NdA : Après enquête (merci à ceux qui ont répondu), il s'est avéré que la taille de mes chapitres et le fait qu'ils soient si peu palpitants n'enchante que peu de monde … Après discussion avec quelques uns d'entre vous, j'ai décidé qu'à partir de maintenant je ne publierai plus qu'une semaine sur deux. Cela ne garantie en rien que mes textes soient franchement plus longs, ni qu'il y aura du suspense à chaque fois, l'histoire étant ce qu'elle est, mais bon, si ça contente la majorité …

Je remercie tous ceux qui m'ont laissé des reviews (vous êtes entre 11 et 15 sur les derniers chapitres), qui me suivent (385!), ou qui lisent simplement de passage (plus de 2000 lecteurs par chapitre pour les 30 premiers et plus de 1000 pour les 10 derniers !) !

Et surtout, mille mercis à ceux qui m'encouragent :D

Ici, un chapitre beaucoup plus long … Il se trouve que j'ai eu un peu de temps cette semaine et le hasard a fait que j'étais aussi inspirée ! ^^ En espérant que ce chapitre vous plaise autant qu'à moi :)

Sur ce, bonne lecture !

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Chapitre 44

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- Tu ne crois pas que c'était un peu trop tôt ?

Severus soupira pour la énième fois depuis que les garçons étaient partis, Rémus était intenable.

- Laisse les faire. Ils sont en sécurité à Poudlard, il y a du monde dehors, ils ne craignent rien ! De plus, j'ai conjuré le jeune Malfoy de ne pas faire de simagrées et de veiller correctement sur Harry.

- Oui, mais et si …

- Stop ! Avec des « si » on refait le monde. Coupe le cordon, c'est en faisant des erreurs que l'on apprend et en se confrontant à la vie qu'on en ressort grandi. Laisse Harry vivre ses aventures. À son âge, tu faisais bien plus d'escapades et elles étaient bien moins légales, si tu veux mon avis.

Rémus se renfrogna dans son fauteuil, bougonnant, plein de mauvaise foi. Il était simplement inquiet pour Harry qui faisait sa première sortie dans le monde sous sa forme humaine, il y avait de quoi se faire un peu de mouron.

Après un court moment de silence, le maître des potions annonça :

- Tu devrais prendre ta potion maintenant. Le soleil ne tardera pas à se coucher et les enfants à rentrer. Vous devrez partir immédiatement à leur retour.

Le loup-garou releva la tête et acquiesça, la mine plus sombre. Même avec la tue-loup et Tiny pour compagnie, il exécrait toujours autant les pleine-lunes. Il se leva et chercha du regard la fiole dont il ne se souvenait plus où il l'avait posée quand Severus la lui avait apportée. La repérant sur la table à manger, bien en évidence, il se traîna jusqu'à elle, la déboucha et, après un court reniflement, l'avala d'une traite avec une grimace. Une fois vide, il la rendit à son ami.

Le maître des potions se levait à son tour pour la réceptionner quand la porte s'ouvrit sur Drago et Harry. Ils avaient les joues et le bout du nez légèrement rougis par le froid, mais tous deux affichaient un sourire resplendissant. Severus jeta un regard explicite à Rémus et celui-ci grogna en retour.

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Drago avait souhaité une bonne soirée à tous et s'était dirigé vers sa salle commune. Severus était retourné à ses copies ou ses chaudrons, selon sa priorité. Et Rémus et Harry avaient pris le chemin de la Cabane Hurlante.

Ce serait la première pleine-lune qu'ils passeraient tous les deux, sans Fox, et le loup-garou craignait que son petit protégé ne déprime. Il savait aussi, à présent, toute l'ampleur de sa malédiction et ne verrait peut être plus sa métamorphose du même œil.

Pourtant, rien ne changea. Harry attendit patiemment qu'il se reprenne et s'appliqua, comme toutes les fois précédentes, à léchouiller son pelage dans le but de le réconforter. Il se lova contre son flan durant la nuit et babilla à propos de tout ce qui pouvait lui passer par la tête.

Puis vint le moment où il lui raconta sa journée en compagnie de son ami Drago.

- Monny, c'est quoi une mo-que-rie ?

Rémus se tendit à l'entente de cette question.

- Hum … C'est une remarque faite dans le but de blesser, d'humilier quelqu'un et d'en rire seul ou de faire rire ses camarades. C'est une façon de gagner du pouvoir sur quelqu'un méchamment, sur le dos d'un plus faible ou de faire une démonstration dans un groupe. Ce n'est pas quelque chose de gentil à faire, les gens intelligents le savent et s'en abstiennent. Une gentille personne ne se moque pas, pas plus qu'une personne intelligente.

Il plongea son regard dans celui menthe à l'eau du renardeau.

- Pourquoi cette question, Tiny ? Où as tu appris ce mot ?

- C'est Drago …

Rému tressaillit, ne voulant envisager le pire.

- Lorsqu'on a traversé le parc, tout à l'heure, il m'a dit que les élèves, sur notre passage, s'étaient moqués. Moi, je n'ai rien vu, je regardais mes pieds, avoua-t-il en rougissant un peu.

Il fut rassuré de savoir que le jeune Malfoy n'était pas celui à incriminer. Puis, traitant les choses dans leur ordre d'importance, et étant donné que Harry semblait en porter davantage à sa difficulté de marcher correctement plutôt qu'aux railleries reçues plus tôt, il s'empressa de le rassurer :

- Tu as fais une longue marche sur un terrain irrégulier pour la première fois, Tiny. Je trouve que c'est déjà un bel effort. Il ne faut pas aller trop vite en besogne et faire chaque chose en son temps.

Cela sembla fonctionner, puisque le petit lui offrit un beau sourire et aboya joyeusement. Ensuite, Rémus voulu revenir sur ce qui avait conduit à la question – qu'il jugeait dérangeante – posée par Harry.

- Il ne faut pas faire attention aux « on dit », Tiny. Je voudrais que tu te souviennes d'un dicton moldu, très juste : « Les chiens aboient et la caravane passe ».

Le renardeau pouffa, amusé par l'image, mais il vit que ça comptait pour Moony, alors il acquiesça sérieusement.

- Oui, Moony.

Rémus lui sourit en retour, fier de son petit protégé.

- Mais tu sais, ce qui m'embête le plus, c'est que Drago m'a dit que c'était à cause de lui.

Le loup fronça les sourcils et demanda à Harry d'être plus explicite.

- Et bien, il m'a expliqué pour les maisons de Poudlard, même si je n'ai pas tout compris … Il a dit que c'était parce qu'il était à Serpentard. En fait, il pense que ce n'était pas vraiment de moi que les autres élèves se moquaient, mais plus parce que j'étais avec lui. Mais il est gentil ! Il a même fait atten-tion à m'atten-dre quand je mar-chais len-te-ment et n'a même pas râlé, enfin pas trop. D'après lui, les élè-ves ne m'ont, peut-être, même pas reco-nnu.

Rémus changea de position et adopta une moue contrariée. Il ne se souvenait que trop bien de ses propres préjugés sur cette maison, lorsqu'il était lui même élève, et des dommages qu'ils avaient pu causer. À cet âge, il ne se rendait pas comte que, après avoir quitté l'école, elles n'avaient plus beaucoup d'importance. Ça devenait seulement un bon – ou mauvais – souvenir.

Le loup entra alors dans un commentaire complet de l'histoire des maisons, du choixpeau qui y répartissait les nouveaux élèves, de leur fonctionnement avec les points, les salles communes, les tables dans la Grande Salle, etc.

Harry fut réellement intrigué par toute cette complexité et demanda :

- Est-ce qu'on pourra manger dans la Grande Salle bientôt ? Je voudrais voir tout ça !

Rémus considéra la question, repensa aux propos de Severus plus tôt dans la soirée et accepta la requête.

La nuit s'écoula doucement, au gré des multiples questions du renardeau.

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Quand Moony fut emmené à l'infirmerie pour sa convalescence au petit matin, plutôt que de resté avec son humain en noir, Harry préféra rendre visite à son ami canin qu'il avait depuis trop longtemps délaissé. Il se dirigea donc vers le troisième étage – les couloirs étaient déserts, les élèves dormaient encore pour la plupart – et passa la petite trappe.

De l'autre côté, Touffu semblait dormir à poings fermés, comme à son habitude, ses trois têtes posées sur ses pattes ou à même le sol. Harry s'approcha doucement et vint tenter de réveiller son ami avec de petits coups de museau. Seulement, le mastodonte ne bougea pas d'un poil. Le renardeau employa alors les grands moyens. De ses petites quenottes, il crocheta l'une des babines du cerbère et tira dessus jusqu'à l'étirer complètement. C'est alors que la montagne se leva dans un saut incroyablement rapide pour sa masse et secoua ses têtes pour se défaire du parasite qui avait piqué sa joue.

Harry fut ballotté dans tous les sens pendant plusieurs secondes avant de lâcher sa prise et se laisser tomber sur le sol de pierre, poussant un gémissement de douleur. Touffu qui avait analysé la situation en une seconde – formation de « chien de garde » oblige – s'empressa de s'enquérir de sa santé. Il parcourut de l'une de ses truffes le petit corps à terre et passa en revue ses membres, sa tête, son souffle et vérifia s'il était conscient ou non.

Heureusement, la minuscule boule de poils face à lui avait seulement été un peu sonnée, mais n'avait rien de grave. Il s'appliqua à lécher le petit dos, ébouriffant totalement le petit renard, en un massage agréable et repentant.

Harry finit par se relever et poussa son front contre la mâchoire proche de lui, pardonnant la brusquerie de son ami.

- Ça faisait longtemps que tu n'étais pas venu me voir, fit remarquer Touffu après qu'ils se soient allongés face à face.

À ces mots, non accusateurs, mais si vrais, Harry enfouit sa truffe dans ses pattes, cachant ses yeux.

- Je suis désolé. Tu sais, j'ai des cours tous les jours et j'appends plein de choses de plein de monde … Le soir j'en tombe de fatigue. Mais ça n'excuse pas le fait que je n'ai pas pris le temps de faire un tour par ici. Je suis vraiment désolé.

- C'est pas grave, répliqua le cerbère. Raconte-moi ces cours, tu fais des progrès ?

Harry redressa la tête et ses yeux se mirent à briller de fierté.

Quand il eut fait le tour de ses exploits, ce fut à Touffu de raconter quelques petites anecdotes. Hagrid était venu lui rendre visite, en début de semaine, et lui avait tenu compagnie pendant près de trois heures. C'était la première fois depuis le début de l'année que le demi-géant venait jusqu'au troisième étage, il était gentil, mais un peu simplet et surtout oublieux de l'ennui de la créature qu'il avait placé en garde sur cette fichue trappe.

- Oh, et le sorcier au turban est revenu, aussi.

Harry dressa les oreilles, aussi curieux qu'inquiet.

- Quand ?

- La semaine dernière, je ne sais plus quel jour. Il a simplement entrebâillé la porte et a passé presque une heure à m'observer, puis est reparti sans rien tenter.

- Il doit savoir qu'il ne peut rien contre toi.

- Peut-être pour l'instant, mais je ne suis pas infaillible. S'il trouve une de mes faiblesses, je ne pourrais rien faire pour l'empêcher de passer.

Harry médita la mise en garde de son ami. Après un silence de plusieurs minutes, Touffu reprit la parole :

- Je suis heureux de te voir ici. Tu m'as manqué, je m'ennuie sans toi.

Le renardeau fit une moue désolée et lui promis de venir le voir plus souvent.

- Oh, tu ne sais pas la nouvelle, s'exclama soudain Harry.

- Non ?

- Moony m'a promis qu'on ira bientôt manger dans la Grande Salle voir tout le monde !

- J'aimerais bien voir du monde moi aussi …

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Severus était dans son laboratoire, rien d'étonnant à cela. Cependant, se tenait à ses côtés un jeune garçon aux cheveux ébouriffés. Depuis quelques mois maintenant, Harry tenait compagnie au maître des potions.

Ce soir là, le petit avait des vertus apaisantes pour l'adulte. En effet, le professeur était ressorti hors de lui de son dernier cours de la journée. Ses élèves de quatrième année de Serpentard et Serdaigle s'étaient lancés dans un concours de celui qui réussirait à finir la potion du jour le plus rapidement possible. Il avait du supprimer tous les contenus de tous les chaudrons et retirer un total de cent points à chacune des deux maisons, sans faire de différence ou de favoritisme.

Lorsqu'il s'était posé la question de son statut, alors qu'ils apprenaient que Harry Potter avait disparu, Albus et lui avaient longuement discutés des événements futurs. Ils en étaient arrivés à la conclusion que la priorité était de retrouver le petit garçon et de le suivre psychologiquement à l'issue de son retour.

En ce juillet 1991, quand qu'ils découvrirent un Harry-renardeau qui était incapable de se transformer, puis lorsqu'il réussit sa première métamorphose – après que Severus se soit remis de ses émotions – ils avaient de nouveau débattu des conditions de vie du professeur à double identité. Harry était resté une priorité et avec la hausse de leur proximité, l'homme avait donc totalement abandonné son masque d'espion.

Quand il était rentré dans ses appartements, à la suite de cette journée calamiteuse, Severus avait rencontré le petit renardeau. Ainsi, Harry l'accompagnait ce soir là. L'enfant, redevenu humain, se tenait à sa droite et observait, comme il était devenu habituel, le maître des potions œuvrer autour de ses chaudrons.

- Sev, pour-quoi tu n'uti-lises pas la magie quand tu fais des pot-ions ?

L'homme en noir jeta un regard sur lui, un sourcil en l'air.

Harry poursuivit :

- Fiyus bouge tou-jours tous les ob-jets autour de lui avec la magie. C'est drôle, ajouta-t-il en pouffant.

Severus fit un dernier tour de cuillère dans le liquide pâteux qui virait au jaune et se tourna complètement vers l'enfant.

- Je fais de la magie tous les jours, Harry. Lorsque je confectionne une potion, j'immisce une infime quantité de magie. Lorsque je taille une plante moi-même, que je la conditionne, la conserve … De même avec tous les ingrédients que je récolte, que je chasse, ou que j'achète même si c'est plus rare. Puis quand je les découpe, les pilonne ou les émince. Et enfin, lorsque je brasse les substances dans mes chaudrons entretenus par mes soins, à chacun de mes mouvements j'insuffle une once de magie et cela leur donne leurs propriétés.

Harry écoutait religieusement la voix calme et grave de Séverus qui tenait conférence.

- Évidemment, chaque potionniste le fait, même un amateur tel qu'un élève de première année, mais le fait inconsciemment. C'est pourquoi les maîtres des potions sont rares. En fait, c'est une aptitude innée, portée et transmise dans les gènes. Peu de sorciers le savent et moins encore connaissent leur propre ADN. Il y a dans ma famille une forte proportion de potionnistes reconnus. Les Princes sont célèbres pour leur talents dans ce domaine, mais moi, personnellement, je connais les sciences moldues puisque je les ai étudiées à l'école primaire, avant mon entrée à Poudlard. C'est d'ailleurs le seul avantage que j'ai trouvé à mon père.

Severus grimaça et continua son explication :

- J'ai donc étudié les potions plus que n'importe quelle autre discipline et suis devenu le maître que je suis aujourd'hui. Le plus jeune maître des potions depuis plusieurs générations. Presque depuis mémoire d'homme, si l'on en croit les registres du ministère, mais je suis persuadé qu'ils sont incomplets … Enfin, ceci est une autre histoire.

Harry avait bu touts les paroles de ce long exposé, fasciné. Il n'avait pas tout compris, les termes techniques lui avaient tous échappé. Cependant, il avait saisi le raisonnement et compris l'essentiel.

Sur une note plus détendue – Harry avait vraiment le don de le calmer – Severus ajouta :

- En outre, je n'ai aucune capacité particulière en sortilège, comme notre cher Fillius. Aussi, je ne pourrais jamais être si doué qu'il l'est pour manier simultanément de multiples objets.

Harry gloussa à la remarque.

- Je connaissais une autre personne qui possédait le don des sortilèges, cependant.

- Qui ? Demanda l'enfant, les yeux brillants de curiosité.

Severus plongea un instant dans ce regard si similaire à celui de la personne à laquelle il faisait allusion.

Ne laissant rien paraître de ses émotions, il répondit :

- Ta mère, Lily.

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Ils étaient arrivés tôt pour ne pas avoir à faire d'impairs avec les salutations de tout le monde. Ainsi, Harry et Rémus s'installèrent à la table des professeurs sur l'estrade de la Grande Salle encore vide. L'enfant en profita pour lui parler de sa conversation avec Touffu, sur la présence de l'homme au turban dans le couloir interdit du troisième étage. L'adulte nota l'information précieusement et rassura son protégé. Il préviendrait Severus et Albus dès que possible. C'est alors que les premiers professeurs firent leur entrée.

Le premier à pénétrer dans la Grande Salle fut le directeur. Albus remonta l'allée d'un pas tranquille, souriant dans ses robes aux couleurs extravagantes. Il salua silencieusement les deux invités exceptionnels, l'œil brillant, puis s'installa sur son fauteuil majestueux, au centre de la table. Vint ensuite le professeur McGonagall, directrice adjointe et directrice de la maison Gryffondor, ainsi que professeur de métamorphose. Celle-ci marchait avec prestance et droiture, le menton haut et le visage impassible.

À la vue des personnes présentes, elle sourit un brin et s'approcha, faisant un détour pour gagner son siège.

- Ravie de vous voir en si bonne santé, Rémus. Je me réjouis de voir les progrès que fait notre petit protégé. Je vous félicite, monsieur Potter.

Elle les salua d'un signe de tête et prit place aux côtés du directeur, à l'opposé de leur situation. Quand Rémus retourna son attention sur les portes de la Grande Salle, ce fut pour constater que le professeur Flitwick les atteindrait bientôt.

Le petit professeur de Sortilèges et directeur de la maison Serdaigle progressait vite de ses petites mais rapides foulées. Il fit le tour de la longue table et salua joyeusement Harry après avoir serré la main du loup-garou.

- Comment te portes-tu, mon grand ?

- Très bien, Fiyus ! S'exclama l'enfant avec un sourire immense pour accueillir son professeur particulier.

- J'en suis heureux. J'espère que tu as fini tous tes devoirs pour demain ? Lui demanda-t-il avec un clin d'œil complice.

Harry acquiesça vivement ce qui fit rire le petit professeur et sourire tendrement Rémus qui les observait tous les deux.

- Bien, bien.

Filius vint donc s'asseoir auprès de Rémus pour entamer une discussion sur l'avancement de ses recherches.

Distrait, le tuteur de Harry ne remarqua que trop tard l'avancée de Hagrid qui se dirigeait directement vers le jeune garçon. Heureusement, ce dernier avait du répondant et ne se gêna pas pour faire remarquer au demi-géant :

- C'est la place de Sev ! Déclara-t-il en toute innocence, inconscient des convenances et formules de politesse.

Rémus s'empressa d'intervenir :

- Je suis désolé, Hagrid. Nous avons décidé, avec Severus, qu'il serait mieux pour Harry d'être encadré par lui et moi pour ce premier repas dans la Grande Salle avec son apparence humaine.

Le demi-géant s'empourpra et répliqua qu'il comprenait, que c'était lui qui était désolé et qu'il aurait du y penser. Rémus sourit et voulut le remercier et le réconforter, mais Harry lui coupa la parole :

- J'ai vu Touffu hier !

Hagrid écarquilla les yeux.

- Co … Comment ?

Rémus se saisit rapidement de Harry et le serra contre lui, appuyant sa tête contre son torse dans une tentative de le dissimuler des regards alentours et surtout de le faire taire.

- Ce n'est pas l'endroit pour discuter de ceci, dit-il d'un ton posé, mais sans appel.

Il plongea son regard dans ceux sombres du demi-géant pour lui faire comprendre de ne pas poursuivre cette conversation ici. Ce qu'il du comprendre puisqu'il plaqua son immense main sur sa bouche et acquiesça silencieusement.

Rémus opina à son tour et Hagrid rejoignit sa place, honteux.

Le loup-garou desserra son emprise sur le petit corps de l'enfant et celui-ci redressa la tête, les yeux humides.

- J'ai fait une bêtise ? Demanda-t-il en reniflant.

- Ce n'est pas grave, Harry. Tu ne pouvais pas savoir. Seulement, il y a des sujets que tu ne peux aborder dans n'importe quels lieux ou situation. Il faut faire attention, d'accord ?

Le petit hocha la tête.

- Si tu as un doute, tu n'as qu'à me demander discrètement, si tu veux.

- D'accord.

Rémus appliqua une légère caresse sur les joues de l'enfant et lui sourit doucement. Ils reprirent alors leur position et découvrirent l'infirmière qui entrait à son tour. D'autres professeurs, que Harry n'avait jamais rencontrés, s'étaient déjà installés à leurs places respectives, dont Quirinus Quirrell qui s'était fait discret.

Madame Pomfresh fit un signe de la main à l'enfant qui lui répondit joyeusement, oubliant l'incident précédent.

C'est alors que Harry se souvint de la discussion qu'il avait eu avec Severus, plus tôt dans la soirée, peu avant que Rémus ne vienne le chercher pour se rendre dans la Grande Salle. Il raconta donc l'événement.

- Lily était une sorcière puissante, c'est vrai, rétorqua le loup-garou. Tout comme ton père, James. Lui, préférait la métamorphose, c'est sans doute de lui que tu tiens tes talents d'animagus. Il en était devenu un, lui aussi, mais bien plus tard que toi, il avait quinze ans. Enfin, c'est un âge très jeune pour la majorité sorcière. Ce pouvoir n'est pas donné à tout le monde.

Rémus fit un clin d'œil complice à l'enfant à côté de lui.

- J'ai moi-même étudié un peu la génétique. Je m'inquiétais quant à mes gènes de loup-garou et leur transmissibilité … Enfin, tout ça pour dire que je pense sincèrement que tu seras un très grand sorcier, Harry. Comme tes parents et sûrement plus encore !

Harry allait commenter quand Severus arriva par la porte à l'arrière de la salle. Et la porte de la Grande Salle, qui s'ouvrit soudainement sur une marée d'élèves de tous âges, finit de distraire totalement le jeune garçon.

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À dans deux semaines !