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Bonne lecture !
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Chapitre 20
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Rémus avait commandé les dernières brochures et catalogues de divers magasins et boutiques qui pourraient lui être utiles. Qu'ils soient de jouets, de potion, d'accessoires ménagers ou d'art, il les éplucha tous d afin d'y trouver des idées pas trop chères. Il avait noté, sur un parchemin dédié à chaque enseigne, la liste des références précises de tout ce qu'il avait repéré dans le but d'établir une sorte de devis qu'il enverrait à Kingsley.
L'Auror était son ami, il adorait littéralement Harry, il avait confiance en lui, mais le loup-garou voulait faire les choses bien. Kingsley était le véritable tuteur de leur petit protégé et était donc celui qui avait accès aux fonds nécessaires à l'éducation de l'enfant à Gringott. Les deux amis avaient longuement discuté et débattu avec le directeur sur la question financière de l'adoption et s'étaient mis d'accord. Rémus n'ayant aucun revenu et très peu de fonds, il résiderait avec Harry à Poudlard gracieusement. En échange de quoi, il fournirait ses recherches, quelles qu'elles soient, à la bibliothécaire pour donner la possibilité à tous les professeurs et élèves qui voudraient les consulter de le faire librement.
Cet arrangement, qui avait surtout été mis en place pour soulager la culpabilité du loup-garou à être dépendant de quelqu'un pour vivre, permettait principalement au professeur Dumbledore de conserver une vue sur l'évolution de l'éducation du petit et ainsi de savoir quand il serait prêt à rejoindre les enfants sur le banc de l'école. Les coffres au nom de Potter ne seraient touchés qu'à hauteur de 300 galions par mois pour subvenir aux besoins directs de l'enfant. La somme serait versée dans le coffre de Kingsley Shacklebolt, tuteur officiel de Harry, et c'est donc à sa charge que se feraient toutes les dépenses le concernant.
Enfin, c'était le directeur qui avait insisté sur ce point car l'Auror était prêt à tout prendre en charge. Il avait un salaire plus que confortable, vivait seul et avait un rythme de vie tellement pris par son travail qu'il avait peu l'occasion de dépenser ses réserves, mais après l'insistance du directeur, et pour ne pas s'éterniser sur le sujet qui mettait son ami mal à l'aise, il avait fini par accepter.
Rémus avait donc fait une sélection rassemblant le matériel de base pour faire de la peinture et du dessin façon moldue, c'est à dire quelques feutres, crayons de couleurs et feuilles blanches, en plus de parchemins, toiles, pinceaux, brosses, différents pots de pigments, huiles siccatives et châssis. Il avait aussi noté le nécessaire à potion pour enfant qu'il avait repéré la semaine précédente, dans l'attente de faire mieux sous les conseils de Severus quand celui-ci serait revenu à de meilleurs sentiments.
Après autorisation du directeur, il avait demandé l'installation d'une kitchenette dans son appartement car il comptait initier Harry à la cuisine, activité qu'il jugeait aussi ludique qu'instructive, pour travailler la motricité, initier aux mathématiques et à la lecture en s'amusant. Il avait donc listé plusieurs ingrédients et ustensiles de cuisine.
Et enfin, il avait vu auprès de Hagrid s'il pouvait lui emprunter un petit carré de terre pour faire quelques cultures avec le petit. Le garde chasse en avait été très enthousiaste. Le géant avait même affirmé qu'il se chargeait lui même de trouver du matériel de jardinage taille enfant ainsi que des graines. Rémus n'avait pas été très rassuré sur ce dernier point, mais il aviserait plus tard le choix de son ami et le rectifierait si nécessaire.
Tout un programme.
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Un jeune garçon roux, au visage constellé de tâches de rousseurs et aux vêtements défraîchis et légèrement trop courts, était à quatre pattes dans son dortoir rouge et or. Depuis plus d'une heure il crapahutait dans la tour Gryffondor à la recherche de son animal de compagnie. Voilà trois jours qu'il ne l'avait plus vu et s'il était déjà arrivé à Croûtard de disparaître toute une journée pour chasser, jamais le rat n'avait passé une nuit loin de son maître.
Ronald Weasley avait demandé à tous ses camarades de classe s'ils n'avaient pas aperçu un gros rat gris auquel il manquait une griffe à l'une de ses pattes avant, mais aucun n'avait vu quoi que ce soit qui puisse lui indiquer une piste à suivre. Cette « miss-je-sais-tout » lui avait même rétorqué que « c'était bien fait pour lui » car il « ne prenait pas assez soin de ses affaires ».
Le jeune rouquin grommela quelque chose dans sa barbe et repartit à la recherche de son petit compagnon à poils.
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Harry était installé par terre, vêtu comme à son habitude d'un simple t-shirt, qui faisait actuellement office de tablier, et s'appliquait à tenir un crayon dans un poing serré, traçant de vagues formes sur une feuille blanche. Drago, assis à ses côtés, le regardait faire d'un air circonspect, pas sûr de reconnaître les formes dessinées par son ami.
Le petit brun avait les sourcils froncés et un bout de langue rose dépassait entre ses lèvres. Il était très concentré et sa moue amusait beaucoup Rémus et Kingsley attablés un peu plus loin. Ce dernier avait fait un saut à l'appartement de son ami puisqu'il passait à Poudlard voir Albus avant son départ pour une nouvelle mission.
- Je vais devoir y aller, Rem', annonça l'Auror en se levant et s'étirant.
Immédiatement, l'enfant à terre se retourna et l'appela.
- Oui, bonhomme. Je ne serais pas parti sans te dire au revoir, pouffa-t-il.
Il s'agenouilla à ses côtés tandis que Rémus débarrassait les tasses de thé. Le petit lui tendit alors une feuille posée un peu plus loin de celle sur laquelle il était en train de dessiner. Kingsley y jeta un œil et se reconnut tout de suite avec Harry, les deux silhouettes étaient enchevêtrées l'une dans l'autre comme si la plus petite était posée sur la plus grande.
Les traits étaient plus que grossiers et maladroits, mais tous les détails étaient là, de la cicatrice en forme d'éclair sur le front du gamin à l'anneau d'or qu'il portait lui même à l'oreille en passant par la couleur de sa robe officielle d'Auror. Ils étaient représentés dans le salon où ils se tenaient actuellement, l'adulte pouvait identifier le tissu rouge Gryffondor du canapé et les rideaux aux motifs de fleur de lys.
C'était assez incroyable pour un enfant qui avait manié un crayon pour la première fois – au moins depuis sept ans – il y avait à peine trois jours. Cependant, à en croire son ami, le petit n'avait pas lâché son matériel de dessin depuis qu'il le lui avait offert.
- Merci beaucoup, mon grand. C'est très beau.
Kingsley embrassa le sommet de la tête de l'enfant et le tint un instant dans ses bras.
- Je te dis à bientôt, « mini-pattes », ajouta-t-il un brin moqueur en faisant un clin d'œil au petit blondinet.
Drago rougit à l'appellation. Il ne savait pas comment l'adulte avait pu être au courant du surnom qu'il avait donné à son ami, mais ça l'embarrassait quelque peu. L'Auror lui adressa alors son salut :
- Drago, je vous souhaite une bonne soirée et vous dis à bientôt.
Le jeune homme lui répondit d'un hochement de tête, les joues toujours un peu roses, puis l'homme se tourna vers leur hôte.
Rémus l'attendait devant la porte d'entrée, son manteau à son bras, et tentait de cacher son inquiétude dans son regard droit. Kingsley se rapprocha de lui, souriant.
- Rémus, mon ami, efface cet air triste de ton visage. Je ne pars pas à la guerre mais en mission. Une banale mission, Rem'. Je passerais te voir dès mon retour, si tu veux.
L'adulte blond lui sourit et lui donna une accolade. Quand il l'eut contre lui, il lui souffla à l'oreille :
- Tu as intérêt à revenir entier, si non je te botte les fesses moi même !
L'Auror éclata de rire et le lui promit.
- À bientôt, Rémus.
Après une dernière frappe amicale sur l'épaule, Kingsley quitta les lieux et le silence revint dans le salon. Harry avait repris son dessin, Drago lui conférant quelques conseils technique bien au-delà des capacités artistiques du petit brun et Rémus retourna à ses livres.
- Si tu mettais ton trait, ici, un peu plus oblique, la perspective serait bien meilleure et alors l'effet de profondeur deviendrait flagrant. On dirait une fresque médiévale sur laquelle tous les personnages sont au même plan et où les différents plans ne sont perceptibles que par le changement de taille que tu confères à leurs éléments. Ce n'est pas très réaliste. Enfin, j'imagine que tu ne peux guère faire mieux.
Rémus leva les yeux au ciel, mais ne se mêla pas de la conversation – à sens unique – des deux jeunes garçons. Il se plongea dans son nouveau livre de cuisine et y chercha une recette simple, mais bonne, à faire le soir même avec son petit protégé. Il en nota toutes les étapes sur un parchemin vierge, faisant attention à utiliser une calligraphie cursive lisible et à bien séparer les mots et surtout les lignes.
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Le soir arriva vite et l'adulte retourna voir les enfants pour indiquer à Drago qu'il était temps de retourner dans sa salle commune car le dîner ne tardera pas à être servi. L'aristocrate était actuellement en train de montrer comment tenir un crayon correctement à son camarade et lui avait donné quelques exemples de formes à reproduire ainsi que son prénom. Celui-ci était successivement écrit d'une magnifique écriture penchée toute en courbe et déliés, bien trop compliquée pour le pauvre Harry. Puis, progressivement, après plusieurs essais de moins en moins complexes, de simples bâtons reproduisant le H, le A, les deux R et enfin le Y. Ce dernier exemple était suivi d'une autre écriture beaucoup plus tremblante et largement de travers.
Rémus en fut tout ému. Il se pencha vers le jeune garçon brun et l'enserra dans ses bras en le félicitant.
- Harry, tu as réussi à écrire ton prénom ! Je suis si fier de toi.
Il l'embrassa plusieurs fois et, se rappelant de la raison de sa venue, se tourna vers le blond.
- Drago, il est l'heure que tu rejoignes ton dortoir. Le repas va bientôt commencer dans la grande salle.
Le garçon acquiesça et leur dit au revoir puis quitta les lieux.
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Harry n'avait pas quitté Moony des yeux depuis son retour auprès de lui et attendait la suite du programme qui ne manquerait pas de venir. Chaque soir, depuis que l'immense carton contenant un nombre incalculable d'objets tous plus bizarres les uns que les autres, son humain l'entraînait dans une nouvelle activité amusante.
D'abord, ils lisaient – enfin Moony lisait, lui, il suivait son doigt sur le parchemin – une nouvelle recette, puis s'appliquaient à la reproduire. Il adorait patouiller avec ses mains, verser, compter, mélanger, voir les mélanges changer de couleur ou d'état. C'était drôle et Moony se tenait toujours derrière lui, le guidant dans ses gestes sans pour autant être envahissant. Il s'était trompé plus d'une fois, mais son humain trouvait toujours une solution pour réparer ses erreurs. Trop de farine ? Il rajoutait de l'eau. Un œuf cassé, il appelait Fox qui lapait jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de trace du méfait. Manier le couteau restait difficile pour lui et ses petites mains encore maladroites, mais il arrivait de mieux en mieux à viser la terrine quand il versait les ingrédients dedans avec le verre doseur.
D'un geste de baguette – le bout de bois qu'avaient tous les sorciers, d'après Moony, et qui leur servaient à faire de la magie – son humain appela à lui la recette du jour. Le parchemin atterrit sur la table et il se tourna vers lui. D'un autre coup de baguette son t-shirt redevint blanc. Il ne manquait plus que lui.
L'adulte s'approcha, le releva sur ses deux jambes et, doucement, le guidant d'un bras autour de sa taille, il marcha vers la chaise qu'avait déplacé Moony pour lui. Ses pas étaient tremblants et une fois ou deux il faillit tomber, mais son humain le rattrapa à chaque fois et il repartit pour finir son trajet avec plus de détermination qu'avant. Arrivé à son but, il fut félicité et, ensemble, ils lurent le titre du plat du jour :
- Poulet au curry et crumble à la pomme.
Le premier le fit grimacer, il annonçait des oignons à couper et ils le faisaient toujours pleurer. En revanche, le second était excellent et il aimait particulièrement plonger ses mains dans la farine. Ils allaient se régaler ce soir !
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