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Ici un chapitre attendu :)

Sur ce bonne lecture ...


Chapitre 26

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Il était beaucoup trop tard pour aller chercher les frères Weasley maintenant. C'est machinalement que Rémus regagna son appartement, plongé dans ses pensées. Il voulu refermer le battant de la porte d'entrée, mais celui-ci rencontra un obstacle. Relevant le nez, il tomba dans un regard aussi sombre que la nuit et très légèrement excédé.

- Oh, Severus.

- Oh. Oui. Comme tu dis.

Au temps pour lui, le maître des potions fulminait.

- Vas-tu m'expliquer, enfin, tout ce cirque ? Pourquoi j'ai du courir partout dans le château en plein milieu de la nuit ?

Rémus déglutit. Il n'était jamais bon d'énerver Severus, ni de ne pas lui répondre. Ce que s'empressa de faire le loup-garou.

- Hum, installons-nous au salon. Veux-tu du thé ? Quelque chose d'autre ?

Le professeur balaya sa proposition d'un geste sec de la main et se dirigea prestement vers le canapé rouge Gryffondor, qui ne lui tirait plus de grimaces depuis longtemps, tentant de réprimer sa colère.

Son ami le rejoint rapidement avec une tasse fumante entre les mains. Après s'être assis, il se mit à expliquer le fonctionnement de la carte de maraudeurs. Artefact qu'ils avaient créé alors qu'ils étaient encore étudiants. Il passa sous silence les nombreuses utilisations quelque peu frauduleuses qu'ils en avaient faites. Surtout que son ami avait été victime de plusieurs coups mesquins réussis principalement grâce à cette carte.

Severus se garda de faire toute remarque sur cette création. Il était secrètement époustouflé par le génie dont avaient fait preuve ses anciens camarades, mais était conscient qu'elle avait servi à ses dépends. Il ne reviendrait pas dessus, il avait pardonné à Rémus depuis longtemps. Il choisit plutôt de réfléchir au pouvoir de ce parchemin. La carte leur serait un avantage phénoménal, mais il ne croyait pas vraiment que Pettigrow soit encore dans l'enceinte de l'école.

Le silence s'était installé sur la pièce après les explications du loup-garou. Il était trop tard pour agir, comme l'avait déjà signifié le blond. Il ne restait plus qu'à attendre le lendemain matin et cueillir les jumeaux Weasley au saut du lit afin de leur tirer les vers du nez.

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Deux têtes identiques, encore dans le brouillard du sommeil, franchirent les portes de la Grande Salle. Ils n'eurent pas le temps d'aller bien loin qu'ils se firent alpaguer, l'un par un bras tout de noir recouvert et le second par un autre, bleu pâle.

Pendant une minute leur environnement fut flou, avant de s'éclaircir, ils découvrirent alors une salle de classe vide. Face à eux se tenaient leur professeur de potion et l'homme désigné comme tuteur de Harry Potter à Poudlard. Le premier les fixait avec des sourcils froncés tandis que le deuxième fermait la porte et les rejoignaient.

- Excusez cet empressement, mais c'est pour un cas de force majeur, annonça Rémus de but en blanc. Vous avez quelque chose qui m'appartient et que je souhaite récupérer.

Les deux garçons se regardèrent interloqués. Ils n'étaient pas très réveillés et n'étaient pas sûr de comprendre la demande. Ils jetèrent un œil à leur professeur, peut être que lui serait plus claire, même si sûrement peu agréable.

Severus leva les yeux au ciel et soupira avant de répondre la demande tacite :

- Ce que mon cher camarade essaye de vous dire, c'est que pour résoudre un problème de la plus haute importance … et qui ne vous regarde en rien, s'empressa-t-il d'ajouter, connaissant la capacité de ces frères Weasley à commettre l'impensable pour un peu que ça les amuse. Rémus, ici présent, voudrait que vous lui rendiez un certain parchemin volé dans le bureau de Rusard.

Fred et George pâlirent tout à coup.

- Parce que ce parchemin est d'une très haute importance et nous ne voulons, ni nous, ni vous, que ses capacités soient dévoilées à quiconque, ceci restera secret et vous n'encourrez aucune sanction.

- Sûr ? Demandèrent les jumeaux d'une même voix.

Les deux adultes, face à eux, acquiescèrent, puis une lueur vint naître dans leurs yeux. Le maître de potions craignit le pire.

- Et qu'y gagnons-nous ? Demanda l'un.

- Nous y perdons beaucoup, affirma l'autre.

- Et nous souhaiterions une compensation, déclarèrent-ils d'une même voix.

Rémus soupira de dépit alors que Severus s'énervait significativement. Le « sales gosses » murmuré échappa, heureusement, à tout le monde.

- Que voulez-vous, abdiqua trop rapidement, aux yeux du professeur, le loup-garou.

Les deux têtes semblables se tournèrent l'une vers l'autre avec un sourire resplendissant avant de demander :

- Lequel d'entre eux êtes vous ?

Rémus devait avouer qu'il était amusé et pas peu fier de l'admiration qu'il lisait dans les yeux des deux jeunes garçons. C'est taquin qu' il répondit :

- Quand je récupérerai la carte, je vous le dirai.

- Vrai ? S'exclamèrent les jumeaux ensemble.

- Promis, assura-t-il.

- Le plus tôt serait le mieux, fit Severus de sa voix polaire, agacé et impatient.

Les trois autres sursautèrent et Rémus redevint sérieux. Il toussota et, gêné, demanda :

- Pourriez-vous nous l'apporter tout de suite ? Je sais que vous n'avez pas déjeuné, mais c'est très important.

Les deux frères hochèrent de la tête et, d'un pas énergique, disparurent chercher la carte. Severus se tourna alors vers son ami, un air accusateur affiché sur le visage.

- Pardon, je me suis un peu laissé emporter. Mais ces garçons sont si …

- C'est pour libérer Black que nous avons besoin de ce parchemin, Rémus. L'aurais-tu oublié ?

Aussitôt, le loup-garou perdit toute joie.

- Non, tu as raison.

Il soupira en se passant une main dans les cheveux. Les deux garçons lui avaient tellement rappelé son enfance avec ses amis, tout aussi farceurs que ces deux là, et parler de la carte l'avait renvoyé dans des temps lointains, mais tellement joyeux. Il s'était laissé aller alors que Sirius attendait injustement en prison.

Voyant l'air coupable qui apparaissait sur le visage de son ami, Severus s'en voulut un peu d'avoir usé de ces mots. Cependant, ce n'était pas pour lui qu'il leur fallait cette carte. Plus tôt ils l'auraient, plus vite cette histoire serait réglée.

Ils durent se perdre dans leurs pensées respectives car les jumeaux réapparurent plus vite que prévu. À moins que la carte ne fut pas dans leur dortoir.

L'un des garçons leur tendit le parchemin et l'autre demanda avec empressement :

- Alors, vous êtes lequel ?

Rémus récupéra ce qui lui était tendu et souffla un « Moony » avant de faire demi-tour, suivit de près par son ami, laissant les deux garçons abasourdis.

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Les deux adultes étaient partis depuis plusieurs minutes quand les deux élèves sortirent de leur torpeur. Fred se tourna vers son frère, un immense sourire lui barrait le visage.

- Tu te rends compte ? Demanda-t-il.

- Moony est dans le château ! S'exclama George.

- Un Maraudeur à portée de main …

Et déjà mille et une idées leurs passaient dans la tête pour fêter ça.

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Rémus n'eut pas la patience d'attendre de retrouver ses quartiers pour vérifier la carte. Il chercha une salle vide et y pénétra. Severus se chargea d'apposer des sorts d'intimité pour empêcher toute intrusion ou dérangement malvenu, puis se tourna vers son ami.

Les yeux du loup-garou parcouraient le papier de droite à gauche de façon méthodique, ne laissant aucune salle ou recoin échapper à sa vigilance. Le maître des potions, lui, admirait le travail de réalisation qu'était l'artefact magique. Il avait du demander une certaine maîtrise et de nombreuses heures d'études, ce qui étonnait beaucoup Severus de la part des Maraudeurs. Il savait son ami un féru de lecture et, il l'avait appris par Minerva, Black et Potter avaient été brillants chacun dans leur domaine. En revanche, il se demandait à quoi avait bien pu participer Pettigrow, ce garçon moyen.

Severus n'était pas dupe, le traître avait été un garçon relativement puissant. La preuve était qu'il avait su apprendre à devenir un animagus, chose très difficile et loin d'être donné à tout le monde. Seulement, il paraissait peureux et craintif, alors pourquoi avait-il atterri à Gryffondor ? À moins que toutes les qualités requises pour les autres maisons soient moindre chez lui.

- Hum. Peu probable, prononça-t-il à voix haute sans s'en apercevoir.

La recherche de Rémus dura encore un moment avant qu'il ne s'écrie :

- Là ! Il est là ! C'est curieux … On dirait qu'il est entre deux étages …

- On se fiche bien de de ce qui peut être curieux ou non ! Où est-il exactement ? Entre quels étages ? Demanda brusquement Severus.

- Hum, entre le deuxième et le troisième, au niveau opposé du bureau de Albus.

- Il n'y a pas de temps à perdre.

Le maître des potions invoqua son patronus et la biche blanche-argentée courut délivrer son message au directeur de l'école. Les deux hommes ne s'attardèrent pas et filèrent au lieu indiqué par la carte. La petite étiquette indiquant le nom de Peter Pettigrow était immobile, il fallait en profiter.

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Ils arrivèrent rapidement sur les lieux et se retrouvèrent devant un certain problème, alors qu'un autre se résolvait. Peter était sous sa forme de rat, pelotonné contre une colonnette de la rambarde, coincé dans cet escalier arrêté à mi-parcours, suspendu au dessus du vide. Rémus ne savait même pas que c'était possible. Les escaliers capricieux, mais de là à léviter, immobiles. C'était une première pour lui.

Severus, lui, avait déjà assisté à ce phénomène. Un élève particulièrement agité qui était devenu violent avec l'un de ses camarades et qui avait tenté de le poursuivre pour le battre, s'était retrouvé isolé de la sorte. Dumbledore avait juste commenté par un « l'école protège ses élèves », avait laissé le gosse méditer le temps que les escaliers le libèrent et était reparti. L'enfant était resté toute une nuit sur les marches de pierre et n'avait plus fait de vagues après ça.

Albus arriva peu de temps après eux et observa la scène, comprenant, du premier coup d'œil, l'enjeu de la situation. Il ne réfléchit pas bien longtemps et, contrairement à la fois précédente, ne fit pas demi-tour. Il leva sa baguette dans un geste magistral, prononça la formule d'attraction et réceptionna le rat dans sa main libre.

Rémus s'empressa de jeter un sort d'immobilisation d'un prompt « Stupefix », suivi d'un « Incarcerem » et s'approcha avidement de son ancien camarade et ami. Il n'en revenait tout simplement pas. Le traître était là, devant lui. Celui à qui il devait, non seulement l'emprisonnement injuste de Sirius, mais aussi la mort de James et Lily, ainsi que le placement de Harry dans une mauvaise famille.

Soudain, toute sa rage, tristesse, douleur, remonta en lui et des larmes de frustrations dévalèrent ses joues. Il tomba à genoux, incapable de soutenir son corps alourdi de tant de sentiments contradictoires.

Albus le regarda avec peine. Le vieil homme souffla lourdement et se tourna vers Severus. Celui-ci avait les sourcils froncés et une expression d'intense réflexion imprimée sur le visage. Il fixait le gros rat gris un peu rabougri.

- Severus, mon garçon, voulez-vous bien raccompagner Rémus dans ses quartiers, je vous prie ?

- C'était trop facile, lâcha le maître des potions d'un air absent.

- On ne va pas s'en plaindre, commenta le directeur. Maintenant, un ami a besoin de vous. Je me charge de Pettigrow.

Severus releva la tête, sortant de son espèce de transe dans laquelle il s'était plongé à son observation de l'animagus, un si petit être qui avait créé de si grands soucis. Il sembla retrouver ses esprits et revenir dans la réalité alors que ses yeux s'éclaircirent. Répétant la phrase de son interlocuteur dans sa tête pour en comprendre le sens, il resta une seconde silencieux. Puis constatant l'état du loup-garou, acquiesça vivement à Albus et se pencha pour s'occuper de son ami, tandis que l'illustre sorcier prenait la direction de son bureau, sûrement pour contacter les Aurors, où les autorités compétentes – si compétentes elles étaient.

- Viens, Rémus, dit-il doucement en l'aidant à se relever.

Il n'avait jamais été doué pour réconforter les gens, mais, à cet instant, Rémus avait besoin de soutien et il était le seul disponible. Il espérait seulement que celui-ci n'allait pas pleurer sur son épaule. Il détestait l'étalage de sentiments.

- Vivement que Shaklebolt revienne, marmonna-t-il dans sa barbe. Lui au moins saurait quoi faire.

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A la semaine prochaine !