Bonsoir ! Merci à tout le monde pour vos messages et encouragements ! Pour les nombreux followers ! Et très nombreux lecteurs ! :D
Ici, une petite tête blonde attendue refait son apparition .. J'espère que ça vous plaira !
Bonne lecture :)
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Chapitre 34
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- Harry, tu n'as pas quelqu'un à rassurer aujourd'hui ?
L'interpelé releva la tête de son nouveau dessin et fronça un instant les sourcils avant de se redresser au souvenir de la conversation qu'il devait avoir avec Touffu. Rémus et Kingsley eurent le même cheminement d'idée tandis que l'enfant quittait la pièce après avoir rapidement repris sa forme de renard. Il ne pouvait pas encore se permettre de parcourir les couloirs de Poudlard sous sa forme humaine sans surveillance et de toute façon il avait besoin de sa forme canine pour communiquer avec le cerbère.
Quand Harry eut quitté les quartiers du directeur de Serpentard, l'ambiance s'alourdit sensiblement dans le salon.
Kingsley souffla un coup et lâcha :
- Vous n'imaginez pas le ramdam qu'a fait l'arrestation de Pettigrow au Ministère. C'est la folie au département de la justice ! Tous les employés sont réquisitionnés pour enquêter sur les affaires bafouées de l'après guerre 70-81.
- C'est à dire ? Demanda Rémus.
- Ça veut dire que tous les emprisonnements qui ont été faits à la va-vite à l'époque vont être révisés.
L'Auror acquiesça à la réponse de l'ancien Mangemort.
- Ils vont réinterroger plusieurs prisonniers qui ont été enfermés à Azkaban, ainsi que des sorciers relaxés par le gouvernement de l'époque …
- Ce sont les dernières heures de Fudge, devina Rémus.
- Et ce serait pas trop tôt ! Affirma Severus qui avait en horreur, comme ses amis, le Ministre actuel de la Magie.
Ce n'était, évidemment, pas lui qui était en fonction dans les années 1980, lorsque tous ces présumés Mangemorts ou innocents avaient été enfermés ou relaxés, mais il était au pouvoir depuis deux ans à présent et rien n'avait changé.
- Et … Hum. Severus, il est possible que …
Le maître des potions se tendit, mais c'est Rémus qui s'inquiéta au point de presser leur ami :
- Quoi ? Ils ne vont pas oser remettre en cause l'innocence de Severus ? N'est ce pas 'Ley ?
L'Auror fut gêné par l'intensité des deux regards qui se posèrent sur lui.
- Sincèrement, j'en sais rien. C'est possible.
Et ce fut comme un couperet qui tombait sur leurs gorges.
Évidemment, cela faisait des années que Dumbledore l'avait couvert et il avait véritablement exercé l'activité d'espion pour l'Ordre du Phénix, mais il avait, avant tout, été un Mangemort. Volontairement, et ce pendant presque trois ans.
Trois années pendant lesquelles il avait commis plusieurs crimes punis par la loi. Même s'il n'avait jamais été le plus actif des Mangemorts puisque c'est son talent pour les potions qui avait intéressé le mage noir. Il avait plus été pris par ses études que par des missions et n'avait, par exemple, jamais commis de meurtre, mais plus d'un moldu était passé sous sa baguette et avait subi ses sorts de torture. Il n'avait, en revanche, jamais usé d'un impardonnable, mais la seule marque sur son bras prouvait qu'il avait eu des idéaux loin d'être éthiques.
Heureusement que Albus avait cru en lui et lui avait donné une deuxième chance. Il avait, paradoxalement, plus risqué sa vie en tant qu'espion qu'en tant que Mangemort.
Il serait cependant juste qu'il soit jugé pour ses actes et qu'il paye sa dette à la société. Severus en était conscient et jamais il ne fuirait devant la justice. Seulement, il craignait, comme Rémus et Kingsley, que la sentence ne soit similaire à tous les hommes de Voldemort, sans distinction, et qu'il finisse à Azkaban.
Le propriétaire des lieux souffla et, d'un geste vague de la main, força le changement de conversation. Aucun d'entre eux n'avait de toute façon le pouvoir de changer le vent qui agitait le Ministère.
- Nous avons aussi de mauvaises nouvelles.
L'Auror porta son attention sur ses deux locataires de Poudlard et demanda :
- Vous avez des nouvelles sur la Pierre ?
Rémus se lança alors dans un résumé de la conversation qu'il avait eu avec Harry lors d'une pleine lune. Sa réaction à la présence du professeur de défense contre les forces du mal, comment sa tête lui faisait mal chaque fois que Quirrell se trouvait à proximité et la manière dont s'était accentué quand leurs regards se croisaient.
L'Auror fronça les sourcils, perplexe face à ces symptômes et inquiet pour Harry.
- Il lui lancerait des sorts ?
Le loup-garou infirma.
- Harry assure qu'il n'a pas toujours sa baguette en main lorsque ça arrive.
- Nous en avons discuté plusieurs fois avec Rémus, assura Severus. Mais on ne voit vraiment pas ce qui pourrait causer de tels maux. Et Albus est au courant, bien sûr, ce n'est pas pour autant qu'il nous a fait partager ses impressions.
Kingsley acquiesça pensif. Il n'avait, présentement, aucune idée de ce qui pourrait être à l'origine de ces réactions et le silence du directeur n'était pas pour le rassurer. Il avait toute confiance en Albus Dumbledore, cependant il savait aussi combien le grand sorcier pouvait être cachotier et manipulateur. L'illustre sorcier devait être le gardien d'un nombre incommensurable de secrets.
- Ce n'est pas tout, reprit le maître des potions.
Il conta à son tour les événements des jours passés, avec le troll et le cerbère.
- J'ai entendu parler de cette affaire avec le troll. Les Granger ont d'ailleurs retiré leur fille de Poudlard.
- Elle s'en est sortie ? Demanda Rémus. On est au courant de peu de choses ici, se lamenta-t-il.
L'Auror acquiesça.
- En revanche, il n'y a eu aucun écho de cerbère au Ministère.
- Et ça ne m'étonne pas, commenta Severus. Albus est derrière tout ça.
Kingsley fit alors une drôle de moue. Évidemment, si c'était Albus le commanditaire d'une telle mesure, le Ministère en serait le dernier au courant.
- Bon, et sinon, qu'a donné cette enquête ? Demanda Rémus pour changer de sujet.
De multiples sujets furent évoqués, plus ou moins sensibles. Ils profitaient de l'absence de Harry pour évoquer ce qui ne pouvait être entendu par un enfant ou tout simplement trop compliqués ou inintéressant pour lui. Ils avaient commencé à aborder les recherches de Rémus lorsque le petit revint.
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Les trois adultes cessèrent immédiatement la conversation qu'ils avaient entamée lorsque la porte s'ouvrit. Et alors qu'ils s'attendaient à voir un petit renardeau passé le seuil, ils furent étonnés de découvrir Harry sous sa forme de petit garçon, au bras du jeune Malfoy qui faisait office de béquille.
- Bonjour, professeur, bonjour monsieur Lupin, salua le petit blondinet.
Puis, constatant la présence d'une tierce personne, ajouta :
- Oh, bonjour, monsieur. Je suis désolé, professeur, je ne savais pas que vous aviez des invités. Harry m'a invité, mais il semble qu'il n'en ait pas eu l'autorisation. Je m'en excuse et vais vous laisser.
Rémus s'était déjà levé pour saluer leur visiteur, mais au rappel du statut qu'avait Severus vis à vis de l'enfant, il s'abstint de faire un geste de plus. Kingsley, quant à lui, se contenta d'un hochement de tête poli pour répondre au salut, mais ne manqua pas de laisser apparaître un micro-sourire au coin de ses lèvres, toujours amusé par l'attitude pompeuse de l'enfant.
Severus l'interpella pourtant :
- Monsieur Malfoy, attendez. Vous pouvez rejoindre la chambre de Harry, nous nous apprêtions à rejoindre les appartements de Rémus.
Le loup-garou acquiesça pour appuyer les propos du maître des potions et tout le monde se leva pour se diriger vers la tour Serdaigle.
Harry resta accroché au bras de son ami et parcourut courageusement les couloirs debout. Son accoutrement interpella les quelques élèves qu'ils croisèrent. En effet, il était le seul du convoi à porter un simple tee-shirt bleu turquoise, assorti d'un short rouge. Ses pieds nus, ses cheveux en bataille et ses petites lunettes sur le nez pour compléter le tout. Évidement, ça détonnait un peu.
D'ailleurs, Drago s'en aperçut et se jura d'en dire un mot à son ami. Il était inconcevable pour lui de fréquenter quelqu'un si mal vêtu. Enfin, il ne fut pas le seul car, à peine entré dans ses quartiers, Rémus contrôla la température des petons du petit brun et lui fit enfiler des chaussettes.
- À terme, il faudra apprendre à marcher avec des chaussures, Tiny. Tu vas finir par attraper froid à fouler les pierres gelées de Poudlard pieds nus. D'autant plus que la météo est encore à peu près clémente pour l'instant, mais elle ne va pas tarder à dégénérer franchement avec l'arrivée imminente de l'hiver.
Rémus laissa les enfants seuls dans la chambre de Harry et rejoignit ses amis au salon. Drago se tourna alors vers le petit brun et un immense sourire, jusque là réprimé, s'afficha sur son visage.
- Wahou ! Depuis quand tu marches ? C'est génial ! Tu vas bientôt pouvoir sortir tout seul et venir dans notre salle commune, rencontrer les autres élèves !
- C'est Sev' qui m'a a-ppris, annonça fièrement Harry. Et Moo-ny aussi, bien sûr.
- Au fait, c'est qui l'autre homme ? Je crois que je l'ai déjà vu au Ministère quand mon père m'y a emmené l'an dernier.
- Ley', c'est un ami de Moo-ny et Sev', c'est mon tuteur ! C'est quoi le Mi-ni-stère ?
Drago jeta un coup d'œil circonspect à son ami avant de se rappeler qu'il venait de débarquer dans le monde magique et qu'il n'était pas encore familier avec son fonctionnement.
- C'est l'endroit où les sorciers travaillent pour diriger le monde magique, il y a plusieurs services, en plus du bureau du Ministre lui même. Il y a le département des jeux et sports magiques, le département des accidents et catastrophes magiques, le département de la coopération magique internationale, celui de la justice magique, ou encore des transports magiques, de contrôle et régulation des créatures magiques et enfin, le département des mystères.
Harry fut noyé sous la vague d'informations que venait de lui donner son ami et ne retint pas la moitié des noms des départements. D'ailleurs, il n'avait pas la moindre idée de ce que pouvait être un département.
- C'est quoi un département ?
Drago le regarda avec de grands yeux. Puis il réfléchit à une explication qu'il pourrait donner à quelqu'un qui n'y connaissait rien et se rendit compte qu'il était bien incapable de mettre des mots sur la définition du mot.
- Hum. Je ne sais pas vraiment, avoua-t-il. C'est un endroit où travaillent les sorciers des différents départements, j'imagine.
- Comme une salle de classe ? Demanda Harry.
- Un peu. Mais ce n'est pas qu'un lieu physique, c'est aussi une institution !
- C'est quoi une ins-ti-tu-tion ?
Drago soupira, conscient que son ami avait trop de lacunes pour tout comprendre et lui trop peu de vocabulaire pour expliquer correctement. Il n'était même pas certain de savoir exactement ce qu'était une « institution ». Son père employait cette expression couramment et c'était le terme qu'il lui avait donné lorsque, des années plus tôt, il avait posé la même question que Harry, mais, s'il voulait être honnête, il n'avait pas tout compris.
- Je ne sais pas, avoua alors le petit blond.
- C'est bi-zarre de dire des mots que tu co-nnais pas, remarqua Harry.
Drago, pour changer de sujet, haussa les épaules et sortit une lettre de sa poche. Son ami sentit tout de suite le changement qui s'opéra chez lui et devint très sérieux, venant s'asseoir à ses côtés.
- En-core une le-ttre de ton pè-re ? Lui demanda-t-il.
Drago acquiesça silencieusement. Ses doigts se serrèrent sur l'enveloppe et il prit une grande inspiration. Un Malfoy ne pleurait pas. Harry laissa son ami parler.
- Il veut que je quitte Poudlard. Il veut que je rejoigne Durmstrang. Il le voulait déjà avant, mais ma mère ne voulait pas que je parte loin et a insisté pour que je sois scolarisé au Royaume-Unis. L'incident avec le troll qui a pénétré dans l'école et a blessé une élève, même si c'est une née-moldue, est un excellent prétexte pour lui. Je ne sais pas si ma mère va réussir à obtenir gain de cause, cette fois.
Sa gorge se serra à ces mots. Il ne voulait pas quitter Poudlard. Toute son enfance il avait entendu les récits de ses parents et de leur entourage à propos de l'illustre école de sorcellerie, l'une des plus réputée d'Europe. Il savait, en plus, que l'enseignement dispensé à Durmstrang était plus dur qu'à Poudlard et il avait peur de perdre l'influence qu'il avait déjà acquise ici. Entre ces murs, il pouvait facilement évoquer son nom de famille et tout le monde savait qui il était. Ce ne serait sûrement pas le cas là-bas et il ne voulait pas être personne. Il voulait qu'on le reconnaisse, il aimait l'attention qu'on lui portait.
Harry sentit sa détresse et, dans un geste réconfortant, vint frotter sa tête et son visage contre l'épaule et celui de Drago. Celui-ci sursauta au geste et eut un mouvement d'écart. Puis il se souvint des origines de son ami et revint à sa position originelle, laissant le petit brun lui prodiguer, à sa manière, une étreinte amicale.
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Ce n'est qu'une heure plus tard, alors que les deux enfants étaient revenus à des sujets de conversation plus légers et avaient joués un peu entre eux, que Rémus vint les interrompre.
- Drago, il est bientôt l'heure du repas, tu devrais rejoindre tes amis.
Le petit blond acquiesça et se relevait déjà pour saluer son ami.
En chemin vers la sortie des appartements du loup-garou, Harry, encore accroché au bras de Drago, lui demanda :
- Est-ce que je pou-rrais a-ller man-ger a-vec lui un jour ?
Rémus lui sourit alors et répondit :
- Bien sûr, Harry. Dès que tu serras un peu plus sûr sur tes jambes et que tu marcheras correctement, tu pourras l'accompagner dans la Grande Salle.
Un magnifique sourire se dévoila sur le visage de l'enfant à cette réponse.
- Mais il faut que tu sois conscient que tous les élèves de Poudlard voudront alors t'approcher pour te poser des questions. Et tu devras manger correctement, aussi, ajouta Severus depuis le fauteuil qu'il occupait au salon.
Rémus jeta un regard noir à son ami alors que Harry avait un peu blanchi à la perspective d'avoir à faire aux autres enfants de l'école.
- T'inquiète pas, Harry. Je serais là et personne ne t'approchera si je le décide, le réconforta Drago.
Et Harry retrouva ses couleurs avant de se mettre à léchouiller la joue de son ami.
Rémus eu tout juste le temps de le réceptionner avant qu'il ne s'écroule par terre tant le geste de Drago fut violent. La surprise et le dégoût qu'il ressentit quand la langue du petit brun s'était posée sur sa peau lui fit faire un pas en arrière en relevant brutalement les bras pour se défaire de l'étreinte de son ami.
- Beurk ! Ne fais plus jamais ça ! C'est dégoûtant ! S'exclama le petit blond en s'essuyant la joue d'un mouchoir.
- Doucement, Drago, relativisa Rémus. Harry ne te voulait pas de mal, c'est sa manière de te faire la bise.
À ces mots, l'enfant rougit et Severus et Kingsley qui s'étaient tous deux levés, prêts à intervenir en cas d'incartade, se détendirent. Le petit aristocrate émit quelques grognements et s'enfuit rapidement, quittant les appartements de Rémus pour rejoindre ses amis et oublier cet incident.
Harry, toujours au sol dans les bras du loup-garou, émit un petit geignement qui rapporta l'attention sur lui.
- Oh, Tiny. Ce n'est pas grave. Je suis sûr que Drago ne t'en veut pas, il a juste été surpris.
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A la semaine prochaine !
