Bonjour à tous et merci pour avoir lu, commenté, et m'avoir encouragé ! Moins de message cette semaine (pourquoi, dites moi, je suis toujours ouverte à toute critique !) mais plus de fréquentation alors je suis contente ! J'espère que ce chapitre vous plaira, on y voit le retour d'un personnage qui fait beaucoup parler …

Sur ce, bonne lecture !

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Chapitre 16

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Suite aux mots de son humain n°3 – il se demandait, au passage, où pouvait bien être passé son n°2 – Harry gesticula dans sa chaise pour se défaire de son emprise. Il n'avait qu'une seule envie, se faire câliner par le papouilleur professionnel qu'était 'Ley. Même sous forme humaine ce devait être agréable.

Ce dernier du comprendre son intention car il s'approcha de nouveau pour déboucler la ceinture et, dans le processus, son visage passa à quelques centimètres du sien. Harry ne manqua pas l'occasion et lui asséna un coup de langue.

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Kingsley fut surpris par cette attaque, il recula et observa l'enfant les yeux écarquillés. Rémus, derrière lui, éclata de rire.

- Ça surprend, n'est ce pas ?

- Mais, que …

- Ça fait partit des choses qu'il va falloir lui apprendre, le comportement en société. Cependant, c'est loin d'être ma priorité.

L'Auror acquiesça, toujours un peu choqué.

- Nous sommes en train de voir comment se tenir droit et se déplacer seul. C'est déjà un bon début. Quand il pourra le faire, le reste suivra, mais son autonomie est mon premier objectif. Je sais combien il est frustrant de devoir dépendre de quelqu'un et plus vite il apprendra à faire les choses par lui même, plus vite il s'épanouira.

Encore une fois, Kingsley approuva. Puis, se ressaisissant, il entreprit de finir ce qu'il voulait faire. Quand il eu défait les liens qui maintenait le petit corps, toujours vêtu de la simple chemise qui le couvrait jusqu'en haut des cuisses, il le retint dans ses bras pour qu'il ne s'écroule pas, tel qu'il était parti pour le faire, après qu'il se soit élancé vers lui.

- Doucement, mon beau. Tu risquerais de te faire mal.

Il passa une main sous ses fesses et le souleva. Une fois dans ses bras, il le serra contre lui et l'enfant enfonça sa figure dans son cou.

- Il adore littéralement être porté et lover son visage dans les endroits chauds. Tu as de la chance, il a choisi ton cou, commenta Rémus avec un sourire attendri.

- Même s'il est moins léger sous sa forme humaine, il reste assez petit pour son âge. Bien qu'il soit assez musclé, c'est fou comme son petit corps est nerveux.

- J'imagine qu'il le doit à sa vie dans la forêt.

- Tu dis que j'ai de la chance qu'il ait choisi mon cou, aurait-il réitérer ses manies de fourrer son museau dans les endroits les plus gênants ? Pouffa l'Auror.

Le loup-garou rougit fortement à ce rappel. Il avait mentionné à son ami le geste qu'avait eu Harry la veille de la rentrée et Kingsley s'était bien gaussé de sa gêne.

- Non, se dépêcha-t-il de répondre. Mais je m'attends à ce qu'il le refasse. Et avoir une tête coincée sous ton aisselle est tout aussi embarrassant.

Son ami éclata de rire, faisant tressauter Harry qui releva la tête, curieux. Kingsley en profita pour appliquer un bisou sonore sur la joue ronde présentée sous son nez. Le geste laissa l'enfant perplexe mais il dut le prendre bien car il lui répondit par de nouveaux coups de langues sur tout le visage, ce qui eut pour effet de relancer le rire des deux adultes.

- OK, OK, petit. J'ai compris, pouffa l'Auror à bout de souffle.

C'est alors que Harry les surprit tous les deux. Avec un immense sourire il prononça un « Li », certes un peu strident, mais un « Li » tout de même.

Rémus et Kingsley restèrent sidérés. Harry fut même légèrement inquiét de leur réaction car il rentra la tête dans ses épaules, geste qui pour effet de réveiller l'Auror. En réponse, il le serra plus encore contre lui.

- C'est bien, mon grand. Oui, tu as raison. Je m'appelle 'Ley.

Et Rémus s'approcha aussi pour lui ébouriffer les cheveux et lui caresser la joue.

- C'est super Tiny, tu as réussi à dire ton premier mot ! Je suis si content pour toi.

Son sourire faisait trois fois le tour de son visage et c'est les yeux brillants de fierté qu'il plongea dans les yeux noirs de son ami.

- Je suis un peu jaloux, tu sais, dit-il en plaisantant. Il a dit ton nom avant le mien.

Kingsley pouffa et rétorqua :

- Maman poule !

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Severus brassait sa énième potion de la journée. Machinalement, il reproduisait des gestes, mille fois conduits depuis qu'il était enseignant. Il les faisait sans réfléchir, se perdant dans ses pensées, la plupart du temps. Quelques fois, il s'adonnait à la réalisation de confections plus difficiles, plus complexes, mais depuis cet été, il avait mis en pause ses recherches. Depuis l'arrivée de Harry à Poudlard.

L'arrivée de Harry avait chamboulé sa routine. Il n'avait pas passé une journée sans rendre visite au renardeau qui habitait avec l'homme qu'il avait appris à considérer comme un ami durant ces sept dernières années.

Cependant, la transformation de l'enfant l'avait replongé dans de tels mauvais souvenirs qu'il avait préféré fuir sa présence cette dernière semaine. Revoir le visage de son ennemi d'enfance l'avait ramené en des temps où sa vie était des plus désagréables. Entre le harcèlement des Maraudeurs à l'école et les mauvais traitements de son père quand il rentrait chez lui l'été, ce n'était définitivement pas une période de sa vie qu'il aimait se rappeler.

Pourtant, le renardeau avait été un tel rafraîchissement dans son quotidien au château. Il était curieux, mais respectueux, un peu maladroit, mais attentionné, bref. Il ressentait une véritable affection pour la boule de poils et il en avait été le premier surpris.

Repenser à Harry l'amena à revoir sa réaction lors de sa transformation dans son laboratoire. Il avait été stupide, même s'il ne le reconnaîtrait jamais et tant pis pour Rémus. Bien sûr qu'il le savait. Seulement, comment aurait-il pu aider Harry alors que lui même n'était pas dans son état normal. Une petite voix au fond de sa tête lui souffla le mot « adulte » mais il la repoussa rapidement, toute sa mauvaise foi refaisant surface en même temps.

Un « blop » retentit. Il baissa la tête vers la mixture sous ses yeux. Elle avait maintenant une belle couleur violette et fumait abondamment. La potion pour nettoyer les blessures était prête. Il fit venir à lui plusieurs fioles en verre d'un geste de sa baguette et s'appliqua à les remplir du contenu de son chaudron.

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- Et si on inaugurait ton lit, ce soir ? Proposa Rémus à Harry en le voyant bailler pour la quatrième fois en quelques minutes.

L'enfant, assis sur les genoux de son ami dans le canapé du coin salon papillonna des yeux avant de fixer difficilement son regard sur lui. Il secoua la tête maladroitement de bas en haut et prononça un « ou-i » aigu.

Ils s'étaient entraînés dans l'après-midi à varier les consonnes qui accompagnaient les quelques voyelles que Harry arrivait à produire. Il maîtrisait les sons « a », « ou » et « i » et arrivait à faire des « pe » ou encore « me ». Malheureusement, le « Li » énoncé avait été un simple coup de chance et n'avait pas été reproduit. En outre, Rémus avait pris sa revanche quand il avait réussi à faire dire à leur petit protégé un « Mou-i », largement interprété de l'avis de Kingsley. Le loup-garou, lui, n'en démordait pas, Harry l'avait appelé « Moony ».

Il se leva et prit l'enfant dans ses bras. Aussitôt, Tinypaw lova son nez sous son menton. Il le porta jusqu'à la chambre, dont l'Auror ouvrit la porte pour leur permettre le passage, et déposa le corps déjà à moitié endormi sur le matelas où les couvertures avaient été momentanément retirées par Kingsley qui les avait précédé pour facilité le couchage de leur petit protégé.

Son ami borda Harry, remontant les draps jusque sur ses épaules, en faisant attention à ne pas les bloquer sur les côtés de sorte qu'ils permettent des mouvements amples à l'enfant qui ne manquerait pas de paniquer si ce n'était pas le cas. Rémus avait pris soin de lui retirer sa chemise avant, elle ne ferait que le gêner s'il se retransformait comme à son habitude pendant la nuit. Ce qui, d'ailleurs, ne tarda pas à arriver. Harry avait à peine poussé un soupir de contentement que son corps reprenait la forme d'un renard.

- Je me demande quand ce réflexe cessera, chuchota l'Auror en caressant doucement la fourrure noire.

Rémus resta silencieux, observant la boule de poils qui s'était recroquevillé le museau sous l'oreiller. Il haussa les épaules et fit signe à son ami de quitter la pièce.

- Bonne nuit, mon grand. Fais de beau rêve, murmura Kingsley en se relevant.

Le loup-garou s'approcha à son tour et lui chuchota tout près de son oreille, qui s'agita un peu en réponse :

- À demain, mon cœur.

Et l'Auror sourit, amusé et attendri.

En sortant, ils croisèrent Fox. Le vieux renard vint se coucher au près de son fils. Le loup-garou sourit et referma la porte pour ne pas gêner leur sommeil avec leurs conversations, même s'il doutait que ça puisse réveiller la marmotte qu'était Harry.

- Maman poule, répéta l'Auror pour la troisième fois de la journée.

Rémus, très mature, lui répondit en lui tirant la langue et Kingsley pouffa, se réinstallant dans le canapé.

- Vieil Auror, rétorqua le loup-garou, joueur, en s'installant à ses côtés.

- Je n'ai que six ans de plus que toi, s'insurgea faussement l'Auror en question, accompagnant sa réplique d'une gentille bourrade.

- C'est bien ce que je dis, s'amusa le plus jeune.

Kingsley captura la tête de son voisin d'un geste vif et la coinça sous son bras puissant afin de le décoiffer efficacement. Rémus essaya bien de protester mais toutes ses paroles étaient étouffées par la robe de l'Auror et il avait beau se débattre, rien n'y faisait.

- Alors, microbe, on dirait bien que le « vieil Auror » a plus d'énergie que le jeunot !

Il finit par relâcher son prisonnier au bout de quelques minutes et lui déclara d'un ton fier :

- Ce n'est pas parce qu'on vieillit, que l'on doit vivre en vieux, mon cher ! Et avec mon métier, j'ai plutôt intérêt à me tenir en forme.

Et Rémus ne pu qu'acquiescer. Combien de fois avait-il pu s'inquiéter pour son ami en mission, il ne pouvait le compter, mais il remerciait sincèrement Merlin d'avoir une excellente condition physique.

- Ne me regarde pas comme ça, Rem. Tu sais à quel point j'aime mon métier, dit-il avec douceur après avoir vu l'expression de son ami se perdre et s'attrister.

Le loup-garou le regarda avec un air un peu penaud.

- Je sais. Je sais, souffla-t-il. James et Sirius aussi aimaient être Auror, combattre le mal, lutter pour la justice, aider les plus faibles …

Ses mots se perdirent dans le silence de ses appartements. Il poussa un soupir un peu tremblant avant de s'excuser.

- Je sais que ce n'est pas tant le risque que je prends au travail que ton inaction forcée qui te peine. Et j'en suis sincèrement affligé, tu es vraiment une belle personne, Rémus. Ta condition t'a longtemps interdit de faire ce que tu voulais, mais aujourd'hui tu as l'occasion de prendre ta revanche.

Le loup-garou releva la tête, interrogateur. Kingsley lui prit les mains, les emprisonnant dans une poignée forte et réconfortante, avant de répondre avec un sourire encourageant.

- Tu es parent, maintenant. Harry compte sur toi et, dans quelques années, et déjà aujourd'hui, il sera le reflet de ton éducation et tous pourront voir quel sorcier accompli tu es.

Rémus eut les larmes aux yeux après ce plaidoyer. Il renifla et pouffa.

- Harry va devenir un rat de bibliothèque pleurnichant, se moqua-t-il de lui même.

Et Kingsley rit bien volontiers pour détendre l'atmosphère.

- S'il devient un rat de bibliothèque au moins aussi gentil et droit que toi, alors tu pourras en être très fier. De toute façon, je ne crois pas que tu réussisses à garder Harry enfermé trop longtemps.

Le loup-garou s'esclaffa.

- Non, pour sûr, notre petite terreur est un peu trop sauvage pour ça.

Les deux hommes passèrent la soirée à discuter avant de préparer un lit dans la pièce principale, puisque la chambre était occupée ce soir. L'Auror avait son week-end et voulait en profiter pour le partager avec son fils adoptif et son ami.