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Bonne lecture !
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Chapitre 5
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Drago avait fini par quitter les cachots de Snape. Cet homme était bien gentil, mais l'observer faire ses potions, ou lire dans un canapé toute la journée, très peu pour lui. Il avait donc pris l'initiative de partir faire un tour, en laissant un mot à son gardien pour l'en informer, et de découvrir ce château tant fantasmé par son âme de gamin quand son père et sa mère lui contaient des histoires.
Dans les couloirs, il observa d'un air un peu dédaigneux les tableaux qui faisaient la causette entre eux. Certains le regardaient passer, un ou deux l'interpellèrent mais dans ces moments là, Drago s'enfuyait, dignement, comme son père lui avait appris, mais assez rapidement tout de même.
Tout comme Harry une semaine plus tôt, il testa quelques salles, mais comme son compère, il se heurta à des systèmes bloquant l'accès à plusieurs d'entre elles.
Il s'imaginait dans une de ces salles de classes, assis à une de ces tables, écoutant un professeur et prenant des notes assidûment. Il fallait qu'il patiente encore deux petites semaines avant de faire sa rentrée dans la prestigieuse école de Poudlard avec ses amis. Il s'avança sur l'une des estrades, se positionna à la place du professeur et prit un air important.
- Monsieur Zabini ! Avez vous fais vos devoirs aujourd'hui ? Demanda-t-il dans le vide avec une voix faussement grave. Non ? RETENUE CE SOIR ! Hurla-t-il.
Il pouffa bêtement mais s'arrêta brusquement, croyant avoir entendu un bruit. Il s'enfuît dans un autre couloir.
Le petit blond avait complètement abandonné son masque hautain. Il flânait dans la salle des trophées, recherchant un nom connu, quand il entendit des voix raisonnées entre les murs des couloirs. Il ne discernait pas de mots précis, mais c'était une conversation menée par au moins deux personnes, bien que parfois il semblait qu'une troisième était sollicitée, seulement aucune réponse ne donnait suite. Puis il y eut un aboiement.
Curieux, Drago s'approcha discrètement, espérant apercevoir ces personnes. Son père lui avait pourtant affirmé que le château était désert pendant les vacances et Snape n'avait pas démenti.
A cause du mauvais temps, les couloirs étaient sombres et les torches s'allumaient au passage des arrivants. Le jeune garçon voyait déjà leurs ombres se profiler sur les murs de pierre. Il pouvait désormais reconnaître certains mots et entendre les bruits de pas.
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Harry releva soudainement le museau. Il percevait une odeur. Elle ressemblait étrangement à celle des humains, mais avec une fragrance en moins. Curieux, il s'avança, suivant l'effluve, et sa piste le mena à un rideau qui couvrait partiellement une vitrine. N'osant trop s'en approcher, il aboya pour appeler de l'aide, même si son père, resté sous la couette, ne l'entendrait sûrement pas. Cependant, son humain sembla suffisamment intrigué par son appel pour s'accroupir près de lui, l'autre humain l'imitant à sa suite.
Moony tenta de lui parler, mais comme il n'était pas sous sa forme de loup, il ne comprenait pas grand chose. En fait, à part son prénom, il ne reconnaissait aucun mot.
- Il y a quelqu'un, là ! Essaya-t-il de transmettre.
Son humain le comprenait des fois, alors il répéta plusieurs fois qu'il avait détecté quelque chose derrière le tissu épais. Les deux hommes échangèrent quelques paroles et se redressèrent. L'autre tendit sa main et tira le rideau, dévoilant le porteur de l'odeur étrangère.
- Un petit humain … fit-il choqué. Non, un petit d'humain ! Comment on appelle un petit d'humain ? Demanda-t-il en se retournant vers Moony.
Mais Moony était occupé à parler avec le petit en question.
Celui-ci avait des poils si clairs sur la tête, il n'avait jamais vu ça. Les humains continuaient de discuter ensemble tandis que lui observait ce nouveau venu.
- Décidément, aujourd'hui est le jour des rencontres ! J'espère qu'il sera aussi sympathique que l'autre. Faut que j'arrête de l'appeler « l'autre » d'ailleurs, mais je ne connais pas son nom …
Son odeur l'intriguait beaucoup aussi.
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Le jeune garçon essayait de se recomposer un air digne alors que Kingsley tentait de retenir son rire en le dissimulant derrière sa main, mais voir le rejeton de Lucius Malfoy se planquer derrière un rideau était simplement trop pour lui.
Alors que Rémus négociait la participation de l'enfant à un goûter dans ses appartements, l'Auror s'approcha de Harry qui restait scotché devant le petit blondinet. Il posa un genou à terre et, doucement, attira son attention d'une caresse sur le sommet de son crâne. Le renardeau releva le museau et appuya sa tête contre la main pour demander plus. Il sourit. Il était en train de prendre la boule de poils dans ses bras quand Albus pointa le bout de son nez.
- Toujours partout en même temps et au courant de tout, marmonna-t-il dans sa barbe, amusé.
Rémus abandonna l'enfant pour se tourner vers le directeur.
- Albus ?
- Je ne sais pas ce qu'il en est pour ce jeune homme, mais personnellement, je me joindrais volontiers à vous pour un goûter.
Dumbledore avait fixé le jeune garçon dans les yeux en parlant et l'enfant du se sentir contraint car il s'empressa d'acquiescer. Que pouvait-il donc encore manigancer ? Mais il n'eut pas le temps d'y réfléchir plus car Harry lui rappela sa présence d'un petit jappement quémandeur. Les trois hommes tournèrent leur regard amusé vers lui alors que Drago le dévisageait les sourcils froncés.
- Bon nous y allons ? Demanda le plus âgé du groupe.
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Drago était assis bien droit dans le fauteuil que lui avait proposé le propriétaire des lieux. Il sirotait son thé avec distinction, comme sa mère lui avait toujours montré. Les adultes discutaient entre eux et le chiot qui l'avait découvert derrière le rideau un peu plus tôt, s'était assis près d'eux en lorgnant sur les biscuits disposés sur la table basse.
Il se demandait comment quitter poliment la petite sauterie, à laquelle il ne participait que par sa présence physique, lorsque le directeur prononça d'étranges paroles.
- Alors comme ça, notre ami a réussi à se retransformer inconsciemment ? C'est intéressant.
Drago fronça les sourcils et demanda :
- Excusez moi, monsieur, peut-être ai-je mal compris. Vous parlez bien de ce chien ?
Il désigna le canidé toujours obnubilé par la nourriture à laquelle il n'avait pas accès et s'étonna de voir leur hôte pouffer. Aussitôt, le petit blond repris son air froid et fronça les sourcils. Comment cet homme si mal habillé osait-il se moquer de lui ?
- Voyez-vous, monsieur Malfoy, Harry, le renardeau ici présent, est un animagus. Un événement a contraint sa magie à prendre le dessus et, pour protéger son sorcier, l'a forcé à prendre sa forme animale.
Le visage du petit aristocrate laissa entrevoir un instant sa surprise, avant de se recomposer rapidement. Cependant, il restait une franche lueur de curiosité dans ses yeux qui amusa les trois adultes présents.
- Harry est un sorcier, alors. Mais pourquoi ne reprend-il pas forme humaine s'il est animagus ?
Et cette fois ce fut Rémus qui répondit, prenant une voix douce et un ton pédagogique :
- Harry n'a pas commandité sa transformation. Elle était totalement incontrôlée, ceci fait qu'il ne sait absolument pas la méthode de métamorphose inverse. Il était tellement jeune quand c'est arrivé que c'est à peine s'il se souvient être un petit garçon.
Drago affichait un air perplexe. Un sourcil froncé et l'autre haussé, il observa le renard, puisque ce n'était finalement pas un chien.
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Harry avait abandonné l'idée qu'un des humains veuille bien lui donner ne serait-ce qu'un bout de biscuit. Aussi retourna-t-il auprès de son père, qui n'avait pas bougé depuis ce matin, incroyablement paresseux en ce jour trop humide.
- Papa, comment on appelle un petit d'humain ? Demanda-t-il, avide d'en savoir plus.
Fox grogna mollement puis redressa la tête lentement.
- Un enfant, marmonna-t-il avant de replonger le museau dans sa fourrure afin de se rendormir.
Le petit pouffa, amusé par le comportement de son père et répéta ce nouveau mot.
- Enfant. Enfant. Enfant … Bizarre.
Puis, soudain, il tilta.
- Je ressemblerais à ça ? Cria-t-il.
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La semaine passa lentement pour Drago. La météo ne présentant aucune amélioration, il dut trouver des occupations à l'intérieur des murs de l'école, ce qui réduisait considérablement les possibilités. Il avait lu – beaucoup – fait quelques potions – pas assez à son goût mais Snape lui avait dit qu'il n'avait pas suffisamment de temps libre à lui consacrer pour le laisser en confectionner plus, puisqu'il ne pouvait en faire sans sa surveillance – et avait exploré le château. Il n'avait croisé l'Auror Shaklebolt que deux fois, très rapidement, et aucun des autres habitants du château, hormis son tuteur temporaire, bien sur.
Il avait tenté de rencontrer Harry mais il ne pouvait décemment pas frapper à la porte de ce monsieur Lupin et l'animagus ne semblait pas sortir le bout de son nez, enfin de son museau.
Jusqu'à la veille de son départ.
Il était perdu dans ses pensées, attablé dans la bibliothèque de l'école, quand la porte de la salle grinça doucement. Le petit blond sursauta. Il crut d'abord à un courant d'air, n'apercevant personne franchir le seuil, puis remarqua la petite boule de poils aussi noire que la suie. Elle aussi semblait avoir vu l'enfant car son regard vert brillant était posé sur Drago et, après un court temps d'arrêt, trottina dans sa direction.
Il ne fit que hausser un sourcil lorsque le renardeau s'assit devant lui, attendant visible quelque chose de sa part. Il n'avouerait jamais, même sous la torture, qu'il était hautement intrigué par le prodige qu'avait accompli la magie de son petit camarade. Il devait être drôlement puissant, ou avoir un truc bien particulier, pour avoir réussi ce tour de force.
Harry dut perdre patience car il aboya, sortant Drago de ses pensées.
- Que veux tu ? Finit-il par lui demander.
Un autre aboiement.
- Ça ne sert à rien de faire tout ce raffut ! Tu ne sais pas te tenir ou quoi ? Nous sommes dans une bibliothèque, on se doit d'être silencieux.
La frimousse qui lui faisait face pencha la tête sur le côté. Visiblement, il ne comprenait pas un mot de ce qu'il venait de lui dire. Drago retint un soupir. Un homme qui sait se tenir, ne soupire pas. Un Malfoy sait se tenir.
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Cet enfant n'était pas très drôle. Il regardait Harry, sans bouger et, s'il avait compris le sens de la première phrase, la deuxième avait été trop longue. Prononcés trop rapidement, il n'arrivait pas encore à bien saisir tous les mots et, a fortiori, leur sens. Il aboya encore une fois, espérant déclencher une réponse ou un geste de la part de Drago.
Rien. Aucune réponse quelle qu'elle soit. Pas le moindre sourcillement.
Harry adopta alors une autre stratégie. Il se releva, s'approcha encore plus près et pinça de ses dents la robe du jeune sorcier. Il tira doucement dessus, mais cela n'eut pas l'air de plaire à l'enfant. À peine son geste entamé que le jeune garçon se releva et bouscula le renardeau violemment.
Un petit couinement s'échappa de sa gueule alors qu'il se retrouvait les quatre pattes en l'air.
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Drago était catastrophé, son père allait le tuer si sa robe était abîmée. Il vérifia le tissu et cette fois ne put retenir son soupir de soulagement. Puis il incendia le fautif d'un regard noir « copyright Malfoy ». Mais la bouille, présentement toute ébouriffée, de la minuscule boule de poils coupa toute protestation.
- Oh, pas la peine de faire des yeux pareils ! Maugréa-t-il de mauvaise foi.
Une minute s'écoula, qu'ils passèrent dans un combat de regard, l'un larmoyant, l'autre froncé. Mais plus les secondes passaient, plus les sourcils blonds tremblaient, jusqu'à se lisser totalement. Puis Drago craqua.
- Oh, bon d'accord.
Et sans plus de cérémonie, il prit le renardeau dans ses bras qui aussitôt se pelotonna dans cette chaleur.
Si tu racontes ça à qui que ce soit, je fais une carpette de ta fourrure, menaça-t-il, tout en caressant le doux pelage.
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Harry passa le reste de sa journée sur les genoux de Drago tandis que ce dernier bouquinait tranquillement dans la gigantesque bibliothèque de l'école.
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