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Chapitre 9
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- Quirinus, entrez
- Pr … Professeur.
- Quirinus, vous avez porté à mon attention une demande particulière concernant cette année.
- C … Certainement, pr … professeur.
- Votre lettre faisait aussi mention de votre voyage qui avait entraîné quelques petits désagréments orthophonistes. Je constate qu'ils sont toujours d'actualité. Cependant, cela ne changera en rien ma décision. Votre demande est acceptée, vous devenez donc, officiellement, le professeur de défense contre les forces du mal.
- Je vous remercie, pr … professeur.
- J'aimerais que vous formiez brièvement notre nouveau professeur d'étude des moldus, qui vous remplacera à partir de cette année, Mademoiselle Charity Burbage.
- B... Bien sûr.
- Bien. Bien. Votre lettre m'a laissé un tantinet perplexe, vous avez été en Albanie, dites-vous. J'aimerais en savoir plus.
Quirinus Quirrell, ancien professeur d'étude des moldus et nouvellement promu professeur de défense contre les forces du mal, conta son périple en terre de l'Est, pour y faire des expériences avec des vampires. Et Albus Dumbledore, illustre directeur de l'école de Poudlard, écouta d'une oreille attentive les péripéties décrites en détail, à sa demande.
- Et bien, Quirinus, voici une aventure intéressante. J'espère que, hormis votre petit problème d'élocution, vous en êtes sorti avec de plus grands savoirs. Ce sont ceux-ci qui m'intéressent aujourd'hui. Je ne vous ai pas convoqué dans mon bureau simplement pour vous faire part de ma décision. Voyez-vous, j'ai accueilli dans l'école cette année un objet précieux qui nécessite une protection particulière. Et j'attends de vous que vous me proposiez une défense adéquate.
- Q … Quel honneur, je ferai t … tout ce q … que je pourrai, b … bien sûr.
Il émit un petit rire forcé et pincé tout en acquiesçant avec ardeur.
- Vous m'en voyez ravi, Quirinus.
Un petit silence s'installa un instant pendant lequel Albus observait son nouveau professeur au dessus de ses verres en demi-lune, les yeux pétillants, attendant visiblement quelque chose. Tandis que Quirrell hésitait à poursuivre. Puis il finit par demander :
- Est … Est-il vrai q … que Monsieur P … Potter est à P … Poudlard ?
- Tout à fait. Le jeune Harry Potter réside à l'école en ce moment. Il ne pourra malheureusement pas assurer ses devoirs d'élève immédiatement.
- Alors l … les rumeurs sont vraies ?
- J'imagine que vous parlez du fait que Monsieur Potter est un animagus et encore incapable de se retransformer ? Tout ceci est vrai, effectivement. Il restera tout ce temps à Poudlard dans des appartements privés, n'ayez pas d'inquiétudes à ce sujet, il rejoindra ses camarades dès qu'il le pourra.
- P … Professeur, p … pourquoi Monsieur P … Potter n'a-t-il pas retrouvé sa f … forme humaine alors q … qu'un sort le p … pourrait ?
- User du sort de révélation des animagi pourrait être dangereux sur le jeune Harry. Sa métamorphose était involontaire, il était trop jeune et il est sous cette forme depuis trop longtemps pour que son efficacité soit assurée aujourd'hui.
Son vis à vis acquiesça rapidement, puis demanda à prendre congé afin de s'installer, lui aussi, dans ses propres appartements. Lui avait à faire avec les très nombreuses lettres qui étaient arrivées depuis la veille. Heureusement, un sort de tri avait rapidement contré le problème et les réclamations qui ne concernaient pas l'école étaient immédiatement mises au feu.
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Severus faisait les cent pas devant Rémus depuis maintenant plusieurs minutes, fulminant contre le monde sorcier.
La veille il avait accompagné son ami et Kingsley chez le directeur afin de leur faire part de l'incident que lui avait rapporté l'un des tableaux de son bureau. Le retour de Harry Potter dans le monde sorcier ainsi que son état de renard. Il avait pesté que, maintenant, personne ne serait tranquille dans ces murs, qu'ils allaient devoir rehausser la sécurité et bloquer le courrier, mais le directeur avait à peine relevé que ce serai facile et les avait congédié, prétextant beaucoup de travail.
L'Auror était reparti peu après et lui était retourné dans ses cachots, confectionner une potion afin de se détendre. Le petit avait retrouvé son père et Rémus … Et bien, il s'était occupé comme bon lui semblait.
C'était le loup-garou qui était venu le trouver ce matin afin de lui raconter les faits de la veille, tels que Kingsley les lui avait rapportés. Et c'était suite à cela qu'il fulminait à présent.
- Je ne comprend pas pourquoi il a refusé de demander un serment, cracha-t-il.
- Pardon ? Demanda Rémus, depuis longtemps perdu dans ses pensées devant les allées et venues de son ami.
- Albus. Je lui avait conseillé de demander une garantie au Magenmagot afin d'éviter ce genre de problèmes.
- Tu … tu veux dire que …
- Il le savait, bien sûr ! « Ils sont soumis au secret professionnel » m'a-t-il dit ! Vois le résultat de son secret professionnel !
- Mais …
- À quoi joue t-il ? Coupa Severus. Moi aussi, je me le demande.
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- Papa ! Papa ! Ça y est ! Je l'ai senti !
Fox releva le museau doucement.
- Papa, ma magie, je l'ai sentie !
Le vieux renard sourit faiblement.
- Tu peux tenter de te transformer, à présent.
Harry lui offrit un sourire rayonnant et retourna s'asseoir un peu à l'écart pour se concentrer. Depuis qu'il avait médité la première fois, il n'avait encore jamais perçu cette force, cette lumière en lui, dont la présence était comme une vieille amie qui veille, chaude et réconfortante.
Il commença par fermer les yeux, respirer profondément, vider son esprit, puis chercha cette lueur au fond de lui. Après plusieurs secondes, son rythme cardiaque avait ralenti et sa respiration était plus lente. Il dut attendre quelques minutes avant de percevoir sa magie. Quand il l'a sentie et qu'il se tendit vers elle, elle devint soudain plus imposante dans sa tête, d'une belle couleur jaune soleil. Il sourit.
En l'étudiant un peu plus, il perçut comme une forme en son centre. Il se concentra plus encore. Oui, il y avait un petit garçon, là, recroquevillé. Il s'approcha mentalement de l'enfant et constata avec surprise qu'il ressemblait exactement à la description que lui avait son père de lui même lors de sa transformation. C'est alors qu'il comprit, c'était son autre lui. Comme il devait y avoir un petit renard à la place de l'enfant quand lui même était sous sa forme d'humain.
Il fut tellement extatique, qu'il en perdit sa concentration et rouvrit les yeux.
Peu importe, maintenant, il savait comment se retransformer.
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Rémus entra dans son salon pour prendre Harry.
Ce soir, Albus les avait tous deux invités à manger dans la Grande Salle. Ainsi, Harry pourrait rencontrer tous les professeurs présents à Poudlard et s'habituer d'ors et déjà à leur contact et présence. Il le trouva en train de jouer avec une boule de papier qu'il avait du dénicher sous son bureau.
- Tiny, mon ange, viens ! Nous allons manger à l'extérieur, ce soir.
Harry laissa sa balle improvisée et se tourna vers lui. Il s'accroupit alors, pour lui faire comprendre qu'il l'attendait, ce qui fonctionna puisqu'il se dirigea dans sa direction peu après. Quand il fut à son niveau, il lui appliqua une caresse sur la tête, toujours attendri par sa bouille.
- Ce soir, tu vas rencontrer tous les professeurs du château. Ne t'en fais pas, il ne sont pas si nombreux, à peine une quinzaine. Et j'en connais quelques uns, ils sont gentils.
Il ne savait pas bien si lui expliquer était vraiment utile, mais il avait estimé que lui parler le plus possible l'aiderait une fois redevenu humain, pour apprendre plus vite à parler. Car il pensait bien que Harry aurait du mal, il l'avait compris avec la précédente pleine lune.
- Je serai là, Severus aussi, ainsi que Albus, professeur McGonagall, Hagrid et Madame Pomfresh, que tu connais déjà. Tu ne sera pas seul et je resterai avec toi, je te le promet.
Harry lui lécha les doigts et enfouit sa tête entre ses jambes.
Rémus avait bien compris, grâce au livre sur les renards, qu'il faisait cela pour chercher son odeur là où elle était la plus forte. Les plis de sa peau était naturellement plus odorants, car ils la conservaient mieux. Évidemment, quand c'était dans le coude, le cou ou le giron, ça ne le gênait pas. Il trouvait même plutôt cela mignon, mais quand le renardeau collait son museau à son entre-jambe, il avait beau comprendre, ça l'embarrassait beaucoup. L'odeur était très importante pour le renard, comme pour le loup ou le chien. Car dans un clan, les renards portaient l'odeur du chef, c'était autant un signe d'appartenance, que de respect de la hiérarchie et pour les plus petits, c'était rassurant, car cela signifiait que les aînés veillaient sur eux.
Pour écourter ce moment un peu troublant pour lui, Rémus le prit dans ses bras et se releva. Il continua son monologue sur le chemin, lui donnant des nouvelles de Severus, jusqu'à arriver devant les portes de la Grande Salle. Là, il devait avouer qu'il était un peu nerveux. Harry n'avait pas très bien réagi à la surpopulation du tribunal, lui avait rapporté Kingsley. Même si les professeurs n'étaient pas cinquante, ils seraient tout de même nombreux et pouvaient être bruyants.
Il souffla fortement et se décida à pousser le battant.
Aussitôt, la rumeur qu'il avait perçue avant d'entrer laissa place à un silence perçant.
- Ah, Rémus, s'exclama le directeur pour amorcer les présentations. Approchez, approchez, asseyez vous ici.
Il désigna une place proche de lui.
- Avez vous apporté notre petite célébrité ?
Rémus acquiesça et se racla la gorge avant de parler :
- Il est là, dit-il en surélevant ses bras pour lui faire comprendre qu'il le portait.
Sa voix n'avait pas aussi bien porté qu'il l'aurait voulu, mais il ne se laissa pas démonter et s'approcha rapidement de la grande table qui trônait au milieu de la salle. Il repéra aussi Severus qui était assis à côté de l'endroit où Albus lui avait indiqué sa place. Il en fut rassuré, au moins, il aurait une tête connue et amie à proximité.
Merlin que c'était bizarre de revenir s'asseoir ici. Il n'était plus élève, n'était pas professeur non plus et se sentait un peu mal à l'aise quant à son statut particulier. Harry était lové dans ses bras, le museau dans sa manche, contre son poitrail, et n'avait pas levé la tête depuis son entrée.
Albus fit les présentations, expliquant leur situation, et indiqua les précautions à prendre envers le renardeau. Puis le repas apparut.
Quand Rémus vit les divers plats qui leur étaient proposés, il eu un sursaut. Il avait complètement oublié comment se nourrissait Harry.
Il ferma les yeux de dépit et passa une main dans ses cheveux.
- Un problème, Rémus ? Demanda Severus qui avait vu que quelque chose dérangeait le loup-garou.
- Je suis un imbécile, se fustigea-t-il.
- Certes, rien de nouveau à l'horizon, plaisanta le maître des potions. À quoi doit-on cette soudaine réalisation ?
- Harry. Il se nourrit encore de la béquée de son père ! J'avais complètement oublié ce détail.
- Effectivement, fit remarquer son ami. Ce « détail » est un tantinet gênant dans notre situation.
- Oh, ça va, hein. Je suis assez grand pour m'auto-flageller, si j'ai besoin de ton aide, je t'enverrai un hibou.
Un micro-sourire perça les lèvres de Severus et Rémus se résigna à donner la béquée à sa boule de poils.
Le repas se déroula calmement, bien qu'il fut un peu long. Harry resta sur les genoux du loup-garou, à l'exception du dessert qu'il passa sur ceux de son voisin à se faire câliner tout en somnolant. À la fin, le renardeau ronflait carrément, amusant les professeurs l'entourant.
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- Rémus ?
- Entre Sev', j'arrive, lui répondit le locataire depuis la salle de bain.
L'invité pénétra dans le salon après avoir refermé la porte. Rémus le rejoignit rapidement, s'essuyant les mains sur son pantalon avant de venir à sa rencontre.
- Harry ?
- Il dort, sois sans crainte.
Le professeur acquiesça.
Quand Rémus avait quitté la Grande Salle, à la fin du repas, Severus lui avait indiqué qu'il passerait le voir. Albus leur avait dit, avant son arrivée, avoir quelque chose à leur annoncer lorsqu'ils auraient terminé.
Severus soupira.
- Tu m'inquiètes. Qu'a-t-il encore inventé ?
L'hôte s'installa dans le canapé invitant son ami à le suivre.
- Je te le dis à toi, car cela te concerne directement, mais je suis le seul, avec les trois autres directeurs de maison, à qui il a dit la vérité. Bien que Hagrid et Quirrell participent aussi à sa protection.
- De quoi parles-tu ?
Il souffla fortement avant de lui annoncer, telle une grave accusation :
- La pierre philosophale a été placée entre les murs de l'école. Je ne te fais pas de dessins, tu connais les conséquences envisageables d'un tel acte.
Rémus le regarda, atterré.
Qu'avait donc Albus dans la tête ?
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