Bonsoir ! Merci à tout le monde pour votre fidélité ! Merci aux 11 reviewers réguliers, ça fait toujours extrêmement plaisir d'avoir votre avis, que vous partagiez votre enthousiasme ! Merci à ceux qui m'encourage aussi ! Et aussi aux followers et aux lecteurs fantômes toujours plus nombreux ! :)
J'ai noté une baisse de reviews pour le dernier chapitre, j'espère que je ne suis pas directement en cause ... Je répète que je suis toujours ouverte à toute critique, qu'elles soient bonnes ou mauvaises :)
Sur ce, bonne lecture !
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Chapitre 35
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Les trois adultes durent passer leur repas à distraire Harry pour qu'il en oublie l'incident avec Drago. Ce fut Kingsley qui remporta la palme grâce à son jeu de cuillères virevoltantes qui venaient donner la béquée à l'enfant après un ballet aérien des plus comiques. Au grand damne de Severus qui regardait le spectacle, blasé.
Puis il fut temps de se coucher pour leur petit protégé qui baillait à s'en décrocher la mâchoire depuis le dessert.
L'Auror porta l'enfant devenu incapable de faire l'effort de marcher pour rejoindre sa chambre et le plaça dans son lit. Harry était déjà dans une tenue propre pour dormir, s'étant changé après son bain, juste avant le dîner. Kingsley lui retira seulement ses lunettes, pour qu'elles ne le gênent pas dans son sommeil, et le borda.
- Je m'en vais ce soir, j'ai des choses à mettre en ordre pour reprendre le travail lundi, mais je passerai te voir cette semaine. Je ne devrais pas avoir de mission avant quelques temps.
- Tu ren-tres chez toi ? Demanda l'enfant d'une voix ensommeillée.
- Et oui, il faut bien que je m'occupe un peu de ma maison.
- Elle est co-mment ta mai-son ?
- C'est une grande maison, dans la campagne anglaise. Il y a un jardin et des champs autours.
- Elle est jo-lie ?
- Elle ne paie pas de mine, mais elle est confortable, répondit l'Auror.
Puis son sourire se fit complice et il chuchota à l'oreille de Harry :
- Si tu veux, tu pourras venir passer les vacances chez moi et visiter ma maison.
L'enfant émit un petit cri enthousiaste qui fit rire l'adulte. Kingsley lui passa une main dans les cheveux et lui embrassa le front.
Il s'apprêtait à se relever et quitter la chambre, quand Harry l'interpella :
- Ley', c'est quoi des va-can-ces ?
L'Auror pouffa et rétorqua :
- Les questions c'est pour la journée, tu demanderas à Rémus !
Le susnommé pénétra à ce moment dans la pièce, venu pour embrasser Harry avant qu'il ne s'endorme.
- Qu'est ce qu'on me demandera ? S'enquit-il.
- C'est quoi des va-can-ces ? Répéta Harry.
- Oh ! Hum, je t'expliquerai une autre fois, Tiny. Il est temps de dormir maintenant, chenapan.
Rémus caressa les cheveux de l'enfant, à son tour, puis éteignit la lampe de chevet près du petit lit et s'en retourna dans le salon.
Avant de fermer la porte de la chambre, il glissa sa tête dans l'entrebâillement et chuchota :
- Bonne nuit.
L'enfant avait à peine fermé les yeux qu'il rejoignit déjà les bras de Morphée.
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Severus profitait d'une matinée sans cours à dispenser pour aller cueillir quelques plantes dans la forêt interdite. Il y avait des stocks d'ingrédients à renouveler. Il avait donc offert à Harry de l'accompagner et celui-ci avait sauté sur l'occasion d'aller se dégourdir les pattes.
La température extérieure commençait sérieusement à chuter et le professeur n'avait pas voulu qu'il s'enrhume. Il lui avait donc laissé le choix. Soit il s'habillait plus chaudement, soit il venait sous forme de renard, mais dans tous les cas, il ne devait pas hésiter à lui dire s'il prenait froid. Et comme Harry ne supportait toujours pas de porter autre chose que les tee-shirts et shorts que Flitwick avait ensorcelés, il était venu à quatre pattes.
Ils déambulaient dans le sous bois depuis presque une demi-heure, lorsque le maître des potions découvrit un coin de prairie où poussaient plusieurs asphodèles. Ce n'était malheureusement ni l'époque de floraison, ni celle de semence. Cependant, l'endroit était à retenir. Il nota mentalement le chemin parcouru de sorte à pouvoir retrouver sa localisation. Puis il poursuivit ses investigations, suivit du renardeau qui jouait à faire semblant de chasser du gibier.
Ce n'est qu'après avoir marché encore une heure environ que Severus s'arrêta ébahi devant un buisson.
- Ce n'est pas possible, murmura-t-il pour lui même. Un Brockhill Goldleaf ! Regarde, Harry, interpella-t-il. C'est une variété rare de Chimonanthe. Il est en pleine période de floraison et c'est idéal pour une récolte.
Le renardeau curieux s'approcha mais, sous cette forme, il était trop petit. Une seconde après, il se métamorphosa.
Severus s'était penché sur l'une des branches et sentait le parfum de miel tout en continuant son exposé.
- C'est une plante originaire de Chine, que les européens ont ramené de leurs voyages au XVIIIème siècle. C'est une floraison précoce, normalement, les fleurs apparaissent plutôt à la fin du mois, voire en décembre, dans nos régions. Chez les moldus, elle est utilisée pour soigner les rhumatismes ou faire un excellent poison à action lente. On peut aussi en extraire de l'huile pour … Harry ! Par Merlin ! Tu vas attraper la mort !
Le maître des potions venait de remarquer l'accoutrement de son petit protégé. Il s'empressa de décrocher sa cape et d'emmitoufler l'enfant dessous. Il jeta, en suite un sort de réchauffe dessus, ainsi que sur ses propres vêtements, pas tout à fait adaptés à la météo sans la protection du manteau.
- Es-tu complètement inconscient ?
- Je vou-lais voir la f-leur !
Severus soupira.
- Tu aurais du me le dire, me faire signe.
Puis il avisa les pieds nus.
- C'est pas vrai, marmonna-t-il.
Il se pencha soudainement et prit Harry dans ses bras, coinçant consciencieusement les pans de sa cape sous les petons de l'enfant. Une fois bien placer sur sa hanche, il regarda sévèrement le jeune garçon.
- Tu avais choisi ta forme animagus pour cette balade, gronda-t-il. Je t'avais prévenu qu'il ferait froid et que tu devrais te prémunir de ce froid. Tu as préféré ne pas supporter le manteau et j'ai respecté ton choix. Ta part du marché était de rester sous ta forme de renard afin de ne pas tomber malade.
Harry baissa la tête honteusement.
- Ui, Sev'. Par-don, Sev'.
- C'est pour ton bien, Harry. Comment pourrions nous faire de nouvelles potions si tu es alité ?
L'enfant releva la tête timidement, sentant le changement de ton. Quand il vit l'étincelle de malice dans le regard noir de son porteur, il lui offrit un sourire complice.
- Bien, où en étais-je ? Ah, oui. La chimonanthe. Ses fleurs, une fois séchées, sont utilisées dans les potions de mémoire ! Moins la plante à été touchée par les pollutions urbaines, plus elle est efficace. Je peux facilement m'avancer à dire qu'elle doit être des plus pures en ayant poussé ici.
De son bras libre, il s'activa à ouvrir la besace qu'il avait emporté et la plaça au niveau de sa taille.
- Puisque j'ai les mains prises, tu vas devoir te charger de la cueillette. Au fond du sac, tu trouveras une paire de ciseaux. Fais attention à ne pas te blesser.
Il rehaussa le fond de la besace de sa main gauche tandis que Harry fouillait dedans. Puis, quand l'enfant eu l'outil bien en mains, il raffermit sa prise sur lui de son bras droit et donna les consignes :
- Ne coupe pas trop près des pétales, prend un peu de marge, mais pas trop de tige non plus. Il ne faudrait pas que les fleurs s'abîment dans le sac.
Severus réajusta l'emplacement de la sacoche sous les ciseaux et Harry sectionna la première fleur, très concentré sur sa tâche. Il n'était pas encore très habile de ses mains et ne voulait pas rater la mission que lui avait donnée le professeur.
Un petit bout de langue dépassa de ses lèvres quand il attaqua la troisième tige. Ses sourcils étaient de plus en plus froncés, mais il prenait de l'aisance.
Le maître des potions déclara qu'ils en avaient suffisamment quand deux branches entières furent dénudées. Le buisson avait à présent un drôle d'aspect, ce qui ne manqua pas de faire rire Harry, très fier d'avoir eu la confiance de Severus et d'avoir réussi sa tâche.
- Je voudrais trouver encore quelques marguerites. Leurs racines sont utiles pour de nombreuses potions. Te souviens-tu de celle que nous avons réalisée le mois dernier et qui en nécessitait ?
Harry fit une moue méditative et plongea dans ses souvenirs. Quelques secondes plus tard son visage s'éclaira :
- La po-tion de ra-ta-ti-na-ge, répondit-il avec difficulté.
Il fut récompensé par l'un des rares sourires de son porteur qui le félicita de surcroît :
- Exactement ! C'est excellent, Harry. Je suis fier de toi. Bien, mettons nous en route, les sortilèges de chauffage sur nos vêtements ne vont pas tenir indéfiniment. Veux-tu te retransformer où je métamorphose un manteau.
Harry grimaça, gigota et prit sa forme animagus dès qu'il toucha terre.
- Bien, fit Severus avant de se détourner et de poursuivre sa recherche d'ingrédients.
Finalement, il n'avait pas fait dix pas qu'il sentit la petite mâchoire du renardeau pincer et tirer le bas de son pantalon. Baissant le regard, il comprit que Harry voulait s'adresser à lui. Soupirant, il lui fit un geste de la main pour l'autoriser à se transformer, tout en retirant sa robe qu'il s'empressa de métamorphoser en deux manteaux plus courts. Il se hâta de déposer un exemplaire sur les épaules de l'enfant et de le prendre dans les bras. Le petit n'était pas encore prêt à supporter des chaussures.
Une fois bien calé dans l'étreinte de l'adulte, Harry commença à déblatérer. Il posait des questions sur les potions et leurs ingrédients et Severus attendait toujours avec patience la fin de ses phrases pour y répondre. L'enfant s'exprimait encore avec difficulté.
- Moo-ny m'a a-che-té un né-cé-ssai-re à po-tion pour que je m'en-traîne, mais c'est un jou-et ! C'est pour les bé-bés !
Severus haussa un sourcil, amusé.
- Je lui en toucherai un mot et t'achèterai un véritable petit nécessaire à potion tel que je les préconise pour mes première-année, si tu me fais une promesse.
Il lança un regard très sérieux à l'enfant qui lui répondit d'un sec hochement de tête, tout aussi important.
- Tu ne feras jamais de potion sans la surveillance d'un adulte tant que je ne t'en aurais pas juger apte et, même alors, tu devras toujours prévenir quelqu'un de tes intentions. C'est une discipline qui peut être très dangereuse et je ne veux pas que tu la prennes à la légère.
- Ui, Sev', promit Harry.
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Le maître des potions avait ralenti son allure sur le chemin du retour. Harry avait finit par se retransformer en renardeau et peinait à suivre ses grandes foulées. Sans compter que le petit avait gambadé tout l'après midi. Sa langue pendouillait de sa gueule entrouverte et il portait la tête basse. L'adulte lui avait proposé de le porter, mais l'enfant avait refusé.
Quand ils pénétrèrent dans les appartements de Rémus, Tiny alla s'effondrer sur le tapis devant la cheminée. Le loup-garou regarda son petit protégé traverser le salon et se laisser tomber devant l'âtre. Il jeta un regard perplexe à son ami qui lui répondit tout simplement :
- Il a beaucoup marché.
L'hôte acquiesça, compréhensif.
- Veux-tu une tasse de thé ?
- Non, merci. Je vais aller conditionner ce que l'on a récolté avant que ça ne s'abîme.
- Tu dînes avec nous ?
Le maître des potions lança un « tempus » et répondit :
- Je serais de retour dans deux heures.
Une fois encore, Rémus opina et alors que Severus quittait les lieux, il rejoignit Harry.
L'homme s'agenouilla près du petit corps dont la cage thoracique s'élevait à un rythme accéléré. Il passa la main dans la fourrure du renardeau, jusqu'à ce que sa respiration ralentisse. Lorsque son souffle fut calme, il reprit forme humaine.
- Tu me racontes, demanda Rémus.
Harry lui offrit un sourire comblé et se mit à décrire avec enthousiasme son après midi. Puis il arriva au moment gênant où Severus s'était fâché. C'était assurément un mauvais souvenir, bien que l'homme n'ai pas été sévère, se faire réprimander fut pour Harry un mauvais moment à passer.
- Sev' m'a gron-dé … C'est ma fau-te, je suis de-ve-nu hu-main a-lors que j'a-vais choi-si de res-ter en re-nard, mais je vou-lais lui par-ler et j'ai ou-bli-é.
- Tu as été puni ? Demanda Rémus avec une touche de sollicitude malgré l'air sévère qu'il avait pris.
Severus, Kingsley et lui s'étaient mis d'accord dès le début. En aucun cas une punition donnée par l'un d'entre eux ne devait être levée par un autre, quelle que soit les conséquences. S'ils n'étaient pas d'accord, ce serait hors d'écoute du petit qu'ils en discuteraient.
Harry, sincère, secoua la tête de droite à gauche.
- Non, ajouta-t-il timidement.
Il disait la vérité, Severus n'avait rien dit qui s'apparentait à une punition.
- J'espère que tu dis vrai, je demanderais à Severus. Gare à toi si tu as menti.
- Je te jure ! Dit Harry les larmes aux yeux.
- D'accord, je te crois, Tiny. Il a eu raison de te gronder, tu aurais pu tomber malade et ça aurait été dommage, tu ne trouves pas ?
Harry acquiesça.
- Aller, viens là.
Rémus tendit les bras et prit l'enfant contre lui, le réconfortant d'un câlin plein de tendresse.
- Tu sais, murmura-t-il à son oreille. Je crois que tu as ramolli le cœur de Severus.
Il s'écarta un peu pour pouvoir le regarder dans les yeux, tout en le gardant dans ses bras. Un air espiègle brillait dans son regard.
- Jamais, auparavant, il ne serait resté si calme. Il n'a même pas usé de sarcasme, c'est un jour à marquer d'une pierre blanche, fit-il amusé.
- Il re-ssem-blait à pa-pa, avoua Harry.
Rémus éclata de rire. L'enfant resta perplexe devant son fou rire. Il n'avait pu retenir un petit sourire de s'installer sur ses lèvres, la bonne humeur du loup-garou étant communicative.
C'est dans cet état d'allégresse que les retrouva Severus pour le dîner.
- Et bien, je vois que Harry a retrouvé toute son énergie, fit leur invité d'un air faussement grinçant.
L'enfant, comme à son habitude, poussa un cri enthousiaste à l'arrivée de son humain en noir. Il avait beau avoir passé la moitié de la journée ensemble, Harry était toujours content de le voir.
- Harry m'a dit que tu ressemblais à son papa, rapporta Rémus une fois qu'ils furent tous installés.
Severus fit une grimace, une image de James Potter passant furtivement dans son esprit. L'air mutin de son ami lui assura qu'ils avaient eu la même image en tête. Harry, lui, inconscient de leur pensée, s'échinait à amener sur sa fourchette un peu de carottes râpées.
Pour se venger, le professeur rapporta alors la discussion qu'il avait eue avec le petit à propos d'un certain nécessaire à potion « pour bébé ». Rémus, outré, ouvrit grand la bouche, les yeux écarquillés.
- Traître ! S'exclama-t-il en se tournant vers son voisin.
Dans une envolée de carottes, Harry cria de joie, des mains chatouilleuses l'attaquant de toutes parts.
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A la semaine prochaine !
