Bonsoir bonsoir ! Merci à tous pour vos reviews, vos encouragements, merci aux followers et à ceux qui lisent sans laisser de traces ^^
Ici la suite, j'espère qu'elle vous plaira ! Bonne lecture :)
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Chapitre 27
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Albus attendit les deux Aurors dans son bureau. Il avait placé Pettigrow sur l'une des nombreuses étagères encombrées, enfermé dans une cage invoquée spécialement pour lui. Toujours maintenu par les sorts lancés par Rémus, le rat était surveillé de près par les directeurs.
Peu de temps après son arrivée, sa cheminée prit une teinte verte et un « woosh » annonça l'arrivée des représentants du ministère.
- Messieurs, bonjour.
- Professeur Dumbledore, saluèrent les deux hommes.
- Je vous en prie, Rufus, Damien, je ne suis plus votre professeur depuis un bon nombre d'années. Appelez-moi Albus.
- Albus, s'avança alors Rufus Scrimgeour. Pourquoi avoir appelé le bureau des Aurors de si bon matin ?
Le regard du directeur perdit un peu de son pétillant et désigna la cage sur l'étagère où Peter était placé.
- J'ai ici la preuve que Sirius Black a été emprisonné à tord, messieurs.
Damien Hotchner, le plus jeune des deux hommes, hoqueta violemment.
- C'est pas vrai ? S'exclama-t-il.
Scrimgeour lui lança un regard réprobateur et le jeune Auror se replia immédiatement sur lui même, rentrant la tête dans les épaules devant la réprimande de son supérieur. Avant de se reprendre et de se tenir droit, sans pour autant ouvrir la bouche à nouveau. Rufus en eut l'air satisfait, il hocha discrètement de la tête et interrogea Albus.
Ce dernier lui expliqua tout ce qu'il savait sur l'affaire Black / Pettigrow, commençant par cette nuit d'Halloween 1981 et finissant par ce matin de capture, en passant par ses recherches personnelles faites aux archives du ministère ainsi que les témoignages du jeune Ronald Weasley et celui de Rémus Lupin.
Évidement, Scrimgeour exigea de procéder lui même, à nouveau, à ces interrogatoires. Il laissa donc deux convocations à Dumbledore, au nom de chacun des deux témoins, afin qu'ils se rendent au plus tôt au bureau des Aurors pour y déposer leurs souvenirs.
Il recueillit aussi, au passage, ceux du directeur.
- Bien, Albus. Nous allons examiner tout ça et s'il s'avère exact que ce rat est bien Peter Pettigrow, que Sirius Black est innocent et que cette histoire n'est qu'une immense tromperie, je vous assure que tout rentrera dans l'ordre, à terme.
C'était le discours classique des Aurors, le directeur en était conscient. Cela ne signifiait en rien que l'affaire allait se résoudre, c'était juste les mots réconfortants lancés aux familles ou proches des personnes disparues ou, comme ici, enfermées à tord. Cependant, il avait bon espoir. Il savait, bien sûr, que tout ceci prendrait du temps. Tout ce qui était affaire, de près ou de loin, à la politique prenait du temps. Et celle-ci, en particulier, était très mauvaise pour le ministre actuel de la Magie. Il était plus que probable que rien ne soit encore fait à la fin de l'année. Albus espérait juste qu'il ne serait pas trop tard pour Sirius. Et si scandale il y avait, soit. Cela ne pouvait qu'arranger ses plans.
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Rémus était assis sur le canapé du salon de Severus, à ses côtés, sans bouger depuis plus d'une heure. Une heure qu'ils avaient pénétré dans les appartements du maître des potions et qu'aucun des deux hommes n'avaient prononcé un mot.
Le premier dans un état proche de la catatonie, le visage à présent sec, mais ne reflétant aucune émotion. Le second, quant à lui, était tout sauf immobile. Il ne cessait de faire des allers-retours entre sa cuisine et la petite table pour y déposer divers mets dans l'espoir de faire réagir son ami.
- Tiens, du thé ? Je t'y ai mis une larme de lait, avec un sucre, comme tu l'aimes. Non ? Des biscuits ? Est-ce que tu veux des biscuits ?
Il s'assit à nouveau contre le blond en posant maladroitement une main sur son épaule, tapotant légèrement avant de la retirer, nerveux. Il soupira aussi discrètement que possible et se tourna vers le feu.
- Hum, et si je rajoutais une bûche ? Tu n'as pas trop froid ?
Rémus ne répondit pas, comme pour toutes les questions précédentes il resta à fixer un point devant lui. Severus souffla encore une fois, essayant d'imaginer ce que ferait Kingsley à sa place. L'aurore était tactile et généreux, tout le contraire de lui. Vouloir l'imiter était donc une mauvaise idée. Il devait trouver un truc à sa portée.
- OK, Sev. C'est quoi ton truc ? Dans quoi t'es le meilleur ?
Il n'en revenait pas, il se parlait à lui même. Qu'est ce que son ami ne lui faisait pas faire ? Soupirant une énième fois, bien moins discrètement que précédemment, il se concentra sur son idée première. Il repassa ses compétences en tête. Et là, il se tapa le crâne contre la table devant lui.
C'eut le don de faire sursauter Rémus, même s'il retourna immédiatement dans son état de choc. Il avait seulement changé la direction de son regard. Severus, lui, s'était levé brusquement et dirigé vers son laboratoire. Il en ressortit une fiole de potion calmante et se pencha sur son ami pour la lui administrer.
Le maître des potions attendit la minute nécessaire à l'apparition des effets et fut soulagé de voir le loup-garou se tourner lentement vers lui, le regard un peu plus vivant. Soulagement qui fut mort dans l'œuf quand le visage de son vis à vis se couvrit de larmes.
- Oh non. Non, non, non …
Severus commençait à – non pas paniquer, il savait rester maître de lui même, merci bien – légèrement s'inquiéter quand une boule de poils noire sauta sur les genoux de Rémus. Celle-ci se dressa sur ses minuscules pattes arrières, appuyant ses antérieures sur le torse de son ami et s'appliqua à lécher chaque larme qui coulait en continue en diffusant un petit ronronnement aussi mignon que réconfortant. Les bras du Maraudeur encerclèrent Harry et le tint fort contre lui, déversant toute sa peine sur sa fourrure charbon.
- On peut dire que tu tombes au bon moment, commenta le professeur.
Rémus se calma lentement, passant et repassant ses doigts dans le pelage du renardeau qui avait enfoui son museau dans le creux du cou du loup-garou. Severus ne put rien faire d'autre que regarder son ami caresser Harry, momentanément transformé en peluche-doudou.
Il en profita pour boire le thé et les biscuits qu'il avait apportés plus tôt, méditant sur son utilité plus que limitée dans ce genre de situation. Il ne lui arrivait que très rarement de craquer et, quand c'était le cas, il s'arrangeait pour n'avoir aucun témoin. Il se réfugiait alors dans son antre et buvait un ou deux verres de whisky Pur Feu qui, dans ses plus grands moments de fureurs, finissaient généralement brisés dans la cheminée, puis il concoctait des potions très difficiles pour se changer les idées.
Une fois, alors qu'il s'était lancé dans une nouvelle conception particulièrement ardue à la suite de l'un de ces épisodes, il avait disparu trois semaines d'affilée. C'est Albus qui avait du assurer ses cours, au grand plaisir des élèves. Il était impossible de pénétrer dans son laboratoire quand il y était enfermé et qu'il ne souhaitait pas être dérangé. Il y avait trop de protections pour y accéder. Cet état de fait le fit sourire.
Perdu dans ses pensées, il ne s'aperçut pas tout de suite que son voisin s'était assoupi, son petit protégé lové contre lui et ronflant comme un petit moteur. Il fallait dire qu'aucun d'entre eux n'avait bien dormi la nuit précédente. Les deux sorciers avaient été préoccupés par la capture incertaine du traître Pettigrow, et Harry avait ressenti tout leur stress.
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Trois jours passèrent avant que Rémus ne reçoive sa convocation pour témoigner au ministère de la Magie.
Il était installé dans la bibliothèque de Poudlard, sur une table du fond pour ne pas être dérangé par le passage incessant des élèves. Une multitude de livres, plus ou moins récents, portant sur la pédagogie l'entourait et, devant lui, son carnet de note était déjà bien entamé. Deux plumes et deux encriers, l'un rouge et l'autre noir, accompagnaient sa panoplie de travail.
Étonnement, Fox l'avait suivi et s'était roulé en boule à ses pieds. Ainsi, quand il lui arrivait de stagner dans ses recherches ou de faire une pause, il fourrait ses mains dans le poil grisonnant, ça avait pour effet de le détendre.
Rémus allait se lever pour chercher un nouvel ouvrage quand il reçut une note en papier du directeur lui indiquant qu'une lettre du ministère l'attendait dans son bureau. Il souffla, nerveux, et allait ranger ses affaires quand son regard tomba sur le vieux renard. Il s'accroupit devant lui et appliqua une légère caresse sur le haut de son crâne afin de le réveiller.
Fox ouvrit doucement les yeux et dressa ses oreilles, à l'écoute.
- Excuse moi de te déranger, Fox, mais est-ce que ça t'embêterait de garder mes affaires ? J'ai un courrier à aller chercher chez le directeur, je ne serai pas long.
Le renard émit un faible aboiement et Rémus lui sourit.
- Merci, mon vieux.
Après une dernière grattouille, il quitta l'illustre salle.
Albus lui avait rapporté son entretien avec les Aurors lorsqu'ils étaient venus chercher Peter. Il avait été agréablement surpris que son jugement ne soit pas remis en cause, puisque le jeune Weasley passait sous le même régime. Il avait craint que son statut de loup-garou n'interfère encore, mais Amélia Bones, directrice du département de la justice et présidente du magenmagot, le tribunal sorcier, était quelqu'un de droit et juste.
Elle avait pris en main le dossier le jour même, d'après le parchemin que Rémus avait reçu, et voulait démêler les faux semblants de la vérité au plus vite. Peut-être que la libération de son ami ne prendrait pas tant de temps, finalement.
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Harry était au près de son humain en noir. Pour une fois, la leçon ne portait pas sur les potions mais sur le langage. En effet, il avait encore énormément de progrès à faire pour s'exprimer correctement. Severus lui apprenait à placer sa voix en soufflant avec son ventre, pour que les sons produit gagnent en basses et ne soient plus que des cris de crécelles.
Pour cela, le professeur avait trouvé une méthode peu conventionnelle, mais qui semblait fonctionner.
- Allez, Harry. Crie encore plus fort ! AAAAAAAH !
Il poussa sa voix du plus fort qu'il le put pour montrer ce qu'il attendait et l'enfant reproduit :
- AAAAAAAH !
C'était moins puissant et bien plus aigu que le cri du maître des potions, mais il fallait prendre en compte l'âge du gamin. Il y avait peu de chance que Harry ai déjà mué à onze ans et il était normal que sa voix ne soit pas des plus graves.
- C'est bien, le complimenta Severus. Encore.
L'enfant répéta encore plusieurs fois ses cris, testant toutes les voyelles, puis ils passèrent à un autre exercice. Le suivant consistait à répéter après l'adulte qui énonçait des sons compliqués pour l'enfant.
- Le feu, regarde bien mes lèvres, Harry. Feu.
Le petit l'observa bien puis tenta une reproduction du mot qu'il réussit plutôt correctement. Severus passa alors au mot suivant :
La voiture. Tu vois la différence, Harry ? Voiture. Tes dents mordent un peu ta lèvre. C'est important, sinon ça ressemble trop au « fe ».
L'enfant avait fait de grand efforts pour se faire comprendre ces dernières semaines, mais certaines consonnes restaient difficiles à produire, trop complexes alors qu'il n'avait plus eu l'habitude d'utiliser ses lèvres et sa langue de façon si distinctes depuis sa transformation. Rémus et Severus se relayaient toujours pour lui enseigner, quotidiennement, malgré leurs propres occupations. Ils avaient toujours du temps pour lui.
- Maintenant, le « R ». Il faut que tu utilises le fond de ta gorge, je suis sûr que tu sais déjà le faire, il te suffit de grogner.
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« Monsieur Rémus Lupin,
Vous êtes invité à vous rendre au ministère de la Magie, à Londres, le Mercredi 13 Novembre 1991, afin de déposer vos souvenirs qui serviront à l'enquête récemment ouverte sur l'affaire de la nuit du Samedi 31 Octobre 1981, concernant l'arrestation de Sirius Black III, le meurtre ou la traîtrise de Peter Pettigrow, ainsi que le meurtre de douze moldus.
Veuillez vous rendre au département de la justice magique, niveau deux, bureau des Aurors, salle d'interrogatoire numéro quatre. Vous serez reçu par Rufus Scrimgeour, directeur du bureau des Aurors, en compagnie de Amélia Bones, directrice du département de la justice magique et présidente du Magenmagot, de Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore, Président-Sorcier du Magenmagot, Manitou suprême de la Confédération internationale des mages et sorciers, Ordre de Merlin première classe, Enchanteur-en-chef et directeur de Poudlard et de Ronald Bilius Weasley, élève de première année à Poudlard et deuxième témoin pour cette affaire.
Vous souhaitant une excellente journée,
Georgia P. Dumshow, première secrétaire du département de la justice magique. »
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A la semaine prochaine !
