Bonsoir à tous ! Merci pour les reviews, les encouragements, les follows ...
Ici, un chapitre attendu par beaucoup d'entre vous, j'espère qu'il vous plaira !
Sur ce, bonne lecture !
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Chapitre 23
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Rémus s'était perdu dans ses pensées depuis bien longtemps quand Albus et Severus sortirent de la pensine. Ils se redressèrent lentement, plus pâles qu'à leur entrée. La vision du déroulement de la nuit tout juste achevée les avait tous les deux quelque peu sonnés. C'est dans le silence que le maître des potions quitta le bureau directorial en de grandes enjambées rapides.
Le loup-garou suivit sa progression des yeux, mais quand la porte se referma sur les capes noires de son ami qui, il s'en doutait, cogitait à propos de la réaction de Harry qu'il avait volontairement montré dans son souvenir, il se retourna vers le directeur de Poudlard.
Dumbledore observa son vis à vis plusieurs secondes avant de diriger son regard vers la petite boule de poils noire qui dormait dans ses bras. Ses yeux se mirent alors à pétiller à nouveau et il demanda :
- Monsieur Potter est-il toujours aussi bavard lors de vos transformations ?
Rémus s'était tendu au changement de sujet, mais après un coup d'œil à son petit protégé, il se sentit plus calme et, d'un seul coup, il ressentit toute la fatigue accumulée de la veille ajoutée à la nuit passée. Il était, lui aussi, épuisé.
- Allez vous reposer, Rémus. Je m'occupe de tout.
Il sourit, le regard bienveillant. Rémus lui rendit son sourire faiblement, l'épuisement ayant soudain prit tout son corps, se leva et, lentement, quitta la pièce. Harry toujours endormi dans ses bras et Fox marchant à ses côtés.
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La pièce vide de tout visiteur, Albus s'autorisa à souffler. Passant sa main dans sa barbe, il réfléchit à ce qu'il venait de voir et, surtout, au récit de Harry. Il connaissait la vérité sur les animagus qu'étaient devenus James Potter, Sirius Black et Peter Pettigrow durant leurs années à Poudlard, tout ça pour suivre Rémus Lupin dans ses transformations les soirs de pleine lune. Il était certain que ce dernier était capable de reconnaître l'un de ses anciens camarade de classe, plus encore l'un de ses anciens meilleurs amis. Les Maraudeurs.
Le directeur eut un sourire nostalgique en repensant à cette époque. Puis il se secoua. Il avait mille choses à faire aujourd'hui. Il devait enquêter sur cette histoire abracadabrante d'un Sirius Black innocent et d'un Peter Pettigrow pas si mort que ça. Et il y avait aussi cette réaction très étrange qu'avait eu Harry face à Quirinus.
Pour sûr, il avait à faire. Plus tôt il s'y mettrait, plus vite il aurait des réponses. Avant tout, il allait s'habiller et prendre un bon petit déjeuner.
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Rémus avait atteint son lit.
Il avait déposé Harry dans sa chambre, sur son lit, avait regardé Fox le rejoindre après un saut habile. Ce dernier l'avait entouré de son corps, puis il s'était endormi. Le sorcier avait alors quitté la pièce sombre, fermé la porte et s'était dirigé vers la salle de bain.
L'eau chaude avait délassé ses muscles, réchauffé sa peau, lavé ses cheveux et son corps. Pendant une demi-heure il était resté dans la douche, sous le jet d'eau brûlante, réfléchissant. Il revoyait, refaisait cette soirée d'octobre 1981, qui avait tourné au cauchemar pour lui, tandis que le monde magique se réjouissait. Puis ses pensées le reconduisaient à cette nuit, la description de Harry. Il l'avait retournée dans tous les sens, mais qu'importe les images qu'il imaginait, elles avaient toutes la même silhouette pour résultat. Peter.
Rémus y pensait encore quand il gagna ses draps frais. Il avait frissonné et remonté ses couvertures jusque sous son menton. Maintenant, il observait son plafond.
Comment pouvait-il résoudre cette affaire ? Devait-il vraiment laissé faire Dumbledore ? Lui n'avait aucun poids politique, contrairement au vieil homme. Lui n'avait même pas les mêmes droits qu'un sorcier lambda, non, lui était un loup-garou, une abomination.
Il grogna et se retourna dans son lit, enfouissant son visage dans son oreiller. Ne pas penser à cet aspect de sa vie.
Le loup-garou devait définitivement laisser faire le directeur, lui seul avait le pouvoir nécessaire de faire bouger les choses. Même si c'était difficile d'être inutile. Même si ça signifiait faire confiance, une fois de plus, à son vieil ami, malgré ses erreurs passées.
Le sorcier soupira une énième fois, il devait absolument réussir à dormir un petit peu. Tout à l'heure Harry se réveillerait et il faudrait qu'il le soit aussi. Il avait un enfant à charge maintenant, il ne pouvait plus passer ses journées à se morfondre dans l'obscurité.
Kingsley aurait encore râlé. Rémus sourit au souvenir de son ami débarquant dans sa chambre après qu'il ait passé plusieurs minutes à frapper à la porte. Las d'être ignoré, l'Auror était entré sans sommation dans la cabane qui lui servait de lieu de vie à cette époque. Son ami l'avait tiré du lit dans lequel il s'était réfugié et lui avait secoué les puces pour qu'il sorte de la dépression dans laquelle il s'enfonçait alors. Ils avaient souvent fait équipe pour retrouver Harry après cet épisode.
Le plus vieux s'était donné pour devoir de veiller sur son cadet. Depuis, il lui était arrivé une ou deux fois de s'enfermer quelques jours dans l'appartement que son ami avait acquis pour lui – son état de créature magique ne lui donnant pas le droit de posséder un bien immobilier – afin de maudire tranquillement sa vie. Kingsley était venu à chaque fois, le réconfortant, faisant le pitre, parfois, et le rassurant toujours de ses bonnes paroles. Son ami avait un côté enfantin très prononcé, bien qu'il sache être d'un sérieux à toute épreuve quand c'était nécessaire. Oui, 'Ley était vraiment un ami formidable et à cet instant, il lui manquait un peu.
Cependant, son ami était en mission. Et lui était un adulte, par Merlin. Il avait trente ans passés, il fallait qu'il se reprenne. Pensant au maître des potions, un autre ami qui lui était cher, il s'efforça de faire le vide dans sa tête. Ne penser à rien, se concentrer sur sa respiration, fermer les yeux, écouter les battements de son cœur. L'occlumencie n'avait jamais été son truc mais cette méthode lui était utile pour facilité l'endormissement quand il avait l'esprit occupé.
Cette fois-ci ne fit pas exception et quelques minutes plus tard, il était plongé dans un profond sommeil.
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Albus écrivit une note à l'intention de Minerva qu'il envoya, par magie, directement à son appartement et empoigna une bonne quantité de poudre de cheminette.
- Ministère de la magie, prononça-t-il distinctement.
L'âtre s'enflamma de vert et le sorcier disparut.
Pénétrant dans le hall d'entrée, Albus jeta un certain silence autour de lui. Il était évidemment connu de tous, si ce n'est personnellement, au moins de notoriété. Le vénérable sorcier progressa jusqu'aux ascenseurs, en choisit un et pressa le bon bouton. Aussitôt, il fut avalé par les nombreux et tortueux couloirs du bâtiment magique.
Après un court trajet, une voix désincarnée prononça :
- Département des archives.
Albus sourit avant de sortir de la petite cabine.
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Tout au long de son trajet vers les cachots, Severus ressassait la scène à laquelle il avait assisté dans la pensine. Le souvenir de la conversation de Rémus, s'il pouvait dire, avec Harry sous sa forme de renard, l'avait chamboulé. Il avait du, non pas fuir, mais quitter le bureau du directeur un peu précipitamment pour … pour terminer une potion qu'il avait laissé sur le feu lorsqu'il avait surpris son ami hurler aux détraqueurs dans les couloirs de l'école.
D'ailleurs, il se dirigea vers son laboratoire, faire des potions l'aiderait à réfléchir. Se lançant dans la confection d'un élixir compliqué, il repensa, lui aussi, au début de son amitié avec le loup-garou, puis à ce qu'il en était aujourd'hui. Rémus était quelqu'un de simple. Honnête, il disait toujours ce qu'il pensait, mais sans jamais blesser personne. Il était d'une douceur sans pareil et très fidèle aussi. Severus se demanda, d'ailleurs, pourquoi il n'avait pas été à Poufsouffle. Cependant, son ami n'était pas dénué de courage, la preuve était qu'il affrontait la vie quotidiennement avec sa condition comme si de rien n'était. Il était aussi intelligent, bien qu'il ne l'avouerait jamais devant le concerné, il appréciait leurs conversations riches. Le blond avait toujours aimé les livres et il était autant au courant des dernières théories que de l'histoire des disciplines qu'il étudiait. C'était agréable.
Et puis, on pouvait compter sur lui en toute circonstance. C'était quelque chose que Severus avait découvert en même temps le développement de leur amitié. Avant Lily, il n'avait jamais eu quelqu'un sur qui il pouvait se reposer, il avait redécouvert ça avec Rémus. C'était réconfortant, reposant.
Ses pensées dérivèrent un instant avant de se rediriger vers Harry. Les mots qu'avait prononcés le petit, avec tant de naturel, l'avaient profondément touché. « Alors je comprends. C'est normal qu'il ait peur ! Je dois juste lui montrer que je ne veux pas faire mal ! ». Comment avait-il pu avoir peur du comportement de cet enfant, il ne comprenait pas. Il avait simplement paniqué. Oui, lui, paniqué, il fallait croire que c'était possible. Il devait avouer qu'il se sentait un peu mal, à cet instant, d'avoir rejeté le petit. Surtout dans le contexte dans lequel il l'avait fait.
Il se souvint de la dispute mémorable qu'il avait eu avec Rémus à ce propos. « Et tu laisses un enfant seul dans ton laboratoire alors qu'il est déstabilisé par sa transformation et nu qui plus est ! ». Ce n'était définitivement pas digne d'un professeur, malgré les arguments qu'il avait alors avancé.
Il soupira fortement, continuant de touiller sa mixture. Le visage de l'enfant juste après sa transformation resurgit dans sa tête. Appliquant les mêmes gestes circulaires de sa cuillère en bois, dans le chaudron devant lui, il ferma les yeux et se concentra sur les traits physiques de Harry. Il y avait, certes, de nombreuses similarités avec ceux de son père, mais ses yeux étaient indéniablement ceux de sa mère, sa chère Lily.
Il observa – mentalement – longuement sa physionomie. Le petit était assez chétif, petit pour son âge, mais nerveux. Ses muscles fins et ses cheveux ébouriffés lui donnaient un air sauvage. Son petit nez en trompette et ses yeux en amande donnaient de la douceur à ce visage juvénile aux rondeurs encore prononcées. Et son regard … déjà sous sa forme de renard, Severus avait remarqué comme il était aiguisé et captait tout ce qui l'entourait, mais en petit garçon, le regard de Harry était un savant mélange de curiosité, d'effronterie et de douceur. Il ne savait pas que ces trois qualificatifs pouvaient être utilisés ensemble pourtant c'était bien le cas ici. L'enfant était complexe, une personne singulière, avec son caractère propre, pas seulement le « fils de ». Maintenant, Severus le comprenait.
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Sortant de la Grande Salle après le déjeuner, Severus se dirigea vers les appartements de son ami. Lorsqu'il frappa à la porte, à l'instar de cette autre fois, plus tôt dans l'année, ce fut des grattements contre l'anneau de bois qui lui répondirent. Il se permit alors, une fois de plus, d'ouvrir la porte sans autre consentement du propriétaire des lieux.
Derrière le battant, il trouva, tout comme la première fois, le petit renard couleur charbon. La boule de poils remuait la queue et le regardait dans les yeux. Il y eu un moment de flottement durant lequel ils se fixèrent sans bouger, puis comme au ralenti, il se baissa lentement.
Sans aucune hésitation, le renardeau s'avança entre ses genoux et grimpa sur ses cuisses. L'homme passa une main dans sa fourrure et alors que Harry se mettait à ronronner, Severus chuchota :
- Bonjour toi.
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A la semaine prochaine ! :)
