Merci pour les gentils commentaires, ça pousse toujours à se dépasser x) Et bravo à Arya Cahill pour avoir deviné que Kyosa était la gladiatrice ! Peu d'indices abondaient dans ce sens, fallait avoir l'oeil !
(..)
Dellinger avait eu du mal à contenir sa joie lorsqu'on lui avait annoncé que désormais, le café « Au coin du feu » serait relocalisé à l'intérieur même du palais, pour l'usage exclusif des cadres de la Donquixote Family. Bien sûr, le jeune maître leur avait demandé d'abîmer les serveuses « le moins possible », mais il leur avait dit cela avec un sourire qui voulait bien dire qu'il ne leur en voudrait pas si cela leur arrivait néanmoins. Ça tombait bien, l'adolescent commençait à avoir de sérieuses envie de mordre l'impertinente qui osait lui tenir tête depuis des semaines.
L'aube se levait à peine qu'il décida de se rendre en ville, incapable de dormir plus. D'un pas souple et rapide, il se rendit directement au café dont la porte et les volets étaient encore clos, et admira sa devanture pour la dernière fois. Puis, prenant de l'élan, il lança un pied chaussé d'un magnifique escarpin à talon vers la serrure verrouillée, qui partit s'encastrer dans le mur du fond, à l'intérieur de la boutique. Un sourire satisfait aux lèvres, il entra sans plus de cérémonie, bien décidé à tout casser pour fêter ce nouveau départ.
Un bruit de cavalcade provenant de l'escalier lui apprit que le raffut avait bien réveillé les employées, qui s'empressaient de venir voir qui était responsable de leur futur manque de sommeil. Sans se départir de son sourire, il se tourna vers l'entrée et se figea. Face à lui, vêtue d'un débardeur simple s'arrêtant avant son nombril et d'un mini short, Ondine le fusillait du regard, bras croisés.
- Non mais tu te fous de ma gueule, sale gosse ? Tu sais quelle heure il est ? Non ? Je vais te l'apprendre moi : celle de t'apprendre la politesse à grand coup de pied dans les fesses !
Le jeune homme poisson aurait dû rétorquer, balancer une vacherie quelconque, mais il n'était plus en état d'aligner deux mots. C'était sans doute la première fois de sa vie qu'il trouvait qu'un mini short allait aussi bien à une autre personne que lui-même !
Devant son absence de réponse, la jeune femme aux cheveux bleus se passa une main dans les cheveux en laissant échapper un soupir agacé, puis s'étira les bras en faisant craquer ses doigts dans le même temps.
- C'est parti pour la raclée alors.
Elle s'avança vers le lieutenant de la Donquixote Family qui ne fit pas un geste pour s'écarter, toujours aussi fasciné.
Lorsque Shiva descendit à son tour dans le café, l'esprit encore embrumé, la scène qu'elle découvrit lui fit croire qu'elle nageait encore en plein rêve. En effet, comment croire qu'Ondine pouvait saisir à bras-le-corps un adolescent particulièrement agaçant pour lui faire subir un German Supplex ? Elle se pinça le bras à deux reprises et dut avouer, alors que son amie immobilisait l'homme-poisson au sol dans une prise de judo, qu'elle ne rêvait pas et que tout ceci était bien réel. Elle finit par s'approcher des deux bagarreurs – même si l'un des deux lui semblait étrangement passif – et se pencha sur eux.
- Euuh je peux savoir ce que vous faites ?
- Je lui apprends la politesse, tiens ! s'exclama Ondine avec vigueur. Il commence à m'agacer et ni sa mè… tutrice légale, ni son patron n'ont l'air de faire quoi que ce soit pour que son caractère s'améliore !
- En même temps vu le panel complet de leur famille, tu m'étonnes qu'il soit aussi dérangé… marmonna Shiva en secouant la tête d'un air désespéré.
Et puis, en observant Dellinger d'un peu plus près, elle se dit que tout de même, ce n'était pas normal ce sourire béat qu'il arborait alors qu'il avait fini plaqué au sol.
- Mais enfin qu'est-ce qui se passe ici !
Les deux jeunes femmes tournèrent la tête vers la porte d'un même mouvement, découvrant Diamante accompagné de Jora et Buffalo, chacun portant des cartons vides. Le général en particulier avait froncé les sourcils, prêt à ordonner à Ondine de relâcher Dellinger, lorsqu'un nouveau bruit de pas se fit entendre dans l'escalier, accompagné d'une exclamation de colère.
- NON MAIS C'EST PAS POSSIBLE CA, VOUS AVEZ VU L'HEURE ?!
- NON KYOSA, NE DESCENDS PAAAAS ?!
Hélas, le cri de Shiva intervint trop tard, la jeune femme blonde posant déjà le pied sur le parquet de la salle, l'air furibond. Et comme Dellinger, Diamante affichait désormais un sourire tout aussi niais face à la femme en pyjama léger qui suggérait son corps plus qu'il ne le montrait. En l'apercevant, en revanche, Kyosa vit rouge et se saisit du battant de la porte pour la refermer violemment sur le nez du général. Sans plus se préoccuper des jurons étouffés qui leur parvenaient, elle lança un regard noir à l'intention de Dellinger, index pointé vers sa poitrine.
- Encore un mot, petit con, et c'est moi qui viendrais te régler ton compte. Maintenant vous repassez dans deux heures, quand les honnêtes gens se lèvent enfin.
Puis, après un coup de pied dans la porte qui s'était rouverte pour qu'elle claque de nouveau au visage de Diamante, elle remonta se coucher. Ondine retint à grande peine un fou rire en se levant pour la suivre. Ne restait plus que Shiva dans la salle, qui se demandait bien comment elles allaient pouvoir survivre à une telle cohabitation, au palais.
Lorsque les quatre employées du café daignèrent enfin descendre de leur appartement, habillées et lavées, ce fut pour découvrir que le déménagement se préparait sans elles. Plusieurs larbins dont elles ignoraient le nom s'activaient à empiler le contenu du bar dans des cartons, prenant bien garde à les étiqueter comme il fallait, sous le regard attentif de Buffalo. Pour s'assurer qu'il n'y aurait aucune erreur, Sae se précipita vers le comptoir afin de s'occuper elle-même d'emballer ses ingrédients mystères. Kyosa, quant à elle, préféra s'affaler sur une chaise et ne plus bouger, bien décidée à ne pas apporter sa contribution à ce déménagement forcé. Elle changea bien vite d'avis lorsque le général de Carreau prit place face à elle, un large sourire aux lèvres, et fut alors la plus motivée des quatre à faire en sorte que tout soit prêt le plus rapidement possible.
Sur le coup de midi, plusieurs charrettes chargées de cartons firent route vers le palais, sous le regard attristé des habitués qui s'étaient rassemblés sur la terrasse pour un dernier « au revoir ». Shiva et ses amies furent de loin les plus émues, mais cela avait sans doute un rapport avec le désespoir profond qui les envahissait à l'idée qu'elles allaient devoir vivre bien trop près de la Family. Heureusement, elles se rassuraient à l'idée que tout ceci n'était que temporaire… en effet, après avoir fait les comptes, en rajoutant l'argent gagné par les paris de Sae sur les combats de Kyosa, elles espéraient bien avoir les fonds nécessaires pour s'acheter un nouveau navire d'ici une petite semaine. Bien évidemment, elles n'avaient fait part de ce détail à aucun de leurs nouveaux voisins.
Leur nouveau lieu de travail se trouvait à l'intérieur de la grande enceinte, dans une cour intérieure agrémentée d'une piscine où batifolaient un certain nombre de pin-ups en bikini. Assis sur un grand canapé blanc, le maître des lieux les attendait en souriant, un verre vide à la main. Lorsqu'elles le virent, les jeunes femmes eurent énormément de mal à retenir quelques jurons bien sentis qui leur traversèrent l'esprit. Heureusement qu'elles étaient polies !
- Et bien juste à temps, mon verre était justement vide, fit Doflamingo en leur tendant ledit verre d'un geste nonchalant.
Kyosa faillit lui hurler qu'elles n'étaient pas non plus ses bonniches, mais heureusement que Sae fut plus diplomate et s'empressa de saisir le récipient vide, un sourire forcé aux lèvres.
- Bien, mais il va falloir attendre qu'on soit installées quand même.
- Oh mes hommes se feront une joie de vous aider, rétorqua le corsaire en l'observant avec attention. Et vous feriez mieux de vous presser, je n'hésiterai pas à réduire votre salaire si j'estime que vous ne le méritez pas.
- Je ne sais pas pourquoi, je sens qu'il ne sera jamais satisfait, murmura Shiva à Ondine qui hocha la tête avec vigueur, bien d'accord avec l'observation de son amie.
Mais soit, elles n'avaient pas le choix et prirent donc leurs fonctions sans attendre plus longtemps, Sae derrière le comptoir de nouveau et les trois autres au service.
Ondine et Kyosa furent les premières « victimes » de Doflamingo, client éternellement insatisfait. Soit le verre n'était pas assez rempli à son goût, soit il l'était de trop, soit il n'y avait pas assez de glaçons, soit il manquait l'ombrelle ou la tranche de citron… bref, au bout de cinq allers et retours chacune, les deux jeunes femmes se retirèrent dans la petite cabane qui leur servait désormais de réserve. Un hurlement strident en fit d'ailleurs trembler les murs et arracha des sursauts épouvantés à la majorité des gens présents autour de la piscine. Seul Doflamingo éclata de rire, apparemment très amusé par la situation.
- Ok… J'ai l'impression que pour le bien de nos amies, je ferai mieux de m'occuper exclusivement de ce chieu… pardon de ce client capricieux, soupira Shiva en attrapant un plateau posé près de Sae.
- C'est peut-être justement ce qu'il attendait, lui murmura la jeune médecin d'un air inquiet.
En effet, bien qu'elle ne puisse pas voir les yeux du Corsaire, cachés derrière ses fameuses lunettes de soleil, il lui semblait bien que ce dernier jetait de fréquents regards à Shiva. Elle avait peur d'en comprendre la raison, et préférait mettre ça sur le compte d'une curiosité plus ou moins innocente.
- Et bien si c'est ce qu'il attend, il va être servi, répliqua Shiva avec un grand sourire. C'est le cas de le dire.
Elle s'approcha à son tour du pirate qui attendait, un sourire goguenard aux lèvres, et inclina la tête en adoptant un ton mielleux.
- Vous désirez une boisson, très cher monsieur ? Je vous écoute !
- Et bien on va voir si tu es moins incompétente que tes deux collègues, s'amusa l'homme avant de lui dicter ce qu'il voulait exactement.
Elle l'écouta avec attention avant de revenir avec la commande désirée, la déposant devant lui. Doflamingo fit la moue et tapota le rebord du verre du bout de l'index.
- Dis donc, ce n'est pas la dose réglementaire, ça.
La jeune femme lui fit un grand sourire, se saisissant d'un pichet qu'elle avait pris le soin de poser sur le plateau avant de l'abattre sur la table près du verre. Elle répéta l'opération avec un sceau de glaçons, un panier rempli d'ombrelles décoratives et une assiette couverte de tranches de citron et d'orange, tout ça sans tenir compte de l'air ahuri qu'arborait à présent le pirate. Puis, son plateau enfin vide et ramené devant elle, elle pencha la tête sur le côté, son regard fixé au sien – enfin elle le supposait.
- Puisque monsieur n'est pas satisfait du service, monsieur n'a qu'à se servir lui-même. Comme ça, si cela ne convient pas à monsieur, monsieur ne pourra s'en prendre qu'à lui-même.
Sans attendre de réponse, elle tourna les talons et retourna vers le comptoir où l'attendaient ses amies, émues devant la beauté de son geste. De son côté, Doflamingo ne put que secouer la tête, abasourdi devant tant d'insolence. Ses hommes de main présents alors craignirent que tout ceci ne finisse dans un bain de sang, mais heureusement que le Grand Corsaire préféra louer le courage de ces femmes, les premières à lui tenir tête depuis bien longtemps.
Evidemment, Doflamingo ne se serait pas embêté à faire venir quatre inconnues jusqu'au palais juste pour lui servir des cocktails, comme le découvrirent ses hommes lorsqu'il les convoqua pour une réunion exceptionnelle. Trebol se demanda vaguement si c'était une simple coïncidence si l'heure correspondait à celle où la danseuse mystère devait faire son apparition dans la ville, mais il oublia bien vite cette question lorsque le sujet tourna autour de sa barmaid préférée. Un large sourire aux lèvres, il écouta le jeune maître leur faire part de ses soupçons concernant les pouvoirs de la jeune médecin.
- Je la soupçonne fortement de pouvoir tout simplement régénérer instantanément les plaies ouvertes, expliquait le Corsaire alors adossé à la fenêtre, les bras croisés. Imaginez quel avantage tactique ce serait pour nous, si nous arrivions à l'enrôler au sein même de la Family… Nous n'aurions plus à craindre l'hémorragie sur le champ de bataille.
- Sans compter que ses breuvages ne sont pas seulement délicieux, ils ont tous des vertus thérapeutiques diverses ! Ce qui veut dire qu'elle est capable de faire des remèdes bien plus extraordinaires encore si c'est dans un but purement médical ! renchérit le général de Trèfle en trépignant sur son siège. Il nous la faut !
Ses collègues doutaient très fortement que l'homme soit seulement intéressé par ses talents de médecin, mais ils se retinrent de tout commentaire désobligeant. Diamante lui-même eut un large sourire en se calant bien au fond de son siège, croisant sa jambe droite sur son genou gauche.
- En parlant de champ de bataille, on n'a jamais trop de combattants talentueux, et Kyosa a remporté tous ces matchs au Colisée, pas vrai ? J'aimerais l'intégrer à mon unité, Doffy. Elle pourrait nous apprendre énormément !
Le Grand Corsaire approuva les dires de son général, avant de froncer légèrement les sourcils.
- Par contre, nous ignorons beaucoup de choses des deux autres, surtout de celle aux cheveux bleus. A part qu'il s'agit peut-être d'une métisse comme Dellinger…
- Il s'agit de la navigatrice de leur groupe, l'informa Jora qui tourbillonnait sur place. Je l'ai vu tracer des cartes sous-marines avec une précision qui ferait pâlir un homme-poisson, croyez-moi ! C'est comme si elle pouvait s'y rendre sur place et tout analyser d'un regard !
- Des cartes…. De fonds sous-marins ? répéta Doflamingo incrédule.
- Oh mais c'est pas mal ça aussi, intervint Trebol en se frottant les mains. Nous pourrions enfin développer cette flotte de sous-marins ! Je me souviens de l'avantage qu'a eu un instant Barbe-Blanche durant la grande guerre, cela pourrait nous servir le jour où nous déciderons d'asservir le monde !
Bien évidemment, le groupe était d'accord avec cette réflexion. Ne restait plus qu'à trouver un intérêt à la dernière femme du groupe autre que « l'insolente qui ose défier notre maître adoré ». Tous les regards se tournèrent alors vers Doflamingo, attendant son jugement sans appel. Pensif, il se tourna vers la fenêtre et un sourire vint se dessiner sur ses lèvres alors qu'il suivait du regard la silhouette noire qui bondissait par-dessus le mur d'enceinte, un paquetage sous le bras. Pour sauter d'une telle hauteur, il fallait faire preuve d'une force exceptionnelle et d'un sang-froid à toute épreuve. Sans compter la souplesse avec laquelle elle se réceptionna au sol… Tous ces talents couplés à une grande rapidité et un don pour une activité n'ayant rien à voir avec le combat faisaient de sa nouvelle cible une recrue de choix pour l'unité spéciale. Un rôle en tête pour chacune des femmes, il fallait maintenant les empêcher de quitter l'île et les enrôler définitivement à ses côtés, sous sa bannière. Et pour cela, il avait un plan, qu'il exposa à ses hommes sans plus attendre….
