Bonjour, bonsoir ! Merci à tous pour vos messages, encouragements, suivis, etc. Cette histoire a rassemblé cette semaine moins de reviews que les précédentes, j'espère que ma fiction vous plait toujours :)
Je remercie particulièrement, cette semaine, les reviewers réguliers, qui me suivent depuis le début et qui continuent de m'encourager ! La fiction à atteint 500 reviews, c'est magnifique, merci à vous !
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Sur ce, bonne lecture !
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Chapitre 39
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Rémus tourna la tête, mais la gêne fut pire. Un filet de lumière perçait par l'interstice entre les volets de sa chambre et atteignait directement ses yeux.
Grognant, il lança un « tempus » et s'aperçut qu'il était bien plus tard qu'il ne le pensait, midi venait de passer. Il quitta difficilement son lit en jurant.
Il fut étonné de se trouver à moitié nu, puis il se souvint de la veille au soir, de son état, et grogna encore une fois en cherchant une robe de chambre qu'il enfila dans la foulée.
La pièce principale de ses appartements était vide et silencieuse. Et il en était de même pour toutes les pièces qui le composait. Où pouvait bien être Harry ? Severus l'avait-il gardé avec lui toute la nuit ? Pris d'une inquiétude irraisonnable – son ami n'avait pu le mettre en danger – il partit à sa recherche.
Dans un sursaut de lucidité, il pensa à s'habiller convenablement au préalable.
Sa première destination fut évidement les cachots. Il entra chez le maître des potions sans même avoir frappé alors que celui-ci déjeunait.
- Eh bien, je t'en prie ! Entre, Rémus !
Severus, attablé en train de déjeuner, crispa ses lèvres avec ironie dans une sorte de faux sourire.
- Excuse-moi, tu as Harry ?
- Pour qui me prends-tu ? Harry est ici, en sécurité.
- Excuse-moi, répéta Rémus penaud.
Le propriétaire des lieux soupira fortement en levant les yeux au ciel. Pour une raison quelconque, il semblait de mauvaise humeur. Il s'essuya la bouche, sortit de table et s'avança vers sa chambre. D'un geste de la tête, il intima à son ami de le rejoindre. Le loup-garou fronça les sourcils et pénétra dans la pénombre qui régnait dans la pièce. Seuls ses sens surdéveloppés lui permirent de détecter la présence de l'enfant.
Harry était encore couché sur le lit d'appoint que Severus avait conjuré pour lui la veille et dormait profondément, enfoui sous les couvertures.
Rémus s'avança prudemment, s'agenouilla près du petit et lui caressa doucement la touffe de cheveux qui dépassait.
- Qu'a-t-il ?
- Un simple rhume, mais il est cloué au lit depuis hier matin.
Ils quittèrent la chambre pour s'installer côté salle à manger.
- J'imagine que tu n'as même pas petit-déjeuné ?
Rémus secoua la tête alors que son ventre gargouillait, il n'avait rien mangé depuis près de 20h, et Severus appela un elfe. Bientôt, café, thé, bacon et porridge couvraient le coin de table devant son invité. Le maître des lieux resta silencieux, finissant tranquillement son propre repas, laissant à son ami le temps de sortir de son sommeil et surtout, de lui raconter la journée de la veille.
Ce fut plusieurs minutes plus tard, quand les deux hommes se furent correctement sustentés, que Rémus prit la parole.
Après un soupir pour se donné du courage, le loup-garou releva la tête et regarda l'homme en noir dans les yeux.
- Je crois que ça s'est bien passé. C'était épuisant, mais c'est fini.
Severus acquiesça.
Rémus ne put approfondir puisque, sur ces entre-faits, Harry sortit de la chambre en se frottant les yeux et reniflant. Rémus fut immédiatement attendrit par cette vision et se leva pour le prendre dans ses bras. Ils s'installèrent sur l'une des chaises encadrant la table de la salle à manger. Après avoir fait un détour par la chambre pour récupérer une couverture légère, l'adulte le déposa sur ses genoux et le petit plongea son nez dans le cou de son porteur.
Rémus le couvrit de la couverture et lui frotta gentiment le dos. Ils en tirèrent mutuellement tout le réconfort qui leur avait manqué la veille. Le petit, dans ses bras, donnait à l'adulte plus de force pour continuer à se battre et de volonté de libérer son meilleur ami. Et les bras autour de son petit corps, donnait à Harry de la chaleur, de l'affection et de la sécurité. La meilleure recette pour être serein et mieux guérir, d'après lui.
Moins d'une demi-heure plus tard, Severus du rejoindre ses classes. Rémus et Harry prirent alors le chemin de la tour Serdaigle.
Arrivés dans leur salon, ils reprirent les mêmes positions que précédemment et passèrent la journée en mode cocooning.
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Harry resta alité pendant cinq jours. Rémus lui laissa le week-end pour reprendre des forces. Puis, la semaine reprenant, il demanda à Filius de venir pour ses premières leçons.
Le petit professeur était arrivé à la première heure du matin, suivit d'une malle qu'il agrandit sous le nez de son élève particulier. Celui-ci fut fort impressionné par le geste et, après un sursaut, éclata de rire. Filius était fier de son effet, pour sûr, il avait déjà gagné l'attention du jeune garçon.
Après ce petit tour, il déballa une quantité impressionnante de matériel. Toutes sortes de papiers, de pots à encre, de pinceaux à calligraphie, mais aussi des calames, des plumes d'oiseaux ou métalliques, des feutres, crayons gris ou de couleurs. Le tout de différentes couleurs, tailles, qualités. Somme toute, le matériel adéquat pour étudier l'écriture quelque soit la situation se trouvait là, étalé sur la table de la salle à manger réquisitionnée pour l'occasion car suffisamment vaste pour exposer l'ensemble.
Harry avait les yeux écarquillés dans une drôle d'expression de merlan frit, épaté par tous ces outils.
- Ne t'inquiète pas, Harry. Tu n'en utiliseras pas la moitié, sauf si tu le souhaites, mais après, seulement, avoir intégrer les bases de la calligraphie. Commençons par le début, c'est mieux. D'accord, Harry ?
Le petit brun acquiesça en souriant, de toute façon complètement novice dans le domaine, il n'avait pas vraiment d'opinion sur la question.
- Bien, dans un premier temps, je vais te donner le nom de chaque chose et te faire une démonstration de leur utilisation. Je donnerai, au passage, quelques informations sur l'histoire de l'écriture. Ça ne prendra pas longtemps, juste ce qu'il faut pour que tu connaisses le bon vocabulaire.
Filius étudia le visage de son élève et fut satisfait par son air concentré.
- Harry, je sais que tu ne te souviens probablement de rien de tes premières années, quatre ans est incroyablement jeune pour avoir intégré ce genre de notions. Alors je suis très sérieux et je voudrais que tu sois honnête avec moi.
Son regard se fit plus dur que jamais et se fixa dans celui de l'enfant qui acquiesça en prononçant, avec sa petite voix :
- Ui, Fi-yus.
- Je veux que tu me dises si tu ne comprends pas, si tu veux que je réexplique, si tu veux que je répète. N'hésite pas à me dire ce que tu sais, à m'arrêter si ce que je dis est évident pour toi, si tu as des questions ou même des propositions. Car moi aussi j'apprendrai de toi, Harry.
Harry opina, l'air on ne peut plus sérieux.
- Ton cas est inédit. J'apprendrai de toi peut-être, sûrement même, plus de toi que toi de moi. Comprends-tu, Harry ?
- Ui.
- Bien. Sur-ce, voici un parchemin. C'est le type de papier qu'utilise communément les sorciers.
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Rémus revint de la bibliothèque, où il continuait ses recherches, pour le repas. Filius avait rangé son matériel dans la malle, qu'il avait entreposé dans un coin de la grande pièce.
Harry discutait avec son professeur à propos d'une plume qu'il avait cassée. L'adulte lui assurait que ce n'était rien de grave et qu'il en possédait plusieurs autres.
- Alors, comment s'est déroulé cette première leçon ?
Le petit professeur se tourna vers lui avec un grand sourire.
- Harry est un amour de petit apprenti. Très appliqué et concentré, toujours intéressé ! Il est encore maladroit, mais nous ne faisons que commencer et il a du potentiel.
Harry affichait un magnifique sourire, miroir de celui que Rémus arborait, très fier de son petit.
- Merci, Filius, pour ces leçons.
- Mer-ci, Fi-yus !
- Il n'y a vraiment pas de quoi, mes enfants. C'est un plaisir !
Ils se saluèrent et le professeur Flitwick rejoignit la Grande Salle pour le déjeuner. Rémus et Harry, eux, appelèrent un elfe de maison assigné à l'école et mangèrent en devisant tranquillement sur leurs matinées respectives. L'animagus faisait des progrès fulgurants en prononciation, ses phrases étaient de plus en plus fluides au fil des jours.
- Fi-yus m'a fait essa-yer le cra-yon à papi-er et j'ai é-crit une phrase enti-ère ! J'ai aussi essa-yé la plume, mais j'ai trou-é la feu-ye.
Rémus pouffa.
- J'ai eu beaucoup de mal aussi à manier la plume sur un parchemin, au début.
- Tu n'étais pas sor-ci-er quand tu étais petit ?
Le loup-garou eu un sourire tendre à l'expression maladroite de Harry.
- Je suis ce qu'on appelle un sang-mêlé. Ma mère était une moldue et mon père un sorcier.
Il eut une petite boule à la gorge en pensant à sa petite enfance.
- C'est mon père qui m'a élevé après … Après l'attaque.
Harry sentit l'atmosphère changée, mais ne comprenait pas pourquoi. Moony semblait un instant joyeux et la phrase d'après, il avait ce trémolo dans la voix.
Alors, Harry se leva et étreignit son humain. C'était un geste typiquement humain qu'il faisait là, les renards ne se prenaient pas dans les bras, ils n'en avaient pas. Ils frottaient leur pelage contre l'autre, léchaient sa truffe, déposaient leur odeur pour réconforter. Pourtant ce fut ce que fit l'enfant, sentant que c'était ce dont avait besoin Moony.
Rémus prit l'enfant dans ses bras et le serra contre lui, les larmes aux yeux. Harry ne put tout de même retenir ses vieux réflexes et frotta sa joue et le dessus de son crâne contre ceux de son tuteur. L'adulte lui rendit ses attentions en caressant son dos.
- Pour-quoi tu es tri-ste, Moony ?
- Parce que j'ai de mauvais souvenirs. Ce n'est pas grave, Tiny. Tu n'y es pour rien.
Soudain, des coups retentirent à la porte. Rémus se reprit rapidement, effaça ses larmes et se redressa. Souriant à Harry, il lui demanda d'aller ouvrir :
- C'est sûrement quelqu'un pour toi, ajouta-t-il en lui faisant un clin d'œil.
De l'autre côté, se tenait Kingsley avec un paquet dans les bras.
- Ley' ! S'exclama Harry en lui sautant dans les bras.
L'Auror pénétra dans les appartements de son ami, son pupille sous le bras. Il remarqua rapidement l'état de Rémus, mais passa le fait sous silence pour l'instant.
- Qu'est-ce que tu fais là, 'Ley ? Demanda l'enfant ingénu.
- Je n'ai pas le droit de rendre visite à mon fils adoptif préféré ?
Harry se concentra une seconde pour comprendre de qui il parlait, mais le grand sourire que lui fit l'homme le convainquit que c'était bien lui le sujet. Il poussa alors un cri de joie alors que Kingsley éclatait de rire.
L'arrivée de son ami allégea considérablement l'humeur de Rémus. Remarquant le paquet dans ses bras, il lui demanda :
- Quelle folie as-tu encore fait là ?
- Haha ! S'exclama Kingsley en haussant plusieurs fois les sourcils.
Il se tourna vers Harry et le lui tendit :
- Ceci, est pour toi !
Un deuxième cri de joie répondit à cette annonce. Harry s'approcha doucement, plus sûr sur ses jambes de jours en jours. Il tendit les bras et saisi le cadeau.
- Mer-ci, 'Ley !
Il posa le gros cube coloré et un peu lourd à ses côtés et l'étudia de plus près. Il était très beau, les couleurs formaient un joli dessin qui ne semblait rien représenter en particulier, à moins que ce soit quelque chose d'encore inconnu.
- Et celui-ci pour toi, ajouta l'Auror à l'attention de Rémus, lui tendant un tout petit paquet.
Le loup-garou le regarda interrogateur, mais Kingsley restant silencieux et les yeux pétillants de malice, il finit par l'ouvrir. Il découvrit alors une tablette de chocolat.
- Je suis passé près de la frontière Belge, hier. Je ne pouvais pas revenir sans ton péché mignon !
Rémus lui répondit d'un léger coup de poing dans l'épaule et le remercia chaleureusement.
Après plusieurs minutes à contempler son cadeau, Harry détourna son attention et se focalisa sur les deux adultes dont le regard était de nouveau posé sur lui. Il rougit de l'intérêt qui lui était porté. Il se demanda même s'il n'avait pas quelque chose de bizarre sur lui pour qu'ils le fixent ainsi.
Ce n'est qu'après une minute de plus que Rémus finit par pouffer et lui expliquer :
- Il faut l'ouvrir, Harry. Ton cadeau est à l'intérieur de la boite.
L'enfant se tourna vers son présent et l'étudia perplexe. Soit, ça faisait deux cadeaux en un, pensa-t-il en haussant les épaules. Il s'appliqua à défaire la ficelle qui maintenait le papier en place et le carton fermé. Il récupéra avec beaucoup d'application le beau papier cadeau, le plia et le mit de côté. Puis il repoussa les battant du carton pour découvrir ce qu'il y avait à l'intérieur. Kingsley vint l'aider à sortir l'objet qui était dedans.
C'était un gros tube agrémenté d'autres plus petits qui se pliaient sur le côté et trois branches reliées entre elles qui pouvaient s'agrandir si on tirait dessus. L'Auror déplia le tout, installa le trépied et monta le gros tube dessus, de sorte qu'il soit à hauteur d'homme.
- C'est quoi ?
Rémus sourit à la question. Il déplaça l'objet près de la fenêtre, passa un moment à modifier son installation, à ajuster quelques petits éléments en forme de papillons qui tournaient et orienta l'une des extrémités de l'objet vers l'horizon.
Kingsley aida l'enfant à se relever et le poussa pour qu'il s'approche.
- Regarde ici, lui souffla-t-il en lui indiquant l'un des petits cylindres qui dépassait.
Harry plaça son œil dedans et vit du bleu, de la même couleur que le ciel. C'était beau, mais il ne savait pas si c'était bien ce qu'il devait voir. Alors il releva la tête, dubitatif, lançant un regard interrogateur à 'Ley. Celui-ci prit sa place et appliqua de petites modifications. Après un instant, il lui intima de recommencer.
Cette fois, Harry poussa un cri enthousiaste. Il voyait la lune en très gros, claire avec de petits cercles gris foncés dessinés sur elle. Elle en était à son premier quartier, dans deux semaines se serait la pleine lune.
Rapidement, la lune disparut de nouveau.
- Elle est par-tie !
- Mais non, regarde, indiqua Rémus en lui montrant le ciel.
Harry leva la tête et effectivement, elle était bien là, toujours dans le ciel. Il fronça alors les sourcils et replongea la tête dans le viseur du télescope, mais la lune n'était plus visible ici.
- C'est parce qu'elle bouge, lui expliqua Kingsley. Rem' t'expliquera ça mieux que moi, ajouta-t-il en faisant un sourire encourageant à son ami.
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La suite de la conversation dans le prochain chapitre ;) Je suis sûre que vous avez deviné où elle mènera !
Cependant, le week end prochain je n'aurais sûrement pas internet. Je déménage pour entamer un stage de 6 mois et je ne sais pas quand je récupérerais une connexion. Donc le rythme de publication en sera peut être perturbé ... Enfin, je ferais mon possible :)
A bientôt !
