Bonsoir bonsoir ! Merci à tous pour les messages, encouragements, follows et tous ceux qui lisent !
Exceptionnellement je suis en avance et j'avais hâte de vous faire partager ce nouveau chapitre alors le voilà !
Et puis, vendredi soir c'est déjà le début du week-end !
Bonne lecture :)
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Chapitre 28
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Harry sortait d'une énième leçon et il était un peu fatigué. Il alla donc rejoindre son père qui passait le plus clair de son temps à dormir sur son lit d'humain. Quand il pénétra dans la chambre, le renardeau observa le vieux renard au poil largement grisé. Cela faisait plusieurs jour qu'il ne l'avait pas vu quitter sa place et ça le rendit un peu triste.
Pour se consoler, il alla se rouler en boule tout contre lui. Son père s'apercevant de sa présence, releva la tête et lui appliqua un ou deux coups de léchouille.
Harry ronronna, mais il voulait profiter du réveil de son père pour lui parler, chose qu'il faisait de moins en moins souvent.
- Dis papa, ça fait longtemps qu'on n'a pas fait de promenade dans la forêt.
Le petit silence qui s'installa après son commentaire, incita le renardeau à croire qu'il n'aurait aucune réponse. Pourtant, Fox finit par dire d'une voix qui parut à son fils un peu éraillée :
- Harry, mon fils.
La pause qu'il fit pour reprendre son souffle sembla durer une éternité.
- Tu sais que je t'aime, n'est ce pas ?
Harry attendait la suite, mais son père voulut insister :
- Tu le sais, Harry ?
Inquiété par le ton qu'avait pris son père, il répondit :
- Bien sûr, papa. Et je t'aime aussi, mais …
- Il faut que tu comprennes, mon fils. Je t'en ai déjà parlé et le temps va bientôt arriver où je devrais partir.
- Mais …
- C'est important, Harry. S'il te plaît, écoute-moi jusqu'au bout.
Le petit comprit que la situation était grave et la discussion était sérieuse. Sagement, il acquiesça.
- Je ne sais pas exactement quand ça arrivera, mais le moment approche où tu devras entièrement te fier à Moony, Ley' et Sev'. Et Drago, dans une moindre mesure. Tu peux compter sur eux, j'ai confiance en eux et ils seront bons pour toi, Harry. Moony s'occupera bien de toi.
Harry avait finit par laisser couler ses larmes. C'est une boule dans la gorge qu'il répliqua difficilement :
- Mais ce sera pas pareil, papa. Je veux pas que tu partes ! Et comment je ferais pour apprendre à chasser ? Et les promenades dans la forêt et …
- Harry, tu es un enfant. Un humain qui est en train d'apprendre à devenir un petit sorcier. Et puis tu auras toujours Touffu pour ce genre de chose, bien que je sois certain que si tu demandes une balade dans la forêt à Moony, il l'organisera de ce pas et s'y joindra avec plaisir.
- Mais ce sera pas pareil, papa …
Fox lécha la frimousse toute mouillée de son fils et, essayant de réconforter son fils du mieux qu'il le pouvait, il lui répondit une boule tout aussi grande dans sa gorge :
- Je sais, mon fils. Je sais.
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Rémus lisait sur le canapé quand quelqu'un frappa à la porte. Il jeta un œil à sa montre et fronça les sourcils. Il était presque l'heure du dîner, ce n'était donc sûrement pas un élève – de toute façon aucun ne s'était encore jamais aventuré jusqu'à ses appartements, par respect, crainte ou par ignorance de sa localisation, il l'ignorait, mais ça lui allait très bien ainsi – et il n'attendait personne.
Intrigué, il se leva après qu'un autre coup eu retentit et alla ouvrir à l'importun. Il fut étonné de découvrir une petite tête blonde.
- Bonsoir Drago. Aurais-tu un problème ?
- Bonsoir monsieur Lupin. Puis-je voir Harry, s'il vous plaît ?
Rémus avait beau lui répéter systématiquement qu'il pouvait l'appeler par son prénom, l'enfant n'en démordait pas et le vouvoyait, restant d'une parfaite politesse comme au premier jour. Il n'y avait que quand l'enfant se perdait dans ses jeux avec Harry qu'il lui arrivait de se détendre complètement et de devenir plus spontané.
Revenant à la situation après que Drago ait rappelé sa présence d'un petit raclement de gorge, l'hôte le fit entrer en lui indiquant que son « copain » était dans sa chambre.
Le jeune Malfoy se dirigea donc vers la porte à droite au fond du salon.
- Je ne sais pas ce qu'il fait, précisa Rémus. S'il dort, je préférerais que tu le laisses. Sa journée a été fatigante, il a besoin de se reposer.
Drago hocha de la tête sans se retourner et pénétra dans le domaine de son ami.
Harry, sous sa forme de renard, était bien couché, roulé en boule aux côtés de son père. Il entamait déjà son demi-tour pour les laisser tranquille, comme demandé par monsieur Lupin, quand la petite tête noire se leva, les oreilles dressées. Le petit blond sourit alors, heureux de pouvoir passer du temps avec lui.
Il s'assit sur la petite banquette sous la fenêtre et attendit que son ami le rejoigne. Cependant, contrairement à d'habitude, Harry ne reprit pas forme humaine. Il resta renardeau et, plutôt que de s'asseoir à côté de lui ou au sol, il effectua un bond qui le propulsa directement sur ses genoux.
Drago resta dubitatif un instant, puis haussa les épaules et se mit à le caresser tout en lui racontant sa journée. Après avoir passé en revue ses cours et les quelques anecdotes sur ses amis, il se tut un instant avant de reprendre :
- Tu sais, j'ai envoyé une lettre à mon père, aujourd'hui, expliqua le petit blond en baissant soudainement la voix.
Harry, qui avait jusqu'alors écouté le récit de son ami pelotonné dans son giron, redressa le museau, sentant que le sujet était plus important cette fois. Bizarrement, le renardeau avait toujours l'air de savoir quand son ami était sérieux ou non. Alors qu'il avait toujours le même air important, quoi qu'il racontât. L'enfant ne pouvait se douter qu'en tant que renard Harry avait les sens exacerbés et qu'il pouvait reconnaître, aux intonations de voix, les sentiments cachés de son interlocuteur. Et puis, Drago commençait toujours par raconter des banalités avant d'attaquer les sujets sérieux. Un peu comme s'il gardait le meilleur pour la fin. Ou qu'il tentait de noyer le poisson.
- Père m'a demandé de lui rapporter l'avancement de notre relation, continua l'enfant. Je t'ai déjà expliqué ma … « mission ». Je ne savais pas quoi lui dire. Je veux dire, tu es mon ami, mais pas de la manière qu'il voudrait que je le sois. Père veut simplement que je fasse semblant. Or je ne fais pas semblant ! Tu fais semblant toi ?
Harry secoua sa tête de droite à gauche et vint frotter son museau contre le torse de son ami, pour lui assurer qu'il était sincère.
Drago observa le renardeau en silence pendant plusieurs secondes, comme perdu dans ses pensées. Il repassait dans sa tête les mots qu'il avait écrits à son père plus tôt dans la journée. Puis, quelque chose le gêna dans le visage de son ami. Il semblait chafouin. Il remarqua alors que ses yeux étaient un peu plus gonflés que d'habitude et que les poils de ses joues avaient séché en formant de petites mèches dures, comme s'ils avaient été récemment mouillés. Son ami avait-il pleuré ? Les renards pleuraient-ils ?
Passant machinalement les pouces sur le visage de Harry, il revint à ses pensées premières et décrivit la lettre qu'il avait finalement écrite. Il finit son récit lorsque Rémus vint frapper à la porte, rappelant l'heure tardive à Drago et surtout que le repas dans la grande salle venait d'être servi. Il devait donc la rejoindre au plus vite pour manger.
L'enfant conclut rapidement avec un « j'espère que j'ai bien fait » qui s'adressait plus à lui même qu'à son ami, puis quitta l'appartement.
Le loup-garou signifia, au passage, à Harry que, s'il voulait manger, il allait passer à table, mais le renardeau, après un petit aboiement, regagna son lit et se roula en boule contre son père.
Rémus n'insista pas et mangea seul ce soir là.
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Se rendant à la bibliothèque, Rémus croisa le directeur de la maison Serdaigle.
- Bonjour professeur, salua t-il.
- Oh, monsieur Lupin, comme je suis heureux de vous voir ! S'exclama le petit sorcier.
- Moi de même, professeur, mais je vous en prie, appelez moi Rémus.
- Je le ferais si vous m'appelez Filius.
Rémus rougit, gêné devant son ancien professeur.
- Très … très bien … bégaya-t-il.
- Parfait, s'enthousiasma Flitwick. Que devenez vous, Rémus?
Le plus jeune voulut corriger le vouvoiement, mais n'eut pas le cœur d'entamer de nouvelles négociations sur la politesse qu'ils devaient, ou non, se montrer. Ce fut donc avec joie qu'il expliqua les recherches qu'il avait entamées. Filius lui posa plusieurs questions, très intéressé, et ils débâtèrent longuement sur plusieurs sujets.
Puis, n'y tenant plus, Filius lui demanda ce qu'il en était de Harry Potter.
Au début avec prudence, Rémus évoqua la décision de Dumbledore et sa volonté qu'il soit le tuteur officieux du petit. Il lui conta la version officielle qui avait déjà été rapportée au banquet de rentrée, devant tous les élevés.
Cependant, Filius Flitwick était un sorcier intelligent et comprit rapidement que la version officieuse était légèrement plus complexe. Rémus pensait sincèrement qu'il pouvait avoir confiance en son ancien professeur. C'était, après tout, un ancien membre de l'Ordre du Phénix. Donc il en vint à raconter ce qu'il en était réellement. Naturellement, Filius était au courant de son statut de loup garou. Il avait toujours été l'un de ses professeur les plus compréhensifs.
Curieux comme un Serdaigle, le petit sorcier voulut rencontrer l'enfant dont avait hérité son ancien élève. Non pas pour sa célébrité, ni pour son pouvoir animagus, bien qu'il pouvait avouer que ce fait l'intriguait beaucoup, mais parce que Remus en parlait avec tant d'affection qu'il voulait faire connaissance avec ce petit prodige.
Après avoir formulé sa demande, Rémus l'invita à prendre le thé le jour même. C'est ainsi que les deux sorciers se retrouvèrent à siroter leurs boissons chaudes devant un petit feu de cheminée, tout en observant Harry dessiner sur le tapis.
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Harry avait vu arriver ce sorcier aussi petit qu'un enfant et qui semblait pourtant bien plus vieux que son humain. Il avait les cheveux tout blancs, comme le vieux sorcier qui l'avait gardé une fois, son visage était tout aussi ridé, mais il ne se dégageait pas de lui la même impression. Lui semblait plus sincère dans son langage corporel. Il décida qu'il l'aimait bien. Surtout que c'était Moony qui l'avait volontairement invité, s'il avait bien compris, donc il pouvait avoir confiance.
L'enfant s'était donc réinstallé comme avant leur arrivée et continua sont chef d'œuvre. Il avait été voir Touffu plus tôt dans la journée pour lui parler de sa conversation avec son père et celui ci l'avait réconforté. Il avait donc décidé d'ajouter son ami canidé à sa collection de dessins.
De temps en temps, il jetait un coup d'œil aux deux sorciers sur le canapé, puis il retournait à son travail.
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Rémus observait son petit protégé appliquer de vives couleurs à sa feuille, tout en conversant avec Filius.
Son ancien professeur avait été quelque peu surpris par l'accoutrement du petit, mais quand le loup-garou lui avait expliqué que Harry ne supportait pas encore les vêtements, le vieux sorcier fut compréhensif. Il lui proposa donc d'apposer un sort sur quelques vêtements pour les rendre plus légers, de sorte que Harry ne soit pas gêné par eux.
Rémus fut réjouit par la proposition et alla de ce pas chercher plusieurs tee-shirts et pantalons qu'il avait achetés au début de l'année. Filius s'empressa de prononcer la formule magique et, dans la foulée, les tendit au petit pour qu'il les essaye.
Harry lutta un peu à l'enfilage, mais le loup-garou vint à la rescousse et l'enfant capitula. Finalement, quand le bas et le nouveau haut, un peu plus près du corps, furent passés, il s'aperçut de leur confort. Il était complètement libre de tout mouvement, les sentait à peine sur sa peau et avait un peu plus chaud que précédemment. C'était une petite victoire pour Rémus et il ne put s'empêcher de remercier longuement son ancien professeur. Il était sûr qu'un certain petit blond apprécierait grandement le progrès.
Filius accepta les remerciements en échange de la promesse de son ancien élève de venir plus souvent aux nouvelles et, pourquoi pas, de prendre le thé régulièrement ensemble.
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A la semaine prochaine !
