Merci à tous ceux qui lisent, laissent des messages et m'encouragent. Encore un mini chapitre cette semaine... Je suis désolée mais je suis crevée, mon stage vient de se finir, je déménage demain, ai ma soutenance mardi ... Bref.

Promis, après tout ça, il ne devrait plus y avoir de perturbations avant un petit moment.

Sur ce bonne lecture !

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Chapitre 15

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Samedi était arrivé. Une semaine s'était écoulée depuis l'arrivée des élèves à Poudlard. C'était à la fois fou et tellement banal. La semaine était passée comme toutes les précédentes, faisant ses recherches, Rémus restait la plupart du temps dans ses quartiers, rééduquant Harry, lisant, mangeant, dormant, … Mais croiser les élèves et les professeurs dans cet endroit où il avait passé ses meilleurs années, l'avait ramené dans un temps si lointain et pourtant si présent dans ses pensées qu'il avait du mal à ne pas plonger dans une marée de nostalgie. Il devait garder la tête hors de l'eau. Pour Harry.

Le petit était à l'instant même dans ses bras, sous sa forme humaine, essayant de se tenir assis.

C'est bien Tiny, continue, redresse-toi encore un peu.

Il lâcha progressivement le petit corps nu et tendit ses bras pour le tenir simplement avec ses mains par les épaules.

- OK, maintenant tu vas essayer de tenir en équilibre. Tu l'as déjà fait, tu dois juste te rappeler que ton centre de gravité n'est plus le même. Voilà, doucement, dit-il en accompagnant ses mouvements.

Harry se tint seul assis un moment et tint bien, mais dès qu'il changea de position son équilibre précaire se rompit et il tomba. Rémus le rattrapa avant qu'il ne se fasse mal et lui murmura gentiment, pour le rassurer :

- C'est bien, tu progresses, tu y arriveras. Il te faut encore un peu d'exercice mais ça viendra.

Il lui fit un câlin et lui demanda :

- Et si tu passais un t-shirt ?

Tiny poussa un petit cri plaignant et le loup-garou en rit.

- Oui, oui. Je sais, tu n'aimes pas ça, mais je te l'ai déjà expliqué. Si ce n'est pour les conventions, les vêtements te porteront chaud ! Aujourd'hui, tu ne te plains pas, mais attends de voir l'hiver.

Concluant sur ces bonnes paroles, il se releva et alla chercher une chemise qu'il avait achetée en prévision de ce jour. Il fouilla un instant dans la grande armoire de la chambre vide et y dénicha une qu'il pensait assez ample pour qu'elle n'étouffe pas Harry mais à sa taille, tout de même.

Il revint dans la salle de séjour et trouva son protégé au sol, là où il l'avait laissé, mais des larmes avaient envahi son visage.

- Oh, Harry. Tout va bien.

Il s'approcha rapidement, s'agenouilla à ses côtés et le prit dans ses bras, le berçant doucement.

- Harry, je vais t'aider, je ferais tout ce qu'il faut et tu y arriveras. Il te faut juste encore un peu d'exercice, je te le promets.

Il libéra un de ses bras, tira sa baguette et « appela » un mouchoir d'un accio. Doucement, il essuya les pleurs.

- Et si tu essayais de prononcer quelques mots, hein ? Bon, d'abord, enfile cette chemise et après on s'entraînera.

Rémus lui prit un bras et, s'aidant d'un sort de lévitation, passa le vêtement à l'enfant avec des gestes délicats. Il se releva avec Harry dans les bras et le porta jusqu'à un fauteuil auquel il avait ajouté une ceinture pour maintenir le corps de l'enfant droit.

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Harry grogna d'inconfort. Il n'aimait pas le contact du tissu et encore moins ces lanières qui le restreignait dans ses mouvements. Ça lui piquait la peau, c'était lourd et les froissements du tissu étaient incroyablement gênants. Moony l'avait mis dans cette chaise de torture la veille déjà et il n'avait pas plus apprécié. Il ne savait pas s'il s'y ferait un jour et c'est pour cette raison qu'il essayait de toutes ses forces de tenir enfin debout.

Il DEVAIT réussir à marcher le plus rapidement possible. Il n'en pouvait plus d'être dépendant de Moony, aussi gentil et aimant soit-il, pour le moindre geste. Toute la semaine il n'avait cessé de se transformer et de se faire les abdominaux pour tenir assis. Il réussissait aujourd'hui à se maintenir à peu près droit mais dès qu'il bougeait, il tombait et ça avait le don de l'exaspérer.

Il admirait sincèrement son humain. Il était d'une patience et d'une tolérance exemplaire. Lui aurait pété les plombs depuis longtemps. Oh, il était capable de patience, de stratégie, et tout le tintouin … Mais il préférait quand il y avait des résultats derrière.

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Rémus observait Harry et s'inquiétait. Il fallait qu'il fasse des progrès très vite parce que s'il se décourageait, il avait peur de ce dans quoi il pourrait plonger.

Il souffla un bon coup, s'arma d'un sourire rassurant et s'avança vers Tinypaw avec tous les conseils lus dans les bouquins d'orthophonie qu'il avait compulsés.

Et ils y passèrent la matinée : exercices de prononciation, de placement de langue … Jusqu'à l'heure du repas où il décida que c'était assez pour la journée. Harry avait réussi à prononcer quelques voyelles mais seuls ces sons encore et toujours suraigus sortaient de sa bouche et ça les désespérait tous les deux. Non. Il ne devait pas devenir pessimiste. Optimisme devait rester son maître mot.

Il soupira. Il espérait que Kingley arrive vite pour leur changer les idées à tous les deux. Chose qui, Merlin merci, arriva à peine un quart d'heure plus tard. La cheminée s'alluma soudainement d'un flamboyant brasier vert émeraude laissant apparaître un grand homme à la peau noire et au crane rasé, habillé d'une belle robe violette relevée de fils dorés.

- 'Ley ! Ça fait plaisir de te voir !

- Rem !

Les deux amis se prirent dans les bras et le nouvel arrivant se dirigea plus avant de l'appartement. Kingsley se dirigea vers le fauteuil où était toujours assis dans sa « chaise de torture ».

- Harry ! S'exclama-t-il en se penchant pour l'étreindre. T'es magnifique mon garçon, montre moi ton joli minois.

Il lui prit le visage en coupe et l'observa.

- Tes yeux ressortent encore mieux avec ta bouille d'ange.

L'enfant loucha un peu mais sourit et Kingsley lui répondit avec joie en lui ébouriffant les cheveux.

- Alors, mon beau. Qu'est ce que tu as fait aujourd'hui ? Rem me tient au courant par lettre de tes progrès, tu sais ? Je suis fier de toi, petit.

Et ces simples mots valurent tout le mal que s'était donné l'enfant.