Bonjour à tous ! Merci à tous les reviewers, followers, ceux qui m'encouragent et ceux qui lisent dans l'ombre :)

Petit chapitre cette semaine, je sais qu'il était très attendu, mais j'ai été malade comme un chien ces deux derniers jours (à un tel point que j'ai pas été cherché mon exemplaire de "Harry Potter et l'enfant maudit", rendez vous compte !) Et j'étais en déplacement en début de semaine... Bref. J'espère qu'il vous plaira tout de même !

Sur ce, bonne lecture !

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Chapitre 22

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Moony avait pleuré. Harry ne l'avait pas cru au début, mais c'était bien des larmes qui roulaient sur ses joues poilues. D'ailleurs, l'effet était curieux à observer sur un visage de loup. Le petit renardeau s'était approché de lui doucement et avait léché chaque perle. Il avait couiné un peu aussi, il se sentait désemparé.

Avec l'aide de son père il avait rapporté les deux scènes où apparaissait le rat. Ils n'avaient omis aucun détail, mais ce fut la description physique du rongeur qui déclencha cette réaction inattendue. Moony lui avait fait répéter encore et encore, comme en état de choc, que l'animal avait bien une griffe manquante.

Le loup-garou avait tourné en rond après ça, Harry cru en devenir fou. Il comprenait bien que quelque chose lui échappait, mais quant à savoir quoi. Le renardeau avait jeté un regard à son père. Celui-ci lui avait juste conseillé de s'éloigner un peu et de laisser Moony se reprendre. Le petit avait alors passé le reste de la nuit, heureusement déjà bien entamée, lové contre le poitrail de son père à observer attentivement le loup.

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Rémus avait été comme abruti par la nouvelle. Peter était en vie, car ce rat ne pouvait être que lui, il en était convaincu.

Ce fut la douleur de sa transformation qui le sortit de ses pensées et, à peine celle-ci terminée, il avait voulu foncer au bureau de Dumbledore pour réclamer une explication. Il en avait même oublié sa petite charge et avait du faire demi-tour, alors qu'il était presque à mi-chemin, pour venir attraper Harry et l'embarquer prestement sous son bras.

Il faillit s'effondrer plusieurs fois dans l'herbe, sa métamorphose lui coûtait toujours autant en énergie, mais il n'avait pas le temps de s'en préoccuper.

L'herbe était humide à cause de la rosée du matin et les températures fraîches du petit jour attaquaient doucement mais sûrement son pantalon. Tant pis pour le coup de froid, il avalerait une potion de Pimentine plus tard.

Le château dans la brume aux premières lueurs avait quelque chose d'enchanteur et le silence qui régnait donnait une ambiance qui aurait pu être perçue comme angoissante, mais qui, parce que c'était Poudlard, était au contraire apaisant, mais là encore, Rémus n'en avait que faire.

Non, vraiment, tout son esprit était tourné vers une seule chose. Une seule question qui tournait en boucle dans sa tête et qui le rongeait un peu plus de seconde en seconde. Il fallait absolument qu'il voit le directeur, le plus vite possible et il se fichait bien de le réveiller.

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Arrivé devant la statue en bas de l'escalier menant au bureau de Dumbledore, Rémus s'énerva. Il ne connaissait pas le mot de passe, pourtant il y avait urgence. Après avoir tapé du pied deux ou trois fois, il craqua.

- Albus Dumbledore, vous allez ouvrir cette porte immédiatement !

Plusieurs tableaux sursautèrent dans leur cadre puis se révoltèrent de tant de manque de tenue et de respect envers les honnêtes gens. Rémus ne s'en préoccupa pas et continua de tempêter.

Ce du être le vacarme qui poussa le maître des potions dans sa direction.

- Par Salazar, Rémus que vous prend-il ?

- Je dois absolument parler au directeur, mais celui-ci fait LA SOURDE OREILLE, cria-t-il en se retournant une énième fois vers la porte qui restait close.

Severus leva les yeux au ciel et prononça simplement :

- Baba au rhum.

Et la statue pivota. Le sorcier, dans ses éternelles robes noires, regarda passer son ami en furie avec un renard quelque peu sonné dans les bras. Intrigué, il les suivit donc.

Rémus n'avait pas attendu et avait déjà pénétré dans le bureau directorial, mais il n'eut pas longtemps à patienter car bientôt Albus sortit de ses appartements privés par la porte du fond, encore en peignoirs, dépeigné et la barbe légèrement broussailleuse.

- Que se passe-t-il, Rémus ?

Le vieil homme avisa Severus, perplexe, et Harry qui avait l'air mal.

- Y-aurait-il un problème avec monsieur Potter ?

Rémus paru interloqué pendant un instant. Il regarda à la boule de poils qu'il tenait lâchement. S'en apercevant, il le rehaussa et le tint mieux contre lui puis jeta un regard sévère au directeur.

- Non, aboya-t-il. Il y a un problème avec ce que vous m'avez dit il y a de cela maintenant dix ans !

Devant l'ai perdu de son vis à vis, il lui rafraîchit la mémoire sèchement.

- Peter est en vie et Sirius est innocent !

Cette déclaration eut le don de laisser un blanc froid dans la pièce. Ce fut Severus qui se réveilla le premier.

- Impossible, cracha-t-il.

Le loup-garou grogna et réprima un mouvement qu'il aurait regretté plus tard. Impunément, il s'avança dans la pièce, ouvrit un placard et en sortit une bassine de pierre. D'un geste, il sortit sa baguette de sa manche et la pointa sur sa tempe. Il ferma les yeux un instant puis tira de sa tête un filament bleu argenté qu'il dirigea magiquement vers la bassine.

- Regardez par vous même.

Intrigués, les deux autres sorciers adultes se penchèrent sur la pensine pour voir le souvenir déversé dedans.

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Harry observait Moony qui, une fois de plus, tournait en rond. Il n'avait rien compris de la situation, mais apparemment quelque chose de grave s'était passé. Il ne savait pas si ça avait un rapport avec le rat, puisque c'était tout de même le déclencheur de cette agitation, cependant il ne voyait pas le lien.

Il n'osait trop bouger dans les bras de son porteur, mais ses allers et venues lui faisaient tourner la tête. Pour que son humain cesse de se tourmenter, le renardeau entreprit de lui lécher la main à sa portée.

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Rémus sursauta. Il baissa les yeux sur sa main à présent mouillée et découvrit Harry. Ses yeux étaient plein de questions et brillaient de fatigue.

- Harry, p'tit loup, je suis désolé, tu dois être épuisé.

L'adulte prit place sur un des fauteuils du bureau et fit un petit nid de ses manches. Le renardeau se lova dedans et se laissa bercer par sa respiration. Fox s'approcha aussi et posa sa tête près de son petit, sur sa cuisse.

Il observa un temps les deux renards. Lui aussi était fatigué, mais il ne pouvait se reposer maintenant. Son cerveau tournait à plein régime. Il repensait à cette époque où régnaient la peur et la paranoïa. Tout le monde se soupçonnait, personne ne faisait confiance à quiconque. Même les plus proches amis devenaient suspects.

Les maraudeurs avaient éclaté. James et Lily s'étaient cachés par Fidelitas avec Harry, Peter se terrait dans sa maison, de même que Sirius et lui s'étaient reclus au fond d'une cabane dans la forêt. On le croyait créature du mal alors il avait préféré s'isoler. James et Sirius, avec toute la bonne volonté du monde, ne lui faisaient plus confiance.

Il avait compris, bien sûr. D'ailleurs, il n'avait pas été chercher bien loin d'explication lorsque son ami avait été arrêté et emmené à Azkaban après le meurtre de James, Lily et Peter. Il avait pensé à Harry resté seul, sans personne, mais que pouvait-il bien faire. Il était un loup-garou. Un monstre. Et Dumbledore lui avait dit avoir prit soin du petit. Il l'avait cru volontiers, sans poser aucune question.

Il aurait du, mais là n'était pas la question ni la préoccupation du jour. Aujourd'hui, il avait un indice sur l'innocence de son ami. Peter était en vie, il y avait eu tromperie et il se sentait incroyablement coupable de ne pas avoir enquêté plus tôt pour démêler les vraisemblances de la vérité. Le directeur non plus, s'il y pensait, personne n'avait cherché plus loin que les apparences. Quel piètre ami il faisait.

C'était une époque où l'on ne s'encombrait pas de procès. Le mage noir était tout juste anéanti, on voulait simplement tourner la page le plus vite possible, enterrer le passé et les mangemorts avec, sans se soucier de la justice.

Sirius était enfermé dans la plus horrible des prisons, entouré de créatures ignobles, suceuses de vie, d'espoir et de bonheur et tout ça pour rien. Il retint difficilement un sanglot.

Merlin, qu'avaient-ils fait ? Combien de sorciers avaient fini comme son ami ? Et dire que c'était encore Fudge le ministre de la magie. Rien n'avait été fait au lendemain de la guerre, il pouvait le comprendre, mais en dix années, aucun changement n'avait été opéré.

Il souffla lourdement, ferma les yeux et tenta de reprendre ses esprits. Il devait se concentrer sur le présent, ne pas ressasser le passé. Réparer les erreurs qui pouvaient l'être et ne pas se flageller pour ce qui ne pouvait être changé.

Rémus observa les deux sorciers en qui il avait le plus confiance, avec un ou deux autres rares sorciers. Severus et Albus étaient encore plongés dans la pensine, penchés sur la bassine de pierre dans une position quelque peu cocasse. Si le contexte avait été autre, peut être en aurait-il ri.

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A la semaine prochaine !