Bonsoir ! Merci à tout ceux qui lisent qui suivent, qui commentent et qui encouragent cette fiction !

Sur ce, voici un chapitre un peu plus long que les autres, j'espère qu'il vous plaira, bonne lecture !

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Chapitre 38

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Le Mercredi 13 Novembre avait fini par arriver.

Rémus progressait dans les couloirs du ministère, quelque peu anxieux. Il était escorté par deux Aurors, un premier qui venait de l'interroger et le directeur du bureau des Aurors, Rufus Scrimgeour lui-même. Ils étaient accompagnés de Arthur Weasley et son plus jeune fils qui témoignait aussi.

La matinée avait été épuisante pour le loup-garou et elle était loin d'être finie. Il avait quitté Poudlard assez tôt, alors que le soleil n'était pas encore levé, et s'était rendu au ministère avec le directeur de Poudlard. Ce dernier l'avait abandonné dans les couloirs dès leur arrivée au ministère pour une destination différente à la sienne.

Tandis que le vieux sorcier rejoignait déjà Amélia Bones, la directrice du département de la justice magique et présidente du Magenmagot, lui s'était dirigé vers le bureau des Aurors. Arrivant à celui-ci, il avait été reçu par la secrétaire Georgia Dumshow qui l'avait conduit dans une des salles d'interrogatoire. Là, il avait encore patienté seul durant près d'une demi-heure, avant qu'un Auror ne vienne l'entendre.

Rémus avait espéré que ce soit Kingsley qui effectuerait la procédure, mais ce fut un certain Dawlish qui s'était présenté. Après s'être regardés dans le blanc des yeux de longues minutes en silence, l'Auror l'avait interrogé longuement sur sa vie actuelle, sur son parcours depuis sa sortie de Poudlard. Il avait feuilleté son dossier scolaire et avait passé en revue toute ses années à l'école de sorcellerie.

Ce ne fut qu'après deux interminables heures d'enquête sur sa vie privée, justifiée par Dawlish comme étant la procédure classique lorsqu'il recevait un témoignage, afin de s'assurer de l'intégrité de témoin, que l'Auror débuta la collecte. Il dû extraire une dizaine de souvenirs issu de pleines lunes vécues auprès de ses amis, de périodes de vacances ou de cours à l'école, mais aussi, bien sûr, de sa journée du 31 Octobre 1981, ainsi que de celle du lendemain.

Cela demanda beaucoup d'énergie à Rémus qui du revivre ces passages de sa vie parfois joyeux, parfois tristes, mais tous très marquant pour lui. C'était un passé lointain qu'il avait longtemps cherché à oublier pour tenter de survivre seul, sans ses amis, sans les maraudeurs, bien que ce fût souvent vain. Et ici, tout lui sautait à la gorge.

L'Auror Dawlish fut dans l'obligation de faire une pause après le visionnage des derniers souvenirs. On apporta un verre d'eau à Rémus et un mouchoir pour qu'il sèche ses larmes et se recompose. La procédure n'était pas encore terminée. Dans une deuxième partie, il dû répondre à de nombreuses questions sur Sirius et Peter, leur enfance commune. L'enfance de son ami Black fut longuement discutée, de même que la capacité animagus de Pettigrow.

Rémus, Severus, Kingsley et Albus s'étaient posés la question quant à la révélation ou non de la capacité de Sirius. Celle du rat dévoilée, elle allait forcément être posée. Après concertation, ils avaient décidé que, pour que rien ne puisse être reproché dans le futur, ils devaient prendre le risque de révéler sa nature. C'est donc angoissé, les mains cramponnées à sa chaise et les jambes légèrement tremblantes que le loup-garou lâcha la bombe.

L'Auror le fixa du regard pendant plusieurs secondes, laissant Rémus dans un état de stress rarement atteint. La sueur qui lui coulait dans le dos mouillait sa chemise et sa bouche s'était considérablement asséchée, l'obligeant à déglutir difficilement. Finalement, la plume de Dawlish nota l'information sur son calepin et les questions continuèrent à défiler.

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Ce n'était pas non plus une journée agréable pour Harry.

L'enfant avait dû prendre froid la veille lors de sa sortie dans le parc avec Severus car il fut, ce jour-là, cloué au lit avec un gros rhume. Heureusement, il n'avait pas de fièvre, mais sa gorge le faisait souffrir, ses oreilles se bouchaient et débouchaient par intermittence, lui donnant mal à la tête, et son nez ne cessait de couler. Ce fut d'ailleurs l'occasion d'une nouvelle expérience peu appréciée.

Le maître des potions avait dû faire montre de patience pour libérer correctement le petit nez de l'enfant qui gesticulait et geignait, refusant de collaborer. Ce fut au prix de plusieurs coups de genoux et coudes dans les côtes et les cuisses que Severus réussit finalement à moucher Harry. À la fin des comptes, il lui laissa un mouchoir qui se nettoyait après chaque usage sur sa table de chevet. Il lui administra une potion de pimentine qui fit fumer ses oreilles et lui donnèrent le teint rouge, puis le laissa se reposer encore un peu dans son lit.

Une heure plus tard, l'adulte dû le forcer à prendre un petit déjeuner correct, pour qu'il reprenne des forces, mais l'enfant n'en avala pas le quart et replongea plutôt dans un état comateux. Installé dans le canapé, devant un feu de cheminée, seul son petit nez rougit dépassait de l'amas de couettes dans lequel il était emmitouflé.

Severus l'avait d'abord laissé tout seul, vaquant à ses occupations, mais rapidement, l'enfant avait commencé à pleurnicher.

- Harry, qu'est ce qui ne va pas ? Tu as mal quelque part ?

L'enfant secoua la tête de bas en haut, gémissant faiblement.

- Où ? À la gorge ?

Le petit opina et l'adulte alla lui chercher une cuillerée de miel.

- Tiens, voilà pour toi.

Severus n'avait pas fait trois pas pour quitter le salon que, déjà, il entendit un nouveau sanglot.

Soufflant, il fit demi-tour, s'armant de courage pour s'apprêter à passer la journée au chevet du malade.

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Quand Rémus sortit de la salle d'interrogatoire, il découvrit deux visages couverts de taches de rousseur qui quittaient une salle annexe à celle dans laquelle il avait été reçue. D'un bref hochement de tête, il salua Arthur et il offrit un petit sourire à Ronald. Ce fut ensemble qu'ils se dirigèrent ensuite vers le bureau de Amélia Bones.

À leur arrivée, la même Georgia Dumshow leur ouvrit la porte d'une grande pièce chaleureuse. Elle fit aussi apparaître un fauteuil pour chacun d'entre eux, puis les laissa, regagnant son poste.

Albus eu le temps de glisser un clin d'œil rassurant à Rémus avant que tous ne soient installés, mais il ne sut comment l'interpréter. La directrice du département de la justice magique et présidente du Magenmagot parcouru ses invités du regard, les étudiant tous, un à un, puis toussota avant d'ouvrir le dossier devant elle.

- Messieurs, je n'ai pas encore pris connaissance de vos témoignages, mais sachez que ce sera fait dans les plus brefs délais. Je tenais à vous rencontrer aujourd'hui pour vous transmettre toute ma gratitude quant à l'apport de preuves que vous représentez dans cette affaire.

Rémus, comme les autres, reçu les remerciement d'un simple hochement de tête et la femme continua :

- Quelque soit le résultat de cette enquête, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que justice se fasse et que la vérité triomphe.

Elle parcouru un instant le dossier et en sortit une liste.

- Ceci est la liste de toutes les personnes qui ont été, comme Sirius Black, enfermées à la suite d'arrestations durant la guerre 70-81 et qui n'ont pas eu, comme Sirius Black, de procès en bonne et due forme.

La liste rassemblait une trentaine de personnes. De là où il était, Rémus ne pouvait en distinguer les noms, mais il ressentit un coup au cœur en constatant la taille de cette liste, reflet de l'incompétence du ministère de l'époque. Il savait que les temps d'après-guerre étaient difficiles pour l'administration, mais la vie d'une trentaine de personnes avait été mise en jeu, Sirius parmi eux. Tous condamnés pour avoir été Mangemort sans plus de preuves, parfois, que quelques suspicions de la part d'un voisin ou leur présence au mauvais endroit, au mauvais moment.

La femme soupira discrètement, rangea la liste, les observa encore une fois, puis annonça :

- Je ne puis m'entretenir plus longuement avec vous, messieurs. J'ai bien du travail en attente et, malheureusement, je ne peux m'attarder sur cette affaire pour le moment. D'autres, plus urgentes m'attendent. J'en suis désolée, sincèrement.

Elle posa son regard sur Rémus, particulièrement, et lui adressa un sourire qu'elle voulait sûrement réconfortant. Seulement, le loup-garou était surtout fatigué de cette journée encore loin d'être achevée et les paroles de la présidente lui passait bien au-dessus de la tête. Ce n'était que des discours de politiciens et lui attendait des faits. Il se réjouirait lorsque Sirius serait libre et seulement à ce moment.

Se levant, la directrice du département de la justice déclara alors :

- Votre après-midi sera consacrée à la vérification d'éléments accumulés par les Aurors. Je vous laisse en leur compagnie pour y procéder.

Elle leva le bras, leur indiquant clairement la sortie. Tous se levèrent, dans un bruit de raclement de chaise contre le parquet parfaitement lustré du luxueux bureau. Arthur fut le premier à atteindre la porte, il poussa alors le battant.

De l'autre côté les attendaient déjà trois jeunes Aurors. Les anciens avaient dû refiler le boulot de paperasse aux petits nouveaux.

Rémus fut accosté par l'un d'entre eux :

- Monsieur Lupin, veuillez me suivre, je vous prie.

Se penchant légèrement avec un bras tendu devant lui, il aurait pu faire un parfait agent d'accueil dans un grand restaurant ou dans n'importe quel hôtel. Rémus secoua doucement sa tête, sortant ces idées farfelues de ses pensées et suivit le jeune homme.

L'Auror le conduisit jusqu'à un petit bureau totalement impersonnel qui ne devait appartenir à personne en particulier et ne servir qu'en ce genre d'occasion. Tous deux s'installèrent à la seule table présente.

- Toutes mes excuses, j'ai oublié de me présenter. Je suis l'Auror Sean Hook.

Le jeune homme tendit une main que Rémus serra brièvement. Puis, sans signes avant-coureur, il appela fortement, faisant sursauter le loup-garou qui était légèrement sur les nerfs :

- Parol !

Un crack retentit alors qu'un elfe de maison apparaissait.

- Apporte nous deux plateaux repas, ordonna Hook à la petite créature.

L'elfe s'inclina et disparut aussitôt. Toutefois, il réapparut rapidement et claqua des doigts pour faire apparaître les deux plateaux demandés.

Sans se préoccuper plus du dénommé Parol, Hook invita Rémus à se sustenter et l'elfe repartit à ses occupations. Les sorciers mangèrent alors tous les deux en silence.

Le loup-garou était fort mal à l'aise dans cette ambiance quelque peu oppressante. L'Auror ne fit pas la conversation, mangeant naturellement comme s'il avait l'habitude d'opérer ainsi, alors que lui-même triturait les petits pois à la menthe dans son assiette.

Quand l'employé du ministère eu fini son repas, il avisa rapidement celui encore à moitié plein de son vis-à-vis et fit disparaître les deux plateaux sans plus de cérémonie. Il esquissa un sourire des plus faux, ce même sourire trop enjoué pour la situation qu'il affichait depuis leur rencontre, et plongea sous la table pour en sortir une caisse en carton remplie de parchemins, vieilles coupures de journaux et photographies.

- Bien, fit Hook en se frottant les mains contre son poitrail gonflé. Nous allons débuter. Je vous explique comment procéder.

Il remonta ses manches et sortit une première feuille.

- Je vous lis un de ces papiers ou vous montre une de ces photos et vous me dites tout ce que vous savez sur le sujet. Je vous arrêterai quand j'estimerai qu'il y a suffisamment d'infos. C'est OK pour vous ?

Rémus acquiesça.

- Bien.

Hook ensorcela un parchemin vierge, celui-là, ainsi qu'une plume qui relèveraient le témoignage du loup-garou et la séance commença.

Ils passèrent tout l'après-midi à éplucher cinq des caisses présentes dans la petite pièce. L'Auror posait parfois quelques questions censées approfondir plus encore certains des sujets abordés. Certaines photographies étaient directement écartées, sans qu'il n'ait le temps de jeter un œil dessus.

Ce fut encore un moment très éprouvant pour Rémus, remuant une nouvelle fois le passé de façon peu agréable. Cependant, il savait que c'était nécessaire et que tout ce qu'il pouvait apporter comme information serait peut-être un poids en plus lors du procès de Sirius. Il passerait cent autres journées comme celles-ci si ça lui assurait la libération de son ami.

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Harry n'avait pas plus mangé à midi que le matin. Il avait vaguement entamé son assiette de purée et avait abandonné son dessert, qui était pourtant l'un de ses préférés, à la moitié. Severus était bien embêté car, s'il n'avait pas eu de cours à dispenser dans la matinée, son après-midi était complète jusqu'à 17h. Il ne pouvait décemment pas laisser l'enfant seul dans cet état-là.

Tentant le tout pour le tout, il décida d'envoyer une note à Drago qui, s'il se souvenait bien, n'aurait cours qu'en dernière heure de l'après-midi. Il en prépara une autre à l'attention de Filius qui aurait alors finit sa journée et qui pourrait relayer le jeune Malfoy quand celui-ci se rendrait à son cours. Il reprendrait alors son rôle de garde malade à son retour, en fin de journée.

Approuvant mentalement son plan, il rédigea rapidement les deux notes et les expédia dans la foulée. Un petit quart d'heure plus tard, le petit blond frappait à sa porte, il put donc rejoindre sa classe.

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Drago ne fut pas heureux de son après-midi. Il avait cru pouvoir s'amuser avec son ami, mais il avait passé son temps à lui servir du thé, lui raconter une histoire, et surtout à l'entendre gémir tandis que lui, tournait en rond.

Non, il ne remercierait pas son professeur pour cette journée gâchée. Il lui demanderait même une compensation, s'il en avait le courage, chose dont il doutait un peu.

Le jeune garçon finit par se mettre à ses devoirs, régulièrement coupé par une demande d'attention de Harry pour une raison x ou y. Heureusement que son ami était malade, sinon il l'aurait envoyé paître. Il fut soulagé lorsque son professeur de sortilèges prit la relève.

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Filius, dans sa bonne humeur perpétuelle, ne fut pas entamé par le mauvais caractère du petit malade. Il passa l'heure à lui raconter des histoires, la plupart sur sa propre enfance au château. Harry ne le dérangea somme toute que peu de fois. Et quand Severus rentra dans ses appartements, il put les trouver silencieux.

En effet, l'enfant s'était assoupi et son collègue bouquinait tranquillement à ses côtés.

- Merci de vous être occupé de lui, chuchota le maître des potions.

- Ce n'était vraiment pas grand-chose, Severus. Harry est vraiment un enfant facile, ce fut un plaisir.

L'homme en noir acquiesça en observant la bouille chafouine de l'enfant toujours lové dans ses couvertures. Il grimaça un peu devant la position qu'il avait adopté, se demandant comment il pouvait dormir le dos si tordu. Haussant les épaules, il se tourna vers le petit sorcier et le raccompagna jusqu'à la sortie.

Quand il fut de nouveau seul avec Harry, il se décida à coucher directement l'enfant et tant pis pour le dîner auquel il n'aurait de toute façon rien mangé.

Il le souleva précautionneusement avec son tas de couettes et le porta jusqu'à un lit d'appoint dans sa propre chambre. Il le borda, touchant son front avec le dos de sa main pour contrôler sa température avant de quitter la pièce sans un bruit, satisfait.

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En pénétrant dans le château, Rémus tomba sur les jumeaux Weasley. Les deux galopins lui firent de grands signes de la main, deux sourires espiègles affichés sur leurs visages constellés d'éphélides, le saluant avant de disparaître derrière une des centaines de portes qu'abritait Poudlard. Il était largement le temps pour ces jeunes hommes d'être dans leur lit. Il bravait à coup sûr le règlement en n'étant pas dans leur dortoir.

Cependant, Rémus était trop fatigué pour leur courir après. Et ce n'était de toute façon pas son rôle. Pas vu, pas pris, pas trahis, pas punis. C'était la devise des maraudeurs et ces deux-là lui rappelait indéniablement ses jeunes années. Il chassa rapidement le million de pensées qui voulaient le submerger après cette journée interminable et se dirigea vers ses appartements.

Arrivé à bon port, la première chose qu'il fit fut de prendre une bonne douche chaude et réconfortante.

En sortant, il était tellement ramolli par les vapeurs d'eau brûlantes, las et fatigué, qu'il ne prit pas le temps de commander un repas. Il franchit la porte de sa chambre et s'effondra sur son lit.

Heureusement que cette journée se situait au milieu du cycle lunaire et qu'il pourrait dormir tranquillement. Cette journée avait été épuisante. Toute son énergie y était passée et son moral avait été mis à mal. Il n'avait même pas pu voir Harry.

Il soupira fortement et s'endormit sa tête à peine posées sur l'oreiller.

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A la semaine prochaine !