Bonjour à tous ! Merci à tous les reviwers (surtout ceux auxquels je ne peux répondre personnellement par mp), merci pour vos commentaires et encouragements ! Merci aux lecteurs qui m'ont en favoris ou followers ! Merci aussi aux lecteurs furtifs ^^

Voici un nouveau chapitre un peu différent des précédents, vous comprendrez dès les premiers paragraphes ... Et un petit indice pour la suite dans la dernière partie (suivez la grosse flèche clignotante ^^).

Sur ce bonne lecture !

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Chapitre 19

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Voilà treize jours exactement que Albus déambulait dans les couloirs de son école et qu'il ne trouvait rien, pourtant la protection de la pierre était dans son esprit à longueur de journée et de nuit. Chaque soir, il faisait une ronde. Il avait pris le tour de nombreux professeurs – aucun ne s'en était plaint – et il profitait de sa marche pour réfléchir. Le château était tellement grand qu'il était encore loin d'en avoir parcouru l'entièreté. Il procédait niveau par niveau, ne délaissant aucune salle, ni couloir ou escalier.

En ce deuxième jeudi de septembre, il en était arrivé au quatrième étage. Il sortait à l'instant d'une énième salle, l'avant dernière d'un long couloir, après quoi il irait se coucher, laissant la suite pour un autre jour.

Le directeur avait à peine entrouvert la porte que déjà un reflet lumineux attira son œil. Pénétrant plus en avant dans la pièce, il découvrit un grand miroir, ou plutôt une psyché, magnifiquement ornementé. Il en fit le tour, l'étudiant, avant de regarder son reflet de plain pied. Cependant, il sut tout de suite que ce miroir n'était pas qu'une simple glace reflétant une pâle image de soi, car il n'était pas seul, là, devant lui. Or, après une rapide vérification, il savait que c'était le cas dans la pièce.

En plus de son propre reflet fidèle, un homme aussi grand que lui, mais paraissant bien plus jeune, se tenait à ses cotés. Grand blond aux yeux d'un bleu aussi perçant, si ce n'est plus, que les siens. Un homme sorti d'un autre temps avec sa robe démodée bien que d'un chic incontestable. Autour d'eux, il y avait un autre homme qui lui ressemblait beaucoup et presque aussi vieux, ainsi qu'une demoiselle. Une demoiselle aux traits doux, aux cheveux blonds comme les blés et surtout beaucoup plus jeune que tous les autres protagonistes de cet étrange tableau. Elle avait à peine une quinzaine d'années.

Albus Dumbledore – sorcier puissant et courageux de son état – retint un hoquet et des larmes s'accumulèrent au coin de ses yeux. Ces derniers avaient perdus tout leur pétillement habituel. Plus aucune joie n'y était reflétée, seulement de la tristesse. Une infinie tristesse qui lui coupa le souffle et le fit reculer de plusieurs pas. Il s'appuya contre une colonne de pierres qui se trouvait au milieu de la pièce pour soutenir l'une des innombrables voûtes qui décoraient le château ancestral. Elle le soutint plusieurs minutes avant qu'il ne prenne une grande inspiration. Il ferma les yeux, se reprit, se recomposa et finit par se redresser.

L'homme représenté à ses côtés était Gellert Grindelwald. Le mage noir du siècle dernier. Celui qu'il avait tant aimé par le passé et qui avait détruit sa vie plus efficacement que Tom Jedusor, alias Voldemort. Heureusement, il ne s'était pas attardé sur son image. Il ne pouvait plus supporter sa vue depuis la mort de sa jeune sœur, la demoiselle présente à ses côtés, par sa faute.

À peine avait-il reconnu leurs images dans la glace, qu'il s'en était éloigné, mais leurs souvenirs étaient vivaces et toujours aussi douloureux. L'amour et l'admiration qu'il avait porté à Gellert, la puissance qu'il recherchait avec lui à cette époque – certes pour de bonnes raisons, le concernant, « pour le plus grand bien » –, mais qui l'avait conduit à des actes qui frôlaient la magie noire, lui étaient encore aujourd'hui amer. La mort accidentelle de sa sœur lors d'un combat puéril et la haine de son frère qui en avait découlé, alors qu'ils n'étaient que des adolescents, le blessaient toujours aussi profondément et les voir, là, réunit dans ce même cadre …

Il se secoua la tête. Il n'avait pas vu son frère depuis dix ans, bien que ce dernier loge tout près du château, ils s'évitaient tant que possible. Quant à Gellert, voilà bientôt cinquante ans qu'il avait vaincu cet homme. Et bien qu'il soit toujours vivant, il était mort pour lui en 1945, lorsqu'il avait été incarcéré à Nurmengard. Sa sœur, elle, les avaient quittés depuis plus de cent ans, maintenant, et même si la culpabilité ne l'avait jamais quitté, il avait appris à vivre avec.

En évitant son reflet, Albus détailla le psyché pour trouver un indice sur son origine ou une marque de son créateur qui l'informerait de ses pouvoirs. C'est là qu'il lu une phrase inscrite sur le cadre supérieur. Une phrase qui, de premier abord, ne semblait rien signifier, mais, en s'y attardant, révélait ses secrets.

« Je ne montre pas ton visage mais de ton cœur le désir »

Voilà qui expliquait le tour de sorcellerie.

Maintenant, Albus fronçait les sourcils. Voulait-il que Gellert soit encore à ses côtés ? Pour son frère et sa sœur, il comprenait, mais n'avait-il pas surmonté ses vieux démons ? Si. Bien sûr que si. Ce miroir ne cherchait qu'à emprisonner son esprit.

Se perdant dans ses pensées, il resta penché sur le mystérieux – mais dangereux – artefact pendant la moitié de la nuit. Une réflexion le menant à une autre, il eut soudain une idée.

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Septembre s'écoula au rythme des leçons que suivait Harry auprès de Rémus. L'enfant avait appris à souffler avec son ventre et ainsi à énoncer ses mots, encore courts et croassants, plus distinctement. Il savait mieux s'asseoir droit et s'entraînait chaque jour à tenir debout. Et en attendant de pouvoir marcher, il se déplaçait à quatre pattes. Il ne supportait toujours pas les vêtements, mais acceptait d'enfiler un t-shirt lorsque quelqu'un, autre que « Moony » ou « Ley », se présentait dans les appartements. Le réapprentissage de la vie de petit garçon humain était long et fastidieux.

Le jeune garçon était, en ce moment même, à table et assis à côté du loup-garou qui lui tendait, au bout d'une fourchette, un tout petit morceau de viande bouillie.

- Allez Harry, il faut que tu apprennes à te nourrir seul et à mâcher, tu ne pourras indéfiniment ne manger que de la purée. Les grands garçons mangent proprement, seul et de tout. C'est du bœuf, tu vas voir, c'est excellent.

Le petit brun ouvrit la bouche, prêt à réessayer.

La première bouchée lui avait obstrué la trachée et il avait failli s'étouffer. Il n'avait su que faire de l'épais morceau de viande et avait tenté de l'avaler comme tous les aliments qu'il avait mangé jusque là. Seulement, la nourriture ne s'était pas écoulée seule dans sa gorge et il avait eu beau déglutir, son visage avait adopté une belle teinte rouge-tomate avant qu'il ne tousse maladroitement.

Rémus lui montra, avec une grimace, comment mâcher correctement en enfournant lui même un morceau dans sa bouche et en le mastiquant bruyamment. Ce n'était pas très beau à voir, mais ils apprendraient l'étiquette plus tard. Harry réussit à reproduire le geste et constata, avec étonnement et un peu de curiosité, le changement d'état du morceau de viande qui passa de solide à bouillie. Il retenta la déglutition, attendant avec crainte le résultat, et fut finalement satisfait de son exploit.

Il avait réussi à mâcher comme un humain. Bon, c'était encore Rémus qui lui tenait sa fourchette. La motricité fine viendrait bientôt, mais pour l'instant ils se débrouilleraient ainsi. D'ailleurs le loup-garou avait déjà commencé à réfléchir à du mobilier et des accessoires qui permettraient à son petit protéger d'apprendre à utiliser ses mains avec minutie. Il avait déjà pensé à un nécessaire à potion pour enfant avec lesquels il s'agissait de mélanger, dans des tubes à essais, des substances colorées sans danger, afin d'obtenir des réactions diverses, telles des mini-feux d'artifices, des bulles, ou de simples changements de couleurs des liquides.

L'adulte devait y réfléchir plus profondément afin de commander rapidement le matériel.

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Harry avait réussi à convaincre son père de l'accompagner, cet après-midi là. Il lui avait fallu négocier de longues minutes, mais à force d'arguments – tous moins légitimes que les autres – Fox avait daigné se lever. La bouille de son fils et sa volonté de passer du temps avec lui primait sur sa fatigue. Le vieux renard voulait voir son fils heureux, simplement. Et leurs moments ensemble devenaient si rares.

- Papa, regarde. C'est le couloir qui mène chez Touffu, s'exclama le renardeau en pointant du museau un escalier menant à un long corridor. Et là bas, il y a l'entrée …

Harry lui faisait la visite de tous les endroits qu'il connaissait dans le château, le précédant d'un bon pas.

Fox devait d'ailleurs lui rappeler régulièrement qu'il n'était plus aussi rapide qu'avant et le regard que posait systématiquement son petit sur lui après ces répliques lui faisait mal. Il y trouvait de la tristesse et de la peur qu'il ne parvenait pas à faire disparaître malgré leurs nombreuses discutions à la tombée du soir. Préparer son fils à sa mort n'était pas chose aisée, ni pour l'un ni pour l'autre.

Le veux renard sortit de ses pensées lorsque le silence lui sauta aux oreilles. Il lança un regard circulaire, soudain aux aguets, mais son fils était seulement un peu plus loin. Pourtant, quand il s'attarda sur son petit, il sut que quelque chose n'allait pas. Pour commencer, Harry était entièrement immobile, fait assez rare pour être relevé. En suite, il ne parlait plus non plus, or il avait été intarissable depuis le début de leur balade. Enfin, dernier détail et pas des moindres, qui eut pour effet de mettre Fox en position de chasse : Harry avait les oreilles droites sur la tête et la queue hautes, signes de curiosité méfiante, marquant tout de même une position de dominance par rapport à un adversaire.

Doucement, il s'approcha dans le dos de son fils, pour se dissimuler au danger et le prendre par surprise. Il renifla discrètement, mais ne perçut que l'odeur de son petit, mêlée à la poussière ambiante du château et à une autre, plus ténue, d'un rongeur quelconque. Une musaraigne, ou une souris, peut être, l'école en était infestée.

Fox se positionna dans la lignée de sa proie. Il ajusta ses épaules pour prendre son impulsion et bondit souplement juste devant Harry, découvrant alors un rat gris qui, après avoir sursauté – dans un geste peu naturel pour un animal –, fila en quatrième vitesse dans l'une des nombreuses lézardes du mur du château.

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Harry sortit de son étude lorsque son père lui coupa la vue et, une fois de plus, le rat étrange prit la fuite.

- Papa, c'est lui le rat dont je t'avais parlé !

Son père se retourna et vint lui renifler la fourrure et le léchouiller. Inconsciemment, il avait été sur la défensive et les gestes du vieux renard le rassurèrent. Le musc de son aîné, apposé de nouveau sur lui, lui apporta un sentiment de sécurité et les grondements de son père achevèrent de lui redonner des forces.

- Papa, toi aussi tu trouves qu'il est bizarre, n'est ce pas ? Ce n'est pas un simple rat, j'ai raison ?

Fox lui asséna un dernier coup de langue sur le dos et le regarda dans les yeux.

- Tu as raison, mon fils, acquiesça-t-il. Ce rongeur dégage exactement la même magie que toi en cet instant.

Harry écarquilla les yeux.

- Tu veux dire que lui aussi est un animagus ?

- Oui et certainement un beaucoup plus âgé et plus expérimenté que toi. Son aura était dégoulinante de peur mais aussi d'autre chose qui me force à penser qu'il est dangereux. Harry, si tu le recroises, rentre immédiatement.

Le renardeau hocha la tête rapidement, inquiété par cet ordre inhabituel. Depuis qu'ils avaient emménagé avec Moony, Harry n'avait eu aucune contre-indication ni interdiction qui sortaient de l'ordinaire. Et que son père se méfie d'un si petit rongeur, était étonnant. Certes, le rongeur en question pouvait – s'ils avaient vu juste – se transformer en humain à sa guise et son âge devait lui donner un avantage, mais lui aussi maintenant savait se métamorphoser, il n'était plus si impuissant.

« Enfin, pensa Harry. Si papa pense que ce rat est un danger, c'est qu'il doit avoir raison. Il ne s'est que rarement trompé ».

Il observa un instant le regard de son père posé sur lui et finit par demander :

- Tu crois que nous devons en parler à Moony ?

Fox ne dit rien dans un premier temps, perdu, semblait-il, dans ses pensées. Puis il réalisa que son fils attendait une réponse de sa part. Il lui demanda de répéter sa question puis lui répondit :

- Certainement. Il ne faudra pas oublier de lui en parler lors de la prochaine pleine lune. Hélas, elle n'arrive que dans une semaine. D'ici là, je préférerais que tu ne t'aventures pas trop dans l'école, mon fils. Cantonne toi au couloir qui mène à ton ami. Sinon, ne sors pas seul. Nous ne savons pas de quoi peut être capable un animagus adulte, mais s'il est malintentionné, je serais rassuré de savoir où tu es.

Harry acquiesça gravement et ils repartirent tous les deux en direction de leur tanière de pierre.

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