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Bonne lecture !

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Chapitre 3

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Le soir arriva plus vite que voulu, au grand damne de Rémus qui redoutait toujours autant cette prochaine nuit. Dumbledore l'aida à transporter les deux renards jusqu'au passage du saule cogneur, puis laissa Lupin les diriger dans la chambre de la cabane « hantée », là où il s'était, autrefois, réfugié pour ses transformations, quand il était encore élève à Poudlard.

- Une autre vie, pensa le loup-garou à voix haute.

Comme ils l'avaient fait dans leurs appartements, les deux renards firent curieusement le tour de la pièce de la vieille demeure, reniflant tout sur leur passage. La poussière avait recouvert tous les meubles, du fauteuil en cuir, à la commode en bois, en passant par le lit à baldaquin. Tous étaient usés, griffés, il y avait même un reste de chaise dans un coin de la pièce.

Lupin avait fait attention à bien fermer la porte du séjour, au cas où, et celle de la chambre, afin que ses deux compères ne se fassent pas la malle avant la fin de sa transformation, mais jusque là, il n'avait pas eu à se plaindre. Puisqu'il leur fournissait un repas chaque fois qu'ils le réclamaient, les deux renards étaient assez dociles.

Il déposa sa cape sur un vieux fauteuil plein de poussières et hésita quant à la marche à suivre à partir de maintenant. Un peu gêné, il retira sa chemise, la déboutonnant lentement en gardant ses deux compères dans son champ de vision tout en leur tournant le dos. Puis il fit de même avec son pantalon. À ce stade, il souffla un grand coup. Pourquoi était-il nerveux ? Après tout, les renards étaient nus eux aussi. Se mettant une gifle mentale, il se déshabilla complètement et attendit.

Alors qu'il câlinait les deux boules de poils qui l'avaient plus ou moins adopter après ces deux jours de vie commune, un rayon de lune passa le carreau de la fenêtre et Rémus se cabra douloureusement en poussant un cri sourd. Aussitôt, les deux renards prirent peur et s'écartèrent pour se réfugier derrière un meuble. Le loup-garou, en pleine transformation, se retrouva à quatre pattes et râla péniblement.

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La métamorphose fut longue et très pénible pour Lupin et très effrayante pour ses deux colocataires. Quand elle fut finie, le loup resta plusieurs secondes tête basse à reprendre son souffle. Harry, à qui la douleur de son hôte faisait mal au cœur, s'approcha doucement, le museau près du sol. Il couina faiblement pour attirer l'attention du plus âgé et sortit un petit bout de langue afin de le réconforter, appliquant quelques léchouilles sur la patte à sa portée.

Rémus, quelque peu assommé par sa récente transformation, fut surpris par ce geste. Même ses amis, pendant leur adolescence, ne s'étaient pas confronté à lui de si près les première fois et jamais aussi rapidement. Il faut dire que le processus était véritablement impressionnant.

- Ça va monsieur le loup ?

Rémus sursauta. Cette fois la voix était claire, ce n'était plus les grognements et jappements dont il distinguait le sens, mais de véritables mots et la petite voix était aussi adorable que la bouille de son propriétaire.

- Ça va, Harry. Je te remercie.

Sur cette réponse, le petit renardeau releva le museau et ses oreilles et pencha un peu la tête sur le côté, dans une expression de grande perplexité.

- Je vous comprends. Avant je ne comprenais rien et maintenant, je vous comprends. En même temps, avant vous étiez bizarre et maintenant vous êtes un loup.

Rémus rit au commentaire. C'était étrange dans la gueule du canidé, mais il eu l'impression de ne pas avoir autant ri depuis bien longtemps.

- Excuse-moi, Harry. Il est vrai que je dois te sembler étrange. Je ne suis pas tout à fait un loup, vois-tu ?

Le petit renard pencha sa tête dans l'autre sens.

- Bah, si vous êtes un loup ! Je sais reconnaître un loup quand même !

Rémus lui sourit avec tendresse.

- Tu as raison. Actuellement, je suis un loup. Mais ce que j'ai voulu dire c'est que je ne le suis pas tout le temps. Comme tu l'as justement remarqué, avant j'étais un homme. Je suis ce que l'on appel un loup-garou, Harry. Je me transforme en loup les nuits de pleine lune et le reste du temps je suis un humain.

- Les humains, c'est les grandes bêtes toutes colorées sur deux jambes c'est ça ?

Rémus rit encore à la description mais acquiesça.

- Oui, Harry. Toi aussi avant tu étais un humain. Est-ce que tu t'en souviens ?

Sur ces paroles, le deuxième renard s'approcha à son tour. Il lui raconta alors comment Harry était arrivé chez eux, comment ils l'avaient recueilli. Et il finit par la discussion qu'ils avaient eu il y a deux jours.

Rémus acquiesça à l'histoire et raconta à son tour l'enfance de Harry. Depuis sa naissance, sa vie heureuse avec ses parents au manoir, quand lui-même le gardait quelques après-midi. Ses propres yeux brillaient à ces souvenirs, c'était une époque tellement trouble et pourtant c'étaient d'excellents souvenirs. Puis vinrent ceux moins joyeux : l'incident de Halloween 1981, l'attaque de Voldemort et de ses disciples, la destruction de la maison, le meurtre de son père et le sacrifice de sa mère et enfin le miracle de sa survie.

Fox était sidéré par les événements qu'avait traversé Harry et sincèrement attristé qu'il ait dû passer par tout ça pour le trouver lui. Le renardeau, lui, buvait les paroles de Rémus comme un enfant écoute une histoire, le soir. Souriant au début, grimaçant au milieu, effrayé à la fin.

Finalement, le loup en vint à la famille Dursley dont Pétunia qui était sa tante, dernier membre vivant de sa famille. Il leur conta les souvenirs qu'ils avaient prélevé sur les moldus : l'incident du matin fatidique, puis sa transformation accidentelle en renard et sa fuite.

Harry ne se souvenait que très vaguement de son oncle ou de sa tante. Il n'avait que quelques impressions mauvaises qui ressortaient de ses cauchemars, quelques réflexes de sa vie d'avant, mais il ne saurait bien les expliquer.

- Tu ne peux pas savoir comme j'étais fou de rage ce jour là, quand nous avons découvert ton oncle te traitant de la sorte et faisant allusion à un autre événement semblable. Je suis si désolé que tu aies dû subir tout ça, alors que c'était simplement ta magie accidentelle qui se manifestait. Mon loup en a hurlé de douleur. J'aurais tellement voulu te prendre avec moi, t'adopter, mais ce n'est pas possible, vois-tu. Dans le monde sorcier, les loup-garou ne peuvent adopter.

- Le monde sorcier ? Demanda Harry qui essayait de comprendre. Et que veut dire « adopter » ?

- Le monde sorcier c'est le monde où je vis. Chez les humains, il y a deux mondes. Celui des moldus, les humains sans pouvoirs magiques comme l'étaient ton oncle et ta tante, et les sorciers comme toi et moi. Et « adopter » veut dire, prendre soin de toi comme un parent quand ceux-ci ne peuvent plus le faire.

Harry fronça les sourcils, tentant d'imaginer ce dont le loup lui parlait.

- Mais je peux pas être « adopter », puisque j'ai mon papa.

Ne voulant pas s'engager dans des explications longues et compliquées pour quelqu'un comme Harry qui ne connaissait rien du fonctionnement de la société et pour qui les concepts de biologie n'étaient pas familier, Rémus poursuivit son récit.

- Quand nous avons découvert que tu avais disparu, quand tu as franchi le périmètre qui était gardé par la magie, le directeur, Albus Dumbledore, l'homme que tu as vu lorsque nous sommes venus te chercher dans la forêt, celui avec une longue barbe blanche et des robes très colorées, Albus a lancé beaucoup de monde à ta recherche. Au début, nous étions très nombreux. Nous avons organisé plusieurs battues dans les environs de Little Whinging, là où tu vivais.

Il fit une pause, soupira et reprit :

- Mais au bout de quelques semaines, les gens perdaient espoir de te retrouver un jour et abandonnaient. Après 3 ans, nous n'étions plus que dix à te rechercher désespérément et chaque année, une personne de plus abandonnait. Albus, Severus, l'homme en noir qui était là aussi quand nous t'avons trouvé et qui te rend visite quelques fois, nous trois étions les seuls à pouvoir venir ce jour là. Kingsley Shaklebolt et Alastor Maugrey, les derniers à avoir encore l'espoir de te trouver, ne pouvaient pas venir à cause de leur travail.

Il regarda Harry dans les yeux, un air triste sur le visage.

- Chaque année, nous envoyions plusieurs créatures magiques à ta recherche, ou nous partions nous même, dans les différents bois et champs alentours, sur des périmètres toujours plus larges et plus vastes. Je ne sais pourquoi nous ne t'avons pas trouvé plus tôt.

Il souffla douloureusement.

- Je le déplore, si tu savait comme …

- Notre premier terrier était à plusieurs heures de marche de la maison de mon fils, informa Fox, voulant soulager l'humain visiblement à bout. Et nous en changions souvent, parfois plusieurs fois par an. Nous bougions tout le temps, nous trouver aurait été un pur hasard.

Rémus hocha la tête, compréhensif.

Harry essayait de comprendre et de retenir tous les noms et mots que l'homme employait, mais c'était difficile. Il avait déjà remis un visage sur les noms de Albus et Severus, mais il avait déjà oublié les noms bizarres des deux autres.

- Notre dernier espoir, qui a marché puisque nous t'avons trouvé, était de suivre la chouette qui délivre les lettres d'admission à l'école de Poudlard. Celles-ci sont magiques et trouvent toujours le sorcier à qui elles sont destinées C'est ce que nous avons fait.

- Qu'est ce qu'une école, monsieur ?

- Oh, tu peux m'appeler Moony, si tu veux.

Rémus lui sourit un peu piteusement mais il essaya de reprendre contenance pour continuer.

- C'est comme ça que tu m'appelais quand tu étais petit. Une école c'est un lieu où les enfants apprennent plein de choses. Poudlard, le château où nous avons vécu ces derniers jours, est une école pour sorciers. On y enseigne comment se servir de la magie.

- Je vais apprendre la magie ? Demanda Harry, soudain beaucoup plus enjoué que quelques instants avant.

Rémus sourit de plus bel et son père lui donna un coup de langue.

- Quand tu arriveras à te transformer en petit garçon, alors tu pourras apprendre la magie. La magie n'est pas pour les petits renardeaux.

Harry eu une moue déçue.

- C'est pas juste, bouda-t-il.

- Tu y arriveras, Harry. J'en suis certain, mais ça te prendra du temps.

Et ils passèrent le reste de la nuit à parler de leurs vies. Rémus racontant des anecdotes sur la petite enfance de Harry, Harry décrivant ses aventures dans la forêt avec son père.

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Au petit matin, c'est Severus qui vint les chercher. Il aida Lupin à marcher jusqu'à l'infirmerie, en passant un bras sous son épaule et fut suivit des deux renards inquiets mais qui commençaient à comprendre de plus en plus de choses sur le comportement humain. Après avoir déposé le loup-garou sur un lit blanc, il se dirigea dans ses appartements. Harry eu un peu de mal à quitter Moony qui, visiblement, n'allait pas bien. Mais Rémus su le rassurer en quelques caresses et l'enjoignit de suivre le sorcier en robe sombre.

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Le petit renardeau prit de plus en plus confiance. Il passa toute une journée à observer les aller-retour de Severus, cet homme qui faisait partit des gens qui n'avaient pas abandonné les recherches pour le retrouver. Il déambulait entre ses chaudrons – quelles drôles de manies – et Harry étudiait les changements d'expression sur son visage, selon les résultats qu'il semblait obtenir.

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Après une autre journée enfermé dans les appartements du professeur, il décida d'aller explorer un peu ce château gigantesque. Sans s'enfoncer trop loin au début – non pas qu'il ne soit pas courageux, mais quand même, cette bâtisse était immense et impressionnante – il avança petit à petit, s'appropriant les lieux. En commençant par les couloirs environnants et les salles de classes qui s'y trouvaient, puis en entamant un étage, puis un autre. Il lui fallu bien deux semaines, en employant chaque jour, pour visiter presque tout le domaine.

Cependant, lui restaient inaccessibles toutes les pièces fermées. Il en existait un bon nombre car, si la plupart des portes s'ouvraient toutes seules à son approche et donnaient généralement sur de simples salles de classes qu'elles soient entretenues ou désaffectées, le nombre de salles dangereuses était conséquent et les portes ou systèmes de fermeture, de protection, de repoussement, étaient nombreux.

Souvent, Rémus l'accompagnait dans ses périples et lui parlait de tout et de rien. Son père, lui, prenait de la distance et se mêlait de moins en moins à ses activités journalières. Restant seul dans l'appartement ou faisant un tour dans la forêt interdite, il l'attendait le soir pour entendre le récit de ses aventures.

Petit à petit, Harry apprenait du quotidien des humains, de leur mode de vie. Il retenait aussi quelques expressions qu'utilisaient ses deux humains, tels que l'interdiction, exprimée par le « non », le haussement du ton ou des gestes et expressions faciales caractéristiques. De même que les bons comportements étaient récompensés par des caresses ou des cadeaux, de doux tons et autres gestes agréables. Il reconnaissait aussi quelques mots tels que « manger », « dormir » ou autres qui rythmaient son quotidien.

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La première rencontre que Harry eut à faire seul, fut celle d'un fantôme et celle-ci ne se fit pas sans accroche. Il était seul, déambulant dans un énième couloir, au hasard de ses envies, quand il l'aperçut. Après avoir sursauté en découvrant une présence étrangère, il en fit le tour en silence. Son aspect était des plus curieux : transparent, d'un camaïeu de gris et ses pieds ne touchaient pas terre.

Sa présence n'avait pas encore été détectée par son vis à vis. Puis, quand le fantôme le remarqua finalement, le petit renardeau grogna, lui montrant ses minuscules crocs et tenta de l'attaquer à coups de griffes donnés dans le vide. Il essaya même de le mordre, mais quand sa mâchoire passa à travers, la sensation de froid intense le surprit tellement qu'il éternua plusieurs fois avant d'abdiquer et de se carapater. Le baron sanglant, célèbre fantôme de la maison Serpentard, avait observé son cirque avec stoïcisme, puis, observant le départ de son minuscule assaillant, s'en alla avec un haussement d'épaule.

Harry, lui, avait foncé dans sa nouvelle tanière de pierre, recherchant le réconfort d'un de ses tuteurs. Il y trouva Rémus dans son habituel fauteuil au coin du feu et lui sauta dessus.

- Et bien, et bien ? Que t'arrive-t-il ?

Le loup-garou réceptionna la petite boule de poils et le prit contre lui.

- Mais tu trembles ! Allons, allons, tout va bien maintenant. Tout va bien.

Il continua à rassurer sa petite charge avec sa voix grave, calme et posée, en lui conférant de douces caresses.

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Le petit renardeau se calmait enfin quand quelqu'un toqua à la porte.

- Oui ? Demanda Rémus, sans bouger.

Snape pénétra alors dans la pièce, portant ses éternelles robes noires, mais avec un air plus calme et serein que lorsqu'il était en période scolaire et qu'il avait affaire à ses élèves.

- Bonjour Severus, tout va bien ?

Au son de la porte qui s'était ouverte, Harry avait redressé la tête. Et à la vue de son deuxième humain, il avait sauté des genoux du premier et courut dans les jambes du second.

- Bonjour Rémus. Tout va bien, je venais transmettre un message. Bonjour, toi, ajouta-t-il en appliquant une grattouille sur le museau du petit qui jouait dans ses robes.

Le blond sourit, amusé par le comportement du maître des potions envers Harry.

- Albus m'a dit que Minerva viendrait aujourd'hui afin de rencontrer notre petite boule de poils ambulante et de tenter de communiquer avec lui sous sa forme animagus. Elle devrait être là pour 17h00.

- Très bien, je te remercie, répondit le propriétaire des appartements. Doit-on la rejoindre quelque part en particulier, ou viendra-t-elle jusqu'à nous ?

- Je pense qu'Albus la conduira ici, elle devrait arriver par son bureau.

- Bien, c'est entendu. J'allais passer à table, tu te joins à moi ?

- Pourquoi pas, mais je devrai te quitter vite, j'ai …

- Une potion sur le feu, finirent-ils ensemble.

- Tu ne changeras jamais, pouffa Rémus.

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Quand l'heure du thé sonna, Albus arriva, comme prévu, avec la sous-directrice. Ils pénétrèrent dans la tour et discutèrent des derniers événements en grignotant de petits biscuits et sirotant leurs boissons chaudes. Puis Minerva souhaita voir Harry qui n'était pas présent dans la salle. Rémus leur indiqua qu'il allait le chercher, car il jouait dehors avec son père, et sortit.

Il revint deux minutes plus tard avec une boule de poils noirs de jais dans ses bras. La seule femme de la réunion fut choquée par son aspect.

- Il est si petit. Est-ce normal ?

- Il est vrai qu'il a une petite carrure, mais Hagrid l'a ausculté, m'a dis Rémus, il n'y a pas d'inquiétude à avoir. Et puis, après tout, les animagi vieillissent en même temps que le sorcier et Harry est encore un enfant, indiqua Albus.

- Je n'avais jamais vu d'animagus si jeune, il faut dire.

- C'est juste. Harry Potter a, comme ses parents, de grands talents innés en magie et une puissance qui est conséquente.

- Alors il est vraiment bloqué sous cette forme ?

- Je pense qu'il ne se souvient pas de son passé de petit garçon.

- Si vous me permettez, intervint Lupin. Lorsque j'ai communiqué avec lui, la nuit de pleine lune, il n'avait, en effet, aucun souvenir de son premier état. Mais j'ai pu lui expliquer l'essentiel, et il l'a plutôt bien pris, je trouve.

Le directeur acquiesça pensivement.

- C'est pourquoi vous comptez sur moi pour pouvoir discuter avec lui sous ma forme animagus ? Vous espérez que le phénomène qui s'est produit avec Rémus sous sa forme de loup-garou se reproduise.

- C'est exacte, très chère. Si vous voulez bien essayer.

La professeure de métamorphose, animagus à ses heures, observa le petit renardeau, toujours tapis dans les bras de son ancien élève. Harry, lui, avait plongé son museau dans les plis de la robe de son porteur.

Rémus sourit tendrement avant d'attraper son petit fardeau et de l'élever, le tenant sous les aisselles, afin qu'il soit capable de voir la transformation complète en chat de la sous-directrice.

Minerva prit une longue inspiration, ferma les yeux et en trois secondes prit sa forme féline. Un chat tigré avec deux traits cerclant ses yeux, comme les lunettes de sa forme humaine. Le renardeau écarquilla les yeux et gesticula dans tous les sens dans l'espoir de se dégager de l'emprise du loup-garou. Quand il se fut extirpé et se retrouva au sol, il galopa aussi vite qu'il put à l'opposé de la salle et se cacha sous un meuble.

Albus éclata de rire alors que Rémus gloussait plus discrètement. La chatte, elle, affichait un air contrarié.

- Excusez-le, professeur, la vitesse de votre métamorphose a du lui faire peur car ce n'est pas du tout la réaction qu'il a eu quand je me suis transformé, expliqua le loup-garou avec un sourire contrit.

Il entendit le chat grogner et se leva pour aller chercher l'enfant. S'approchant doucement du meuble derrière lequel Harry s'était tapit, il s'agenouilla au sol et fit tout pour le réconforter. Il lui parla doucement quelques minutes tandis que son père le poussait du museau. Il finit par accepter de se rapprocher de l'autre animagus, bien qu'avec méfiance.

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Devant le chat, il se mit à le renifler, ce qui n'eut pas l'air de lui plaire, que ce soit à l'un ou à l'autre, d'ailleurs. Il éternua une fois, deux fois, puis s'assit devant, penchant la tête sur le côté. Il comprenait bien que les humains attendaient quelques chose de lui, mais de là à savoir quoi …

- Ils veulent que tu l'observes, afin de l'imiter, souffla une voix dans son dos.

- Devenir un chat ?

Harry éternua de nouveau et son père rit.

- Non, que tu te transformes en humain, serais-tu allergique ?

Cette fois il se retourna pour regarder son père dans les yeux. Il devait plaisanter.

Mais il était tout à fait sérieux.

- Papa, je peux pas me transformer en humain.

Puis il prit un air boudeur :

- Et je ne suis pas allergique, il y avait tellement de poussières là dessous …

- Mon fils, tu es l'un d'eux, pas dupe pour deux sous quant à la diversion de son fils.

- Mais je ne m'en souviens pas !

- Ça prendra du temps, mais c'est pour ça qu'ils te montrent comment faire, même si leurs méthodes ne sont pas des plus claires, ajouta-t-il pensivement.

Harry baissa la tête. Il n'était pas convaincu.

- Tu y arriveras, mon fils. Je le sais.

Son père lui appliqua quelques léchouilles et il se coula à ses pattes pour reprendre un peu de courage. Les humains recommencèrent à parler entre eux, puis s'adressèrent au chat. À peine le silence instauré, un « woosh » retentit et le chat redevint humain.

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- Bien, reprit le directeur. Nous allons réessayer encore une fois. Minerva prenez place, je vous prie. Et essayer de communiquer.

Et une fois encore, l'animagus prit sa forme de félin.

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Harry ne sursauta pas mais fit un pas en arrière, avant de reprendre sa place. Non. Il ne comprenait pas comment observer cette humaine se transformer en chat pouvait l'aider.

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- Si ça ne fonctionne pas, je ne sais pas quoi faire, murmura Rémus.

Il désespérait de retrouver le petit garçon qu'il avait perdu il y a si longtemps, même s'il savait que jamais il ne rattraperait le temps perdu. Il voulait de nouveau pouvoir serrer Harry dans ses bras, lui apprendre toutes ces choses qu'un petit garçon doit savoir.

- Pas d'inquiétude, mon ami. Harry y arrivera, il lui faut juste un peu de temps, qu'il accepte sa condition de petit garçon et ce n'est pas simple. Il a tout de même passé sept ans de sa courte vie sous forme de renard.

Rémus acquiesça et observa les deux animagi. Le chat se mit à miauler et le renard lui répondit par un aboiement.

- Ah ? Fit le directeur, plein d'attente.

- Ça ne marche pas, Albus. Je comprends toujours Harry, du moins je comprends ses aboiements, tout comme dans la forêt, mais je ne comprends pas et n'ai jamais compris un chat.

- Mmm, peut être est-ce un problème de famille, dans ce cas là. Après tout, vous êtes tous deux des canidés, ce qui n'est pas le cas de Minerva.

Sur ces entre-faits, le chat en question repris sa forme de sorcière.

- On ne se comprend pas, confirma-t-elle. Pas plus que sous ma forme humaine.

Soudain, quelqu'un frappa à la porte. Rémus intima la personne à entrer et c'est le professeur Snape qui apparut.

-Severus, quelle bonne surprise ! S'exclama le directeur.

- Albus, répondit l'interpellé avec un signe de la tête en guise de salut. Rémus, Minerva.

- Entre donc, proposa le locataire des lieux.

-Merci, mais je voudrais m'entretenir avec Albus.

- Oui ? Fit l'intéressé.

Le directeur déplia sa longue silhouette, défroissa sa robe et rejoignit son maître des potions à la porte. Les deux personnes restantes eurent juste l'occasion d'entendre le début de leur conversation avant que la porte ne se referme :

- Albus, je viens d'apprendre une nouvelle qui me force à vous demander …

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