Bonjour à tous ! Merci à tout le monde pour vos commentaires, encouragements, merci à ceux qui follow, ou qui lisent sans laisser de traces.
Voici la suite, bonne lecture !
.
Chapitre 31
.
Harry s'était blotti entre les gigantesques pattes de Touffu. Le cerbère lui avait fait sa toilette comme chaque fois qu'il venait le voir, à la différence que, cette fois ci, plutôt que d'en ronronner de bonheur, Harry éclata en sanglots, une image similaire de son père s'étant mis en avant dans son esprit. Une petite heure s'était déroulée depuis et il ronflait à présent dans la chaleur du giron de son ami.
Touffu soupira doucement pour ne pas réveiller son minuscule compagnon et le contempla plusieurs minutes. Depuis longtemps, il savait que le père du petit allait les quitter, mais faire le deuil d'un proche était toujours difficile. Ce terme humain lui avait été donné par le renardeau après que Moony le lui ait expliqué quand ils en avaient parlé ensemble.
Il ne savait pas ce qu'il en était pour les renards, moins encore pour les humains, mais chez les cerbères, la douleur de la perte s'atténuait assez rapidement. Cependant, Touffu savait aussi qu'ils étaient des créatures particulières et il était probable que ce soit différent chez les autres espèces.
Le molosse jeta un œil à la boule de poils charbon lovée contre son flanc et soupira encore une fois. Peu importe le temps que cela prendrait, il serait là pour lui.
.
- Peux-tu me répéter tout ça, s'il te plaît ?
Alors qu'il exécrait se répéter, Severus soupira et consentit à obéir à son ami :
- Cette nuit, ou plutôt la veille au soir, Quirrell a créé une diversion, usant pour cela d'un troll des montagnes, afin de tenter de voler ce qui est gardé où tu sais. Évidemment, une catastrophe n'a pas manqué d'arriver. Le troll, libéré à l'origine dans les cachots, n'a pas tardé à monter les étages et a fait beaucoup de dégâts. Par un malheureux hasard, cette immonde et stupide créature a rencontré une élève.
Rémus, toujours alité, ne put retenir un hoquet de stupeur et demanda :
- Comment va-t-elle ?
Le maître des potions souffla et compta jusqu'à dix dans sa tête. Il savait que son ami était juste très inquiet, mais il avait horreur d'être interrompu. Il réprima le « Si tu m'avais laissé finir, tu le saurais » et lui répondit plutôt :
- Poppy a préféré la confier à Sainte Mangouste, la jeune Granger est dans le coma et les premiers pronostiques sur sa santé ne sont pas très bons. Elle a été frappée à plusieurs reprises par un objet contondant, sûrement la massue que tenait le troll lorsque Minerva et Filius l'ont immobilisé, en plus d'avoir été violemment projetée contre le mur des toilettes des filles en carrelage.
Le loup-garou avait placé une main sur sa bouche grande ouverte, complètement choqué par ces nouvelles. Il se déroula plusieurs secondes avant qu'il ne se rappelle de la première chose qu'avait dite son ami.
- Et Quirrell ?
Severus eu un sourire crispé, mais pas peu fier. Rémus n'avait pas mis longtemps à revenir sur le sujet essentiel et ne s'était pas laissé distraire par les nouvelles plus spectaculaires, certes tristes, mais beaucoup moins importantes. Il apprenait vite le loup.
- Je ne l'ai pas laissé faire, évidemment. J'ai vite compris le subterfuge quand il est arrivé en courant dans la Grande Salle, jouant la panique et hurlant à qui mieux mieux qu'un troll avait atterri – l'expression « comme par magie » le démangeait bien que, même par magie justement, un tel exploit fut impossible – dans les cachots au moment même où, comme par hasard, toute l'école prend son repas concentré en un seul et unique lieu, laissant le champ libre à quiconque voudrait accomplir un quelconque méfait.
Le professeur eut un reniflement dédaigneux. Son ami était toujours suspendu à ses lèvres, alors il poursuivit :
- Quirrell a donc profité de la panique créée par son annonce pour courir vers le troisième étage. Le temps que je le rejoigne a suffi au gardien pour agir. Je suis arrivé alors que le cerbère réduisait en charpie la robe de mon cher collègue.
Il s'interrompit et Rémus comprit qu'il ne reprendrait pas son récit sans encouragements.
- Qu'est ce que tu ne me dis pas, Severus ?
Le maître des potions regarda son ami dans les yeux et y vit de la sollicitude. Il souffla et répondit :
- Touffu …
Il renifla au nom de l'ami quelque peu monstrueux de leur petit protégé. Hagrid n'avait jamais eu de bons goûts.
- … a été un peu trop enthousiaste à protéger le passage qu'on lui avait confié. Il m'a un peu entaillé la jambe.
- Severus ?
L'air de Rémus était devenu menaçant. Il voulait connaître toute la vérité et son ami était doué et un peu trop prompt à minimiser ses maux.
- Poppy m'a déjà réparé, tu n'as pas d'inquiétudes à avoir. Je dois d'ailleurs une fière chandelle à Harry, ajouta-t-il en murmurant plus pour lui même.
- Pourquoi ?
- Ce cerbère m'aurait réduit en miette, comme il était parti pour le faire avec Quirrell avant mon arrivée, si notre petit renard n'avait pas parlé de moi à son ami.
Rémus le regarda étonné.
- Il t'aurait reconnu ?
- Je ne vois pas d'autres explications. Après avoir donné un coup de patte dans mes robes, me griffant au passage, grogna-t-il. Il m'a longuement … reniflé avant de se mettre à me … lécher joyeusement le visage.
Severus s'ébroua à ce souvenir, tandis que le loup-garou explosa de rire. Visualiser son ami si froid et droit se faire renifler et léchouiller par un chien à trois têtes géant était une image qui promettait de lui rester dans la tête un bon bout de temps. Des larmes coulaient à présent sur son visage, incapable de calmer son fou-rire.
Le maître des potions grogna.
- C'est ça, moque toi de moi.
Il voulait montrer son mécontentement à être la risée de son soit disant ami, mais la moue boudeuse qu'il adopta ne fit qu'accentuer l'hilarité du blond. Ce dernier devait se tenir aux barreaux de son lit pour ne pas en tomber, tant il était plié en deux.
Severus croisa les bras sur son torse et regarda Rémus de travers, mais une étincelle s'alluma dans ses yeux. Il était bon de voir le loup-garou rire autant, si peu de temps après la pleine-lune. Harry avait vraiment chamboulé de nombreuses choses. En bien.
Il s'autorisa un micro-sourire.
.
Albus était très ennuyé. Il faisait les cent pas dans son bureau, tentant de s'éclaircir les idées. L'incident de la veille allait provoquer des émois chez les parents d'élèves et certains voudraient retirer leurs enfants de l'école. Il fallait absolument qu'il fasse un communiqué de presse pour contrôler le feu qui ne manquerait pas de se déclarer dès que la population entendrait parler d'un troll à Poudlard ayant blessé une élève assez gravement pour qu'elle doive être conduite à l'hôpital.
Et le rapport que Severus lui avait fait sur son enquête de la soirée n'était pas bon non plus. Le professeur de défense contre les forces du mal avait découvert son premier moyen de protection et il allait rapidement trouver comment le contourner. Bien qu'il reste encore de nombreuses étapes, Quirinus aurait encore plusieurs mois pour toutes les passer. Il ne fallait pas qu'il arrive à la pierre.
« Soit proche de tes amis et encore plus proche de tes ennemis », voilà une maxime qu'il appliquait avec son professeur. Bien sûr, il savait que l'homme au turban était un Mangemort. Il ne connaissait pas le lien qu'il avait avec Tom, mais Albus restait persuadé que Voldemort n'était pas mort. Il devait simplement se cacher en attendant son heure.
La pierre philosophale pouvait lui servir. Tom ne devait pas l'obtenir.
Albus n'avait, à ce jour, aucun moyen de le détruire définitivement. Il fallait être patient.
.
Harry se réveilla plus tard dans la journée, alors que la lumière extérieure déclinait déjà. Il cligna plusieurs fois des yeux, bailla longuement et releva la tête en claquant mollement sa langue contre son palais. Il observa son environnement et, paresseusement, posa son regard sur Touffu. Celui-ci s'était aussi assoupi. Un faible sourire apparut sur sa frimousse, vite effacé quand une question le tourmenta, en entraînant d'autres.
Pourquoi s'était-il endormi ici ? Quelle heure était-il et où était son père ?
Soudain, tout lui revint en mémoire. Il ne pu retenir le sanglot qui lui vint. Et il fut suivi de nombreux autres qui finirent par réveiller son ami.
- Hé, petit, calme toi. Respire.
Une des trois langues passa sur la fourrure du renardeau tandis qu'une autre tête continuait à lui transmettre des paroles réconfortantes.
- Inspire, expire. Voilà, c'est bien. Continue.
Ce traitement perdura encore de longues minutes pendant lesquelles le soleil disparut complètement derrière l'horizon. Harry finit par se calmer, mais il avait l'impression qu'un brouillard entourait sa tête. Chaque fois qu'une pensée le menait à son père, sa gorge se serrait et ses yeux s'embuaient.
Harry prit une grande inspiration et tenta de se concentrer sur quelque chose de concret. Il se tourna vers Touffu et constata qu'il était encore somnolent.
- Dis, Touffu.
Le cerbère secoua ses têtes et regarda le renardeau.
- Oui, petit ?
- Qu'est ce que tu fais quand je suis pas là ?
- Je dors, principalement.
- Et sinon ?
- Je mange.
- C'est tout ? Tu ne joues jamais ?
Le colosse regarda son minuscule ami, parcourut des yeux la pièce où ils se trouvaient, puis posa à nouveau les yeux sur Harry.
- Je ne peux pas sortir de cette salle, elle est vide et est trop petite pour que je puisse y courir. Que veux tu que je fasse d'autre que dormir et manger ? Et attaquer quiconque essaie de rentrer, bien sûr. Comme hier, ajouta-t-il.
Harry dressa ses oreilles sur sa tête.
- Hier ? Que s'est-il passé hier ?
Touffu eu soudainement l'air incroyablement gêné. Il baissa la tête et passa une patte sur ses museaux. Il y eu un couinement assez ridicule pour la masse qu'était le cerbère et Harry ne sut s'il devait s'en amuser ou s'en inquiéter.
- Touffu ?
- Ne m'en veux pas, s'il te plaît. J'ai réagi aussi vite que j'ai pu. C'est mon rôle de garder la trappe et l'humain au turban a voulu entrer, alors je l'ai attaqué ! Il correspondait à la description que tu m'en avais faite. Je n'ai pas trop réfléchi. Puis un autre humain est entré, mais je ne l'ai pas perçu immédiatement et il a pris un coup. Ce n'était pas intentionnel, c'était par totale inadvertance ! Je suis désolé.
Harry, dont les yeux n'avaient cessé de s'écarquiller au fil du récit, paniqua.
- Qui ? C'était qui ?
Touffu leva partiellement sa patte de sorte qu'un de ses yeux se pose sur le renardeau. Il prit une grande inspiration et annonça finalement :
- Ton humain en noir …
Harry eu un hoquet de stupeur et, avant que le cerbère n'ai pu ajouter quoi que ce soit, le battant de la chatière, installée par Moony en début d'année, claquait et Touffu se retrouvait seul.
.
Harry courrait dans les couloirs déserts de l'école. La nuit était tombée depuis longtemps, maintenant, et il n'y avait guère plus que les préfets en chefs et quelques professeurs qui finissaient leurs rondes. Il ne rencontra donc personne.
Quand il arriva devant la porte des appartements de Sev', il gratta frénétiquement le panneau de bois jusqu'à ce qu'il s'ouvre sur son humain numéro 2. L'homme n'eut pas le temps de dire un mot que le renardeau se jetait déjà sur lui, couinant et reniflant ses robes dans la crainte d'y découvrir une odeur de sang.
Pourtant, il ne détecta rien. Il fit le tour des pieds du sorcier un bon nombre de fois, mais fut interrompu dans son investigation lorsqu'il fut saisi par deux grandes mains pâles et soulevé jusqu'au poitrail de l'homme.
.
- Et bien, Harry. Que t'arrive-t-il ?
Un couinement retentit puis la boule de poils enfouit son museau dans ses robes, comme s'il était à la recherche de quelque chose.
- Que fouines-tu avec tant d'avidité ? Demanda le professeur en refermant la porte derrière lui et s'avançant dans son salon.
Harry ouvrit la gueule mais avant qu'un son n'en sorte, Severus se retrouva avec un poids beaucoup plus lourd que précédemment dans les bras. Harry s'était métamorphosé.
Ce fut une voix plus que chevrotante et toujours un peu plus aigu que la normale que l'enfant demanda :
- Tu as mal ?
Sur l'instant, le maître des potions ne comprit pas. De quoi pouvait bien parler le petit ?
- Je ne comprends pas, Harry. Que t'arrive-t-il ?
- Tu as mal ? Répéta l'enfant en s'agrippant à la chemise de son porteur. Tou-ffu m'a dit que-il t'a vu hi-er.
Severus comprit soudainement. Il sourit alors gentiment au garçon et lui répondit :
- Non, Harry. Ne t'inquiète pas, je n'ai plus mal. Poppy, l'infirmière, m'a soigné.
Ne supportant plus le poids de l'enfant – il avait tout de même onze ans, même s'il était de petite taille –, le maître des potions alla s'installer dans son canapé, gardant Harry sur ses genoux. Il lui caressa doucement les cheveux, tentant de réordonner la pagaille qui régnait sur sa tête. Le petit se cala dans son giron, appréciant la chaleur qui s'en dégageait.
Un certain temps passa avant que le sorcier ne propose :
- Que dirais-tu d'aller brasser quelques potions ?
.
Je ne garantie absolument pas d'être à l'heure, en revanche, vous comprenez aisément pourquoi !
Au pire, à dans deux semaines :)
