Bonjour à tous, merci beaucoup pour les messages laissés et les encouragements donnés ! Merci de lire toujours :) Et désolée pour les retards de cette semaine, j'ai pas encore internet chez moi (problème que sera réglé jeudi soir si tout ce passe bien !) Au fait, on a passé les 200 reviews ! Merci !
Sur ce bonne lecture !
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Chapitre 17
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C'est un « boum » légèrement atténué qui réveilla l'Auror en sursaut.
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Harry se réveilla et constata qu'encore une fois il avait repris sa forme de renardeau pendant son sommeil. Ses mouvements dans les draps, attirèrent l'attention de son père et celui-ci l'interrogea du regard.
- Bonjour papa !
- Bonjour, fils. Toujours pas réussi à rester humain après la nuit, je vois.
- Non, répliqua le renardeau ennuyé.
- Ça viendra, tu as déjà fait d'énormes progrès hier. Je suis fier de toi.
Le vieux renard entreprit de faire la toilette de son fils à longs coups de langue et Harry en ronronna de bonheur. Il adorait que son père s'occupe de lui.
- J'aimerais bien aller voir Touffu, aujourd'hui. Ça fait longtemps que je ne suis pas allé lui rendre visite. Je suis le seul qui va le voir, tu sais, et il est vraiment triste. Il s'ennuie tellement ! Je l'aime bien, vraiment ! Il est très drôle et il connaît tellement d'histoires fantastiques !
Fox s'arrêta un instant et commenta avant de finir sa tâche :
- C'est qu'il a sûrement déjà beaucoup vécu, sais-tu quel âge il a ?
- Non, c'est vrai. Je lui demanderais, alors. Et je lui montrerais comment j'arrive à me transformer aussi, je suis sûr que ça l'impressionnera !
Son sourire se tarit lorsque ses pensées dévièrent vers une autre personne qu'il n'avait pas vue depuis longtemps.
- Papa, tu crois que Severus ne m'aime plus ?
Fox regarda son fils avec peine. Son petit lui avait conté toutes ces après-midis en compagnie de l'homme en noir qui sentait si fort les plantes. Harry aimait vraiment sa présence et son odeur, et son lieu de travail lui rappelait tant leur terrier.
- Je ne sais pas, fils. Peut être est-il trop occupé en ce moment, toi même disais souvent qu'il ne t'accordait pas beaucoup d'attention quand tu allais le voir.
- Oui, mais il me laissait quand même pénétrer dans son laboratoire et je pouvais rester à l'observer sans le gêner.
Son père sourit un peu tristement et lui demanda, pour changer de sujet :
- Et si tu t'exerçais à te tenir droit ce matin. Et peut être pourrais-tu aussi essayer de te déplacer à quatre pattes, c'est sûrement plus facile que sur deux !
Harry acquiesça, acceptant de passer à autre chose. Cogiter sur quelque chose qu'il ne pouvait de toute façon pas influencer, ne le frustrerait que plus encore, même si ça le chagrinait. Il alla s'asseoir un peu plus loin sur le tapis de la chambre et se concentra. Sa métamorphose se fit assez rapidement et, une fois sa conscience reprise après quelques secondes d'étourdissement, il roula sur le côté. Là, il se concentra sur ses membres afin de les placer correctement pour pouvoir pousser sur ses bras et obtenir la bonne position. C'est fou comme son corps pouvait être lourd.
Ses bras fins et musclés tinrent correctement. Il se concentra alors sur ses jambes pour les ramener sous son ventre. Il parvenait assez bien à contrôler ses membres quand ils étaient la cible de son attention. C'était l'étape suivante qui lui posait le plus de problème. La coordination des mouvements était quelque chose de complexe qu'il ne se rappelait pas avoir eu à apprendre étant petit et qui lui semblait pourtant naturelle sous sa forme de renard. Son corps d'enfant, lui, était beaucoup plus imposant et le maîtriser paraissait à Harry être un défi de plus.
Il prit une grande inspiration, fronça les sourcils de concentration et focalisa toute son attention sur le déplacement de ses bras, de ses jambes. Il réussit à faire un pas, puis deux et finalement à parcourir la moitié de la pièce. Ce n'était pas si différent que courir avec ses pattes, il fallait juste adapter sa foulée avec sa nouvelle taille. Oh, bien sûr, il était beaucoup moins rapide sur ses genoux que sur ses coussinets, et beaucoup moins adroit aussi, mais c'était déjà un tel soulagement que de pouvoir se déplacer seul à nouveau qu'il en devint euphorique.
Euphorie qui lui fit perdre sa concentration et chuter.
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Kingsley se leva rapidement, quittant son état somnolant en quelques secondes, devenant alerte, et tendit l'oreille. Il était persuadé que le bruit venait de la chambre du petit. Afin de vérifier si tout allait bien, il se dirigea vers celle-ci et entrouvrit la porte. Derrière elle, il trouva le renard et Harry allongés au milieu de la pièce. Le premier appliquant des léchouilles sur le flan et le visage de l'enfant.
- Et bien, qu'est ce qui t'est passé par la tête quand tu as décidé de faire des galipettes dès le lever ?
L'Auror pouffa et s'agenouilla aux côtés de Harry. Il vérifia tout de même son visage et constata avec soulagement qu'il n'y avait pas de larmes qui venaient barbouiller le petit minois de son protégé. De ses bras puissants, il le redressa et le tint contre son large torse, auprès duquel Harry paraissait encore plus petit et chétif. Celui-ci en profita pour léchouiller le dessous de son menton et le bas de sa joue, seuls bouts de peau accessibles pour lui. Kingsley le serra un instant dans une forte étreinte puis appliqua un léger baiser sur le haut de son crâne, au milieu de son nid d'oiseau qui lui faisait office de cheveux, puis le redressa pour tester son équilibre.
- Attention, petit, je te lâche.
Il retira très lentement son maintien et Harry du tenir à genoux, les fesses sur les talons, avec pour seul appui la main de l'adulte dans le dos. Il trembla un peu, Kingsley lui prit les coudes pour les porter à hauteur de tête afin que l'enfant se rende compte de son centre de gravité et du meilleur équilibre qu'il pouvait obtenir en augmentant la place prise par son corps. Harry vacilla avant de tomber dans les bras de l'Auror qui se releva dans la foulée. Il porta le petit corps toujours nu jusqu'à son armoire où il réussit à extraire un large t-shirt qui lui conviendrait et déposa sa charge pour le lui enfiler.
Enfin prêt, le grand sorcier le regarda avec un brin de fierté dans les yeux. Après une bonne minute d'observation, pendant laquelle l'enfant se sentit quelque peu perplexe, il le mena dans la pièce à vivre en le prenant dans ses bras. Il passa ceux de Harry autour de son cou, afin qu'il s'y accroche, et l'enfant y enfouit son visage. l'Auror en profita pour le câliner un peu avant de le placer dans la chaise avec la sangle et de s'attabler à ses côtés.
- On va manger en tête à tête, chuchota Kingsley en adressant un clin d'œil à l'enfant. On va laisser Rémus dormir, ça lui fera du bien pour une fois d'avoir un peu de temps pour lui, qu'en dis-tu ?
Il n'était pas certain que Harry ait compris mais il souriait donc l'Auror prit ça pour un « oui ».
- Alors. Bon, fit-il concentré. Il paraît que tu ne manges pas encore d'aliments solides.
Il contempla la table sur laquelle s'étalaient mille mets, certainement apportés par un elfe de maison pendant qu'ils étaient encore dans la chambre.
- Si je t'écrase quelques fruits, ça te convient ? Demanda-t-il.
L'enfant acquiesça avec ces gestes un peu brusques et saccadés qui le caractérisaient et prononça un faible « ou-i ». Kingsley sourit franchement et entreprit de faire de la purée de banane, de pêche qu'il mélangea à un peu de yaourt, y ajoutant une cuillerée de sucre.
- Goûte moi ça, tu m'en diras des nouvelles.
Il tendit une bouchée dans une petite cuillère en bois et Harry engloutit son contenu rapidement. À peine l'avait-il avalé que déjà il rouvrait la bouche en grand, réclamant explicitement « encore ! ».
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L'Auror avait fini par confectionner un biberon de chocolat chaud, que son protégé avalait goulûment, quand Rémus pénétra dans la salle, un petite heure après leur propre arrivée à table. Il se frottait les yeux, les cheveux désordonnés et en peignoir.
Il bailla fortement et s'assit auprès d'eux machinalement avant de réaliser son environnement. Il observa tour à tour ses deux colocataires, les yeux encore plissés par le sommeil, comme s'il tentait de se souvenir le pourquoi et le comment de la situation. Jusqu'à ce qu'il entende un gloussement. Il se concentra sur le visage de son ami pour constater que celui-ci se retenait difficilement de rire ouvertement.
- Tu verrais ta tête, Rem.
Le loup-garou grogna quelque chose d'indistinct et Kingsley éclata de rire. La pauvre victime mal réveillée allait lever les yeux au ciel quand il entendit un bruit rauque entrecoupé de plus petits suraigus. Il mit plusieurs secondes à réaliser que c'était Harry qui riait, que c'était la première fois qu'il le voyait rire. Et si le son était incongru, l'expression de son visage était telle qu'elle éclairait toute la pièce et plus encore.
Il chercha le regard de son ami, il devait partager cet événement avec quelqu'un, mais celui-ci était déjà en train de le fixer avec un petit air de « je te l'avais bien dit » mêlé à de la tendresse et un soupçon de fierté. Il ne put s'empêcher de rougir, mais ça ne tarit en rien le sourire béat qu'il affichait.
- Ton rire est tellement communicatif, 'Ley, qu'en vérité je suis sûr que Harry se moque de toi, dit Rémus pour reprendre contenance et tenter de renverser la situation.
Cependant, l'Auror remporta tout de même la joute en répliquant :
- Si mon rire produit cet effet sur vous deux, je veux bien recommencer autant de fois que je le peux.
Et cette fois Rémus leva vraiment les yeux au ciel.
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Toujours attablés, les deux adultes regardèrent Harry quitter l'appartement sur ses quatre petites pattes velues. Rémus soupira fortement, ce qui attira l'attention de Kingsley.
- À quoi penses-tu, Rem ?
Le loup-garou garda son regard posé sur la porte, à présent fermée, et répondit d'une voix un peu triste :
- J'espère que Severus reviendra bientôt à de meilleurs sentiments et qu'il n'oublie pas Harry.
Il raconta leur dispute lors de leur dernier échange et l'Auror grimaça.
- Severus peut être incroyablement dur avec de simples mots et il n'a pas sa langue dans la poche.
- Certes, mais il a plus d'une raison d'être amer. Sa vie est loin d'être un long fleuve tranquille, tu sais. Je ne te raconterai pas tout ce que je sais, certains éléments m'ont été confiés et je ne veux pas trahir ses secrets. Il a beau être une tête de mule, c'est un ami précieux et il n'accorde pas sa confiance facilement.
Kingsley acquiesça, compréhensif.
- Il n'a pas eu une tendre enfance et son adolescence, grâce à nos bons soins, n'a pas été meilleure. Merlin, si tu savais comme je m'en veux encore d'avoir été si cruel.
- Toi ? Cruel ? Je ne te crois pas une seule seconde, Rem.
- Je ne l'ai peut être pas été personnellement, mais j'ai assisté à toutes les scènes d'humiliation qu'il a subi de la main de James ou pire, de Sirius. Sirius pouvait être d'une cruauté sans pareil avec Severus. Je crois qu'il rejetait toute la haine qu'il avait envers sa famille sur lui, et lui non plus n'a pas eu une enfance toute rose. Bref. J'y assistais sans intervenir et c'est pareil. Je me sens coupable. Surtout … Surtout pour ce soir là …
L'Auror, qui avait posé une main sur l'avant bras de Rémus pour le soutenir, au moins moralement, dans son récit qui paraissait loin d'être simple, fronça les sourcils. Qu'avait-il pu se passer de si grave pour que le loup-garou s'en veuille autant ?
- C'était un soir de pleine lune, murmura le plus jeune le regard vissé dans celui de son ami. Je ne sais pas ce qui est passé par la tête de Sirius, mais je peux t'assurer que pour le coup je lui en ai énormément voulu. Si James n'avait pas été là … Sirius a lancé une sorte de défi à Severus. Il a laissé entendre, à portée d'oreille de son ennemi, que nous serions dans la cabane hurlante le soir même. Je t'ai déjà expliqué que James, Sirius et Peter passaient ces nuits avec moi, sous leurs formes animagi afin que je ne les attaque pas. Sauf que Severus n'est pas un animagus et qu'il ne savait pas pour mon … « problème de fourrure ». Il a bien failli mourir sous mes crocs. Heureusement que James fut plus raisonnable et réussit à éviter le pire.
Rémus avait le regard qui s'était perdu un peu lors de son récit et maintenant il fixait ses yeux ambres sur ses mains nouées ensemble, retenant comme il le pouvait les larmes qui s'y accumulaient. Kingsley, lui, passait et repassait sa main sur toute la longueur de l'avant bras de son ami, tentant comme il pouvait de le réconforter. Le silence s'étira un peu jusqu'à ce que le blond se recompose, souffle un bon coup et reprenne :
- Et puis après, à sa sortie de Poudlard, et bien … Tu connais la suite.
L'aîné acquiesça. Il comprenait un peu mieux la relation qui liait ses deux amis.
Un autre silence s'imposa, pendant lequel chacun des deux hommes était perdu dans ses pensées, lorsqu'un hibou cogna son bec contre la vitre. Ils sortirent de leur torpeur et Rémus se leva pour réceptionner le colis que l'oiseau tenait à sa patte.
Une fois le volatile reparti et la fenêtre refermée, il ouvrit le petit paquet et y découvrit une paire de lunettes rondes à la monture métallique fine et argentée. Rémus les contempla un instant et Kingsley s'approcha pour mieux les voir.
Ce dernier commenta alors :
- Elles ne ressemblent pas du tout à celles que portait James.
L'autre approuva et ajouta :
- J'espère que ça suffira à atténuer sa ressemblance avec son fils.
