Bonjour, merci pour les reviews, encouragements et les follows !
Finalement, j'ai réussi à trouver une connexion internet, c'est ma beta qui publie.
Bonne lecture :)
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Chapitre 40
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Rémus rendit son sourire à Kingsley et se lança dans un cours improvisé sur l'astronomie. Naturellement, il en vint au cycle de ses transformations. Il essayait de garder un visage neutre et une voix sereine, mais c'était difficile.
Ils avaient fini par s'installer au salon, sur le canapé devant la cheminée allumée et un elfe était venu leur servir le thé.
- C'est à la pleine lune que la malédiction œuvre.
- Qu'est ce que c'est une malé-di-ction, Moony ?
- C'est compliqué, Tiny. C'est une chose mauvaise qui arrive de façon inévitable. On ne peut pas la contourner, on n'en guérit pas.
- Mais tu a mal, gémit plaintivement Harry.
Il avait bien remarqué combien Moony souffrait à chaque métamorphose et ça lui faisait mal à lui aussi. Il se sentait impuissant. Kingsley, lui, ne savait pas grand-chose sur elle. Il écoutait attentivement son ami, tout en lui tenant la main pour lui donner du courage.
- Oui, répondit Rémus.
- Et tu ne guériras pas ?
- Non. Cependant, Severus me fournit une potion, depuis deux ans maintenant, qui me permet de garder conscience lors de mes transformations. Auparavant, je ne me souvenais même pas de ces nuits. Depuis l'attaque, chaque mois je dois endosser l'allure de cette créature des ténèbres.
- Quelle att-aque ? Demanda Harry, encore plus inquiet en comprenant petit à petit tout l'enjeu des métamorphoses de son humain.
- Harry, intervint Kingsley, pas certain que Rémus veuille expliquer cette partie.
Il allait poursuivre et détourner la conversation, mais le loup-garou leva la main, signifiant que ce n'était rien.
- On ne naît pas loup-garou,Tiny. On le devient au cours d'une morsure par un autre loup-garou.
Harry haleta fortement, les yeux écarquillés d'horreur.
- Personne ne sait de quoi est issu le premier cas, mais aujourd'hui c'est ainsi.
- Tu as été att-aqué et mor-du par un loup-ga-rou ?
Les mains de Rémus tremblaient dans celles de son ami, mais il voulait que Harry et Kingsley sachent. Seul Albus connaissait toute l'histoire et Severus était au courant d'une partie aussi, mais ça le libérerait que tous ceux qui vivent avec lui au quotidien le sachent. Ainsi, il n'aurait plus peur de se cacher, de faire une bourde ou d'être seul, tout simplement.
Il prit une grande inspiration et raconta :
- Petit, je vivais avec mes parents. Malgré le fait que mon père soit un sorcier, nous vivions dans la maison familiale de ma mère, que ses parents lui avaient léguée. Je n'ai connu aucun de mes grands-parents. Ceux maternels étaient morts peu avant ma naissance et ceux paternels avaient laissés mon père orphelin quand il était tout juste majeur.
Son ton se fit lointain alors qu'il aborda la suite, comme s'il se plongeait lui même dans son propre récit.
- Ma mère ne travaillait pas, elle s'occupait de moi à la maison. Mon père, quant à lui, travaillait auprès d'un potionniste. Il n'y connaissait rien en potion, mais il aidait aux commandes et livraisons. Un jour, un homme est venu se plaindre du prix de l'une des potions. Mon père eut beau lui expliquer qu'il n'y était pour rien, qu'il n'était que le livreur, l'homme n'en voulut rien savoir et le menaça.
Silencieux, Harry et Kingsley écoutaient l'histoire de l'enfance de Rémus.
- Le temps passa et l'homme ne revint pas. Mon père pensa que c'était seulement des paroles en l'air. Ce n'est que le mois suivant qu'il réapparut, encore plus en colère. J'étais là ce jour là. Ma mère était malade, donc j'avais du accompagner mon père sur son lieu de travail. L'homme était vraiment effrayant. Il était grand et costaud, avait des yeux jaunes encadrés par des sourcils broussailleux et grisonnants similaires à sa chevelure, une large mâchoire qui ne cessait de postillonner lorsqu'il invectivait mon père et équipée de petites dents pointues et, le plus bizarre, des griffes à la place des ongles.
Son auditoire était captivé par son récit.
- Je n'avais pas encore compris ce qu'était l'homme, mais mon père, lui, devait savoir. La potion qu'il demandait était révélatrice, même si je ne la connaissais pas. Il répéta qu'il ne pouvait rien changer au prix des potions qu'il livrait, mais son interlocuteur ne voulut rien savoir et augmenta la sentence de ses menaces. Après un coup d'œil sur moi, il dit à mon père que, dans le cas où le prix n'aurait pas changé le mois suivant, il viendrait me trouver la nuit.
Harry avait bien compris ce qu'était l'homme de l'histoire. Un loup-garou. Il haleta fortement, attendant la suite avec impatience, oubliant un peu que c'était une histoire vraie.
- Mon père, cette fois là, ne répliqua pas. Au contraire, il supplia l'homme de ne rien faire et répéta qu'il ne pouvait rien changer, lui n'était que le messager. L'homme repartit avec un sourire affreux qui me fit peur.
Et comme s'il revivait ce souvenir, il frissonna.
- L'employeur de mon père, à qui il avait déjà fait mention des menaces la fois précédente, ne changea rien au prix de ses potions. Même après que mon père lui ait rapporté les nouvelles et le risque pour moi. Après ce jour, mes parents devinrent un peu paranoïaques. Je n'eus plus le droit de sortir seul, même dans le jardin qui était pourtant clos. Je n'avais pas compris l'ampleur du danger. Ce n'est qu'un mois après, jour pour jour, que je saisis.
Rémus eut besoin d'une pause avant de continuer. Il entrait dans le vif du sujet et évoquer ce passage lui était douloureux.
- La nuit était tombée depuis une heure à peine quand un loup défonça la porte de la maison. C'était la fin de l'automne alors il était encore tôt. Je jouais sur le tapis de ma chambre tandis que mes parents préparaient le repas du soir. J'ai entendu le fracas et me suis précipité au salon.
Il renifla et remarqua avec un peu d'amertume dans la voix :
- James et Sirius se demandaient toujours pourquoi j'avais fini à Gryffondor, mais il faut croire que j'avais la même propension qu'eux à foncer tête baissée dans les ennuis.
Kingsley lui passa une main dans le dos, tentant de le réconforter comme il pouvait.
- Il n'a même pas prêté attention à mes parents. Il a foncé directement sur moi toutes griffes devant.
Une larme dévala sa joue et Harry se précipita sur ses genoux. De ses petits doigts, il effaça la goutte salée et retraça les cicatrices qui subsistaient sur le visage de son humain, marques indélébiles de cette nuit d'horreur. Rémus lui sourit tristement et poursuivit :
- Après m'avoir mordu, il ne s'est pas attardé. Il a juste lancé un regard à mon père et s'est enfui. Depuis cette nuit, mes parents m'ont enfermé une fois par mois dans une cage qu'ils avaient mis à la cave. L'homme avait exécuté sa menace. Il s'appelait Fenrir Greyback et était loup-garou. La potion Tue-loup n'existait pas encore, mais une autre servait à atténuer la conscience de la créature de sorte que, si la personne touchée de la malédiction ne pouvait agir, elle conservait des bribes de sa nuit en souvenir. C'était une potion qui ne fonctionnait pas très bien et qui était extrêmement chère, rien à voir avec la Tue-loup actuelle.
Il souffla difficilement et finit son histoire.
- Tous les soirs de pleine-lune je me transformais. Mes parents avaient peur et ne savaient plus quoi faire. Ma mère ne supporta pas, elle était moldue et aucunement prête à faire face à ce genre de choses. Mon père m'expliqua que c'était parce qu'elle ne pouvait plus me voir souffrir, mais le résultat était le même. Ma mère avait abandonné. Elle est partie un peu avant qu'une année ne se soit écoulée. Mon père, lui, s'en voulait, il pensait que c'était de sa faute puisqu'il n'avait pas pris en compte les menaces du loup-garou. On apprit plus tard que je n'étais pas un cas isolé. Fenrir était un psychopathe qui aimait s'attaquer aux enfants.
Rémus passa une main sur son visage.
- Avec mon statut, je n'ai pas pu aller à l'école avant Poudlard et mon père était trop pauvre pour me payer un précepteur. Lorsque je reçu ma lettre d'acceptation à l'école de sorcellerie, ce fut le plus beau jour de ma vie. Dumbledore avait accepté que je sois instruit malgré le danger que je représentais. Avec la complicité de l'infirmière, madame Pomfresh, je pus vivre les pleine-lunes dans la cabane hurlante. Puis les Maraudeurs m'ont rejoint. C'étaient les plus belles années de ma vie. Cependant, Poudlard ne dure que sept ans.
Il ne voulait pas encore évoquer la guerre avec Harry, alors il passa sous silence la terreur des années de la montée au pouvoir de Voldemort et conclut :
- Mon père mourut à l'âge de mes vingt et un ans dans un accident de laboratoire. Son employeur expérimentait la livraison d'un nouvel ingrédient et il était présent au mauvais moment. L'explosion avala tout le bâtiment et ses employés avec. Moi je ne pouvais travailler, personne ne voulait embaucher un loup-garou. Je dus vendre la maison et vivre avec l'agent récolté.
Il renifla et dit d'un ton faussement joyeux :
- Et voilà comment je suis devenu un monstre.
Kingsley sursauta au terme employé et prit un peu violemment Rémus dans ses bras, ainsi aucun ne remarqua tout de suite la réaction de Harry.
- Je t'interdis de dire ça, Rem', gronda l'Auror. Tu es un homme bien, gentil, humble, intègre, qui se soucie de son entourage. Tu es l'homme le plus courageux que je connaisse et ce n'est pas peu dire dans mon métier, n'est-ce pas ?
Il s'écarta un peu pour plonger son regard dans celui ambre de son ami. Il posa une de ses grandes mains sur la joue couverte de cicatrices et lui demanda en souriant :
- N'est-ce pas toi qui prend soin de notre petit Harry aujourd'hui ?
Rémus sourit en retour à travers ses larmes et se tourna vers leur petit protégé, leur fierté. C'est là qu'ils remarquèrent que quelque chose n'allait pas.
En effet, l'enfant tremblait, le regard fixé quelque part au dessus de son épaule, dans le vague, et des larmes commençaient à s'accumuler aux coins de ses yeux.
- Harry ?
Seul le silence lui répondit. Rémus jeta un coup d'oeil à son ami, lui demandant implicitement s'il savait ou comprenait ce qu'il se passait, mais Kingsley semblait tout aussi perdu.
Le grand noir posa ses mains sur les épaules du petit et tenta d'attirer son attention en le secouant légèrement, mais il n'y eut aucune réponse. Quand, tout à coup, Harry poussa un faible gémissement, il hyper ventila alors. Les deux adultes le regardèrent impuissants, ne comprenant rien. Tout en sanglotant, Harry avala de travers sa salive et se mit à tousser, accentuant encore ses difficultés à respirer.
- Il fait une crise de panique ! S'exclama soudain Kingsley.
- Mais pourquoi ? S'inquiéta Rémus.
- Je ne sais pas, mais s'il continue il va s'étouffer, je vais chercher Albus. Seul lui pourra entrer dans son esprit et le sortir de sa crise.
Rémus acquiesça et saisi Harry dans ses bras, le berçant en attendant le retour de son ami avec le directeur. Il repassait ses mots dans la tête et s'en voulut. Il était trop jeune pour entendre ce genre de choses, pour percevoir la dure réalité du la société anglaise. Il commençait tout juste à se familiariser avec les gestes du quotidien, il n'était pas apte à comprendre la complexité du comportement humain.
Albus débarqua plusieurs minutes plus tard, Kingsley derrière lui et avisa la situation. Harry était toujours dans le même état, sur les genoux de Rémus qui ne savait plus quoi faire pour sortir l'enfant de sa crise.
Le vieil homme s'avança à grandes enjambée et s'agenouilla face à eux. Il demanda au loup-garou de retourner Harry et de le placer face à lui, puis il étudia le visage du petit. Après une courte inspection, il leva les bras et posa ses mains sur le jeune garçon, une sur chacune de ses tempes. Il murmura un legilimens. Aussitôt, il se retrouva dans l'esprit de l'enfant. Ce qu'il y vit lui fit mal tout en le mettant en colère.
Face à lui, un tout petit garçon à la touffe de cheveux brune mal coiffée se faisait violemment gronder par un homme aussi grand que large, dont le visage était devenu rouge écarlate. Il reconnut sans mal l'oncle de Harry. Celui-ci menaçait de son immense main son neveu et vociférait nombre d'insultes. Une particulièrement retint son attention. « Monstre ». La montagne ne cessait d'appeler Harry « le monstre ».
Une autre scène surgit soudainement devant Albus. Le cadre n'avait pas changé, mais il n'était plus tout à fait au même endroit dans la maison du 4, Privet Drive. Vernon Dursley venait de gifler un Harry d'à peine trois ans, ce qui eut pour effet de faire voler l'enfant.
Il avait maintenant assez d'éléments pour comprendre ce qui arrivait à Harry. Il entreprit de sortir prudemment de son esprit, mais avant de le quitter tout à fait, il émit une très légère secousse qui devait aider l'enfant à se détacher de son souvenir. Et, effectivement, lorsqu'il retourna consciemment dans son esprit, si le petit garçon sanglotait toujours dans les bras de Rémus, il ne paniquait plus.
Kingsley remercia d'abord Albus, avant de lui demander ce qu'il avait vu.
- Je pense que Harry s'est retrouvé prisonnier d'un souvenir. Il a eu comme une absence pendant laquelle il revivait un événement particulier.
- Lequel était-ce ? Demanda Rémus inquiet.
- Un mauvais souvenir, assurément. Le jeune Harry recevait une correction disproportionnée, quelque soit l'erreur qu'il ait commise et son oncle employait un mot bien peu approprié pour désigner un enfant.
Comme à son habitude, le directeur ne répondait pas tout à fait à la question, mais dans la mesure où Harry ne se remettait pas de sa vision, il le valait peut être mieux pour l'instant. Le vieil homme envoya tout de même la mention du mot « monstre » subrepticement dans l'esprit des deux adultes et ceux-ci en écarquillèrent leurs yeux.
Rémus comprit alors qu'il avait été le déclencheur de la crise et s'en voulut d'autant plus. Kingsley, lui, réagit tout autrement. Une rage d'une rare intensité déferla sur son corps et fit trembler ses membres.
- Ne m'en voulez pas, messieurs, mais je vais vous quitter, maintenant.
Sur ces mots, il partit. Il avait besoin de s'isoler pour faire sortir cette colère en toute sécurité. Il ne voulait blesser personne. Et surtout, il avait une petite visite à effectuer.
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A la semaine prochaine !
