Attention, RATED T/M pour ce chapitre !
Et attention, relation yaoi
BONUS
Niku bailla à s'en décrocher la mâchoire. Il s'agissait de la dernière nuit de l'équipage avant l'arrivée à la prochaine île. Il avait paressé une bonne partie de l'après-midi, en bon chat qu'il était, et il allait maintenant rejoindre la navigatrice qui était déjà couchée. Il avait pris l'habitude de dormir avec elle car elle bougeait peu et la chambre des filles sentait bien meilleur que celle des garçons.
Il avait passé un bon moment avec les Chapeaux de Paille. Les membres de l'équipage avaient été gentils avec lui et l'avaient tous bien traité. Il appréciait par ailleurs tout particulièrement Robin, Nami et Sanji. Ce dernier plus particulièrement parce qu'il lui donnait du thon à chaque fois qu'il entrait dans la cuisine. Les deux autres parce qu'elles étaient plutôt calmes et câlines avec lui, ce qui n'était jamais de refus pour le petit animal.
Alors qu'il étirait paresseusement ses quatre petites pattes noires, Niku entendit un bruit sourd venir de la cale du Sunny. Curieux, il décida d'aller y jeter un coup d'œil. Savait-on jamais, il pourrait y trouver quelque chose d'intéressant. Il ne s'attendait certainement pas à ça. Vraiment pas.
Dans la pénombre de la cale, deux corps étaient entremêlés au milieu de soupirs passionnés. Niku ne les reconnut pas immédiatement, attendant que sa nyctalopie s'adapte à la pénombre ambiante et fasse son travail.
Il repéra dans un premier temps la chevelure blonde du cuisinier de l'équipage. Ce dernier était déjà torse nu et semblait occupé à dévorer avec des baisers fiévreux le cou de ... Zoro ? Niku s'assit, surpris, et observa le manège des deux hommes.
Zoro, torse nu également, grognait de contentement sous les attaques passionnelles du cuisinier. Tout n'était qu'un mélange de baisers, de caresses, de grognements de plaisir et de soupirs échappés. L'odeur du désir emplissait la cale et fit froncer le nez du petit chat qui ne quitta pourtant pas les lieux, souhaitant voir jusqu'où cette passion allait mener les deux hommes.
Cela ne semblait pas être la première fois qu'ils avaient ce genre d'échange puisque les gestes n'étaient ni hésitants, ni gênés. Ils semblaient connaître le corps de l'autre parfaitement, comme s'ils l'avaient parcourut des milliers de fois de toutes les manières possibles.
Zoro repoussa légèrement le cuisiner pour ouvrir la braguette de son pantalon et le faire s'allonger à même le plancher. Sanji ne resta pas en reste et aide le sabreur à faire glisser son pantalon le long de ses longues jambes. Niku pencha la tête sur le côté, continuant d'observer les deux nakamas.
La sabreur reprit ses baisers là où il les avait arrêtés et Sanji murmura quelque chose que Niku n'entendit pas mais qui sembla faire redoubler d'ardeur Zoro. Voyant que les gestes devenaient précipités et que le sabreur se débarrassait à son tour de son pantalon, Niku se montra aux deux hommes.
Il n'avait pas besoin d'en voir plus pour comprendre la nature de leur relation.
Zoro fut le premier à le remarquer et lâcha un juron surpris, la main sur le cœur comme s'il avait eu la peur de sa vie. Sanji se redressa légèrement, le regard flou de désir, et demanda d'une voix essoufflé :
— Quoi, qu'est-ce qu'il y a ?
— Le chat. Il m'a fait peur.
Sanji laissa échapper un petit rire moqueur et voulut reprendre où ils en étaient, pas perturbé pour deux sous par la présence de Niku. Zoro tenta de suivre, mais il restait perturbé par les deux yeux verts intelligents qui le fixaient intensément.
— Je peux pas cuistot, il me déconcentre.
— Putain tête d'algue tu vas pas me faire ce coup là, ça fait une bonne semaine déjà...
Zoro se redressa et se gratta l'arrière du crâne distraitement. Il agita ses mains devant Niku dans une tentative désespérée de le faire fuir, mais le chat ne bougea pas d'un pouce. Sanji pesta à son tour et entreprit de remettre son pantalon. Il connaissait assez son amant pour savoir qu'il ne se passerait plus rien entre eux ce soir, et il allait avoir besoin d'une bonne douche froide pour se remettre les idées en place.
Zoro jura à nouveau et entreprit de se rhabiller à son tour. Il évitait le regard du cuisinier, sachant pertinemment qu'ils se trouvaient tous les deux dans le même état de frustration avancée. Il n'était pas simple pour eux de trouver un moment pour... ça. Quoi que ce "ça" fut. Une relation amoureuse ? Sexuelle ? Les deux ? Ils n'en savaient rien ni l'un, ni l'autre. Mais cela durait déjà depuis un petit moment.
Souhaitant détendre l'atmosphère chargée de leur déception mutuelle, Sanji dit :
— J'ai trouvé une recette. A te faire goûter.
Zoro releva un regard intéressé, attendant qu'il poursuive.
— C'est avec du rhum, tu devrais aimer. C'est une recette aphrodisiaque en fait.
Le concerné sourit d'un air goguenard et dit :
— Comme si j'avais besoin de ça pour te faire du bien cuistot.
Sanji rougit légèrement mais ne détourna pas les yeux. Zoro se jeta immédiatement sur lui pour l'embrasser, ayant finalement oublié la présence de Niku. Satisfait, le cuisinier reprit également leur précédente occupation avec enthousiasme.
Le chat fronça alors les sourcils, gêné d'être à ce point ignoré par les deux hommes, puis finalement se détourna pour aller se coucher dans le lit de la navigatrice. La dernière chose qu'il vit fut les deux hommes déjà nus qui s'embrassaient à en perdre haleine. Après tout, il avait suffisamment de matière maintenant. Il allait pouvoir révéler son secret.
Heureusement pour lui, personne ne se méfiait jamais du chat.
Oui, heureusement.
