Bonsoir bonsoir ! Merci encore et toujours à tous ceux qui lisent, qui laissent des messages, qui m'encouragent, qui me suivent et qui me lisent ! :)

Rendez vous compte, j'ai pris mon ordinateur avec moi en week end, rien que pour vous ! Pour que le chapitre soit posté à temps ! Je suis sympa hein ? ^^

Sur ce, trêve de blabla ... La suite (sortez vos mouchoirs !). Bonne lecture !

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Chapitre 30

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Harry attendait calmement que Moony ait fini sa transformation, mais restait inquiet pour son humain. Le sorcier pouvait lui dire ce qu'il voulait, il voyait bien que le loup-garou souffrait à chaque pleine lune.

Quand le corps redevint totalement humain, le renardeau s'empressa de venir le réconforter avec ses quelques léchouilles, refusant toujours de se métamorphoser. Il s'appliqua à lécher ses doigts, encore crispés, reposant sur le sol. Puis il s'adressa à son père pour lui parler, mais il ne reçut aucune réponse.

Étonné de ne pas avoir eu de retour, il se tourna dans sa direction. Son père, roulé en boule sous l'un des fauteuils de la petite pièce, dormait.

Harry se détourna du Moony et se dirigea vers le vieux renard. Il voulait le réveiller. Ils allaient bientôt devoir revenir au château, où Sev' ne manquerait pas d'emmener son ami à l'infirmerie, puis ils regagneraient les appartements de son humain numéro deux afin d'y passer la journée, comme chaque lendemain de pleine lune.

Une petite patte se posa sur le corps allongé et le secoua doucement. Fox ne bougea pas d'un poil. Le renardeau retenta le coup en appelant son père.

- Papa, réveille toi ! C'est le matin, on va bientôt partir !

Il poussa encore sur le large poitrail, puis, constatant qu'il n'avait pas de réponse ainsi, il alla nicher sa tête contre celle du vieux renard et la poussa du bout du museau.

- Papa ?

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Rémus reprenait lentement ses esprits. La douleur avait beau lui être connue, elle n'en était pas moins difficile à gérer à chaque fois.

Sa respiration était encore laborieuse quand il capta les sons poussés par son petit protégé.

- Tiny, que t'arrive t-il ? Siffla-t-il difficilement.

Il se racla un peu la gorge afin de faire gagner à sa voix un peu de clarté et répéta sa question. Pourtant, le renardeau ne lui répondit pas. Il n'eut même pas l'air de l'avoir entendu.

Le loup-garou était toujours à genoux. Il s'était simplement redressé, les mains sur les hanches et le dos courbé. Il souffla fortement, se fustigeant de ne pouvoir récupérer plus vite pour venir en aide à Harry qui semblait mal et émettait de faibles couinements.

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Harry commençait à sérieusement s'inquiéter.

- Papa ! Papa, réveille-toi !

Son père ne répondait pas et il n'arrivait pas à le réveiller. Il le secouait maintenant assez durement, mais la tête de son aîné avait basculé sur le côté sans que ça ne crée aucune sorte de réaction dans le reste de son corps. Fox restait inerte et le renardeau ne savait pas quoi faire.

- Papa, allez, réveille toi !

La panique le prit lorsqu'il s'aperçut qu'aucun souffle ne sortait de la truffe de son père. Et soudain, ça le frappa. Le poitrail du vieux renard ne se soulevait plus, son cœur ne battait plus. Harry ne voulait pas le croire. Son père ne pouvait être mort.

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Les couinements se firent plus fort, plus durs, plus désespérés. Et Rémus, sans se rapprocher, sut que Fox les avait quittés. Un énorme poids vint s'abattre sur son cœur. Il s'était un peu attaché à ce vieux renard, mais il était surtout immensément triste pour Harry qui venait, une fois de plus, de perdre un membre de sa famille.

Après la mort brutale de ses parents biologiques alors qu'il était à peine âgé de un an, bien que le petit n'en n'ait aucun souvenir – ce qui était le plus triste, selon lui – après le rejet cruel de son oncle et sa tante censés prendre soin de lui après la mort naturelle, elle, de sa mère adoptive, même s'ils n'en n'avaient que très peu parlé, il savait qu'elle avait été très douce et aimante envers Harry, l'enfant de tout juste onze ans passés devait à nouveau faire face au deuil.

Rémus ferma les yeux un instant, tentant de se reprendre malgré la douleur qui pulsait encore dans son dos et les tremblements qui avaient pris ses membres. Lorsqu'il eut récupéré une respiration descente, il se concentra sur ses jambes et se releva. Maladroitement, il atteignit le coin où s'étaient endormi Fox et se laissa tomber lourdement aux côtés des deux boules de poils.

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- Papa, papa, réveille-toi, papa, me laisse pas, papa … répétait inlassablement Harry en sanglotant près du corps encore chaud de son père.

Les larmes dévalaient ses joues et tout son petit corps était secoué par sa respiration entrecoupée de hoquets. Il sentit à peine la main de Moony se poser sur lui et entendit mais ne comprit les mots qu'il murmurait à son oreille.

Bien sûr, il avait compris. Évidement, il s'y attendait. Oui, son père avait eu une longue vie, heureuse et bien remplie. Non, il n'y avait rien de plus à faire que le laisser partir en paix. Seulement, Harry ne pouvait concevoir la suite de sa vie sans cette présence près de lui, sans ce pilier si fort qui lui apportait assurance, réconfort et amour.

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Une boule s'était logée dans la gorge de Rémus et ses yeux s'étaient humidifiés. Parfois une larme s'échappait de la barrière de cils et dévalait son visage. Les paroles qu'il prononçait étaient d'un banal, mais il ne savait que faire. Rien ne soulagerait Harry de son chagrin que le rappel de son soutien. Alors il s'assurait que le renardeau le sache par ses mots, par ses caresses, par sa présence, tout simplement.

C'est sur ces entre-faits que Severus se présenta dans la cabane hurlante.

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Le maître des potions pénétra dans la petite pièce où il savait trouver son ami accompagné des deux renards. Quand il ouvrit la porte, il ne vit d'abord personne. Fronçant les sourcils, il fit le tour de la salle du regard. C'est en avisant son ami recroquevillé au sol et toujours nu qu'il s'inquiéta franchement.

D'un pas rapide, il parcourra la distance les séparant et s'aperçut alors des deux boules de poils roulées sous le fauteuil près duquel Rémus était aussi allongé en chien de fusil.

- Rémus ? Que s'est-il passé ? Demanda Severus avec empressement, s'inquiétant de la gravité de la situation aux vues de leur comportement à tous les trois.

Le loup-garou sursauta et se redressa prestement à la voix de son ami.

- Severus !

Le maître des potions chercha des yeux une cape pour couvrir le corps de son vis à vis et, la trouvant pliée sur une des chaises dans l'autre coin de la pièce, alla la chercher et aida Rémus à l'enfiler.

Quand le blond fut dignement habillé, il réitéra sa question :

- Qu'y a-t-il, Rémus ? Que s'est-il passé cette nuit ?

Rémus soupira et passa une main sur son visage pour y effacer les larmes. Severus se rendit alors compte de l'état de son ami.

- Tu vas bien ? Harry va bien ?

Il se retourna pour aviser le renardeau et réalisa qu'il couinait faiblement depuis son entrée. Il se précipita alors vers lui et le souleva dans ses bras pour l'ausculter. C'est alors que le renardeau poussa de longs cris d'une tristesse transcendante qui pinça le cœur du professeur. Instinctivement, il referma fortement les bras autour du petit et le serra contre lui.

Le regard qui fit face au sien quand il se tourna vers Rémus pour quérir une réponse à ce comportement suffit à lui faire comprendre qu'il n'y avait rien à faire. Têtu et voulant savoir ce qui arrivait à son petit protégé, il se tourna vers Fox. Le vieux renard n'avait pas bougé et maintenant que Severus l'observait, sa position n'était pas naturelle. Son vieux corps ne se soulevait plus au rythme de sa respiration. La réalité le frappa et il ne put que serrer plus encore Harry dans ses bras.

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Après un long moment où le silence régna sur la vieille bâtisse, le maître des potions décida que le mieux était de rentrer au château. Rémus avait besoin de soins et il ne pouvait laisser le vieux renard pourrir sur place avec Harry à son chevet. Valait mieux regagner un milieu plus confortable pour le petit et enterrer le corps de son père. Il fit part de ses intentions à son ami et, après avoir reçu un simple hochement de tête, il lui intima de s'habiller.

Le loup-garou enfila ses vêtements dans un état second. Puis, aidé par Severus, ils se dirigèrent vers l'école. Harry était toujours logé dans les bras du professeur et Fox lévitait derrière eux. La procession silencieuse gagna Poudlard.

Le maître des potions déposa consciencieusement son ami à l'infirmerie, le laissant aux bons soins de madame Pomfresh et se dirigea vers ses appartements dans les cachots. Là, il invoqua une boite en carton suffisamment grande pour contenir un renard. Il y enferma le corps de Fox et, solennellement, le plaça devant la cheminée.

- Harry, l'interpella-t-il doucement en le repositionnant dans ses bras de sorte qu'il puisse voir de quoi il parlait. Je vais incinérer ton père, est-ce que tu comprends ?

Le renardeau qui couinait toujours par intermittence, s'interrompit un instant, renifla et secoua la tête.

- Je vais le brûler, explicita Severus. Es-tu d'accord ?

Harry hocha la tête avant de l'enfouir à nouveau dans les robes noires.

Perplexe quant à la réaction, ou plutôt non réaction, du petit, Severus hésita à poursuivre. Cependant, il ne voyait pas quoi faire d'autre. Dans la culture sorcière d'Angleterre, les hommes étaient enterrés et les animaux, quels qu'ils soient, étaient incinérés, question d'hygiène, mais il s'agissait du père adoptif de Harry. Peut-être y-avait-il dérogation ? Enfin, l'enfant avait donné son consentement.

D'un geste, il fit léviter la boite dans le feu ronflant déjà et regarda le carton s'enflammer. Pour Harry, il resta immobile jusqu'à ce que toute la boite et son contenu soient partis en fumée. Le renardeau, lui, ne sortit pas de sa manche et continua de couiner faiblement.

Lorsque même les bûches furent entièrement consumées et que le feu s'éteignit, Severus retourna voir Rémus à l'infirmerie. C'était inhabituel, en temps normal, il le laissait se reposer toute la journée et plus si nécessaire, mais la situation était loin d'être normale et le professeur ne savait quoi faire de la tristesse de Harry. Le loup-garou saurait le conseiller.

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Arrivés dans l'antre du dragon qu'était l'infirmière, madame Pomfresh, Severus avisa le lit où était étendu son ami et se dirigea vers lui. À son plus grand soulagement, Rémus ne dormait pas et les observa s'approcher en l'interrogeant du regard.

D'un geste, le maître des potions désigna la boule de poils dans ses bras et le loup-garou sourit tristement.

- Je l'ai incinéré, informa-t-il son ami en chuchotant.

- Tu as bien fait, le rassura Rémus.

- Il n'a pas réagi, indiqua Severus incertain.

Le loup-garou eu une moue amusée, bien que son visage soit toujours marqué par la peine et lui répondit avec indulgence :

- Il a été élevé par un renard, il n'a pas de notion d'enterrement ou d'incinération, Severus. Les renards marquent leur deuil en évitant simplement les endroits fréquentés par le membre de leur famille perdu.

Severus acquiesça pensivement en perdant son regard dans la fourrure charbon du renardeau blotti contre lui.

- Tu devrais lui proposer de rendre visite à Touffu, je pense qu'il apprécierait d'être en compagnie d'un autre canidé, à défaut d'un autre renard.

Le professeur releva vivement la tête, les sourcils froncés.

- Touffu, comme Touffu le cerbère de Hagrid qui garde le troisième étage ?

Rémus acquiesça et Severus grimaça.

- Je t'assure qu'il est inoffensif pour Harry.

Le visage du maître des potions se fit soudain plus sérieux.

- Il faut que je te parle de quelque chose. Il s'est passé beaucoup de chose cette nuit, mais avant …

Il souleva le renardeau à hauteur de ses yeux et lui demanda :

- Veux-tu aller voir … Touffu ?

Harry hocha faiblement de la tête et Severus le déposa au sol. Aussitôt, le petit sortit de la pièce et il put se tourner vers son ami pour lui annoncer :

- Quirrell a franchi un cap dans sa quête cette nuit.

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A la semaine prochaine !