Bonsoir bonsoir ! (ou Bonjour pour l'autre côté de la Terre ^^)

Merci à tous ceux qui ont laissé des reviews et qui m'encouragent ! Le nombre de visiteurs, de lecteurs, du monde entier, est juste trop fou ! Mille fois merci à tous ceux qui lisent et qui suivent mon histoire, ça fait vraiment très plaisir :)

Bonne lecture !


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Chapitre 10

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Rémus et Severus étaient attablés devant un copieux petit-déjeuner chez le premier, le second ayant débarqué en catastrophe quelques minutes auparavant. Leur discussion était déjà bien entamée.

- Et on laisserait Harry au directeur ?

- Ce ne serait l'histoire que d'une heure ou deux …

- Autant le laisser vagabonder dans le château, il l'a déjà fait, la semaine dernière il n'est revenu qu'après quatre heure de vadrouille !

- Quatre heures ? Et tu ne me l'as pas dit ?

Severus marmonna un « maman poule » et Rémus continua d'argumenter :

- Et s'il arrivait quelque chose, il faut bien qu'il puisse se référer à quelqu'un !

Le maître des potions soupira. Vraiment, les Malfoy étaient des enquiquineurs de première catégorie. Toujours à demander des services aux pires moments. Et il fallait, bien sur, que Rémus ait sa convocation annuelle ce jour même.

- Nous n'avons pas le choix, Severus. Je suis sur que, de toute façon, Harry passera la plupart de son temps dans le château, comme tu dis. À qui veux-tu que l'on demande ?

Severus se pinça l'arête du nez et souffla.

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Albus attendait la venue de sa sous-directrice quand enfin il sentit sa magie derrière la porte. Avant qu'elle ne frappe il lui fit d'une voix forte :

- Entrez, Minerva.

La vieille professeur de métamorphose entra dans l'une de ses éternelles robes écossaises vertes et son écharpe de tartan. Aujourd'hui, elle avait ajouté un plaid sur ses épaules, pour la protéger de la fraîcheur du matin. Effectivement, si l'été assurait encore de la chaleur en journée, en Écosse, les matinées restaient fraîches surtout cette année où les records de température étaient loin d'être battus.

- Bonjour Albus, lui répondit-elle.

Le directeur lui désigna un fauteuil devant son bureau et l'invita à s'asseoir.

- J'ai bien réfléchi à votre demande, Albus, et j'ai deux propositions à vous faire.

- Je vous écoute.

- Voilà, naturellement j'ai pensé à une épreuve de métamorphose. Il faudrait, alors, changer un objet quelconque en pont pour passer un gouffre, ou un autre pour créer une clé …

Le directeur acquiesça, pensif.

- Ce peut-être une idée à développer, pourquoi pas, oui …

Ils échangèrent un certain temps sur les différentes modalités que l'épreuve pourrait adopter, puis il demanda :

- Et qu'elle était votre deuxième idée ?

- Et bien, j'avoue qu'elle me plaît moins, mais elle a l'avantage d'être, peut-être, plus difficile.

Une fois encore, Albus acquiesça, attendant que sa collègue poursuive.

- Un échiquier.

- Plaît-il ?

- Un jeu d'échec, c'est la deuxième épreuve à laquelle j'ai pensé. Dans sa version sorcière, bien évidemment. Il faudrait gagner une partie pour que le roi vous laisse le passage libre.

Elle vit son vis à vis plisser les yeux.

- C'est une bonne idée, oui …

Il n'eut pas l'occasion de poursuivre car de nouveaux coups furent donnés à sa porte. Il autorisa l'entrée de son visiteur, qui s'avéra être non pas un mais deux visiteurs, et après avoir constaté leur identité, leur intima de s'installer. La professeur McGonagall comprit qu'elle était congédiée quand Albus lui signifia qu'ils en rediscuteraient et, après avoir salué les deux arrivants, s'éclipsa rapidement.

- Rémus, Severus, que puis-je pour vous ?

- Professeur, les saluèrent-ils en retour.

- Nous voudrions vous demander un service, poursuivit le loup-garou.

Severus grimaça discrètement tandis que son ami expliquait la cause de cette demande de dernière minute.

- Cet après midi, j'ai ma convocation annuelle au ministère pour mon contrôle de statut, vous savez … Et normalement, Severus devait garder Harry mais il a reçu un message très tôt ce matin …

- Des Malfoy, indiqua le concerné. Lucius m'a demandé d'emmener Drago sur le Chemin de Traverse après le déjeuner afin de faire ses achats pour la rentrée.

- Si tard dans l'été ? C'est étonnant de sa part.

- En effet, et ne me demandez pas, je ne connais pas la raison de cette organisation, ou plutôt du manque de celle-ci.

Encore une fois, Albus acquiesça pensivement.

- Et donc, reprit Rémus après un silence, Harry serait tout seul, car je ne peux décemment pas le prendre avec moi et Severus ne peut non plus l'emmener à l'extérieur de Poudlard, a fortiori sur une allée marchande aussi bondée que peut l'être le Chemin de Traverse une veille de rentrée !

- Bien sûr, bien sûr. Et bien, je peux me proposer en gardien pour le temps de votre absence, mais j'ai bien peur de ne pas avoir beaucoup de jeux pour un enfant de son âge, ni pour un autre animal qu'un oiseau, j'en ai peur …

- Oh, ne vous inquiétez pas pour ça, Albus. Harry sait s'occuper seul, il fera sans doute une promenade, il faut juste veiller sur lui, qu'il ne lui arrive rien, ou si c'est le cas, que vous puissiez en prendre soin, même en délégant à Mme Pomfresh, par exemple.

- Je vois, et bien si ce n'est que ça, je n'y vois pas d'inconvénient.

Rémus soupira et souffla un « merci ».

- Je vous le déposerai avant de partir, dans ce cas.

Ils s'arrangèrent sur les détails et repartirent.

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L'humain venait de le déposer là, avec son père, au milieu de cette grande pièce aussi colorée que son propriétaire, avec pleins d'objets partout, semblant plus fragiles les uns que les autres. Harry était un peu intimidé. Il n'avait pas bien compris ce qu'il se passait, Moony avait bien tenté de lui expliquer mais il n'avait pas tout saisi. Il avait deviné qu'ils devraient rester ici, puisque ses deux humains étaient partis. Ils devraient sans doute passer l'après-midi avec le vieil humain. Celui-ci les avaient à peine salués, il l'avait porté à bout de bras, tandis que son père suivait à terre, avant de les déposer dans un coin de son bureau.

Oh, bien sûr, Moony avait pensé à leur donner leur couverture, qu'ils puissent dormir s'ils le voulaient, mais lui n'avait rien fait pour eux. Et maintenant, il les observait du coin de l'œil, depuis son bureau, tout en remplissant de très nombreux papiers qui formaient de haute pile devant lui.

Il se sentait très mal à l'aise. Son père dormait et lui s'ennuyait déjà.

Pendant plus d'une demi-heure, il n'osa pas bouger. Il resta couché auprès de son père, immobile, guettant il ne savait quoi. Puis il n'y tint plus. Il ne pouvait rester plus longtemps sous le regard du vieux coloré, à être épié. Il attendit le moment probant.

Quand l'humain se leva pour prendre un livre à l'arrière de son bureau, il en profita pour se carapater.

Ouf ! Enfin libre. Que c'était dur de ne rien faire, prisonnier dans cette pièce si encombrée.

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Harry n'avait pas du voir le temps passer à déambuler dans les couloirs du château, car quand il revint dans le hall, c'est son humain en noir qu'il croisa. Celui-ci l'interpella et le prit dans ses bras, lui donnant quelques caresses tout en remontant dans la direction du bureau du vieil humain.

Ils discutèrent un instant, il récupéra son père et repartit vers les cachots.

Ce qu'il pouvait aimer cet endroit ! C'était calme, personne n'y descendait jamais, il n'y avait jamais croisé un fantôme non plus, il y faisait frais et c'était légèrement humide, comme sous le couvert d'une forêt.

Son humain le déposa au sol, une fois arrivés, et lui donna une coupelle d'eau. Il se jeta dessus en poussant un aboiement joyeux pour le remercier, à la suite de quoi il reçu une nouvelle caresse. Puis l'humain rejoignit son laboratoire.

Après s'être désaltéré – ça faisait du bien après avoir crapahuté tout l'après-midi – il le suivit. Il aimait bien le regarder travailler. Bon, Harry devait avouer qu'il ne pourrait pas le faire autant de temps que l'humain en passait à brasser ses potions. Mais l'observer faire ses aller-retour entre le – parfois les – chaudrons, les étagères, les paillasses, était hypnotisant. Et voir la mixture changer de couleur au grès des ingrédients, fascinant.

Il reconnaissait toutes les plantes, pouvait identifier la plupart des animaux, même en morceaux, et même si parfois il ne savait pas ce qu'était les poudres utilisées, il s'amusait à mémoriser l'addition de certains produits et leur résultat. Leur aspect, leur odeur, étaient bien enregistrés à chaque fois qu'il était le témoin de ces mélange. Et s'il n'avait aucune idée de l'utilité de ceux-ci, mais il était certainement capable d'en refaire plus d'un.

De temps en temps, entre deux jetés d'ingrédients, ou deux touillages, son humain en noir venait lui adresser un mot, lui appliquer une caresse ou le grattouiller sur le ventre ou entre les oreilles.

Moony était descendu à un moment. Il avait du rentrer peu avant car il avait encore sa cape d'extérieure sur le dos, mais il avait, semble-t-il, préféré passer le voir avant de rentrer dans ses appartements. Le voyant avec son humain en noir, il l'avait laissé, il était en confiance.

Harry avait fini par abandonner de suivre la énième potion et était maintenant entré en méditation afin de tenter une transformation. Il s'était installé sur l'une des tables qui bordaient le laboratoire. Elle était vierge de tout instrument ainsi, s'il réussissait, il ne pourrait casser quoi que ce soit.

Assis, les yeux fermés, il se concentra sur sa respiration. Comme les fois précédentes, il attendit plusieurs minutes pour gagner un rythme lent et régulier avant de passer à l'étape suivante. Lorsqu'il vit la lumière jaune, il se « dirigea » vers elle, trottinant doucement. Plus il progressait, plus les contours de l'enfant devant lui se définissaient. Arrivé en face de lui, il l'observa longuement, intégrant tous ses détails. La complexité de la tâche lui prit un autre bon paquet de minutes.

Quand il fut sûr d'avoir bien tout visualisé, il médita à nouveau sur apparence actuelle pour y appliquer toutes les informations qu'il venait de collecter. Un par un, il accola à son corps de renardeau, les détails du corps humain, se métamorphosant peu à peu mentalement. Cette opération lui prit plus de temps que toutes les précédentes, mais quand il y fut parvenu, il se concentra une dernière fois. Il prit une grande inspiration …

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Un « Boum » retentit dans son laboratoire. Il regarda ses chaudrons, aucun n'avait explosé. Il se morigéna, comme s'il lui arrivait de faire exploser une potion aussi simple que de la Pimentine ou une Gorgée de Désenflage.

Levant les yeux au ciel, il balaya du regard la salle pour trouver l'origine de ce bruit.

Déjà, du coin de l'œil, il avait entrevu le problème et sa résolution sous entendait une situation qu'il ne s'attendait pas à devoir gérer. Il se retourna doucement et, constatant ce que son esprit avait deviné, se figea.

Devant lui, sur la table du fond de son laboratoire, un petit corps tout nu gigotait. Il resta un moment sans pouvoir rien faire, bête devant cet état. Puis, après s'être donné une claque mentale, il s'avança rapidement vers ce qui semblait être devenu Harry.

Le petit remuait beaucoup, il devait prendre conscience des dimensions de ce nouveau corps, de ses nouvelles capacités et limites de mouvements. Il l'aida à se redresser mais à peine tomba-t-il face à face qu'il le lâcha subitement.

Non. Le destin ne pouvait pas être si cruel n'est ce pas ?

Il examina plus en détail le visage de l'enfant et recula d'un pas. Si. Le petit avait l'exacte apparence de son père à son âge. Il se retrouvait devant le même visage que celui du James Potter d'il y a 20 ans.

Là, tout de suite, en cet instant, il choisit de fuir. Il ne voulait, ne pouvait affronter le fantôme de sa Némésis maintenant.

Il quitta son pourtant très cher laboratoire et partit, loin. Peut-être ira-t-il faire un tour dans la Forêt Interdite.

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Harry n'avait pas compris ce qu'il s'était passé. Un instant tout allait bien, il avait réussi à prendre volontairement sa forme humaine. Et même s'il n'avait pas tenu sa position assise et s'était écrasé sur le plateau de la table en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, il était fier de lui. Puis, l'instant d'après, tout avait dérapé. Son humain en noir était pourtant venu à son secours, il avait tenté de le redresser, mais peu après que leurs regards se soient croisés, il avait reculé. Il avait semblé presque effrayé.

Il était maintenant seul dans le cachot, il avait bien entendu son humain claquer la porte de ses appartements, et était lui même apeuré par la situation qu'il avait créée. Qu'avait-il pu faire pour ça ? Il en était sincèrement désolé mais il ne comprenait pas.

Du haut de son perchoir, il était bien embêté. Comment rejoindre Moony et son père ?