Bonjour, bonsoir ! Merci à tous pour vos messages, follows, encouragements, et à tout ceux qui lisent :) Comme je l'ai déjà dit, je suis en stage et ai donc moins de temps pour écrire, les chapitres et leur taille peuvent en pâtir un peu ...

Il y a ici la présence d'un personnage OC, il fait une brève apparition dans l'histoire, reviendra peut être plus tard mais ne sera pas très important. J'espère que vous l'apprécierez tout de même :)

Sur ce, bonne lecture !

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Chapitre 42

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Un silence accueillit sa proposition.

- Un des Aurors avec qui je bosse est spécialisé dans le contact avec le monde moldu. C'est un ami en qui j'ai une certaine confiance et je suis sûr qu'il nous aidera discrètement si je le lui demande. Je connais vaguement la procédure, mais lui saurait nous renseigner.

Severus avait une mine dubitative. Faire confiance à un inconnu était presque impossible pour lui et il savait qu'il en serait de même pour Maugrey. Or Albus aurait l'intention de faire appel à tous ses atouts pour régler cette affaire, il en était certain, et le vieil Auror n'avait pas pour mantra « Vigilance constante » pour rien, c'était un paranoïaque invétéré. Et si Albus pouvait faire confiance facilement, il ne mettrait pas en péril un enjeu si grand.

Kingsley avait bien noté le scepticisme des deux hommes, il leur proposa donc d'organiser une rencontre. Il se tourna vers Rémus et, après lui avoir demandé la permission d'utiliser sa cheminée, il s'agenouilla devant l'âtre. Quelques secondes passèrent puis une tête se dessina dans les flammes.

- Kingsley ? Demanda l'individu qui était apparu.

- Karl, salut ! Comment vas-tu ? Je suis désolé de te contacter si tard, j'imagine que tu t'apprêtais à rentrer chez toi …

- Et bien, je ne suis pas à une minute près, que t'arrive-t-il ?

Kingsley sourit de la sollicitude de son ami et si Rémus avait encore des doutes, le ton de cet homme dans sa cheminée l'aurait convaincu. L'Auror noir expliqua la situation à son ami sans citer une seule fois le nom de Harry, si il pouvait avoir confiance en Karl, ce n'était pas le cas du réseau de cheminette.

- Tu ne me dis pas tout, 'Ley, mais je comprends que tu ne le puisses. Veux-tu venir manger à la maison pour que nous en discutions en toute sérénité ?

- Ça aurait été avec joie, Karl, mais je ne suis pas seul et cette affaire concerne un autre ami.

Il jeta un coup d'œil derrière son épaule et Rémus, comprenant le message acquiesça.

- En revanche, tu es le bienvenu ici !

- À la bonne heure ! On fait comme ça alors. Laisse-moi ranger mes affaires et j'arrive. Où es-tu ?

- Poudlard, appartements de Rémus Lupin.

L'homme dans le feu écarquilla les yeux et opina silencieusement, cernant sans doute l'importance de la rencontre.

Kingsley s'en retourna et observa le visage des deux hommes qu'il fallait convaincre.

- Karl est un ami de longue date, nous avons passé nos examens d'Auror la même année. Il est excellent dans son travail, mais n'est pas souvent monté en grade. Il n'a pas sa langue dans sa poche et ça ne plaît pas forcément …

Rémus sourit à la description et Severus acquiesça. C'était pour lui un bon point. Albus, quant à lui, resta de marbre avec son sourire un peu plus prononcé que juste poli, mais pas tout à fait joyeux, le parfait masque du bon vieux directeur.

Le salon resta plongé dans le silence les dix minutes qu'il fallut à Karl pour arriver.

Soudain, le feu devint vert et dans un « woosh » un homme en sortit. Il n'était pas bien grand, plus petit même que Rémus qui était pourtant le plus petit de ses amis. Les cheveux blonds dorés aux yeux marron très clairs, presque verts, il avait un visage avenant.

- Mes amis, je vous présente Karl Hirsch, un collègue Auror et ami de longue date ! Karl, voici Rémus Lupin, Severus Rogue … Et je ne te présente pas Albus Dumbledore.

Le dit Karl avait serré la main de chaque homme présent, les saluant d'un hochement de tête accompagné d'un sourire chaleureux.

- J'ai beaucoup entendu parler de chacun de vous, déclara le nouveau venu.

Rémus et Severus se jetèrent un regard. L'un et l'autre ne pouvaient être connus que pour une raison. Le premier était un loup-garou obligé de se déclarer au ministère, le second un ancien Mangemort. Si Karl connaissait leur nom, que pouvait-il bien penser d'eux.

Kingsley perçut le malaise de ses amis et s'empressa de préciser en se tournant d'abord vers Rémus, puis vers Severus :

- La femme de Karl, Judith, est membre active d'une association luttant pour que les créatures magiques soient reconnues l'égal des sorciers. Et Karl a lui même participé à l'enquête sur le faux meurtre de Pettigrow, puisqu'il engageait des témoins moldus. Il a donc du trouver vos noms dans les rapports.

Karl acquiesça et donna un sourire sincère aux deux sorciers, laissant passer toute son empathie. Il n'avait absolument rien contre eux, bien au contraire.

- 'Ley ne cesse de me parler de vous, aussi ! S'exclama-t-il joyeux.

À cette remarque, Kingsley éclata de rire et c'eut le don de détendre l'atmosphère. Une conversation badine débuta sur le métier des deux Aurors, décrivant bon nombre d'anecdotes juteuses. Ils ne furent interrompus qu'au retour de Harry.

Contrairement à ce qu'avait pensé l'Auror, il était sorti se dégourdir les jambes et se vider la tête en prenant sa forme d'animagus, allant chasser les rares rongeurs qui osaient encore sortir dans le jardin du château et affronter le froid de cette fin Novembre. Ils passèrent donc à table et les conversations restèrent légères. Les adultes, Karl compris, ne voulait pas aborder de sujet sensible devant le jeune garçon.

Ce n'est que quand le petit fut au lit, bien plongé dans les bras de Morphée, que la discussion prit un virage drastique.

Un silence pesant s'abattit sur la sale à manger. L'invité spécial attendait une explication de son ami. Rémus, Severus et Albus, eux, laissait Kingsley engager le sujet, c'était, après tout, son ami et non le leur. Et le noir, enfin, rassemblait ses idées afin de convaincre autant ses amis que son collègue de les aider.

- Qu'elle serait la procédure pour engager un procès dans le monde moldu ?

- Cela dépend de la situation. Pourquoi veux-tu un procès ? Pour qui et contre qui ou quoi ?

Un autre silence lui répondit et Kingsley observa le visage de ses amis, y cherchant une réponse. Il se demandait jusqu'où il pouvait aller. Puis, quand il allait demander à voix haute, il se souvint d'une chose. Harry était officiellement sous sa garde, si quelqu'un avait une décision à prendre ici, c'était lui.

Prenant son courage à deux mains, déterminé à aller jusqu'au bout, il prit une grande inspiration et décrivit la situation, sans rien oublier, nommant clairement Harry et déclinant même les arguments qui avaient été avancés par Albus pour ce qui était d'éviter un procès sorcier.

Karl sembla intégrer chaque détail avec concentration, les sourcils froncés et la mine sérieuse. Quand Kingsley eut terminé son exposé, il prit un temps pour réfléchir et passer en revue, dans sa tête, toutes les possibilités.

- Je vais sincèrement dire ce que je pense, puisque c'est ce qui m'est demandé. Écoutez ou non mes conseils, posez des questions si besoin …

Il parcourut du regard sa petite assemblée et tous lui répondirent d'un hochement de tête plus ou moins franc.

- Je pense qu'un procès sorcier aurait tout-à-fait été faisable, sans que les journalistes ne soient mis au courant. Le ministère, et je vous prie de croire que je suis l'un des plus sceptiques quant au gouvernement actuel, possède des moyens de garder une certaine discrétion et demander un huis-clos l'aurait permis. Mais soit, je comprends vos inquiétudes sur le sujet.

Severus lança à Albus un regard appuyé. C'était l'un des arguments qu'il avait mis en avant, mais le directeur avait été défavorable à cette solution, malgré cela. Karl poursuivit :

- Dans le monde moldu aussi l'huis-clos existe. Pour engager un procès de ce type, par contre, il vaut mieux l'appui d'un médecin, voire de plusieurs. De ce que j'ai pu voir du petit, il a clairement connu un manque suffisant pour lui causer un arrêt de croissance. Ce genre de chose est détectable par radio, il faudra faire appel à un ostéopathe.

Severus et Rémus connaissaient vaguement le monde moldu, mais aucun ne savait ce que pouvait bien être une radio. N'était ce pas cet instrument qui répandait des nouvelles ?

Albus clarifia les choses en commentant :

- Les radios dont parle notre invité, ne sont pas les radios auxquelles vous pensez. Ce sont des instruments qui permettent de prendre en photo l'intérieur de votre corps, pour faire simple. Avec, nous pouvons voir nos os, par exemple.

Les visages des deux sorciers néophytes s'éclairèrent et Karl continua :

- Le traumatisme pourra sûrement être perçu par un test psychologique. Il y a de nombreuses techniques qui permettent d'établir que la mémoire se réveille à la diffusion de certaines images et révèlent ainsi le vécu des personnes testées. Ce sera un passage difficile à vivre pour l'enfant, cependant, car des images de sa famille devront lui être exposer et certains souvenirs risquent d'être remontés à la conscience.

À ces mots, le visage de Rémus s'affaissa. L'Auror spécialisé dans les interventions dans le monde moldu dut le remarquer car il demanda :

- C'est déjà arrivé, n'est-ce pas ?

Le loup-garou acquiesça tristement et Kingsley posa une main réconfortante sur son épaule.

- Il faut savoir qu'un procès, même sans ces épreuves en plus, est difficile à vivre. D'autant plus pour un enfant et pour Harry qui s'adapte tout juste à la société humaine et sorcière. Il devra témoigner et ce sera une épreuve pour lui, mais ce sera nécessaire. Plus il y a d'éléments, évidement, plus les chances de gagner ce procès augmentent.

Severus, Rémus et Kingsley savaient que c'était nécessaire, ça ne les enchantaient pas pour autant. Albus, lui, écoutait silencieusement les explications. Il avait déjà participé à un procès moldu mais le cas en question n'avait rien à voir, il découvrait donc les procédures, circonspect.

- Vos témoignages, traduisibles par magie en photos ou films version moldu, seront un atout prépondérant. Ils sont accablants et à eux seuls devraient suffire à convaincre le jury, mais le juge doit se conformer à la loi et écouter tous les incriminés. Ainsi, la famille de Harry aura droit à la parole, ainsi qu'à un avocat pour les défendre et il se pourrait que des éléments non prévus surgissent. Là encore, cela pourrait être difficile pour Harry. Entre la confrontation avec ses anciens bourreaux et leur plaidoirie, il pourrait subir une remise en question et ressentir une certaine insécurité. Il sera alors indispensable qu'il soit soutenu correctement, peut être qu'être suivi par un professionnel pourrait aussi l'aider …

Karl laissa son auditoire intégrer ces dernières données. Un procès était une entreprise souvent risquée, même dans un cas comme celui-ci où la victime avait des preuves accablantes, car elle-même en ressortait marquée, toujours épuisée. C'était seulement le seul moyen légal pour punir les fautifs. Et il n'imaginait pas ces quatre sorciers punir ces moldus autrement que par la voie légale. Connaissant son ami si droit, la réputation de Albus Dumbledore et ce qu'il percevait de Rémus Lupin et Severus Rogue, malgré ce que ce dernier pouvait laisser croire, il en mettrait sa main à couper.

- Quel en serait le résultat ? demanda le maître des potions.

- Cela dépendra du juge, répondit l'Auror. Les peines dans ce genre de cas, si je me souviens bien, peuvent aller de trois ans de prison ferme avec une amende de 45 000 livres à payer, soit environ 6 000 gallions, à trente ans de prison ferme si l'enfant meurt de ses blessures. Dans notre cas, nous pouvons espérer une peine maximale de dix ans de prison ferme et 150 000 livres d'amende, soit 20 000 gallions.

- C'est à la fois énorme et si peu, commenta Rémus.

Kingsley acquiesça et Severus, s'il resta impassible, n'en pensa pas moins. Albus, lui, avait plissé les yeux et réfléchissait à la valeur d'un tel procès, comparant le coût et le résultat. Il pensait sincèrement que Harry n'avait pas besoin de subir plus pour être marqué. Le petit devait déjà se faire au monde sorcier et humain dans son ensemble, comme l'avait justement fait remarquer l'Auror. Les Dursley méritaient d'être punis pour ce qu'ils avaient fait, mais cela changerait-il les choses, il lui fallait y réfléchir.

Après un silence de réflexion pour tous, le directeur de l'école se leva et déclara qu'il allait se retirer. Il devait examiner les arguments mis en avant au cours de la journée, penser au bien être de Harry et étudier d'autres possibilités. Severus ne tarda pas à le suivre pour rejoindre ses cachots et ses potions.

Kingsley remercia grassement son ami et collègue pour les apports qu'il avait fait ce soir et lui souhaita une bonne nuit, se promettant de se tenir au courant et de se revoir sous peu. Ils ne furent bientôt plus que deux au coin du feu, assis devant le feu ronflant, méditant sur cette journée riche en rebondissements.

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Le lendemain matin, Rémus avait décidé de rester dans ses appartements et de profiter de la compagnie de Harry. Celui-ci avait été ravi de cette initiative et babillait joyeusement. Il s'était assis sur le tapis devant la cheminée, qui restait à présent allumée en permanence pour contrer la rudesse de ce début d'hiver écossais, et dessinait divers sujets au gré de ses envies. Il était nu comme un ver, préférant toujours sa liberté de mouvement à la chaleur des vêtements, surtout quand il pouvait rester devant le foyer chauffant.

Rémus n'avait pas cherché à insister. Ils étaient seuls et puisque ça faisait plaisir à Tiny, il n'y voyait pas d'inconvénients. Il avait lui même sorti un livre et répondait de temps en temps au jeune garçon à ses pieds.

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A la semaine prochaine :)