Bonjour – Bonsoir ! Merci beaucoup pour tous vos messages d'encouragements, pour vos reviews sur le chapitre 40, pour votre soutien ! Ça fait vraiment très plaisir surtout dans ce genre de tuile, mais malgré les conseils de certains (merci à eux!) je n'ai rien pu récupérer … Enfin, passons, s'éterniser ne sert à rien ! :)

Le chapitre précédent a suscité de vives réactions, je ne pense pas que celui-ci soit à la hauteur de vos espérances … (on avoue, on souhaiterait tous voir les Dursley au bout d'une corde!) Mais j'espère qu'il vous plaira quand même !

Avant de faire place à la lecture : dans le chapitre 38, j'ai écrit une phrase dans laquelle Harry hausse les épaules, geste typiquement humain (petit oubli de ma part, désolée) … Veuillez prendre en note que le petit commence à imiter ses pairs – et ses pères ^^ – donc il adopte peu à peu des gestes plus humains ! Voilà voilà !

Sur ce, bonne lecture !

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Chapitre 41

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Après avoir regagné le bureau de Dumbledore par cheminette, Kingsley prit la direction du ministère de la magie par le même moyen. Dans l'atrium, il prit rapidement le chemin des salles d'entraînement des Aurors, au second niveau, et s'y défoula pendant plus d'une heure. Il était tellement en colère, contre les Dursley, contre Albus qui avait placé Harry là-bas, contre lui-même pour ne pas avoir décelé le problème plus tôt et d'avoir été si impuissant devant la détresse du petit. Sa magie en avait été perturbée et il avait eu besoin de faire sortir toute cette tension qui régnait en lui.

Quand il eu détruit son quinzième mannequin et qu'il suait de tous les pores de sa peau, il cessa enfin. Soufflant comme un bœuf, il se doucha et enfila une tenue officielle avant de se rendre à son bureau. C'est à peine s'il salua les collègues qu'il rencontrait, son esprit, à peine apaisé par l'exercice, était encore trop plein des révélations d'Albus.

Arrivé au quartier général des Aurors, il traversa tous les box et rejoint le sien, au bout d'une rangée. Il ne prêta pas attention à tous les portraits de personnes recherchées qui s'agitaient sur les affiches placardées aux parois. Il fouilla un peu dans ses tiroirs et en sortit un dossier en particulier. Il le feuilleta rapidement avant d'atteindre un intercalaire qui marquait le début du classement des papiers nécessaires à une perquisition. Il se saisit d'une liste, puis appliqua sa baguette dessus. Aussitôt, tous les papiers qui y étaient énumérés arrivèrent sous forme d'avions en papier et se déplièrent devant lui.

Sans s'attarder, la liasse sous le bras, il quitta les lieux.

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Severus sortait tout juste de son dernier cours lorsqu'il croisa Albus. Celui-ci, en quelques mots et sans son pétillement habituel, lui annonça qu'il était attendu dans les quartiers de Rémus. Intrigué, il ne pouvait rien lire sur le visage du directeur, il prit la direction de la tour Serdaigle. C'était inquiétant que ce soit le vieil homme lui même qui soit venu le chercher. Il se demandait s'il était arrivé quelque chose à son ami ou à Harry, mais si ça avait été le cas, alors Albus serait à leurs côtés et aurait dépêché quelqu'un pour le quérir.

Pénétrant dans les appartements du loup-garou à la suite de l'illustre sorcier, il scruta la position et le visage de ses occupants. Rémus était installé sur son canapé, le petit dans les bras qui semblait endormi. L'expression de son ami indiquait qu'il s'était passé quelque chose de grave, mais son comportement, lui, révélait que la crise était passée. Alors que lui voulait-on ? Il se hâta de poser la question.

- Harry a fait une petite crise de panique après qu'un mot ait déclenché un souvenir.

Severus plongea son regard noir dans celui de son mentor afin d'obtenir plus d'informations, mais il semblait qu'il ait fini de parler.

Retenant un soupir, il interrogea Rémus.

- C'est ma faute, lui répondit-il. Je n'aurais jamais du lui raconter tout ça !

- De quoi parles-tu, par Merlin ?

Le loup-garou renifla de façon un peu pitoyable, depuis que l'enfant s'était assoupi, il avait craqué à son tour, n'ayant plus à faire bonne figure pour le petit.

- J'étais en train d'expliquer à Harry comment j'avais été transformé … 'Ley lui a offert un télescope, c'était l'occasion. Je ne voulais pas qu'il y ait de secret entre nous et je lui racontais comment mon père avait contrarié Greyback …

- Viens-en au fait, je t'en conjure ! Je ne supporte pas les pleurnicheries.

Rémus sursauta à la réprimande. C'est dans ces moments qu'il aimait le moins le caractère ronchon de son ami, même s'il faisait partie intégrante de sa personne et qu'il avait appris à l'apprécier avec.

- Monstre.

- Je te demande pardon ?

- J'ai dis que j'étais devenu un monstre après la morsure et il a réagi.

- Avais-tu relevé ce qualificatif lors de ta visite, Severus, demanda le vieux sorcier.

Le maître des potions se tourna vers lui, plongea un instant dans ses souvenirs et opina avant de verbaliser sa réponse :

- Oui. C'était l'une des injures utilisées par son oncle.

Albus soupira.

- Alors ce n'était pas un acte isolé, déplora-t-il.

- Pourquoi personne n'a relevé ça ? Se lamenta Rémus. Pourquoi personne n'a réagi ? Ces … enflures devraient être en prison ! C'est de la maltraitance !

Severus pensait de même, mais n'avait pas de réponse. Il était vrai qu'il n'avait pas cherché plus loin dans l'esprit des moldus qu'il avait interrogés à la suite de la disparition de Harry, mais à l'époque il avait d'autres préoccupations, comme retrouver le dit Harry. Il avait cherché un indice qui aurait pu leur donner une piste, mais n'avait effectivement pas réagi outre mesure. Ni lui, ni personne lorsqu'il avait rapporté les faits.

Albus était quelqu'un de pragmatique, ce qui lui permettait de ne pas s'apitoyer dans ce genre de situation et de garder la tête froide. Cela ne signifiait pas pour autant qu'il ne s'était pas déjà senti coupable sept ans dans le passé, à la découverte de la disparition de Harry, ni qu'il ne ressentait rien à ce moment présent.

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Kingsley transplana dans le quartier pavillonnaire moldu. Toutes les maisons étaient identiques, seules leurs couleurs permettaient de les distinguer. Dégoûté, il progressa rapidement vers sa destination. Il repéra vite une ou deux commères à leurs fenêtres, surveillant les allées et venues. Ce genre de comportement était typique des femmes au foyer qui ne savaient pas quoi faire de leurs journées et il ne savait pas s'il devait les plaindre ou les critiquer.

Secouant sa tête pour revenir à la raison de sa présence ici, il accéléra et se trouva bientôt en face du numéro quatre. La maison était semblable à toutes les autres, avec sa pelouse coupée nette, ses jardinières fleuries et sa barrière d'une blancheur immaculée. Il grimaça et s'engagea dans la petite allée gravillonnée.

Après avoir appuyé sur le petit bouton de la sonnette, il patienta quelques secondes avant d'entendre les pas lourds d'une personne approchant. Un verrou fut tourné et la porte s'ouvrit. L'homme qui se trouvait derrière était aussi grand que gros, avec un cou inexistant et une moustache protubérante. Il portait une chemisette aux couleurs bleu pâle, estampillée d'un petit logo que Kingsley ne reconnut pas, ainsi qu'un pantalon à pince gris anthracite tendu sur ses larges jambes. Ils se jaugèrent mutuellement et quand Vernon Dursley identifia l'accoutrement de son visiteur, son visage vira au rouge brique et il postillonna en vociférant qu'il ne voulait pas d'anormaux ici.

L'Auror mit une seconde à comprendre. Dans sa précipitation, il avait oublié de se changer. C'était une erreur professionnelle qui démontrait combien il n'était pas dans son état normal. Passant sur l'incident, il apostropha le moldu qu'il l'injuriait toujours.

- Monsieur Dursley, je suis ici pour une enquête, veuillez me laisser entrer.

Vernon ne se laissa pas démonter, au contraire, à l'entente des projets du sorcier, il redoubla d'efforts pour le faire déguerpir.

- Partez de chez moi ! C'est une propriété privée, vous n'avez aucun droit d'être ici.

Kingsley, s'impatientant, sortit son insigne.

- Je suis Auror et vous visite sous le coup d'une enquête. Vous êtes en train d'obstruer la justice, si vous insistez, je serais dans l'obligation de vous arrêter.

Les couleurs du visage du moldu changèrent du tout au tout. De rouges elles passèrent à blanches. Il y eut un instant de flottement dont Kingsley profita pour forcer le passage. Leur incartade n'avait pas été des plus discrètes, mais cela importait peu au sorcier. Il n'avait rien dit qui pourrait révéler sa nature et il se fichait bien que les voisins soient au courant qu'une perquisition avait lieu ici, bien au contraire.

Allant plus en avant dans la maisonnette, il dépassa le couloir d'entrée et pénétra dans ce qui semblait être la salle à manger. Là, sur la table, deux couverts étaient mis. Kingsley se demanda qui d'autre pouvait être présent, la mère ou le fils, quand la dite personne manquante se présenta dans l'encadrement de la porte avec un plat chaud dans les mains. La mère. Pétunia Dursley était tout le contraire de son mari. Elle n'était pas petite, mais sa taille menue et son long cou fin était un fort contraste avec la corpulence de Vernon. Ses cheveux blonds étaient maintenus dans un brushing parfait et son tablier appuyait l'apparence de ménagère complète.

L'Auror leur expliqua la raison de sa venue et commença à les interroger. Le couple était loin de vouloir coopérer, mais les questions que posait Kingsley soulevaient des faits que les Dursley contestaient de façon virulente, fournissant inconsciemment un bon nombre de preuves. Il faisait attention aux détails, de sorte que ses souvenirs soient clairs et puissent être utilisés par le Magenmagot. Une plume ensorcelée, elle, prenait note des mots employés par les témoins.

Ce qu'il découvrit lui donna des envies de meurtre. Harry n'avait pas seulement subi des brimades de la part de sa famille, il avait aussi été quotidiennement humilié et privé de toute sorte de choses, dont un bon nombre figurait sur la liste de celles élémentaires et nécessaires à une bonne hygiène de vie. Il avait parfois été affamé, battu, il dormait dans un placard sous un escalier, était le bouc émissaire même à l'école à cause de son cousin et n'avait donc aucun ami, tout ça parce qu'il était différent. Sa « famille » se targuait de vouloir le « guérir » de sa monstruosité.

Et ce n'était une excuse que pour la moitié des préjudices qui lui étaient causés, car, si cela ne justifiait déjà pas un tel traitement, se servir de lui comme d'un elfe de maison, voire moins que ça, un véritable esclave … Kinglsey n'en revenait pas. Il s'étonnait même que Harry ne soit pas plus traumatisé que ça. Il était certes chétif, plus petit que les enfants de son âge, mais il s'en sortait incroyablement bien face à ce qu'il avait vécu.

Tout au long de l'interrogatoire, Vernon avait été insultant et Pétunia méprisante. Leur donner trois gouttes de veritaserum ne fit que confirmer le discours abject des Dursley. D'autant plus que leur faible esprit ne put y résister le moins du monde. Encore une fois, tous les mots étaient consignés sur ses précieux parchemins.

Avant de conclure, Kingsley voulait faire le tour de la maison pour relever plus d'indices, car les mots à eux seuls ne suffiraient peut être pas et l'Auror voulait mettre toutes les chances de son côté pour que ces infâmes moldus soient arrêtés. Il leur demanda donc de le conduire à l'endroit ou dormait Harry. C'est ainsi que le couple, toujours un peu sous l'effet de la potion de vérité, le menèrent tous les deux à un petit cagibi sous l'escalier.

Quand le sorcier inspecta les lieux, il sentit immédiatement que l'endroit était conservé par la magie. Effectivement, lorsqu'il avança la tête et qu'elle pénétra dans le petit espace, tout lui apparut tel que cela avait été laissé par son habitant. Il y avait encore une petite couverture de coton au sol, un peu chiffonnée. Il la saisit et repéra rapidement les initiales HP qui lui confirmèrent son légitime propriétaire.

Observant plus attentivement, il décela une petite ficelle et aussitôt la lumière se fit. Il put alors mieux appréhender la petite couchette, l'étagère où trônait quelques pots de produits moldus, un petit soldat de plomb auquel il manquait une jambe et, pour terminer, un dessin épinglé dans le fond. Celui-ci représentait trois bonshommes, deux grands et un petit. Le petit était immanquablement Harry lui même. Cette touffe de cheveux noirs était reconnaissable entre mille.

Ce constat, palpable, lui fit presque plus mal que les mots reçus plus tôt. Les preuves étaient là, infaillibles. Les photos affichées partout dans la maison ne laissaient entendre que seules trois personnes vivaient sous le toit de cette maison. C'était finalement on ne peut plus vrai. Outre le fait que Harry avait quitté le domicile des Dursley depuis sept ans, il n'avait jamais fait partie de cette famille. Il n'y avait fait que survivre. Cette dernière remarque le fit renifler amèrement. Son surnom de « Survivant » lui allait d'autant mieux.

Par acquis de conscience, il fit tout de même le tour de la maisonnette. Le confort y était optimal pour le style de vie que menaient les Dursley.

Véritablement dégoûté, il prit le temps de remplir correctement tous ses papiers, laissant Vernon maugréer qu'il avait déjà bien suffisamment contaminé son espace vital. Quand la procédure fut finie, il signa de sa plume, insérant un peu de sa magie pour valider le témoignage et la perquisition totale. La mention « Je certifie que tout ce qui est inscrit ci-dessus est véridique » assurerait le Magenmagot que tout était vrai. C'était l'équivalent d'un serment magique, il mettait son honneur et son insigne en jeu.

Ne voulant pas s'attarder, il salua sèchement et brièvement le couple et s'enfuit rapidement de ce quartier malsain.

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Severus, Rémus et Albus débattaient avec ferveur. Tous admettaient que les Dursley ne pouvaient restés impunis, mais le directeur préférait que l'affaire ne s'ébruite pas, Harry n'avait pas besoin de plus d'attention médiatique. Les deux plus jeunes sorciers étaient bien évidement d'accord avec lui, l'enfant devait être laissé tranquille, mais ils ne voyaient pas d'autres moyens qu'un procès pour que justice soit faite.

C'est sur ces entre-faits que Kingsley revint.

- Kingsley ! Où étais-tu, je m'inquiétais, ça fait près de trois heures que tu es parti, s'exclama Rémus.

L'Auror salua Severus qu'il n'avait pas encore vu et rejoignit Rémus sur le canapé. Harry n'était pas présent, il estima qu'il devait être dans sa chambre ou peut être parti rejoindre son ami le cerbère. Dans tous les cas, c'était mieux qu'il ne soit pas là pour les entendre.

- Je suis désolé. J'ai d'abord eu besoin de me défouler, puis j'ai eu une idée.

Aussitôt, il eut l'attention de tous.

- J'ai opéré une perquisition chez les moldus. J'ai tous les papiers nécessaires à les incriminer. Mes souvenirs sont déjà en bouteille, tout est prêt pour le Magenmagot.

Le regarde de Rémus brilla de mille feux. Severus, lui, hocha simplement la tête. Tous deux étaient en accord avec sa décision. Albus, cependant, réagit autrement.

- C'est inconsidéré, Kingsley. Nous ne pouvons attenter un procès à la famille de Harry …

L'Auror grogna au mot « famille », mais laissa le directeur exprimer sa plaidoirie.

- Nous ne pouvons laisser la presse être au courant de cette affaire, cela irait directement dans de mauvaises oreilles qui ne manqueraient pas de s'en servir contre Harry.

Kingsley soupira. Effectivement, ils ne pouvaient pas faire ainsi. Toutefois, il y avait une autre possibilité :

- Et que pensez-vous d'un procès moldu ?

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À la semaine prochaine !