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Bonne lecture ! :)
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Chapitre 24
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Severus se releva avec le renardeau dans les bras et jeta un œil à la salle. Celle-ci était vide et l'appartement était silencieux. Il baissa les yeux vers sa petite charge et demanda tout bas :
- Rémus dort, n'est-ce pas ?
En réponse, Harry lui donna un coup de langue sous le menton qui était à sa portée.
- Je vais prendre ça pour un oui.
Sans faire un bruit, il fit un pas en avant, sortit sa baguette et l'agita en remuant les lèvres. Un parchemin apparut sur la table.
- Bien, chuchota-t-il à l'oreille du petit. Je t'emmène dans mes quartiers, ainsi tu pourras t'occuper.
Une autre léchouille lui fut appliquée.
- Ne t'inquiète pas, j'ai prévenu Rémus.
Harry enfonça alors son museau dans sa manche. Lui observa un instant les lieux, puis fit demi-tour.
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Le trajet jusqu'aux cachots ne fut pas bien long avec les grands pas du maître des potions. L'homme penché sur son chaudron, représenté sur le tableau servant de porte à l'entrée de ses appartements, lui demanda le mot de passe et, quand celui-ci fut donné, le sorcier pénétra dans son salon. Là, il se dirigea vers le petit canapé de cuir noir et s'assit dessus après avoir déposé Harry de l'autre côté.
Severus souffla un bon coup et se tourna vers son petit voisin, sur lequel il avait laissé une main qui caressait la fourrure noire. Il se racla la gorge et demanda d'une voix qu'il voulait sûre, mais qui parut un peu traînante à cause de l'insécurité qu'il ressentait en réalité :
- Tu veux bien te retransformer ? Que je vois à quoi tu ressembles.
Le renardeau qui le regardait jusque là avec curiosité et qui ronronnait doucement sous ses papouilles, s'arrêta brutalement et ses oreilles se murent vers l'arrière de son crâne.
- Je ne bouge pas, je ne te laisserai pas. Plus jamais. Promis.
Le petit s'assit alors et ferma les yeux. Deux secondes après, un petit garçon avait prit la place du renard. Severus s'empressa de le rattraper avant qu'il ne bascule dans le vide, tel qu'il était parti pour le faire, vu la perte d'équilibre qu'avait engendré sa métamorphose, et le positionna au fond du canapé.
Ils s'observèrent longtemps, sans rien dire. Il y avait deux nouveautés dans l'apparence de Harry. En effet, celui-ci, contrairement à la première – dernière fois – qu'il l'avait vu sous cette forme, portait un large t-shirt qui cachait sa nudité, ainsi qu'une fine paire de lunettes qui modifiait quelque peu son visage. Elles accentuaient ses rondeurs, mettait en exergue son petit nez en trompette et amoindrissait l'intensité de son regard menthe à l'eau.
Dans un geste très lent, le maître des potions avança sa main jusqu'à ce que ses doigts touchent la peau douce et rosée des joues de l'enfant. C'est alors que son petit protégé le surprit. D'une voix aiguë, Harry prononça un « È-ve ». Choqué, il resta statufié une longue minute avant que ses méninges ne se mettent en route et ne décortiquent l'énigme qui lui était lancée.
Il fronça les sourcils dans un intense moment de réflexion. Puis, soudain, ils s'élevèrent si haut qu'ils disparurent presque sous ses cheveux. Harry ne pouvait avoir …
- Tu m'as appelé Sev' ?
Et pour toute réponse, un autre « È-ve » sortit des lèvres de l'enfant avec un beau sourire. Sourire auquel il répondit immédiatement, bien que beaucoup plus modestement.
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Lorsque Rémus sortit de ses songes, le soleil était déjà très haut dans le ciel. Un rayon de lumière avait passé entre les deux rideaux de la fenêtre de sa chambre et réchauffait le drap qu'il avait lâchement tiré en travers de son corps pendant son sommeil. La couverture avait été poussée sur le côté inconsciemment quand la température de la pièce était montée dans la matinée.
Il mit plusieurs secondes à se rappeler où il était. Observant son environnement, ses souvenirs lui revinrent un a un, jusqu'à ce qu'il sursaute. Harry. Ils avaient retrouvé Harry et il était à sa charge. Où était le petit ?
Dans des gestes qu'il voulait vifs, mais qui semblaient plus saccadés par la maladresse due au sommeil dans lequel il flottait encore un peu, il se leva. Il troqua le boxer dans lequel il dormait pour un propre, y ajoutant une chemise et un pantalon rapidement et sortit de sa chambre en trombe, une bonne dizaine de minutes plus tard.
Vide. Son appartement était vide. Il avait vérifié la chambre du petit, mais seul Fox s'y prélassait encore. Harry n'était nulle part. Il jura tout bas et enfonça sa tête dans ses mains. Quel tuteur il faisait. Perdre son protégé. S'en serait désolant si ce n'était pas tant inquiétant.
Nerveux, il retourna dans la pièce à vivre. Il ne cessait de passer et repasser les mains dans ses cheveux maintenant complètement en désordre. Puis, il avisa un morceau de parchemin sur la table de sa salle à manger. Il s'en approcha à grands pas, les sourcils froncés et en lut les quelques mots. Avant même d'en comprendre le sens, il avait deviné l'expéditeur. Il avait reconnu l'écriture fine, serrée et régulière de son ami.
« J'ai pris Harry avec moi. Sois tranquille et repose toi ».
Une ligne. Severus Snape ne changerait jamais. Quoi que, les mots ici, s'ils étaient toujours aussi expéditifs, étaient plus doux que dans ses habitudes. Un sourire vint détendre ses traits et ses épaules se relâchèrent. Les choses s'arrangeaient au moins de ce côté là. Son ami avait enfin admis ses tords, même s'il ne reviendrait jamais dessus et qu'il ne l'avouerait non plus, Harry n'aurait plus à pâtir de sa tête de pioche.
Un petit rire lui échappa. Un poids se retirait de ses épaules. Lui aussi aurait besoin de son ami dans les jours à venir. Bien, il avait un petit tour aux cachots à faire.
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Rémus donna le mot de passe au tableau gardien puis, celui-ci le laissant passer, il s'enfonça dans les appartements de son ami. Rien n'avait changé depuis son dernier passage.
La pièce principale étant vide, il se dirigea vers le laboratoire. Il s'arrêta un instant derrière la porte et tendit l'oreille. Des bruits de couteau frappant le bois ou de cuillère raclant un fond de chaudron se faisaient entendre, bruitages accompagnés de murmures étouffés.
Silencieusement, il poussa le battant et observa tendrement les deux compères. Harry était assis, perché sur une paillasse au dessus d'un chaudron sur lequel était penché Severus. L'adulte commentait chacun de ses mouvements, donnait le nom des ingrédients qu'il ajoutait au mélange. Parfois, l'enfant devait lui tendre un objet posé à ses côtés.
Leur manège continua de longues minutes avant que Rémus ne fasse connaître sa présence d'un raclement de gorge. À ce son, Harry sursauta et Severus se redressa brutalement en tirant sa baguette. Il leur répondit d'un petit rire tout en levant les mains, montrant par ce geste qu'il n'était pas hostile.
En réponse, le maître des potions grogna en rangeant sa baguette et Harry poussa un petit cri enthousiaste juste avant de se transformer, reprenant forme humaine. Le renardeau s'élança alors dans la direction du nouvel arrivant, mais se retrouva bloqué par le bord de la table et le vide beaucoup trop important pour sauté volontairement à terre. Rémus vint à son secours et se rapprocha pour le prendre dans ses bras.
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Harry avait de quoi être heureux, ses deux humains discutaient ensemble calmement, tandis que lui se faisait papouiller, le museau enfoncé dans le giron de son humain en noir. Les quelques heures passées avec lui, avant que Moony ne débarque, avait été géniales. Il avait appris plein de choses et Sev avait été si gentil avec lui, comme avant. C'était même lui qui avait été le chercher, volontairement. Il en avait été fou de joie.
Emmitouflé dans le petit plaid qu'avait mis son humain en noir sur ses genoux, il les écoutait discuter tranquillement, riant parfois. Il avait complètement oublié le stress de la nuit passée, oublié le manque de cette odeur d'herbes si particulière et de tout ce qui l'accompagnait.
Ronronnant déjà de plaisir, il poussa un soupire de bien être.
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Drago venait de recevoir une lettre de la part de sa famille. Il ne l'avait pas encore ouverte, mais le hibou qui la lui avait transmise au déjeuner appartenait à son père. Il attendit le cours d'histoire de la magie avec Binns qui ne manquerait pas d'être soporifique pour la lire.
Une fois installé dans la classe, le discours monotone du fantôme entamé, il décacheta l'enveloppe, en sortit le parchemin et le lut. L'écriture de son paternel était, comme à son habitude, impeccable. Aucune fioriture, aucune chaleur, que de brefs recommandations qui s'apparentaient plus à des ordres et des questions auxquelles il avait intérêt à répondre dans sa prochaine missive. Le petit blond frissonna. Il avait toujours craint son père.
D'un œil, il lut le contenu du papier. Il avait quelque peu blanchit à la fin de sa lecture. Il devait faire un compte rendu de l'avancée de sa relation avec Harry. Que devait-il lui dire ? La vérité, après tout, il était ami avec le petit brun-renardeau, mais il avait peur que cela porte préjudice à celui-ci. Cependant, mentir le terrorisait. Si son père l'apprenait, il souffrirait. Beaucoup.
Il soupira et se concentra un peu sur le cours. Dès que la sonnerie retentirait, il irait rendre visite à son ami.
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Après avoir vérifié une dernière fois que Harry était bien en compagnie du jeune Malfoy et leur avoir donné une énième recommandation, Rémus referma la porte. Il se tourna vers Severus qui le regardait d'un air goguenard. Une « maman poule » plus tard, ils se dirigeaient tous les deux vers le bureau directorial dans lequel Albus avait fait venir Ronald Weasley, le propriétaire officiel du rat Croûtard, alias de Peter dans sa vie factice d'après guerre.
Le loup-garou était fébrile. Tout au long du trajet, il ne pouvait s'empêcher d'imaginer mille scénarios. Juste avant de monter les escaliers après avoir donner le mot de passe à la gargouille, le maître des potions l'arrêta d'une main sur son épaule.
- Si Black est vraiment innocent, Albus réussira à le faire sortir d'Azkaban.
Il avait craché le nom du prisonnier, mais s'il y avait bien une chose qu'exécrait Severus, c'était l'injustice. Il l'avait trop subi. Et même pour son pire ennemi, ce que Sirius Black était sûrement, il ne souhaitait pas un emprisonnement illégitime là-bas. La seule exception était pour le Seigneur des Ténèbres, pour lui, ce serait presque une punition trop douce.
Rémus le remercia d'un sourire tremblant, mais reconnaissant, et ils frappèrent au panneau fermant l'entrée du bureau du directeur de Poudlard. Ils attendirent à peine deux secondes avant qu'une voix ne leur intime d'entrer.
Albus était derrière son bureau, des papiers étalés partout autour de lui et une tasse fumante dans les mains.
- En voulez-vous une ? Demanda-t-il avec une certaine bonhomie.
D'un geste sec de la main, Severus balaya la proposition, tandis que Rémus verbalisa son refus.
- Bien, dans peu de temps, monsieur Weasley devrait frapper à cette porte. Je vous demande de rester calme et d'agir avec retenue. Ce pauvre garçon ne sait rien de la véritable identité de son animal de compagnie, il ne s'agit pas de le traumatiser.
Les deux sorciers acquiescèrent. Le directeur attendit alors mystérieusement dans le silence. Rémus allait poser une question quand trois coups se firent entendre. Severus leva les yeux au ciel. Albus avait un tel sens du spectacle, s'en était désespérant.
Les yeux pétillants et une moue amusée, le directeur autorisa le visiteur à entrer. Un jeune garçon à la chevelure flamboyante pénétra alors. Aucun doute possible, c'était un Weasley.
- Monsieur Weasley, avancez et veuillez vous asseoir. Je ne vous présente pas le professeur Snape.
Le garçon tira une grimace en constatant la présence du maître des potions, mais son regard se posa bien vite sur la troisième personne dans le bureau. Il l'avait aperçu plusieurs fois et avait même été présenté à la rentrée, seulement il avait oublié son nom.
Voyant le regard insistant sur le sorcier blond, Albus précisa :
- Monsieur Lupin est là en qualité d'ami. Veuillez vous asseoir, répéta-t-il calmement.
Le rouquin s'empressa de détourner le regard et de se laisser tomber dans le seul fauteuil libre. À ce geste si peu gracieux, Severus claqua sa langue contre son palais. Le son fit frémir l'enfant qui se dépêcha de redresser son dos.
La scène fit glousser Albus, mais Rémus, lui, avait toujours en tête la raison de cette convocation et le fit savoir.
- Albus …
- Vous avez raison, mon cher. Monsieur Weasley, reprit le directeur avec plus de sérieux. Je vous ai demandé de venir dans mon bureau car il me semble que vous êtes en possession d'un rat gris. Confirmez-vous ?
L'enfant, quelque peu impressionné par l'illustre personnage que représentait Albus Dumbledore à ses yeux, répondit d'un bref hochement de tête.
- Des mots, monsieur Weasley ! Utilisez des mots ! Pour une fois que l'on vous autorise à ouvrir votre bouche, cracha Severus.
Ronald Weasley sursauta fortement au commentaire de son professeur de potion et s'empressa de répondre un faible « oui » en se ratatinant un peu sur lui même. Rapidement commenté par son irascible professeur :
- Pitoyable.
- Severus, souffla Rémus, las de cette perte de temps.
Le gosse sembla rassembler un soupçon de courage car il se redressa un peu et dit d'une voix un peu faible, mais distincte :
- J'ai effectivement un rat gris, professeur, mais il a disparu depuis plusieurs jours maintenant. Je n'arrive pas à le retrouver. J'ai cherché dans le dortoir, dans la salle commune, j'ai même demandé aux autres années s'ils ne l'avaient pas vu dans la tour Gryffondor ou ailleurs. Personne ne l'a vu, professeur.
- Pourquoi ne pas l'avoir dit plus tôt ? S'énerva Severus.
- Je … Ce n'était … Je ne pensais pas ça important, bredouilla l'enfant.
- Sev, souffla encore Rémus. Écoutez, monsieur Weasley. C'est important. Nous avons toutes les raisons de croire que votre rat pourrait être un imposteur. Un sorcier animagus qui se dissimule à la justice depuis de nombreuses années.
Le jeune garçon se tourna vers le sorcier qui avait été plutôt silencieux jusque là. Son ton était doux et il lui fut facile de lui répondre.
- C'est impossible ! Croûtard est un gentil rat. Un peu paresseux, c'est vrai, mais il ne ferait jamais de mal à une mouche.
- Réfléchissez, monsieur Weasley, reprit le loup-garou. Depuis combien de temps votre rat est-il dans votre famille ?
- Je ne sais pas, environ dix ans.
- N'est ce pas un peu long pour un rat ?
Le rouquin le regarda avec un air complètement perdu.
- Manque-t-il une griffe à votre rat, monsieur Weasley ?
L'enfant acquiesça.
- Il y a environ dix ans, un sorcier à fait semblant de mourir en ne laissant derrière lui qu'un unique doigt sur le trottoir, expliqua le professeur Dumbledore. Quand les autorités sont arrivées sur les lieux, plusieurs moldus avaient été assassinés dans une explosion provoquée par la magie. Un innocent a été enfermé à Azkaban à sa place.
Ronald frissonna au nom de la terrible prison.
- Quand avez vous vu votre rat pour la dernière fois monsieur Weasley ? demanda maître des potions d'une voix polaire.
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A la semaine prochaine :)
