Merci d'être tant à lire, commenter et m'encourager !
Bonne lecture :)
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Chapitre 7
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Quelque chose n'allait pas. Harry, bien que silencieux, s'était visiblement tordu de douleur avant de se cacher dans les longues robes noires du maître des potions. Il était maintenant recroquevillé sur lui même, ses pattes avant couvrant sa tête et tout son petit corps tremblant. Les deux sorciers à ses côtés étaient très inquiets, le mal était arrivé sans cause, ou du moins ils ne l'avaient pas perçu.
Severus s'agenouilla rapidement près de lui, tâta ses membres, ses côtes, examina sa tête, ses oreilles et sa truffe, mais il n'y avait strictement rien et le maître des potions se sentit démuni. Il jeta un regard à son ami, mais celui-ci affichait le même air désarçonné. D'un commun accord silencieux, après que l'homme en noir ait pris le renardeau dans ses bras, ils reprirent rapidement la direction des appartements de Rémus. Ne s'attardant pas sur le groupe de professeurs qui avait continué sa progression dans l'allée du château.
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Le loup-garou eut à peine le temps de remettre la boule de poils à son père pour qu'il se calme qu'un « toc toc » retentit contre le verre de sa fenêtre.
Le maître des potions ne s'attarda pas, il eu juste le temps de voir que le vieux renard avait entamé la toilette de son fils. Il dît un « bonsoir » au propriétaire des lieux avant de s'en retourner dans ses cachots.
Rémus lui avait répondu distraitement, encore focalisé sur Harry malgré le hibou qui volait devant ses carreaux. Ce n'est qu'au deuxième « toc toc » qu'il sortit de ses pensées et se concentra sur le volatile qui lui apportait un court billet.
« Je passe ce soir à Poudlard. K.S. »
Bien. C'était une bonne nouvelle. La venue de Kingsley lui changerait les idées et ferait plaisir à Tinypaw.
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Il mangea perdu dans ses pensées ce soir là, continuant de remplir son carnet. Il l'avait débuté le lendemain de ses retrouvailles avec Harry et y inscrivait toutes ses impressions sur le renardeau, mais aussi toutes les informations qu'il avait recueilli sur les renards et leur mode de vie, ainsi que les progrès du petit. Il lui permettait de se constituer un dossier de connaissances amassées sur l'enfant animagus, de constater l'évolution de son comportement, mais aussi de consigner l'état de santé de celui-ci. Un peu comme un carnet de santé amélioré ou un book « souvenir de son enfance » qu'il pourrait lui montrer plus tard.
D'ailleurs, il avait été étonné par la force de Fox lors de leur rencontre. Il comprenait bien pourquoi, aujourd'hui, il restait plus souvent sur la couverture, au chaud dans son salon, plutôt qu'à suivre son gaillard de fils dans ses aventures. Dans le livre qu'il avait trouvé, il était indiqué que les renards sauvages vivaient, en moyenne, sept ans, neuf tout au plus. Or Fox avait recueilli Tinypaw alors qu'il avait déjà une portée de renardeaux d'un an et tout ceci s'était déroulé il y a sept ans. Pourtant, quand ils les avaient découverts dans cette forêt, le jour des onze ans de Harry, Fox était encore alerte, chassant et défendant son petit farouchement.
Rémus relisait un passage qu'il avait écrit la semaine dernière lorsque quelqu'un toqua à la porte. Il releva la tête et, faisant disparaître les restes de son repas, autorisa la personne à entrer.
Comme il s'y était attendu, ce fut l'Auror noir qui passa le pas de la porte de sa haute carrure.
- Bonsoir Rem', je ne te dérange pas ?
- Non, 'Ley, entre je t'en prie. Tu veux quelque chose à boire ? À manger ?
- J'accepterais volontiers un bon whisky !
- Est-ce que tout va bien, s'enquit le loup-garou en le conduisant vers l'espace salon, où il y avait un petit canapé devant une table basse.
Son ami n'était pourtant pas du genre à prendre un verre si tard le soir. D'ailleurs, il mit du temps à répondre et, avant de le faire, il soupira longuement.
- Ça va, nous avons enfin terminé la paperasse de la dernière affaire.
L'auror passa une main sur son visage et se laissa tomber dans le sofa. Rémus ne s'en inquiéta que davantage.
- Elle a été particulièrement longue et tu en es revenu chamboulé. J'ai bien vu que, malgré la joie de retrouver Harry, tu n'étais pas dans ton assiette, sur les nerfs. Il s'est passé quelque chose ?
- Tu te souviens de l'affaire McOrwell ?
Rémus blêmit.
- Encore un gamin ? Murmura-t-il, choqué.
- Encore un gamin, confirma l'auror.
Et sans plus de commentaire, Rémus se leva pour servir un verre à son ami.
Il y a quelques années, trois ou quatre ans peut être, Kingsley et son équipe avaient traqué un homme qui massacrait des personnes, généralement d'âge mûr mais de tous sexes confondus, et qu'ils avaient appréhendé après plusieurs semaines et une douzaine de meurtres. Ils avaient bien tenté de monter un profil, mais les crimes semblaient sans liens. Finalement, il s'était avéré que ce n'était qu'un gamin, de tout juste dix-neuf ans, sous imperium, qui avait fini par mettre fin à ses jours devant leurs yeux après qu'ils l'eut libéré de son emprise mentale. Ils n'avaient jamais retrouvé le coupable véritable. Et voilà que ça avait recommencé.
- Je suis désolé, 'Ley. Si je peux faire quelque chose …
Il allait hausser les épaules quand il sentit une langue râpeuse sur ses doigts. Il baissa les yeux et trouva à ses pieds, entre ses jambes, dressé sur ses pattes arrières et appuyé au canapé, la petite boule de poils noire qui lui léchait les mains. Comme s'il comprenait la situation et essayait de le réconforter.
Retrouvant un semblant de sourire, il prit le renardeau sur ses genoux et commença des papouilles. La réaction de Harry ne tarda pas, il se mit aussitôt sur le dos, les quatre fers en l'air, et ronronna de bien être.
- Je suis content de te revoir, toi !
- Il a l'air d'aller mieux … dit pensivement Rémus.
Kingsley se tourna vers lui, interrogatif.
- Cet après-midi nous sommes allés nous promener dans le parc avec Severus, expliqua-t-il. En revenant, alors que tout allait bien, Harry s'est soudain replié sur lui même, sans raison apparente, et s'est mis à trembler. On n'a rien compris, il n'y avait absolument rien qui aurait pu expliquer ça, c'est comme s'il avait mal, tout à coup. Pourtant, il n'a pas fait un bruit. Il s'est juste caché.
Son ami le regarda, perplexe, réfléchissant aussi mais sans avoir été présent sur les lieux au moment de l'incident, difficile d'en tirer quelque chose de concluant.
- Ne te turlupine pas pour ça, ce n'était sûrement rien de grave. Et puis ça à l'air d'être passé. Il n'a, apparemment, pas oublié tes talents en grattouilles, s'amusa Rémus.
Kingsley rit et accentua ses caresses.
- Oh ! S'exclama le loup-garou, content de changer de sujet pour remonter le moral de son ami. Tu ne connais pas la dernière !
Et comme avec Severus le matin même, il lui raconta l'entrevue avec le jeune Malfoy.
- « Mini-pattes », hein ? Se moqua gentiment l'Auror. C'est vrai que ça lui convient on ne peut mieux. Et bien, « Mini-pattes », j'ai des news pour toi.
Il se tourna vers le loup-garou pour lui annoncer la nouvelle.
- La date pour l'adoption est fixée, ça se fera la semaine prochaine : Mardi 27, à 8h00 précise. Tiens, voici la convocation.
Il sortit un parchemin de l'intérieur de sa robe et le tendit à Rémus
- C'est un double, j'ai mon propre exemplaire. Tu dois le garder et le présenter à votre arrivée au tribunal, mardi matin.
Rémus regarda le papier et lu l'intitulé : « Harry James Potter ».
- C'est la convocation officielle de Harry, étant donné son … état, c'est à toi que je la confie mais … Je suis désolé Rem', tu sais que ça me fout en rogne tout ça, mais tu ne pourras sûrement pas l'accompagner à l'intérieur.
Il regarda son ami accuser le coup.
- Albus a demandé une séance à huis clos, tu sais, pour ne pas que la presse soit au courant trop rapidement pour Harry et qu'elle ne vous harcèle, alors tu ne pourras même pas être côté public puisqu'il n'y en aura pas. Je suis sincèrement désolé, Rem'. Et comme tu n'as officiellement aucun lien avec lui …
Rémus lui sourit pour le rassurer mais une boule gênante venait de se coincer dans sa gorge. Merlin, ce qu'il pouvait exécrer la loi sorcière. Et plus encore son « état ».
Il but son fond de verre cul sec.
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Dumbledore était descendu à la cabane d'Hagrid. Après avoir frappé sur l'immense panneau de bois, il s'était reculé, attendant que le garde chasse sorte et lui réponde. Ce que le demi-géant fit à peine quelques secondes plus tard.
- P'fesseur, qu'elle bonn'surprise ! Ça f'sait longtemps qu'vous étiez pas v'nu m'voir ! Mais entrez, entrez !
- Merci, Hagrid.
Ils s'installèrent tous les deux à la grande table qui trônait au milieu de la petite pièce et l'hôte servit du thé ainsi que des biscuits faits maison.
- Hagrid, mon grand, je suis venu vous demander un service. Un double service, en vérité.
- Tout c'que vous voulez, p'fesseur, répondit immédiatement le demi-géant.
- Merci, Hagrid. Voyez vous, une connaissance a déposé dans un coffre à Gringott un petit paquet pour moi. Celui-ci est d'une valeur inestimable. Je souhaiterais que vous vous chargiez de son transfert jusqu'ici. Je vous fais entièrement confiance et je sais que je peux vous confier cette tâche sans crainte.
Hagrid renifla fortement, les yeux mouillés par la reconnaissance dont faisait preuve le directeur à son égard.
- Vous pouvez m'faire confiance, p'fesseur. J'irai chercher vot'paquet et vous l'ramènerai sans pépins. J'vous l'garantis.
- J'en suis sûr, mon grand. En découle ma deuxième requête. Ce fameux colis devra être caché dans l'école et je voudrais demander votre expertise en matière de créature qui pourrait faire office de gardien. Je suis certain que vous pourrez m'éclairer sur la question.
- Oh bien sûr, p'fesseur. J'en ai un tout trouvé ! Touffu s'ra parfait pour garder vot'paquet.
- Touffu ? Dites m'en plus, Hagrid.
- C't'un cerbère …
Le garde chasse, passionné, décrivit toutes les caractéristiques de cette créature. Chantant ses qualités, mettant en garde contre ses quelques petits défauts et indiquant que son Touffu était adorable.
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Quand c'était arrivé la veille, Harry avait complètement paniqué et avait fini par reprendre sa forme animale. Puis son père lui avait expliqué ce qu'il s'était passé et l'avait décrit dans les moindres détails après les supplications du renardeau qui regrettait de ne pas avoir fait plus attention à sa métamorphose. Il aurait adoré se voir en petit garçon.
Aujourd'hui, il voulait le faire volontairement. Il était motivé et déterminé.
- Essaye de t'imaginer comme je t'ai décrit. Avec des membres sans poils, sauf sur la tête, des doigts aux mains et aux pieds …
Harry avait fermé les yeux et tentait de visualisé, dans son esprit, tous les détails d'un corps d'enfant mais c'était compliqué.
- Tu étais beaucoup plus grand, continuait de décrire son père. Tu avais une touffe de poils noirs comme ton pelage sur la tête et au dessus des yeux. Ils étaient tout ébouriffés, pouffa Fox.
Son fils lui tira la langue et se concentra.
- Tu avais la peau un peu plus foncée que Moony, mais pas autant que « L'Autre » bien sûr. Oh, et tu avais un tout petit nez retroussé, comme une petite boule au milieu du visage, je t'aurais croqué.
- Papa !
Fox rit de la déconfiture de son petit. Pour le taquiner un peu plus, il le poussa du bout du museau, lui faisant perdre son équilibre.
- Mais papa ! Répéta Harry agacé.
- Pardon, pardon. Vas-y, mon fils, se reprit-il en lui assénant un léger coup de langue, un sourire toujours accroché à ses lèvres.
Malgré ses protestations, les commentaires de son père l'aidaient beaucoup. Non seulement sa description augmentait la définition de son corps dans son esprit, mais sa voix l'aidait à modeler son rythme cardiaque et sa respiration. Elle avait toujours eu le don de le calmer.
Quand il eut une image de sa forme humaine dans la tête, il ne sut pas vraiment quoi faire. Moony lui avait parlé de magie qu'il devait ressentir. C'était bien beau mais comment faire ?
Les yeux toujours fermés, son image en tête, il essaya de « chercher » sa magie en lui. Hum. Plus facile à dire qu'à faire.
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