Merci à tous ceux qui m'encouragent, qui laissent des messages, qui lisent et me suivent !
Un petit changement de format pour la suite, les chapitres seront plus court (je suis plus occupée et c'était soit ça, soit plus de temps entre chaque publication)... J'espère que ça n'affectera pas votre soutien ! :)
Sur ce bonne lecture !
.
Chapitre 4
.
Harry vit bien le regard un peu déçu que Rémus avait eu après cette tentative d'éducation à la métamorphose. Il voulait qu'il y arrive, tout comme son père. Pour sa part, ce n'était pas qu'il ne voulait pas, mais il pensait ne pas pouvoir y arriver. Il n'était qu'un petit garçon, transformé en renard parce que ses parents étaient morts et que sa tante et son oncle ne voulait pas de lui. Son père était tout son monde.
Enfin, jusqu'à ce que ces humains viennent le trouver et l'amènent ici. Aujourd'hui, son père, bien qu'il l'aimait toujours autant, n'était plus TOUT son monde. L'histoire que Moony lui avait racontée avait changé sa perception des choses. Il était un peu perdu. Pour la première fois depuis toutes ces découvertes, il prit le temps d'y réfléchir, de revenir sur les événements qui s'étaient déroulés ces derniers jours. Il sortait enfin de son déni et acceptait de n'être, effectivement, pas un renard.
Cette soirée là, il resta dans un coin de la salle, près de la cheminée, sur la couverture que leur avait donnée Rémus à leur arrivée et ne parla pas. Il ne vint même pas manger quand ce fut l'heure.
.
Le lendemain, Rémus se réveilla, se leva, enfila une robe de chambre et ses pantoufles, et se dirigea en mode automatique jusqu'au coin « salle à manger » de son appartement. Il s'assit sur l'une des chaises qui entouraient la table et, toujours un peu sommeillant, donna trois petits coups sur le plateau de bois. Aussitôt, un petit déjeuner complet apparut. Il leva le bras dans l'intention de se servir une bonne tasse de café, mais un poids le retint par la manche. Fronçant les sourcils, il jeta un œil au fameux poids.
Fox. C'était Fox qui pinçait la manche de sa robe de chambre avec ses dents. D'une pression à peine poussée, il força le sorcier à se lever et le suivre. Interloqué par le comportement du vieux renard, Rémus le suivit sans comprendre.
Et il n'allait certainement pas poser de question à l'animal.
Son compère le mena jusqu'au coin de la pièce où il dormait avec son fils depuis leur installation. Quand ils y arrivèrent, un petit corps tout nu se trouvait là, recroquevillé.
Et là son esprit eut un bug.
Il mit bien une minute à sortir de sa torpeur.
- Harry ?
Sa voix étranglée, légèrement suraiguë, réveilla l'enfant endormi, mais il eut à peine le temps de cligner des yeux, le renardeau avait reprit sa place. Rémus n'en croyait pas ses yeux. Inconsciemment, Harry avait réussi à reprendre sa forme humaine.
La boule de poils ouvrit ses yeux émeraude et commença à remuer puis se leva. Quand il constata l'attention qu'on lui portait, il aboya. Son père et lui conversèrent. Ils parlaient trop rapidement pour que le loup-garou les comprenne, mais Harry couina et baissa les oreilles. Il fit plusieurs tours sur lui même, en continuant ses petits bruits et Rémus sut que ça n'allait pas.
- Hey, hey, tout va bien. Tu y arriveras encore, ne t'inquiètes pas.
Il prit le renardeau dans ses bras, retourna s'asseoir à table et, continuant de rassurer sa petite charge, se servit du café. Son père les avait rejoint, s'était assis à côté de la chaise et avait posé sa tête sur le genou de l'humain, tout près de son fils.
.
- Albus, je suis désolé de vous imposer cette présence, mais si vous voulez que je conserve ma couverture auprès d'eux, il me fallait accepter, je lui devais un service …
- Je sais bien, mon ami, je sais bien. Et c'est moi qui vous ai demandé de rester au château. Enfin, peut être ce séjour pourra être bénéfique sur plus d'un point, ajouta le vieux sorcier, énigmatique.
- Je ferai mon possible, mais avec son père, je me dois d'être discret, aussi mes messages ne peuvent être que subliminaux. Il en est de même, vous le savez, avec tous mes élèves.
- Bien sur, Severus. Et non seulement je le sais, vous approuve et vous encourage, mais je vous en suis aussi infiniment reconnaissant. Sans vous, qui sait combien nous aurions perdu de Serpentard chaque année. Cependant, pour ce qui est de ce garçon, j'attends plutôt de voir sa rencontre avec Harry.
Le professeur de potion acquiesça silencieusement, observant les deux silhouettes qui approchaient au loin, venant de passer les grilles de l'école. L'une était plus grande que l'autre, mais elles étaient toutes deux vêtues de noir et leurs mêmes chevelures blondes rayonnaient au soleil estival.
.
Au moment de rentrer dans le château, accompagné de sa charge temporaire avec qui il allait devoir partager les appartements, Severus croisa Rémus, heureusement seul. Il tenta de lui faire passer un message silencieux en le regardant dans les yeux, avant de le saluer avec froideur.
- Lupin, je vous présente Drago Malfoy. Drago, voici Monsieur Lupin qui loge au château en ce moment.
Le jeune garçon de onze ans parcourut l'homme de ses yeux gris, détaillant ses vieilles fripes et ses chaussures élimées et acquiesça d'un air froid et contrôlé.
- Monsieur, dit il poliment.
- Bonjour, répondit le loup-garou un peu décontenancé par l'attitude de son ami et de cet enfant.
Puis, sans autres mot, le duo reprit sa marche et s'enfonça dans les couloirs du château en direction des cachots.
.
Ce jour là, il pleuvait des cordes et aucun des deux renards ne montra le bout de son museau. Ils s'étaient tous les deux réfugiés sous la couverture qu'il leur avait été donnée pour se coucher. Sauf que contrairement à leurs habitudes, où ils se roulaient simplement en boules dessus, ils s'étaient, alors, emmitouflés dedans.
Leur hôte les avait observés un temps avant de lui même se caler sous un plaid, dans un fauteuil confortable, au coin du feu. Décidément, l'Écosse, même en été, ne serai jamais le pays le plus chaud du monde, encore moins le plus sec.
- Papa.
Fox, sans ouvrir les yeux, tendit les oreilles pour montrer à son fils que malgré son faible murmure, il était à l'écoute.
- Tu seras pas fâché si je deviens un humain, hein, dis.
Cette fois, non seulement son père ouvrit les yeux, mais il tourna la tête vers lui aussi.
- Mon fils, tu es un humain. Je t'aime maintenant et je t'aimerai toujours autant quand tu arriveras à te retransformer.
Harry enfouit son museau dans le poitrail du vieux renard et baragouina un « je t'aime aussi », avant de se rendormir. Son père lui léchouilla son pelage puis reposa son museau autour du petit corps blotti contre lui.
.
Un « woosh » retentit dans le bureau directorial. Albus qui était plongé dans la paperasse de l'école leva les yeux de son bureau, regardant la cheminée par dessus ses lunettes en demi-lune. Le feu avait prit une couleur verte avant de laisser un homme de grande carrure en sortir, rapidement suivi d'un deuxième.
- Kingsley, Alastor ! Et bien, et bien. Je ne savais pas que c'était la journée « porte ouverte » à Poudlard, aujourd'hui, pouffa-t-il fier de lui.
- Nous sommes venus aussi vite que nous avons pu ! Où est-il ? Nous sommes rentrés de mission il n'y a pas une heure et avons vu votre message. Vous l'avez vraiment retrouvé ? Ça a marché ? Il est là ? Il va bien ?
Alastor, derrière lui, leva les yeux au ciel et grogna.
- Doucement, mon ami, sourit le vieux directeur. Harry va très bien. Il est, en ce moment même, ici, à Poudlard.
Kingsley soupira et sourit en entendant ces nouvelles.
- Nous l'avons retrouvé, comme prévu, à son anniversaire avec la livraison de sa lettre d'admission à l'école et il loge chez Rémus, au pied de la tour des Serdaigles.
Alastor se laissa tomber dans un fauteuil pour soulager sa jambe.
- Et il était vraiment un renard ? Demanda-t-il.
- C'est un renard, oui, ou devrais-je dire un renardeau.
- Un renardeau ? Répéta Kingsley avec un immense sourire.
- Un renardeau, affirma Albus, amusé. Mais racontez-moi votre mission, messieurs.
Et, avec sérieux, les deux Aurors firent leur rapport.
Un elfe de maison était venu leur servir des petits sandwichs à l'heure du repas. Puis ils dérivèrent sur les missions à venir. Quand ils en arrivèrent à échanger sur des choses plus badines qui relevaient surtout de la vie privée, Alastor les quitta, prétextant de la paperasse à remplir.
- Et elle va pas se remplir toute seule ! Avait-il déclaré avant de saluer les deux autres hommes et de traverser la cheminée.
- Bien, maintenant que mister ronchon est parti … Comment est-il ?
Albus en rit.
- Vous ne perdez pas le nord. Mais venez plutôt le constater par vous même, qu'en dites-vous ?
- J'en dis que c'est une excellente idée. Il me tardait de le rencontrer enfin ! Je me souviens encore de son père, lors de son apprentissage, à l'école des Aurors. Après ce qu'il a du vivre, pauvre enfant …
- Rassurez-vous, il s'en est finalement bien sorti.
Le vieux sorcier expliqua la situation au plus jeune tout en le menant aux appartements du loup-garou.
.
Rémus était plongé dans sa lecture lorsque des coups à la porte retentirent. Il mit quelques secondes à sortir de la fabuleuse aventure qu'était en train de vivre Ulysse, puis se leva pour découvrir qui lui rendait visite. Il savait que Severus avait un invité, il doutait donc fortement que ce soit lui. Et Albus venait très rarement jusqu'ici, ou il passait par la cheminée, plus rapide.
Pourtant ce fut bien lui qui se trouvait derrière le panneau de bois, accompagné de l'ancien tuteur formateur de James et Sirius.
- Kingsley, quelle surprise ! Bienvenue ! Mais entrez !
- Rémus, je suis heureux de te voir. Comment vas-tu ?
Ils s'étreignirent en une franche et amicale accolade avant de se séparer.
- Bien ! Très bien, même. A vrai dire j'ai l'impression d'une deuxième jeunesse depuis que je m'occupe de mes deux petits colocataires. Mais, et toi ? Quand es-tu rentré ?
- À l'instant, enfin … disons ce matin, rit l'Auror.
- Tout s'est bien passé ?
- Tout s'est bien fini, c'est le principal.
Rémus grimaça. Appréhender les « méchants » du monde sorcier, n'était pas un métier joyeux tous les jours. Enfin, comme disait son ami, ça s'était bien fini, c'était ce qu'il y avait à retenir.
- Alors, abrégea Kingsley. Où est ton fameux « colocataire » ?
Le loup-garou sourit, presque comme chaque fois qu'était évoqué cette adorable boule de poils.
- Les renards n'aiment pas la pluie, alors avec un temps comme le notre aujourd'hui, nos petits amis paressent sous la couette, répondit Rémus malicieusement en s'approchant du coin de la pièce où dormaient les deux renards.
.
Harry fut réveillé par les caresses de son humain qui prononçait quelques mots d'une voix douce dont il ne reconnaissait que son nom. Fainéant, il ronronna un instant avant d'ouvrir les yeux. Il y avait effectivement son humain mais celui-ci était accompagné d'un autre, d'une couleur qu'il n'avait encore jamais vu.
Son père, qui avait relevé la truffe dès l'entrée de l'intrus, grogna gentiment.
- Ils sont amis, informa-t-il son fils. Ils on l'air de se retrouver après une longue séparation. Le timbre de la voix de l'autre est grave et posé, joyeux depuis qu'il est entré.
Harry l'observa. Les deux humains avaient recommencé à parler, tout en les couvant du regard et l'intrus ne semblait pas du tout hostile. Au contraire même, il s'approchait doucement et présenta sa main avant d'entamer un autre mouvement.
Le renardeau renifla cette main et y découvrit une bonne odeur de sandwich. Sans plus de cérémonie, il entreprit de la lécher et d'en nettoyer la moindre parcelle de peau.
.
Kingsley fut surpris par le geste mais pouffa sous les chatouilles opérées par la petite langue râpeuse. De son autre main, il caressa à son tour la petite boule de poils qu'il trouvait adorable.
- Il a l'air de t'avoir adopté, dit Rémus amusé. Ça facilitera le voyage au ministère ! Quand devez vous y aller ?
- Albus doit prendre rendez-vous aujourd'hui, et nous irons probablement dans le courant de la semaine prochaine. La procédure devrait être rapide, il s'agit tout de même de l'enfant Qui-A-Survécu et c'est une demande express de Albus Dumbledore, personne n'oserait la lui refuser. Harry deviendra officiellement mon fils après cela.
Rémus acquiesça pensivement. Il regrettait ne pas être capable de faire de même, mais la loi était la loi, aussi injuste soit-elle.
- Je sais que tu aurais voulu être à ma place, Rémus, et j'avoue que tu es sans doutes le plus apte que je connaisse. Je suis sincèrement désolé que ça ne puisse être le cas, mais ma filiation avec Harry ne sera qu'officielle, officieusement tu seras celui qui prend soin de lui, bien que je ferai tout mon possible pour venir vous rendre visite au moindre temps libre. Seulement, avec mon boulot …
- Tu fais un merveilleux travail, 'Ley, le rassura à son tour le loup-garou.
Kingsley continua un moment à caresser le renardeau qui s'était retourné sur le dos afin de présenter son ventre à cette main si habile et généreuse en papouilles. Rémus les regardait, attendri.
- Que diriez-vous, tous les trois, d'aller faire un tour dans le château pour se dégourdir les pattes ?
.
