Merci à tout le monde !
Bonne lecture !
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Chapitre 6
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Harry sentait sur son dos quelque chose qui piquait. Encore somnolant, les yeux fermés, il tenta de se retourner, mais son corps était bizarre, il ne réagissait pas comme d'habitude. Était-il en train de rêver ? Pourtant, il entendait son père ronfler doucement à ses côtés. Il remua sous les couvertures, mais elles ne le couvraient plus totalement.
De mauvaise humeur à cause de ce réveil quelque peu désagréable, il se força à ouvrir les yeux. Tout était embué, il ne distinguait rien. Il cligna plusieurs fois, plissa les paupières … Rien. Poussant un gros soupir, il reposa sa tête quand soudain il s'aperçut qu'elle ne reposait même plus sur la couverture. Comment avait-il pu arriver là ? Pourtant il sentait bien le tissu sur ses flans, bien que le contact soit piquant. Ses pieds aussi étaient à l'air.
Quelque chose n'allait pas.
Il tenta de se relever, mais ses membres non plus ne lui répondaient plus, ou plutôt il ne les contrôlait plus. Il les sentait bouger, mais rien de ce qu'il attendait ne se produisait.
Ses mouvements finirent par réveiller son père qui se tourna vers lui. À peine l'eut-il aperçu qu'il sauta sur ses quatre pattes, les oreilles dressées, alertes. Et il aboya.
Aboya ?
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Rémus qui s'était levé de bonne heure, était en train d'écrire dans un petit carnet lorsqu'il entendit Fox. Tournant la tête pour comprendre la raison de son excitation soudaine, il découvrit Harry qui s'agitait dans tous les sens, sous forme humaine.
Humaine ?
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Fox, après avoir senti son fils lui donner des coups dans le dos, se décida à ouvrir les yeux pour demander ce qu'il se passait. Il tourna la tête et eut un choc.
Il sauta sur ses pattes et s'exclama :
- Harry, c'est fantastique ! Tu as réussi !
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Son père avait aboyé. Pourquoi ne l'avait-il pas compris ? Enfin, il avait compris le sens global de sa phrase, mais n'en avait pas distingué les mots.
Il tenta encore une fois de se lever mais ses membres tremblaient. Est-ce que ses pattes avaient grandi ? Il les sentait immenses, mais ne pouvait toujours pas les distinguer, sa vision était complètement floue.
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Rémus s'approcha rapidement de l'enfant qui commençait à paniquer.
- Harry, c'est Moony, tout va bien, c'est normal.
Il lui caressa doucement la tête et passa les doigts dans ses cheveux tout aussi noirs que sa fourrure de renard mais beaucoup plus ébouriffés. Cela sembla le rassurer car sa respiration ralentit sensiblement. Cependant l'enfant se tordait encore pour essayer de se dégager des couvertures alors il la prit à pleines mains et la poussa plus loin pour libérer le petit corps remuant. Puis, avec une main, celle qui n'avait pas repris ses attentions sur sa tête pour le calmer, il amena ses membres sous les yeux de Harry, afin qu'il prenne conscience de sa condition.
Il avait ramené les deux membres supérieurs devant les yeux de l'enfant, mais il n'avait pas réagi.
Pensif, il continuait de passer ses doigts entre les mèches de jais, quand il entendit quelqu'un toquer à la porte. Il s'interrogea une seconde sur la personne qui pouvait se tenir derrière le panneau de bois, puis se dit qu'il ne saurait jamais mieux qu'en allant ouvrir. Mais il ne voulait pas quitter Harry de si tôt.
Soufflant, il se leva.
Il fut étonné par l'identité de son visiteur.
- Monsieur Malfoy, Bonjour ! Je peux faire quelque chose pour vous ?
- Monsieur Lupin, répondit le petit blond solennellement. Je suis venu vous dire au revoir, puisque je quitte le château dans une heure.
- Oh, très bien, bredouilla-t-il surpris. J'ai été enchanté de vous rencontrer.
- De même.
Rémus pensait qu'ils en avaient fini, mais le jeune garçon ne bougeait pas.
- Vous vouliez autre chose ?
L'enfant sembla hésité avant de demander :
- Puis-je dire au revoir à Harry, monsieur ?
Le loup-garou sourit, puis se souvint de la situation de son petit pensionnaire.
- Oh bien sûr ! Tu arrives bien, il a réussi à prendre forme humaine ! S'exclama le plus vieux, ne s'apercevant même pas qu'il était naturellement passé au tutoiement avec Drago.
Il le guida jusque là où se tenait Harry et son père quand il avait ouvert, mais à la place du petit garçon qu'il avait laissé, le renardeau était revenu.
- Oh. J'imagine que ce n'est pas encore pour aujourd'hui que le la chambre voisine trouvera un nouveau locataire.
Il eut une moue déçue tandis que le petit blond s'approchait de son camarade. Drago passa une main un peu hésitante sur sa douce fourrure et lui murmura quelques mots, pour ne pas que l'adulte entende :
- Au revoir, mini-pattes ! On se reverra dans une semaine, quand je ferai mon entrée en première année.
Et rapidement, adressant un simple hochement de tête au propriétaire des lieux, il quitta l'appartement.
Rémus regarda le blondinet partir puis revint sur Harry. Il avait évidemment entendu ce qu'avait dit le fils Malfoy, avec ses sens de loup-garou, et il en avait été presque choqué.
- Comment as-tu réussi à te mettre un Malfoy dans la poche ? Il n'y a bien que toi pour accomplir ce genre de miracle !
Il s'assit près de lui puis ajouta tout bas, pensant à voix haute :
- Avec une bouille pareille, comment veux-tu ne pas enrouler tout le monde autour de ton petit doigt ?
Puis il se souvint d'une chose :
- Comment Malfoy t'a-t-il appelé ? « Mini-pattes » ? Tu sais que c'est un excellent surnom ça ?
Il commença alors à conter :
- Tu sais, j'étais un peu plus vieux que toi quand j'ai reçu mon propre surnom. Ton père, James, Peter, Sirius et moi on formait une belle bande de Gryffondors frondeurs et farceurs. À cause de mon « petit problème de fourrure », comme disaient-ils, je devais me cacher tous les mois et subir la pleine lune seul, alors ton père, Peter et Sirius ont accompli un petit prodige. Ils m'ont offert la plus belle preuve d'amitié du monde, ils ont appris à devenir animagus pour pouvoir me suivre dans mes transformations. Normalement c'est très dur, tu sais ? Petit chanceux !
Alors qu'il racontait son histoire, Harry s'était positionné tout contre ses jambes, la tête posée sur l'une d'entre elles et ronronnait de bonheur. Rémus sourit en s'en apercevant et continua :
- On nous nommait déjà les « Maraudeurs », à cause de toutes les bêtises que l'on faisait et surtout du fait qu'on parcourait souvent le château de nuit, pour trouver de nouveaux passages secrets … Mais après avoir passé notre première pleine lune ensemble, Sirius a donné un surnom à mon loup. Tu le connais, c'est Moony.
Reconnaissant le nom, Harry releva la tête.
- Et oui, c'est moi ! Rit le loup-garou à la réaction du renardeau. Il a enchaîné avec ton père et l'a appelé Prangs, puis a fait de même avec Peter, avec l'aide de James, ils l'ont renommé Wormtail. Alors pour que tout le monde soit logé à la même enseigne, je l'ai moi même surnommé Padfoot. Voilà, tu connais l'histoire des Maraudeurs. Et toi qui en es le seul descendant, et qui a aussi le don d'animagus, tu ne peux échapper plus longtemps à la tradition !
Il prit la boule de poils dans ses mains et la porta à bout de bras pour l'observer puis colla son nez au petit museau.
- Et je crois qu'un petit blondinet a trouvé une piste intéressante à suivre … Que dirais-tu de Tinypaw ?
Il plongea ses yeux dans le regard vert émeraude.
- Oui, murmura-t-il comme un secret. Tinypaw te va très bien « mini-pattes » !
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Dimanche 25 Août. Il restait exactement une semaine avant la rentrée. Lucius Malfoy était venu récupérer son fils ce matin et, dans la soirée, devraient arriver tous les professeurs. Chacun reprendrait possession de ses appartements et s'installerait pour cette nouvelle année, avant de commencer la semaine de préparation, lundi.
Albus nota la date sur un parchemin puis indiqua le destinataire ainsi que son propre nom, chacun suivi de leur adresse respective. Puis il inscrivit de sa fine écriture penchée :
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« Mon très cher ami,
Je reviens vers toi suite à notre longue discussion de la dernière fois et espère que tu n'aura pas changé d'avis. Je t'écris pour t'informer des modalités d'envoi. J'ose espérer que tu es conscient qu'une expédition par hibou n'est pas envisageable, trop incertain. Une interception du colis pourrait se faire trop facilement. Je te propose donc de procéder via Gringott. La banque est un lieu suffisamment sûr pour la transition de notre précieux paquet. J'enverrai quelqu'un de confiance pour le réceptionner.
En attendant, prend soin de toi et passe le bonjour à ta femme.
Très cordialement,
Albus P.W.B. Dumbledore »
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Severus était enfin libéré de son obligation. Maîtriser son visage et son comportement tout au long de l'année devant ses élèves était déjà assez fatigant, le faire alors qu'il était encore en vacances l'avait profondément ennuyé. Fichu Malfoy qui n'hésitait jamais à se rappeler le moindre service qui lui était dû.
Enfin. Il était maintenant seul dans ses quartiers et il n'avait qu'une envie, se détendre. C'est donc de bonne humeur qu'il se dirigea vers sa salle de bain.
En sortant, il paressa un peu dans sa chambre, mettant du temps à choisir des vêtements propres et différents de ces robes aux milliers de boutons qui lui donnaient une apparence si sévère et appartenaient définitivement à sa couverture.
Arrivé dans son salon après avoir pris plus de temps pour lui que durant toute la semaine, il se demanda ce qu'il allait pouvoir faire pour occuper sa dernière journée libre avant l'arrivée de ses collègues. Ses réflexions n'eurent pas le temps d'aller bien loin car le tableau qui servait de porte à ses appartements et dont le sujet, un homme assez âgé penché sur un chaudron, faisait office de passeur, lui annonça des visiteurs.
Appréhendant leur identité, il autorisa leur entrée. Le battant révéla Rémus accompagné de la boule de poils qui lui courut immédiatement dans les jambes à sa vue. Il sourit. Le comportement de Harry était rafraîchissant.
- Bonjour, Severus.
- Rémus, je t'en prie, entre !
Puis il s'accroupit et tendit une main vers le renardeau.
- Bonjour aussi, petit garnement.
Un aboiement joyeux lui répondit alors qu'il décoiffait son pelage, taquin.
- Tu voulais quelque chose ? Demanda le maître des potions en se relevant, s'adressant à son ami.
- Et bien, j'allais partir pour une promenade dans le parc, aux abords de la forêt, quand je me suis dis que ça te dirait peut-être de nous accompagner ? Prendre un peu l'air avant d'être à nouveau enfermé dans un bureau à préparer la rentrée …
- C'est aimable d'avoir pensé à moi. Je vous suivrais volontiers ! Tu n'as pas tord concernant la semaine à venir. Et puis le temps s'est arrangé ces derniers jours. Profitons-en avant que l'automne ne pointe son nez.
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C'est ainsi que tous les trois avaient pris la direction du parc. Harry galopait devant eux, chassant un insecte quelconque, toujours heureux de pouvoir se dégourdir les pattes, tandis que les deux sorciers discutaient.
Rémus lui rapportait la scène à laquelle il avait assisté quand le petit Malfoy était venu leur dire au revoir, enfin surtout à Harry de ce qui avait semblé. Severus en fut très étonné, avant de se rappeler la phrase, alors sibylline, que lui avait dit Albus lorsque Lucius avait déposé son fils. Le directeur avait escompté la réaction de Drago face à l'enfant animagus.
Levant les yeux au ciel pour tant de machinations, Severus entama un autre sujet, beaucoup plus passionnant, selon lui : les potions.
- Tu devrais faire une démonstration à Harry, un jour, remarqua Rémus. Je suis persuadé qu'il comprend plus que ce qu'il n'y paraît. Et commencer à lui inculquer certains savoirs, serait prendre de l'avance sur tous les réapprentissages qui seront nécessaires avant d'intégrer complètement le monde magique.
Son vis à vis lui jeta un regard circonspect.
- Il a grandi en pleine nature, il connaît déjà les plantes ! Donne lui leur nom, ce sera déjà ça ! Et puis s'il t'observe faire des mélanges, même s'il ne les comprend pas, il saisira peut-être tout de même la création des potions.
- Peut-être, avoua Severus en observant le renardeau de loin.
C'était vrai, le petit avait bel et bien grandi dans la nature. Il connaissait donc déjà les plantes comestibles et les poisons. Cela en faisait-il un maître en potion ? Certainement pas. Enfin, ils n'en n'étaient pas encore là.
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Le soleil commençait à décliner quand ils revinrent vers le château. La balade s'était peu à peu transformée en cueillette quand l'humain en noir était tombé sur des asphodèles. Moony en avait profité pour composer un bouquet de fleurs sauvages, tandis que Harry les regardait avec curiosité.
Il adorait passé du temps avec ses deux humains et était content de passer à nouveau du temps avec le sorcier qui sentait les herbes, il lui avait un peu manqué cette semaine. La sortie de l'après midi avait été un pur moment de bonheur pour lui. Courant tantôt après les papillons ou les musaraignes, il s'était bien défoulé et avait même joué avec le loup-garou à cache-cache et au chat et à la souris. Il aurait plein de chose à raconter à son père en rentrant.
Ils n'étaient plus qu'a quelques mètres de la grande porte quand il aperçut au loin, passant les grilles de l'école, un petit groupe d'humains suivis par des bagages flottant derrière eux.
Il fut partagé entre la curiosité et la peur. Ce nouvel arrivage annonçait des changements dans son quotidien. Il n'avait jamais vu autant d'inconnus et, jusque là, peu était ceux qui avaient gagné sa confiance. À vrai dire, il n'y en avait que quatre : Moony et son humain en noir, bien sur, avec qui il passait le plus clair de son temps. Il y avait aussi « l'autre », l'humain de couleur qu'il avait rencontré quelques jours auparavant et qui lui avait rendu visite une fois ou deux. Et enfin, il y avait l'enfant, même s'il avouait qu'ils avaient eu des débuts difficiles, tous les deux. Les autres humains qu'il avait croisés, ne lui inspiraient rien de bon. Les deux humaines avaient été on ne peut plus sèches et expéditives avec lui, l'humain géant avait été une vraie brute et le dernier, cet humain si coloré, ne l'avait jamais touché et ne lui avait jamais adressé la parole. Deux points qui ne le poussaient pas vraiment à la confiance, mais, en plus, le comportement qu'avaient ses deux humains envers lui, n'accentuait que plus encore cette méfiance qu'il éprouvait. Non, décidément, le vieil humain ne lui inspirait rien de bon. Alors qu'allait-il en être de ces nouveaux venus ?
Arrivé à ce stade de sa réflexion, il était plus réservé que curieux.
Et la sensation de brûlure qui lui prit le front au moment où il croisa le regard de l'un d'entre eux, ne fit que confirmer ce sentiment de crainte.
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