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Chapitre 2

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- Messieurs, un instant, je vous prie.

Lupin observa la boule de poils qu'il tenait dans ses mains puis le vieux renard qui n'avait pas bougé.

- Nous devrions les prendre tous les deux.

- Quoi ? Mais pourquoi ? Nous voulions retrouver Harry, c'est chose faite. Pourquoi nous encombré d'un renard sauvage ? Scanda Snape.

- Parce que c'est le seul membre de sa famille qu'il lui reste ! Et parce qu'ils me déchirent le cœur avec leurs pleurs, souffla Lupin.

- Très bien, Rémus. Vous avez raison. Nous ne savons pas quand Harry réussira à reprendre forme humaine et d'après ce que je vois, lui, n'a pas l'air de nous comprendre. Il sera bon pour lui d'avoir son compère avec lui. Severus, prenez l'autre renard, je vous prie.

- Sûrement pas. Et puis le prendre ne fera que renfermer le gamin dans sa forme d'animagus et le conforter dans son apparence !

- Severus, s'il te plaît, supplia Lupin.

Sous les regards appuyés des deux sorciers, Snape finît par céder et stupeffixier l'autre renard avant de le faire léviter jusqu'à lui.

- Étais-tu obligé d'agir de cette manière ? S'exaspéra Lupin.

- J'ai pris le renard, alors cesse de râler, répliqua le professeur de potions. On se retrouve à Poudlard, ajouta-t-il avant de transplaner, emportant l'animal avec lui.

- Quel rustre !

Dumbledore, silencieux, disparut à son tour, un sourire au coin des lèvres. Lupin leva les yeux au ciel et suivit ses deux acolytes.

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Après s'être retrouvé dans le bureau du directeur, une nouvelle fois, ils discutèrent de la prise en charge de Harry. Il fut décidé que Rémus, qui avait toujours la boule de poils couinant dans les mains, en aurait officieusement la tutelle mais qu'ils résideraient tous les deux au château afin que Dumbledore garde un œil sur lui. Officiellement, la garde de Harry serait confiée plus tard dans l'été à Kingsley Shaklebot, un Auror en qui ils avaient confiance et qui avait, autrefois, fait partie de l'Ordre du Phoenix. Les statuts de loup-garou et ancien Mangemort étant une barrière à ce genre de procédure pour Lupin et Snape.

- Il sera plus en sécurité ici et, qui sait, peut être pourra-t-il suivre quelques cours plus rapidement que prévu ! Je vous ai préparé un appartement au pied de la tour Ouest, avec un accès direct vers l'extérieur. Les Serdaigles ne vous poseront pas de problèmes, je pense. Et s'ils sont trop curieux, soyez inventif !

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Une fois les dernières mises au point effectuées, Snape regagna ses cachots et le directeur conduisit Rémus, Harry et le renard dans leur nouveau lieu de vie. L'appartement n'était pas très grand mais suffisant pour deux personnes et avait, comme promis, un accès direct vers l'extérieur. D'un coup de baguette, Dumbledore avait ajouté une chatière agrandie à chaque porte, pour permettre aux deux renards de circuler partout.

- Voilà, Rémus. Je te souhaite bonne chance avec notre jeune ami, et n'hésite pas à requérir mon aide ou celle de Poppy, elle doit déjà être dans son infirmerie pour préparer la rentrée. Sur ce, bonne nuit.

Après un salut de Lupin, le directeur quitta les lieux, laissant le loup-garou seul avec les deux compères dont il allait devoir s'occuper.

Pour commencer, il posa Harry au sol. Celui-ci détala alors vers son père adoptif réanimé par le directeur à son départ.

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- Papa ! Papa, tu vas bien ? Qu'ont-ils fait ? Où on est ?

- Tous vas bien, mon fils, répondit le vieux renard en léchouillant le pelage de son petit.

Sans se préoccuper de n'avoir pas eu de réponses, Harry ronronna sous la caresse et s'affala de tout son long aux pattes de son père, présentant son ventre. Il croyait son père sur parole et lui faisait plus que confiance, si lui était aussi détendu, c'est qu'il pouvait l'être aussi.

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Lupin eu un petit sourire et les regarda faire un instant, silencieux. Puis, toujours sans un bruit, s'approcha et s'agenouilla devant eux.

- Harry, mon petit, murmura doucement l'homme à leur intention. Tu es à Poudlard, c'est une école pour les sorciers. Je ne suis pas certain que tu me comprennes, mais je suis Moony, un ami de tes parents, on s'est déjà rencontré lorsque tu étais bébé.

Si le vieux renard cessa ses attentions envers Harry, le jeune renardeau, lui, ne prêta pas un regard au sorcier. Fox se redressa et, enjambant son fils, vint renifler le loup-garou.

- Oui, je dois te paraître curieux avec mon odeur de loup... loup… Merlin ! Comment ai-je pu oublier ?

Sans se préoccuper de l'heure tardive ou de laisser seul ses deux nouveaux compagnons, Lupin prit, non pas la poudre d'escampette, mais celle de cheminette, et rejoignit le bureau directorial le plus vite possible.

Il avait à peine franchi le seuil qu'il assaillit le pauvre vieil homme qui ne comprenait pas ce qui se passait.

- Albus c'est terrible ! J'ai oublié ! Comment ai-je pu oublier ?

- Allons, allons, mon ami calmez-vous. Que vous arrive-t-il ? Asseyez-vous et racontez-moi. Voulez vous du thé ou un bonbon au citron peut être ?

Rémus rejeta les propositions d'un geste de la main et, tremblant, s'assit sur un fauteuil faisant face au bureau de Dumbledore. Il reprit sa respiration et annonça son problème.

- Professeur Dumbledore, dans deux jours c'est la pleine lune !

- Je n'avais pas oublié, mon ami. Soyez sans crainte, Harry ne risque rien puisque vous aurez prit votre potion tue-loup et lui est un animagus, tout comme l'étaient vos amis, si je ne m'abuse.

Lupin rougit au rappel de ce détail, il lui avait avoué ce secret lors d'une battue particulièrement longue.

- Mais il est trop jeune, et je ne veux pas qu'il assiste à une transformation ! James, Sirius et Peter étaient conscients des risques, eux, et déjà plus âgés.

- J'ai toute confiance en vous, mon ami. Vous ne ferez aucun mal à Harry. Et puisque vous désirez sa garde, il faudra bien qu'il se fasse à vos transformations.

Lupin soupira et passa une main sur son visage.

- Maintenant, mon ami, il se fait tard et la journée a été longue. Sans oublier que vous avez laissé nos deux nouveaux compères seuls dans vos appartements. J'espère qu'ils sont restés sages et qu'ils ne se sont pas enfuis ! Je n'aimerais pas avoir effectué toutes ces recherches inutilement, le réprimanda doucement le directeur.

- Oh, oui ! Bien sur, vous avez raison ! Excusez-moi professeur. Je m'en vais de ce pas. Toutes mes excuses. Bonne nuit !

Lupin pénétra dans la cheminée, et prononça sa destination.

Il n'avait pas pensé une seule seconde au fait que Harry et son renard aient pu fuir pendant son absence et il se fustigea de ce manque de réflexion.

Quand il fut de nouveau dans ses quartiers, il trouva immédiatement les deux renards là où il les avait laissés, roulés en boules, serrés l'un contre l'autre, endormis. Il se permit de souffler bruyamment et avant de faire quoi que ce soit, lança une alarme sur l'appartement afin d'être au courant si quelqu'un sortait ou pénétrait dans ce lieu. Puis, il se tourna vers ses deux colocataires. Il n'allait pas être aisé de les coucher ou de les nourrir. Ils étaient tous deux, complètement sauvages, même si le vieux renard avait de bons instincts et que Harry était, à l'origine, un sorcier.

Rémus s'inquiétait un peu pour l'avenir. Mais pour ce soir, rien de plus ne pourrait être fait et il était, lui aussi, épuisé. Et comme aucun des renards ne faisait mine de bouger, il se contenta de laisser à leur intention une assiette de cuisses de poulet qu'il avait conjuré puis alla se coucher.

Au son de la porte qui grinça en se refermant, Harry entre-ouvra un œil, bailla et fourra son museau dans la fourrure de son père.

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Le lendemain matin, ce fut le bruit d'un bris de verre qui réveilla le loup-garou. Bruit qui se suivit d'un autre, mat, et d'un son de cavalcade. Rapidement debout, il enfila juste une robe de nuit un peu défraîchie, attrapa sa baguette, et se précipita dans son nouveau salon.

Harry était roulé en boule dans un coin de la pièce tandis que son père adoptif léchait sa fourrure noire consciencieusement. Il trouva aussi, près de la table, un saladier en verre éclaté au sol, ainsi que des fruits éparpillés partout autour. Il ne fallut pas une seconde à Rémus, malgré le réveil brutal et matinal, pour comprendre ce qu'il s'était passé. En un coup de baguette, tous les tessons disparurent.

Puis Rémus aperçut la petite flaque de sang au sol. Harry était blessé. Il s'était entaillé le flan, pourtant il n'avait entendu aucune plainte. S'approchant doucement, il se saisit du renardeau sous l'œil attentif du plus âgé. Harry était toujours terré dans le coin, en silence, et son sang colorait de plus en plus le parquet.

- Courageux, comme son père, murmura-t-il pour lui avec un sourire tendre et nostalgique.

Encore une fois, la magie fit son effet. En deux coups de baguettes, l'hémorragie était arrêtée et la plaie désinfectée. Il conjura alors une bande et l'appliqua sur le petit corps tremblant. Tous ses gestes étaient précis et calmes, experts. Les blessures, il connaissait. Il lui arrivait souvent de s'en faire lors des nuits de pleine lune agitées.

Pour calmer Harry, il caressa doucement son doux poil ébène, tout en fredonnant une chansonnette que James avait l'habitude de lui chanter pour qu'il se calme, bébé. Et cela fonctionna plutôt bien. Avait-il reconnu, ou était-ce seulement la voix basse et posée ainsi que le rythme lent qui faisait effet ? Peu importait. Harry restait dans ses bras et Rémus était heureux.

Quand les derniers mots arrivèrent, ils restèrent un instant dans le silence. Jusqu'à ce que le ventre de Harry se mette à gargouiller.

- C'est donc pour ça que tu essayais d'attraper un fruit, petit garnement.

Affectueusement, Rémus décoiffa la tête du renardeau et le reposa par terre. Harry s'ébroua puis le regarda fixement.

- Oui, oui. J'ai compris. Tu as faim. J'arrive !

Mêlant les gestes à la parole, il se leva à son tour et ramassa un fruit. D'un coup de baguette les autre rejoignirent la nouvelle corbeille, en bois cette fois, et éplucha la banane choisie.

- Est-ce que ça mange des bananes les renards ? Se demanda Lupin à voix haute tout en tendant le fruit à Harry et en observant sa réaction.

Mais pour seule réponse Harry pencha sa tête sur le côté, ce qui laissa Rémus perplexe.

Ce fut le vieux renard qui lui donna la réponse en attrapant la banane avec sa gueule et en l'apportant un peu à l'écart. Il la mangea alors par petits à coups et s'assit. Pendant ce temps, Harry s'était posté assit devant lui et semblai attendre quelque chose.

Rémus les observa sans comprendre jusqu'à ce que le renard se redresse, ouvre la gueule et se place au dessus de Harry qui l'avait lui aussi ouverte. L'opération de régurgitation commença.

Il eut alors un petit haut-le-cœur et détourna les yeux.

- Ok, je note. Encore une chose à ajouter à la liste des réapprentissages de la vie de petit garçon.

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Dans l'après midi, Severus leur rendit visite. Il toqua à la porte de l'appartement, mais comme seule réponse, il ne reçut que des grattements contre le bois de l'autre côté. Ouvrant le battant, il se retrouva face à un museau noir et deux orbes vertes étincelantes. Il resta un instant perturbé par leur intensité avant de se détacher de ce regard inquisiteur et curieux, plein d'intelligence. Un regard qui lui rappelait de trop mauvais souvenirs.

En relevant le nez, il tomba sur son ancien camarade endormi dans un fauteuil, un livre sur les genoux. Il s'approcha et lut le titre. C'était un ouvrage sur les renards et leur mode de vie.

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- Harry, viens ici, fils. Il faut que je te parle.

Le petit renardeau s'approcha de son père en trottant, s'assit à ses côtés, et attendit, attentif.

- Harry te souviens tu de ton arrivée dans notre famille ?

- Je crois, c'est plus très clair mais, parfois la nuit j'ai des images bizarres dans la tête.

Le vieux renard acquiesça.

- Oui, mon fils. Car avant d'être l'un des notre, tu étais un humain, l'un des leurs, ajouta-t-il en désignant Lupin, assis sur son fauteuil en train de lire. Le lendemain de ton arrivée au terrier, tu nous as raconté ton enfance. Elle n'était pas heureuse d'après ton récit et Lun et moi avons décidé de te garder. Nous t'avons élevé comme un de nos fils et aujourd'hui tu es le dernier qu'il me reste.

- C'est pour ça que je grandis pas ?

Le père, attendri, donna un coup de langue sur la frimousse de son fils.

- Bien sur que tu grandis, seulement, comme tu es humain, tu grandis aussi lentement qu'eux. Soit patient, mon fils.

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C'est à 17h00, que Rémus conduisit le petit et son père à l'infirmerie. Il fallait vérifier l'état de santé complet de Harry, le petit incident du matin lui avait rappelé que le renardeau n'avait certainement jamais vu un docteur de sa vie sauvage et il espérait que rien de grave ne lui était arrivé lors de ses années dans la forêt. L'infirmière leur avait dit de monter la voir après le thé. Pour se rendre à leur rendez-vous, il prit le petit dans ses bras et intima à son père de les suivre s'il le voulait, sans vraiment se soucier de savoir s'il comprenait ou non.

Ils avaient à peine fait un pas dans la pièce blanche et aseptisée que les trois compères éternuèrent. Les nombreuses émanations de produits d'entretien et de potions en suspension dans l'aire leur piquaient le nez, ou museau.

- Ah vous êtes là, c'est bien. Excusez moi de ne pas avoir pu vous prendre plus tôt, Severus m'a livré en potions ce matin et je devais tout ordonner dans ma réserve.

- Tout va bien Madame Pomfresh …

- Rémus, l'interrompit la vieille femme, vous n'êtes plus élève ici depuis plusieurs années, appelez moi Poppy.

- Très bien, voilà Harry.

- Mettez le sur le lit, ici, indiqua-t-elle en se déplaçant dans la salle, sans s'émouvoir de cette bouille particulièrement mignonne.

Rémus suivit l'instruction tout en maintenant la boule de poils de ses mains. L'infirmière prit une longue inspiration et s'approcha.

- Bon. Je ne suis pas familière de l'état de santé d'un renard. Je vais faire ce que je peux, mais peut être auriez vous plus de chance avec le professeur de soins aux créatures magiques, Brûlopot, mais il est absent pendant l'été. Ou bien avec Hagrid, peut-être, je crois qu'il est présent au château, mais je ne suis pas sûre.

- Le professeur Brûlopot, oui, vous avez sans doute raison, dommage, effectivement, qu'il ne soit pas présent. Hagrid peut être une bonne alternative. Mais tout de même, pouvez vous au moins vérifier son état général par un sort ?

- Oui, bien sûr.

Elle agita sa baguette au dessus du petit corps un peu tremblant et psalmodia plusieurs incantations.

- Je suis désolée, Rémus. Il a l'air d'aller bien, le sort ne me renvoie aucune anomalie, il n'a aucune carence et n'a pas de maladies sorcières, maintenant de là à dire qu'il se porte bien … Je n'y connais rien en morphologie canine, je ne sais pas si sa taille est normale. Je suis un peu embêtée, mon sort est sûr pour un sorcier et Harry en est un, mais pour ce qui est de sa forme animagus, je ne peux rien faire de plus.

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Harry, lui, n'avait rien compris de ce qu'il se passait, mais il n'aimait pas du tout cette pièce qui lui chatouillait désagréablement le museau et qui abîmait son flair. Il commença à se tortiller franchement. Il ne voulait pas faire de mal au grand homme qui le tenait, il avait été plutôt gentil avec lui, mais si cette bonne femme sèche ne finissait pas ses manœuvres rapidement, il ferait n'importe quoi pour partir par ses propres moyens.

Ses pensée durent être entendues car Rémus le reprit dans ses bras et s'en alla. Son humain descendit les escaliers par lesquels ils étaient venus à l'aller, mais au lieu de prendre à droite et de s'enfoncer dans les couloirs du château pour rejoindre la tour dans laquelle ils logeaient, ils prirent à gauche, vers la grande porte.

Une fois celle-ci traversée, Harry fut éblouit par la luminosité qui régnait à l'extérieur. Après s'être habitué au ciel blanc d'Écosse, il dressa ses oreilles sur sa tête et observa son environnement. Il y avait un grand parc sous ses yeux, en contre-bas. Au loin, une forêt bordait l'horizon. Des insectes en tous genre virevoltaient à droite, à gauche et il n'avait qu'une envie : courir après ! Il le fit comprendre à son porteur en gesticulant.

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- Oui, je me doute que tu veuilles que je te libère, sale bête ! Murmura Rémus à l'oreille du renardeau avec affection. Mais je ne te lâcherai pas, pas tout de suite. Nous allons d'abord voir Hagrid, je te promets que je te laisserai gambader dans l'herbe après.

Harry eu une sorte d'aboiement joyeux et son père, qui se tenait aux côtés du sorcier, répondit par un grognement réconfortant.

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Ils arrivèrent assez vite devant une grande cabane en bois à laquelle le loup-garou demanda l'entrée en toquant sur l'immense panneau du même matériau qui faisait office de porte. C'est alors qu'un tremblement ébranla la terre et tonna dans la baraque. Harry couina de peur et se réfugia dans les manches de son humain, le corps tout tremblant. Le panneau s'ouvrit et révéla une gigantesque silhouette.

Le demi-géant était habillé d'une très large chemise en laine à carreaux orange et marron, d'un pantalon en vieux velours rentré dans d'énormes bottes en cuir de dragon, et sa tignasse brune frisée et ébouriffée lui tenait lieu de couvre chef.

- Bonjour Hagrid, comment vous portez-vous ? Demanda Rémus en souriant chaleureusement au garde chasse.

Par la barbe de Merlin ! Rémus Lupin ! Que fais-tu ici, p'tit ?

Hagrid écarta grand les bras avant de l'entraîner dans une étreinte serrée qui fit grimacer le loup-garou et couiner le renardeau qui se trouvait toujours dans les bras de celui-ci. Le demi-géant n'avait jamais contrôlé sa force et avait toujours été expansif dans les démonstration de ses sentiments. Et Merlin savait combien il pouvait être sensible.

- Je ne suis plus élève, Hagrid, et je ne suis plus si petit, pouffa Rémus, une fois lâché.

- C'est bien vrai, rétorqua le demi-géant, mais tu l'seras toujours plus que moi !

- Assurément, admit le blond.

- Mais ent' donc ! Qu'est ce qui t'amène ici, dis-moi ? Non pas que je ne sois pas heureux de te voir, mais, fichtre ! Ça f'sait longtemps qu'on t'avais plus vu !

Et tout en entrant, Rémus lui exposa la situation :

- En vérité, je viens te demander de l'aide. Ça doit rester secret mais … Nous avons retrouvé Harry, Hagrid.

- Harry ? Répéta le garde chasse, des larmes lui venant au coin des yeux.

Ils prirent place autour de la table de la seule pièce de la cabane et l'hôte servit son invité en thé.

- Oui et, comme nous le pensions, il a conservé sa forme animagus tout ce temps.

Le plus jeune sortit le petit renardeau de ses manches et le présenta, en le portant sous les aisselles, à son vis-à-vis.

- Oh qu'il est mignon ! Mais il est tout p'tit ! Y d'vrait pas avoir onze ans ?

- Il a bien onze ans, mais la forme animagus garde toutes les caractéristiques d'un sorcier, Hagrid. Ils vieillissent au même rythme. Je pensais que tu le savais ?

- Bien sur que j'le sais ! Juste, j'te dis qu'il est tout p'tit !

- Comment ça ? S'inquiéta Rémus.

Le demi-géant attrapa le renardeau par la peau du cou et le sous-pesa. Rémus grimaça un peu face à la brusquerie naturelle de son ami. Harry, lui, était complètement terrifié et tremblait comme une feuille, restant dans un silence crispé.

Hagrid manipula l'animagus, l'observa et l'étudia sous toutes les coutures. Il releva ses babine et contrôla ses crocs. Il tâta ses côtes, ses pattes. Jeta un œil dans le fond de sa gorge, puis dans ses oreilles. Il apposa le dos de sa main sur sa truffe afin d'en estimer la fraîcheur et, enfin, il finit par regarder ses griffes.

Durant tout le temps que dura la manipulation, Fox et Rémus n'avaient pas lâché des yeux la petite boule de poil, ni décrispé.

- Bon, finit par annoncé le garde chasse. À part son gabarit un peu plus petit que la normale, il est en bonne santé. J'suis pas spécialiste des renards, tu m'connais, je préfère les bêtes plus grosses…

Rémus voyait très bien à quoi faisait allusion son ami. Hagrid avait toujours eu un faible pour les créatures jugées monstrueuses par le commun des sorciers.

- Mais ça m'a l'air tout bon !

- Tu ne peux pas savoir à quel point j'en suis soulagé, répondit le loup-garou en soupirant.

Il tendit les mains pour reprendre Harry dans ses bras, afin de le rassurer un peu, mais Hagrid avait commencé à le caresser et à agiter son doigt devant le museau du renardeau.

- Bien, fit Rémus pour signifier poliment la fin de leur entretien. Il se fait tard et j'avais promis à Harry qu'il pourrait gambader un peu dehors avant de rentrer …

- Oh ! J'peux vous accompagner, répondit son hôte en se levant.

- Hum …

Le sorcier blond aimait beaucoup Hagrid, mais il était un peu envahissant, et Harry avait vraiment besoin de récupérer de cette visite un peu traumatisante pour lui.

- Ce n'est pas la peine, Hagrid. Je suis sûr que tu as mille choses à faire, des bêtes à sauver ou que sais-je encore ! Nous n'allons pas rester dehors longtemps, tu sais. Mais nous reviendrons te voir un autre jour, si tu veux ?

- Ce s'ra avec plaisir, p'tit ! T'es l'bienvenu, quand tu veux !

Rémus reprit le renardeau dans ses bras et s'empressa de lui offrir de douces caresses pour le détendre et le rassurer.

L'ancien élève et le garde chasse se dirent au revoir et les trois compères regagnèrent le château.

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Ils eurent à peine pénétré dans leur apparemment que le sorcier posa Harry au sol et que celui-ci courut se réfugier dans les pattes de son père. Le vieux renard le réconforta longuement, émettant un grognement réconfortant et appliquant de nombreuses léchouilles. Puis il finit par conduire son fils à l'extérieur en passant par la chatière aménagée.

Rémus ne les revit plus jusqu'au dîner, au cours duquel le renardeau avait récupéré tout son panache.

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Deux jours plus tard, la situation n'avait pas changé. Les deux renards se comportaient comme deux parfais renards sauvages et Lupin n'osait pas encore vraiment s'immiscer dans leur vie. Il avait toujours trop réfléchi, c'était James ou Sirius qui agissaient, lui était le penseur. Là, il avait du mal à prendre une décision quant à l'approche à adopter vis à vis de ses deux compères.

Lupin avait rejoint Dumbledore dans son bureau afin de mettre au point la sécurité du village de Pré-au-lard et la prise en charge de ses deux petits compagnons à poils pendant sa transformation. Au passage, le directeur s'enquît du bon déroulé de la journée de son ami et prît des nouvelles de son nouveau protégé.

- J'ai plus l'impression d'avoir adopté deux chiens de compagnie que d'avoir recueilli un petit garçon et son père adoptif, souffla Rémus. Enfin, ils sont tout de même attachants … Mais Harry est si petit ! Je ne sais pas à quoi ressemble un renard à cet âge là, mais un petit garçon de 11 ans mange et dort seul ! Je crains pour sa transformation, professeur.

- Il ne faut pas appréhender ce moment, Rémus. Il pourrait le sentir et ça ne l'encouragerait pas. Il faut avoir confiance en lui. Je n'ai jamais vu de cas semblable. Il est déjà arrivé, dans de très rares cas, qu'un enfant adopte sa forme animagus par accident, mais jamais elle n'avait tenue sept longues années. Cela demande une réserve de magie considérable. Enfin... Les enfants sont les meilleurs pour ce qui est de l'adaptation et de l'apprentissage rapide de nouvelles choses. Je suis confiant, Harry s'en sortira très bien. Et vous avez Poudlard à disposition, prenez le temps qu'il vous faudra. Je crains que de toute façon, Harry ne puisse joindre les cours en même temps que ces camarades.

Lupin se répéta ces arguments, afin de lui aussi prendre un peu confiance. C'est ce qui lui avait toujours le plus manqué, la confiance, mais les mots du directeur étaient à la fois effrayants et rassurants. Et la dernière phrase de son mentor posait encore plus de questions, mais il n'était pas encore temps d'y penser.

Puis la raison de sa venue dans le bureau du directeur lui revint et son angoisse augmenta encore.

- Êtes-vous vraiment certain pour ce soir ? Dois-je vraiment les prendre avec moi, dans la cabane hurlante ?

- Oui, c'est mieux ainsi, répliqua le vieil homme avec une franche étincelle dans les yeux.

Lupin observa le regard de son vis à vis et se demanda ce qu'avait bien pu mijoter ce génie manipulateur comme dernier coup pour lui en dire si peu.

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