus, qui n'avait à ses yeux aucun intérêt, et enfin son amie tout aussi…

Les mots lui manquèrent lorsque l'inconnue pivota pour lui faire face, ses yeux bleus scintillant à la lueur des lampes de la salle. D'un mouvement gracile de tête, elle fit voler ses longs cheveux blonds, avant de se détourner lentement de son amie pour se diriger d'une démarche chaloupée vers un rideau qui cachait l'entrée d'une autre salle. La nymphe céleste disparut alors, et le nuage rose qui avait envahi la pièce dès qu'il avait posé ses yeux sur elle s'évanouit également. Le temps reprit son cours, et il put de nouveau percevoir l'agitation autour de lui. Etrange, n'y avait-il pas de la musique romantique qui passait dans le bar, quelques secondes auparavant ?

Le nouveau venu finit par s'installer à une table, à l'apparente grande surprise de ses collaborateurs. De nature observatrice, Shiva ne put s'empêcher de noter que la voix de l'homme se faisait plus audible lorsque Kyosa passait à proximité et qu'il ne faisait d'ailleurs que se vanter de ses exploits au Colisée et de la confiance que lui accordait « Le jeune maître ».


- C'est quoi, le Colisée, au fait ?

L'heure de fermeture avait enfin délivrée les 4 femmes de leur encombrante clientèle. Bien sûr, elles auraient dû être ravies que les affaires marchent aussi bien, mais il y avait un petit « je ne sais quoi » de dérangeant, chez ces nouveaux habitués. Surtout chez l'homme aux longues jambes, en fait.

- Le Colisée, c'est l'arène de la capitale, répondit Sae en grimaçant. Il paraît que les combats y sont particulièrement violents et sanglants, et trop souvent mortels.

Ses trois amies ne purent s'empêcher de l'applaudir.

- Décidément, on devrait tous prendre exemple sur Sae et chercher à se renseigner sur les pays qu'on visite, fit Ondine en souriant. Je suis sûre que ça nous éviterait pas mal de mauvaises surprises en plus !

- D'ailleurs, à ce propos… commença prudemment son amie en arborant un air sérieux. Vous vous souvenez que je devais me renseigner sur ce qu'est la Family ?

Elles l'écoutèrent attentivement, dans un silence quasi religieux, alors qu'elle leur expliquait que leurs nouveaux clients n'étaient autres que les personnes les plus proches du roi de cette contrée.

- Dooonc si je comprends bien, le sale gosse est en fait quelqu'un de super important ? finit par demander Ondine, les yeux ronds.

La barmaid acquiesça en soupirant, puis se tourna vers Shiva.

- Tu penses qu'on risque d'avoir des ennuis avec cette histoire ?

La jeune femme aux cheveux courts croisa les bras, plongée dans une profonde réflexion. Depuis toujours, ses amies la considéraient comme la stratège du petit groupe de par sa capacité à analyser brillamment les situations les plus délicates.

- Tu te demandes si on va être punies pour notre attitude envers le petit con ? Non, sinon ça serait déjà le cas. En revanche, il va falloir éviter de dévoiler nos « petits talents » face à ces gens. Ce sont peut-être des nobles d'ici, mais d'après ce que j'ai cru comprendre, ce sont avant tout des pirates. S'ils devaient comprendre ce qu'on est capable de faire, je suis à peu près sûre que là, ça deviendrait catastrophique.

Ses amies l'approuvèrent vivement sur ce point.


Le lendemain matin, lorsqu'elle ouvrit la porte du café, Kyosa eut la désagréable surprise de trouver Diamante assis sur un petit muret en face. En la voyant, l'homme se redressa, un petit sourire suffisant aux lèvres.

- Aah pile à l'heure, c'est bien. On aime l'exactitude, par ici, ça évite bien des ennuis.

- Dire « bonjour » avant tout, c'est bien aussi oh ?! Non mais dites donc, vous vous êtes cru où là, vous n'êtes pas chez vous ! La politesse c'est important, bordel !

Le brusque accès de colère de la jeune femme surprit le général qui en oublia de réagir et la regarda défoncer la porte d'un coup de pied. Son geste fut suivi de trois cris furieux.

- LA PORTE, KYOSA !

- On vient de la faire réparer, ne va pas nous la casser de nouveau !

- Oups pardon, j'ai eu un coup de chaud !

Diamante hésita un instant avant de se souvenir qu'il faisait quand même parti de la Donquijote Family et qu'à cet égard, il avait tous les droits. Se redressant de toute sa hauteur, il dut se baisser presque immédiatement après pour pouvoir passer la porte sans se cogner.

Les trois autres femmes s'affairaient au bar, et elles ouvrirent grands les yeux quand elles le virent, apparemment surprises. L'une d'elle jeta même un regard à l'horloge murale, avant de se tourner vers Kyosa qui s'acharnait à nettoyer le mur. Activité certes inutile, mais qui avait le mérite de lui faire évacuer sa frustration.

- Vous me mettrez un café serré, et vite ! clama Diamante en s'asseyant à une table.

Immédiatement, la jeune femme blonde abandonna son mur pour venir se planter devant lui et le fusiller du regard. Il déglutit et rajouta.

- Euh, s'il vous plait bien sûr.

Ondine et Shiva plongèrent sous le bar pour que personne ne les voit saisies d'un fou rire. C'était toujours très drôle de voir des gens tenter de donner des ordres à Kyosa, elle qui avait passé une bonne partie de sa vie à casser les bras aux gens qui osaient lui manquer de respect.


Doflamingo tapota des doigts sur le dessus de son bureau, agacé. Décidément, il trouvait que les petit-déjeuners, normalement moments privilégiés partagés par toute la famille, étaient de plus en plus… dépeuplés, c'était le mot juste. Et il ne s'expliquait vraiment pas l'absence de Diamante, ce matin, ni la raison de ce sourire niais qu'il avait arboré toute la soirée précédente.

Levant les yeux, son regard tomba sur Trebol qui se tortillait les doigts devant lui, ayant compris que son patron était de mauvaise humeur.

- Va voir ce que fout Diamante. Il voulait me parler à propos du prochain tournoi il y a deux jours et maintenant on dirait qu'il s'en fout totalement. Je VEUX comprendre ce qu'il se passe ici !

L'homme visqueux hocha rapidement la tête avant de sortir avec empressement. Doflamingo se laissa aller dans son fauteuil en soupirant, se massant les tempes pour empêcher une migraine de s'installer sous son crâne.

Le général de Trèfle trouva rapidement le chemin du café et se planta devant la porte en ricanant, observant la devanture sous toutes ses coutures. Diamante avait été assez stupide pour se laisser séduire par le charme des lieux, mais lui ne serait pas aussi faible !

Poussant la porte d'un geste brusque, l'homme s'apprêta à donner de la voix lorsqu'un bruit de verre brisé attira son attention. Son regard se posa sur la barmaid qui venait de laisser échapper une carafe au sol, les yeux écarquillés alors qu'elle le dévisageait lui. Il s'enorgueillit de l'intérêt que lui portait une petite mignonne, avant de repérer Diamante dans la salle et de se diriger vers lui d'un pas décidé.

- Dis donc, Diamante, Doffy t'attendait ce matin !

Le général de Carreau en avala son café de travers avant de se lever d'un bond, terriblement inquiet.

- J'avais totalement oublié ! J'y cours, garde moi ma place !

Et il partit en courant, laissant son collègue en plan.

Trebol n'avait pas prévu que Diamante lui demanderait de rester. Contrarié, il s'assit à la table, repoussant d'un geste la tasse de café entamé, avant de lever la tête vers le bar.

- Eh, vous, apportez-moi de quoi me désaltérer.

La barmaid tourna lentement la tête vers lui alors qu'elle faisait claquer sur sa peau les gants en latex qu'elle venait d'enfiler.

- Venez le chercher vous-même. Je refuse de m'approcher d'un homme qui ne sait pas se moucher.

Un silence de mort s'abattit dans la salle, alors que la plupart des gens dévisageaient Sae sans y croire : elle, d'ordinaire si douce et si gentille, venait de s'adresser à Trebol d'un ton si cassant qu'ils en oubliaient presque qu'il s'agissait d'un affront sans précédent envers un membre de la Family. A côté d'elle, Shiva s'abattit une main sur le visage, désespérée.

- Ouuh je crois que Sae vient de passer en mode « berserk », murmura Ondine à Kyosa qui approuva d'un signe de tête.

- C'est rare et ça sent pas bon pour le gus, si tu veux mon avis. Personne ne peut arrêter le mode « berserk » à part nous. Et encore, on y laisserait des plumes.

Mais l'homme ne savait pas ce qu'était le mode « berserk », et la remarque de la jeune femme l'avait profondément vexé. Tout en prenant ses aises sur la chaise qu'il occupait – ce qui fit qu'il répandit un peu plus de mucus sous lui – il adressa un regard lourd de menaces à l'insolente.

- Dis donc, est-ce que tu sais au moins à qui tu t'adresses ? Je suis le général Trebol !

- Je m'en fiche, la seule chose que je vois c'est que vous êtes dégoûtant et sans doute plein de microbes ! C'est une honte, monsieur, tout simplement une honte ! En tant que médecin, il est hors de question que je vous laisse contaminer tous les clients ?!

La situation risquait de s'envenimer si elle n'intervenait pas, Shiva s'en rendit rapidement compte. Attrapant son amie par les épaules, elle la força à se rendre à la salle de repos pour se calmer tout en adressant un sourire jovial à Trebol.

- Très cher monsieur, ne bougez pas, notre barmaid est juste surmenée. On va vous amener une boisson fraîche tout de suite, pas vrai, Ondine, Kyosa ?

Les deux femmes retinrent une moue dégoûtée mais s'exécutèrent néanmoins.


- Je ne peux pas, Shiva ! C'est… c'est juste physique !

Assise sur le canapé, Shiva regardait son amie qui tournait en rond autour de la table basse en se frottant les mains sur les bras. Elle était bien embêtée pour elle, mais elle ne savait pas quoi faire pour la calmer. Elle finit quand même par se lever et passa ses bras autour de son amie, qui se détendit instantanément.

- T'en fais pas, Sae. Tu l'as tellement mal reçu que ça m'étonnerait qu'il revienne !

La jeune fille aux cheveux noirs se cacha le visage entre les mains, honteuse. Elle qui était si calme, si réservée d'habitude, perdre ainsi son sang-froid face à un client, aussi désagréable qu'il puisse être !

- Roh tu devrais pas t'en vouloir, ta réaction était parfaitement compréhensible. On s'occupera de le servir jusqu'à ce que le groupie de Kyosa revienne, ne t'en fais pas !

Elle finit par hocher la tête en soupirant puis suivit Shiva dans la salle principale, avant de l'arrêter en lui saisissant le bras, yeux écarquillés.

- Attends, le quoi de Kyosa ?!


Shiva avait souvent raison, c'était indéniable. Mais il lui arrivait également de se planter de manière mémorable, comme le découvrirent les filles le lendemain lorsque Diamante accompagné de Trebol passèrent la porte. Ensemble, les deux hommes étaient tout simplement imbuvables, jouant à celui qui pourrait prendre le ton le plus hautain. Ils prenaient d'ailleurs bien soin de ne s'adresser l'un qu'à Kyosa – qui le remettait illico en place – et le second à Sae – qui n'hésitait pas à exprimer de manière très ouverte son dégoût. Ondine et Shiva observaient leurs amies se disputer avec les généraux, déroutées.

- C'est moi ou on est tout bonnement invisibles là ? finit par demander la première en se penchant vers son amie.

Amie qui acquiesça, avant de frissonner d'horreur.

- Tu imagines, si nous aussi on avait un stalker comme eux sur le dos, à quel point la situation serait ingérable ?

- Non mais il ne faut pas exagérer non plus, on joue de malchance d'accord, mais pas à ce point ! protesta Ondine avant de se baisser pour éviter le torchon que Dellinger lui lançait à la figure.

Elle se baissa pour le ramasser, découvrant coincé entre les plis du tissu un poignard drôlement affuté. Son regard se posa sur l'adolescent qui riait.

- Oh pardon, il m'a échappé.

- Ok, toi t'es mort.

Ni une ni deux elle se lança à sa poursuite, sous le regard désespéré de Shiva qui marmonna pour elle-même.

- Tu ne t'es même pas rendue compte que tu étais dans le même cas que Kyosa et Sae, c'est terrible quand même.


Ce jour-là, c'était au tour de Pica de venir espionner le café « Au coin du feu ». Après la disparition éclair de Trebol, juste après le petit-déjeuner, Doflamingo en avait conclu que le général de Trèfle avait dû être ensorcelé au même titre que Diamante. Au moins, avec son dernier homme de main, il ne courait aucun risque.

La porte de l'établissement s'ouvrit alors que le général de Pique tendait tout juste la main vers la poignée. Surpris, il ne put éviter Dellinger qui le percuta de plein fouet et en resta sonné. Un râle de douleur échappa à l'adolescent lorsqu'une femme aux cheveux bleus, également emportée dans son élan, lui rentra dedans, ce qui l'écrasa un peu plus contre la cuirasse de son supérieur. Elle eut un sourire satisfait et attrapa le malappris par le col avant de lever les yeux vers Pica.

- Très cher monsieur, vous avez toute ma reconnaissance, sachez-le ! Très bonne idée l'armure, ça fait un joli bruit quand les crânes vides s'éclatent dessus !

- Euh… De rien ?

Pica se rendit compte trop tard qu'il avait répondu machinalement, et tous les muscles de son corps se raidirent dans l'attente d'une réaction moqueuse de la part de la jeune femme… qui ne vint pas. Tournant les talons, elle s'engouffra dans le café tout en tirant Dellinger à sa suite.

- Madame Jora ! Faites quelque chose pour éduquer ce sale gosse ou sinon je vous jure que c'est moi qui vais finir par m'en charger !

- Comment ça, ma beauté resplendit de trop et vous trouble tous ? Je te prierai de cesser tes insinuations tout de suite, jeune péronnelle, même si elles sont justifiées !


Lorsqu'Ondine pénétra de nouveau dans la salle, Shiva voulut s'avancer vers elle mais se figea en se rendant compte que son amie était suivie par une armoire à glace. L'homme, qu'elle reconnut comme étant le troisième inconnu du port, semblait tout bonnement fasciné. Désespérée, Shiva recula jusqu'au bar et observa les trois « groupes » : Kyosa et son fan attitré, Sae et l'homme qui s'amusait à se rendre le plus écœurant possible, et enfin Ondine qui devait gérer et un Dellinger agressif et un type avare de mots. Elle secoua la tête et finit par sortir un nouveau verre pour préparer la commande de leur – très certainement – futur habitué.

- Je pense que ça doit être une antique malédiction de pirates, se murmura-t-elle à elle-même.