Bonne rentrée aux étudiants ! Et merci le sushi anonyme, mais je suis sortie de l'école il y a déjà quelques temps quand même XD pour moi, les vacances, c'est dans deux semaines et demi !


Ondine et Shiva regardaient la terrasse se remplir, côte à côte derrière le comptoir. La première jeta un regard désolé à sa droite tandis que la seconde l'imitait, vers la gauche cette fois. Puis elles poussèrent un soupir à l'unisson, tête basse.

- Mais pourquoi Kyosa et Sae ne nous ont pas consultées avant d'accepter ! On leur aurait dit de refuser tout net ! s'exclama soudainement Shiva en se redressant pour adopter une pose dramatique.

- Elles ont pensé bien faire, lui répondit tristement son amie. Et puis au moins elles ont eu le temps de nous prévenir avant de prendre…. Leurs nouvelles fonctions.

Effectivement, cinq minutes, c'était le temps que leur avait accordé le tyran. Kyosa s'était empressée de relater l'entrevue, n'omettant aucun détail – pas même le fait que Doflamingo pensait les autres filles sans intérêt. Ondine restait suspicieuse sur ce point, mais la joie de Shiva était si grande alors qu'elle n'osa pas faire part de ses doutes.

Enfin, la conséquence de tout ce bordel, c'était qu'elles étaient désormais seules pour affronter le reste de la Family. Il était intéressant de noter qu'elles n'avaient d'ailleurs pas vu l'ombre de Trebol de la matinée, comme s'il avait décidé de traîner sa morve ailleurs, genre autour d'une certaine infirmerie.

- C'est fou ce que ce n'est pas suspect du tout, commentait d'ailleurs la navigatrice en astiquant un verre avec force. Il va falloir qu'on vérifie régulièrement s'il n'essaye pas d'espionner Sae, hein.

- T'en fais pas, elle a installé la réserve d'ingrédients à l'infirmerie ! On aura toutes les excuses du monde pour aller y faire un tour 150 fois par jour !

Ondine leva le pouce en direction de son amie pour la remercier de cette excellente nouvelle, puis elle se tourna vers la terrasse pour vérifier si on les appelait… Avant de se retrouver trempée de la tête aux pieds, n'ayant même pas eu le temps de réagir. Shiva fit un bond sur le côté pour échapper à la gerbe d'eau glacée, tout aussi surprise que la navigatrice.

- Mais qu'est-ce que ?!

- Ça t'apprendra à discuter plutôt que de t'occuper de nous, mocheté !

La jeune femme aux cheveux courts lança un regard interloqué à Dellinger qui se tenait devant elles, sa nageoire bien apparente et un seau vide à la main. L'adolescent fit d'ailleurs mine de paraître horrifié en se plaquant une main devant les lèvres, mais elle aurait deviné son sourire à des kilomètres.

- Oh non, j'ai fait une grosse bêtise, je vais encore me faire gronder !

Mais c'était qu'il la cherchait en plus, le sale gosse ! Heureusement qu'Ondine était bien trop calme et posée pour bondir par-dessus le comptoir et se mettre à le poursuivre en hurlant qu'elle allait le noyer… Enfin, normalement elle n'aurait pas réagi comme ça. Mais là, il fallait croire que Dellinger avait franchi la limite de trop.

- REVIENS ICI, MORVEUX ?!

Shiva observa son amie et sa future victime faire le tour de la piscine un nombre incalculable de fois. Quelque part, elle était plus curieuse de savoir comment Dellinger pouvait réussir à courir avec de tels talons plutôt qu'elle ne s'interrogeait sur l'issue du conflit. Il était évident que la navigatrice allait réussir à le noyer, homme-poisson ou pas. N'empêche qu'en attendant, elle se sentait esseulée, et elle soupira derechef en reprenant l'essuyage des verres.

- Vivement midi, qu'on puisse se retrouver tous les 4.

- Si tu te sens seule, je peux te tenir compagnie.

Un sursaut violent plus tard, le verre dont elle s'occupait s'écrasa lamentablement à ses pieds. Elle prit appui sur la colonne soutenant le plafond du bar, une main crispée sur son cœur battant la chamade alors qu'elle faisait tout pour ne pas regarder le géant blond à sa droite qui s'était installé au comptoir et souriait d'un air peu engageant.

- Je ne présente aucun intérêt, je ne présente aucun intérêt, je ne présente aucun intérêt !

Le corsaire la laissa dire sans broncher, amusé par son attitude. Il l'observa ensuite se baisser pour ramasser les morceaux de verre brisé, notant qu'elle faisait toujours mine de ne pas le voir. Malheureusement pour elle, il était d'humeur bavarde et joueuse, ce matin-là.

- Tu ne fais pas très féminine, dis-moi, avec tes cheveux courts et ta manie de t'habiller comme un homme.

Shiva se figea, un débris en main. Est-ce qu'il lui faisait la remarque pour qu'elle réagisse, est-ce qu'il espérait une réponse ? Est-ce qu'elle risquait gros si elle essayait de lacérer son visage avec ce qu'elle avait entre les doigts ?

- Déjà que tu n'es pas spécialement belle... Enfin je suppose que certains doivent trouver ça "mignon", une femme dans ton genre.

Ah, ça avait tout l'air d'être un monologue, en fait. Blessant, d'ailleurs, mais bon elle hésitait encore à s'attaquer aux yeux ou aux lèvres. Si elle lui arrachait ses lunettes, peut-être qu'il serait si surpris qu'il en oublierait de se défendre !

- C'est d'ailleurs étrange... vraiment très étrange que tu sois capable de tant de sensualité, quand tu danses.

Shiva se plaqua les mains sur le visage en feu. Et voilà, elle en était sûre, il était venu rien que pour se foutre d'elle ! D'ailleurs il ne pensait sans doute pas un mot de ce qu'il venait de dire, il avait juste envie de la pousser à bout en voyant que ça la gênait d'en parler ! Si elle avait pu voir le sourire du pirate à ce moment-là... Il se délectait bien de la situation, mais pas dans le sens où elle l'entendait.

- Voyons, tu vas te faire mal comme ça. Tu as encore un bout de verre entre les doigts.

La jeune femme redressa la tête, surprise, et découvrit une main posée sur les siennes et une autre au sol chassant d'un geste le reste des éclats. Sauf que vu la disposition... oui, elle apercevait bien des bras du coin de l'œil, dont le propriétaire devait certainement se trouver... dans son dos ? Mais ce n'était pas possible enfin, il était de l'autre côté du comptoir ! Elle leva les yeux pour s'en assurer, mais il n'y avait plus personne assis devant elle.

- Un problème ?

Une goutte de sueur glacée lui glissa le long de l'échine lorsqu'elle perçut le souffle de l'homme sur son oreille, et elle prit immédiatement la posture d'un sprinteur avant de détaler à la vitesse de la lumière, vers la piscine.

- OUIONDINEJ'AIENTENDUJ'ARRIVE ?!

Doflamingo éclata de rire et se redressa juste à temps pour voir la jeune femme heurter Dellinger et son amie surprise de plein fouet. Les trois tombèrent dans la piscine et il n'en fallut pas plus à Ondine pour tenter de noyer le sale gosse, comme elle l'avait promis auparavant.


Comme promis, Kyosa assistait à l'entraînement des gladiateurs de la Family. Elle devait d'abord se faire une idée de leur niveau avant de joindre le terrain, ainsi avait décrété Diamante avant de rejoindre ses hommes. Elle le soupçonnait d'ailleurs d'avoir agi ainsi rien que pour le plaisir de se mettre en avant et montrer à quel point il était talentueux. Elle devait bien avouer qu'il savait se battre, mais sa technique avait quelque chose qui lui déplaisait : en apparence, il était plein de failles, et pourtant personne n'arrivait à lui porter un coup.

Enfin le général finit par revenir vers elle, un sourire hautain aux lèvres.

- Et voilà comment se débrouille le champion incontesté du Colisée.

- Vous vous prenez pour un empereur, à parler de vous à la troisième personne ? répliqua Kyosa en levant les yeux au ciel.

Décidément, ce qu'il pouvait l'agacer cet homme.

- Oh non, le seul qui pourra prétendre à ce titre, c'est Doffy !

- L'admiration que vous portez à cet homme me dépasse très sincèrement.

Diamante s'abattit la main sur la poitrine, touché en plein cœur. La jeune femme crut un instant que c'était parce qu'elle n'éprouvait pas le besoin de vénérer le géant blond comme un demi-dieu, mais…

- Vous me trouvez si formidable et ne comprenez pas pourquoi je suis les ordres d'un autre ? Mais Doffy est bien plus exceptionnel que moi ! Enfin ça me fait plaisir !

- Je vous trouve quoi ?! s'étrangla Kyosa en reculant d'un pas. Arrêtez de déformer mes propos, j'ai jamais dit ça ?!

- C'est vrai, cessons les flatteries, le jeune maître serait déçu si nous ne prenions pas l'entraînement au sérieux. Après tout nous devons rester au top pour amuser le peuple de Dressrosa !

Mais il ne l'écoutait pas, le bougre ! L'apprentie gladiatrice eut beaucoup de mal à se retenir de lui sauter à la gorge, certaine qu'il l'interprèterait comme une marque d'affection.

Le général se dirigea vers un râtelier où étaient rangés les armes d'entraînement et le désigna de la main à Kyosa, tout sourire.

- Je vous laisse le choix de votre arme. Vous allez pouvoir montrer l'étendue de vos talents, maintenant.

Elle fronça les sourcils et s'approcha à son tour, vérifiant bien qu'elle restait hors de portée au cas où il soit pris d'un soudain élan d'affection. Et puis un sourire fleurit sur ses lèvres alors qu'elle mettait la main sur ce qu'elle recherchait et le sortait du râtelier, sous le regard perplexe de Diamante.

- Mais enfin ça c'est un arc.

- Et mon arme de prédilection, en général, l'informa la femme en encochant une flèche. Et comme vous m'avez laissé le choix…

- Mais enfin vous ne pouvez vaincre personne avec une telle… !

Il ne put finir sa phrase, surpris lorsqu'une pointe d'acier frôla sa joue avant d'aller s'enfoncer profondément dans une poutre près du toit. Figé, il ne quittait pas Kyosa du regard qui semblait plutôt mécontente d'elle.

- Bah voilà fallait s'y attendre, elles sont trop fragiles. Pour pallier à cette faiblesse, il va falloir en utiliser plusieurs.

- Comment ça plusieurs ?!

Avec un sourire digne du jeune maître, Kyosa banda de nouveau son arc, pas moins de cinq flèches encochées.

- Et maintenant je vous montre comment vaincre quelqu'un avec une telle arme, comme vous aviez l'air de poser la question.

Diamante craignit un quart de seconde pour sa vie et déploya immédiatement son pouvoir, se transformant en étendard souple et capable d'éviter le moindre jet. Sauf qu'au dernier moment, Kyosa se détourna de lui et les flèches se plantèrent dans la tête d'un mannequin d'entraînement à leur droite. Sous la violence de l'impact, le cou de bois se brisa et la tête s'écroula au sol avec fracas, provoquant le silence dans la salle. Tous les regards étaient désormais tournés vers la jeune femme aux cheveux blonds qui redéposa l'arc sur le râtelier, avant de faire craquer ses poings, une lueur dangereuse brillant dans le regard.

- Mais bon le but ce n'est pas de vous tuer tout de suite, alors on va y aller à mains nues. Ça tombe bien, j'ai une très forte envie de me défouler depuis cette nuit, je ne comprends pas pourquoi.

Jamais auparavant les pirates de la Family ne s'étaient sentis aussi féministes dans l'âme, déclarant que non, ce n'était pas bien de s'attaquer à une femme ! Malheureusement rien ne put les sauver du déchaînement de fureur qui s'abattit sur eux, et leur nouvelle médecin eut fort à faire pour sa première matinée de travail.


Sae se laissa tomber sur son fauteuil en soupirant, fatiguée après cet afflux soudain d'estropiés et traumatisés qui ne cessaient de parler d'un « démon blond » alors qu'elle s'occupait d'eux. Au début, elle dut bien avouer qu'elle avait cru que Doflamingo avait fait exprès de blesser ses hommes pour juger de son efficacité, mais à force elle avait fini par comprendre que Kyosa était TRES en colère. Ca ne sentait pas bon pour les pauvres types qui lui servaient de punching-ball à l'entraînement, à parier.

- Je me suis coupé, j'ai besoin d'un pansement !

La doctoresse attrapa un oreiller et étouffa un hurlement en enfouissant sa tête dedans. En voilà un autre qui n'arrêtait pas de faire des allers retours entre une mystérieuse pièce où il ne cessait de se couper et l'infirmerie. Elle finit par rejeter le coussin et fusilla Trebol du regard qui se tenait devant elle, un sourire niais aux lèvres.

- Mais enfin ce n'est pas POSSIBLE ! Vos mains sont couvertes de bandages, il n'y a plus un seul centimètre carré de peau exposé à l'air libre !

- Si, sur le bout de l'index !

La jeune femme saisit le rouleau blanc qui trônait sur le bureau près d'elle, prête à réparer cette foutue erreur sur le champ, même si cela impliquait de devoir reprendre une douche pour se décontaminer après le départ de Trebol.

- J'aimerais quand même savoir comment vous faites pour être aussi maladroit. Vous vous essayez à la cuisine ? Abandonnez tout de suite avant d'empoisonner tout le monde, ce n'est pas fait pour vous !

- Mais non, je range juste les documents du jeune maître, dans son bureau !

L'image de Trebol en femme de ménage lui traversa un instant l'esprit et son cerveau bugga littéralement.

- Sae, tu aurais des serviettes ici ?

Elle revint heureusement à elle en entendant la voix d'Ondine à la fenêtre et se précipita vers son amie, reconnaissante pour son interruption, un stock de serviettes dans les bras.

- Bien sûr que j'en ai, de toutes les couleurs que tu veux ! … Mais pourquoi tu as besoin de ça ?

- Parce que Shiva refuse de sortir de la piscine tant qu'elle n'aura pas de quoi se sécher, et que tout le monde refuse de lui prêter quoi que ce soit !

- D'accord… Et qu'est-ce que fait Shiva dans la piscine ?

Elle remarqua d'ailleurs qu'Ondine aussi était trempée et elle s'empressa de poser une serviette sur ses épaules. Son amie la remercia d'un sourire, puis s'apprêta à lui raconter la scène de ce matin, lorsqu'elle aperçut Trebol dans l'infirmerie, ce même sourire niais aux lèvres.

- Jeee pense que tu ferais mieux de m'accompagner en fait. Il se peut aussi que Dellinger ait besoin de soins urgents. Enfin dès que j'aurais fini de m'occuper de lui, bien sûr.

- Eh, j'étais là avant et je souffre !

Sae leva les yeux au ciel, bien trop polie pour exprimer sa frustration en jurons, et revint vers Trebol avec de quoi le soigner. Une fois le bandage fait, avec un petit nœud au bout pour décorer, elle se recula, satisfaite qu'il ne reste plus un morceau de chair visible sur les mains de l'homme.

- Voilà ! Et maintenant si vous pouviez débarrasser le plancher, j'ai des urgences au bord de la piscine.

- Ça tombe bien, je dois m'y rendre aussi pour retrouver Doffy ! Faisons le voyage ensemble !

La doctoresse n'hésita pas une seconde de plus à sortir par la fenêtre, aidée par Ondine qui darda sur le général de Trèfle un regard menaçant. Comme si elle allait le laisser poser ses sales pattes pleines de morve sur SON amie !