Bonjour à tous ! Merci à tout le monde pour les reviews (bien que peu nombreuses pour le chapitre précédent), aux followers, à ceux qui lisent de passage sans laisser d'autre trace que de vagues statistiques ...

Un petit message qui me tiens à cœur en cette veille de journée d'élection : à tous ceux qui le peuvent : Allez voter ! C'est un droit de citoyen, bien qu'à mon sens ce soit carrément un devoir ! Exprimez votre avis à travers ce vote, quel qu'il soit ! Soyez conscient du pouvoir que vous avez en main et pensez à tous ceux qui ne l'ont pas ! C'est important ! (même de voter blanc, c'est déplorable que ce vote ne soit pas pris en compte, mais c'est un avis exprimé tout de même !).

Sur ce, bonne lecture :)

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Chapitre 46

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Harry dessinait tranquillement sur la table basse du salon des appartements de Moony, sous la lumière des bougies de l'appartement, repensant à son après-midi. Il avait le ventre bien rempli et le feu de cheminée devant lequel il était posté rendait son esprit un peu cotonneux. La rencontre avec Fred et George avait été surprenante mais ô combien réjouissante. Ils s'étaient beaucoup amusés tous les trois, dans les couloirs de Poudlard, à faire danser les armures de métal.

Rémus, de son côté, avait interrompu sa lecture et étudiait le visage de son petit protégé. Celui-ci affichait un air un peu idiot, se remémorant ses frasques de la journée, à n'en pas douter. Il allait retourner à son roman lorsque les épaules de l'enfant eurent un sursaut et que son expression changea du tout au tout.

- Harry ? Il y a un problème, mon ange ?

Le jeune garçon se tourna vers lui avec une moue inquiète et ses yeux s'humidifiant rapidement.

- Moony, gémit-il un peu pitoyablement. Je suis désolé, j'ai oub-lié de te dire ! Ça a reco-mmen-cé, tout à l'heure, j'ai oub-lié, je jouais et j'y pensais plus …

- Calme toi, mon cœur, qu'est ce qui se passe ? Qu'avais-tu oublié de me dire ?

- L'homme au tur-ban … Il est venu, en-fin non … Je l'ai croisé dans le cou-loir et ça a reco-mmencé … J'ai eu mal de nouveau …

Une première larme passa le cap des cils noirs, annonçant bien d'autres à suivre. À ces mots, Rémus s'inquiéta davantage. Il s'approcha de lui et le prit dans ses bras, tentant de le rassurer par des caresses dans ses cheveux et sur son dos.

- Raconte-moi ce qui c'est passé, doucement s'il te plaît.

Harry, reniflant régulièrement, décrivit alors l'altercation avec son bourreau. Plus son protégé relatait les faits, plus le loup-garou pâlissait. Cette fois, il ne pouvait pas ne rien faire. Il devait intervenir. Oui, mais que faire.

Lorsque l'enfant clôtura son récit par l'arrivée des jumeaux et l'arrêt de sa torture, Rémus bondit sur ses pieds et, pour la première fois depuis plusieurs semaines, se pencha vers Harry pour le prendre dans ses bras. À l'heure actuelle, il n'avait pas la patience d'attendre, n'en déplaise à son éthique de pédagogie. Une fois l'enfant calé sur sa hanche et bien accroché à son cou, le nez enfoui sous son menton, il se précipita vers les cachots, demander conseil à son ami.

Severus ne fut pas long à répondre et, rapidement, ils se retrouvèrent installés dans le salon du maître des potions. Rémus résuma la situation, répétant les mots de l'enfant toujours calé contre lui. Le professeur de potion était tout autant atterré par la nouvelle. Et acquiesça aux conclusions de son ami. Ils ne pouvaient pas lutter sans faire intervenir le directeur de l'école, seul Albus avait le pouvoir d'agir contre le professeur de Défense Contre les Forces du Mal. De nouveau, Rémus porta Harry et parcourut les couloirs de Poudlard accompagné de Severus. Le bureau du directeur était au deuxième étage et ce ne fut pas une sinécure que de l'atteindre avec, même si petite et mince, sa charge dans les bras qui pesait tout de même son poids.

Le professeur de potion donna le mot de passe à la gargouille et ils grimpèrent rapidement les escaliers en colimaçon. Puis il frappa trois coups secs à la porte et sans attendre la permission, pénétra dans le grand bureau, suivi de ses deux compagnons.

Albus Dumbledore, à cette heure tardive et un dimanche, n'était pas présent derrière son bureau. Sans hésitation, Severus se dirigea vers le fond de la prestigieuse salle, au-delà de l'estrade et des arcades gothiques, et monta les marches de l'escalier tout en fils déliés de métal quatre à quatre pour se diriger vers la porte des appartements du directeur de Poudlard. Il n'imaginait pas, cette fois, y pénétrer sans permission et se contenta de répéter ses coups sur le panneau de bois, patientant sur le seuil.

En attendant, Rémus parcourait des yeux les nombreux artefacts et tableaux qui agrémentaient le bureau chargé, les murs et les étagères de la pièce. Il était toujours autant étonné et subjugué par cet endroit. Il y était passé de très nombreuses fois durant sa scolarité, pour diverses raisons, pourtant, chaque fois il avait l'impression de le redécouvrir. Il y avait tant à voir qu'on ne pouvait embrasser l'ensemble du regard, d'autant plus que certains objets étaient en mouvements perpétuels, attirants inexorablement les faisceaux de lumière émis par les nombreuses bougies qui s'étaient allumées à leur arrivée et par là même les yeux des visiteurs.

Le grincement de la porte du haut appela soudain son attention et Albus se présenta dans l'encadrement, sans ses tenues habituelles, ni son haut chapeau pointu, ni son pardessus coloré, lui retirant ce côté fantasque qui le caractérisait tant. C'était finalement un sorcier comme les autres dans sa robe bleue claire légèrement irisée qui devait profiter de sa fin de week-end tranquillement dans ses quartiers.

Constatant l'identité de ses visiteurs, le directeur aborda un air inquiet.

- Que me vaut cette visite impromptue, mes amis ?

- Veuillez nous excuser, Albus, s'empressa de s'exclamer Rémus. Nous ne pouvions attendre pour vous communiquer ce que je viens d'apprendre de Harry.

Aussitôt, le regard du vieux sorcier se fixa sur l'enfant, toujours blotti dans les bras de son tuteur. Après un simple acquiescement, il se dirigea vers le grand fauteuil derrière son bureau et invita ses visiteurs à faire de même de l'autre côté.

- Vous ne pouvez rester inactif, cette fois, Albus. Vous savez des choses et refusez de nous les communiquer, mais il en va de la sécurité et de la santé de Harry, à présent. Vous ne pouvez rester silencieux. Que se passe-t-il avec Quirinus Quirrell ?

Le directeur de Poudlard fronça les sourcils à la mention de son professeur de Défense Contre les Forces du Mal. Ainsi c'était de lui dont il était question. Il poussa un soupir à peine perceptible, il allait devoir jouer double jeu ou tout révéler, or cette deuxième solution n'en était pas une. Pour la sécurité du monde sorcier – et le plus grand bien – il devait conserver le statut du bègue tant que Voldemort ne se révélait pas. Au risque de le perdre de vue encore une fois et il ne commettrait plus ce genre d'erreur, quand bien même cette situation passait par le sacrifice du bien être de certains de ses élèves. Une guerre était en jeu.

L'illustre sorcier soupira encore une fois, restant un instant silencieux, le regard des deux sorciers rivés sur lui, attendant son explication.

- Messieurs, je suis désolé de vous apprendre que, hormis une surveillance plus soutenue des déplacements et actions de monsieur Quirrell, je ne peux agir.

- Vous ne voulez agir ! S'exclama de façon virulente Severus.

Rémus, lui, était resté figé, les bras serrés sur le petits corps contre lui, atterré par la déclaration. Comment, en sachant l'ensemble de la situation et la souffrance de son petit protégé – et il ne pensait pas qu'à lui – Albus pouvait-il affirmer qu'il ne pouvait rien faire de plus. C'est dans ce genre de situation qu'il avait l'impression que l'homme jouait avec la vie des gens comme on joue avec des pions sur un échiquier. Dans un certain sens, le plus raisonnable qu'il soit, li pouvait comprendre le point de vue du directeur. « La fin justifie les moyens », mais à son sens – et il voulait bien admettre qu'alors ses émotions jouaient un grand rôle, mais n'est ce pas ce qui faisait de nous des humains ? – justement, la fin ne justifiait pas les moyens, au contraire. Comment reprocher à un mage noir ses techniques d'endoctrinement et ses régimes de terreur et de manipulation si les même méthodes sont employées à le défaire ? Quand bien même le résultat final en serait indubitablement différent.

- Je suis sincèrement désolé que vous ne compreniez pas que je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour ne plus avoir à vivre ce que l'Europe et le monde sorcier a vécu sous Grindelwald, ou ce qu'à connu le Royaume Unis il y a vingt ans. Je me battrais et je mettrais toutes mes forces dans ce combat, et je déplore d'avance les dommages collatéraux et les pertes que nous allons subir. Je déplore la souffrance que des milliers de familles vont connaître pour arriver à bout de cette paix. Je me sacrifierais volontiers si je ne savais pas que mon pouvoir, aujourd'hui, est tel que je représente l'une des rares dernières barrières contre Voldemort.

Albus ancra son regard dans celui de Rémus, car il savait que, des deux hommes qui lui faisaient face, c'était le plus sensible. Severus, de par son passé, était plus apte à accepter ces faits.

- Je déplore sincèrement que Harry ait à souffrir des conséquences de cette guerre qui recommence déjà dans l'ombre. Mais je ne m'excuserai pas de vouloir tout faire pour mettre le monde sorcier en sécurité et contrer la montée de la terreur que souhaitent instaurer les Mangemorts.

Se relevant pour marquer la fin de ce début de débat, il déclara :

- Je m'engage à faire suivre plus efficacement le professeur Quirinus Quirrell. À l'heure actuelle, il est important et fondamental qu'il reste à Poudlard.

Severus rageait mais savait qu'ils n'obtiendraient rien de plus, alors il garda le silence et se contenta de regarder un homme qui avait longtemps été son mentor disparaître dans ses appartements.

Cependant, avant de refermer le battant, Albus se retourna et leur annonça :

- Pour ce qui est du procès, je m'en remets à votre décision première. Convoquez monsieur Hirsch et Kingsley, un procès sorcier sera ouvert dans les semaines à venir.

Sur ce, la grande silhouette disparut derrière le panneau de bois, plongeant la pièce dans le silence. Les deux sorciers restèrent muets un long moment lorsque, finalement, Severus réagit. Il jura violemment en se relevant et fusilla des yeux la porte qui venait de se refermer.

Rémus, quant à lui, était incroyablement mal à l'aise. Ses convictions étaient mises à mal, mais il ne pouvait tenir tête à Albus Dumblodore. Il se souvenait encore de l'ambiance qui régnait dans les années 1970, lorsqu'ils devaient tous se cacher et lutter quotidiennement contre les forces de Voldemort. Ces seuls souvenirs le retenaient contre l'envie de faire un scandale face aux mots du directeur de Poudlard, mais aussi chef incontesté de la résistance, de l'Ordre du Phénix.

C'est un frisson particulièrement violent de Harry qui se répercuta en lui qui le sortit de ses pensées. Severus faisait les cent pas à ses côtés et marmonnait dans sa barbe inexistante des choses à l'encontre de l'illustre sorcier qui venait de les quitter, mais aussi contre un « fichu professeur incompétent » et un « Seigneur des ténèbres indestructible ».

Rémus se concentra alors sur sa petite charge qui ne devait pas avoir bien chaud, simplement vêtu de son pyjama et d'un pull en laine, ses pieds nus. Il invoqua un petit plaid et jeta un sort de réchauffement dessus, de sorte à ce que l'enfant n'attrape pas définitivement froid. Ensuite, il se leva et, précautionneusement, interpella son ami.

- Severus, ne restons pas ici.

L'homme, dont les capes noires tournoyaient encore autour de lui, cessa ses allés-venues et posa les yeux sur la silhouette emmitouflée dans les bras de son vis à vis. Après un sec hochement de tête, il les précéda vers la sortie et leur tint la porte avant de lui même quitter le bureau directorial, regagnant les couloirs inférieurs.

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Dans les appartements de Rémus, Harry avait gagné son lit et Severus s'était remis à tourner en rond, le locataire des lieux restant immobiles une fois installé dans le canapé.

Puis, après un énième soupir, il déclara :

- Je vais appeler Kingsley.

Il n'eut même pas le temps de se lever que Severus l'invectivait déjà :

- Ce n'est pas le moment de penser au procès, il y a plus urgent à l'heure actuelle !

Rémus, à présent debout, se rembrunit et rétorqua sèchement que l'Auror était le tuteur du petit et qu'à ce titre, comme eux, il devait être au courant des derniers événements. Severus ne répondit pas. Il était en colère mais reconnaissait – certes, pas à voix haute – qu'il avait eu tort de réprimander son ami. Il était simplement sur les nerfs.

- J'espère juste qu'il n'est pas déjà couché ou en mission pour la soirée, marmonna Rémus en s'agenouillant devant la cheminée.

En effet, il était déjà 22h30 passées. Heureusement, ce n'était vraisemblablement pas le cas puisqu'un visage bien connu se présenta dans les flammes vertes. Kingsley Shaklebolt, après invitation, débarqua dans le petit salon et, peu de temps après, les trois hommes conversaient, un verre d'alcool à la main, sur la démarche à suivre pour assurer la sécurité de Harry.

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Rémus se réveilla doucement, le lendemain, mettant plusieurs secondes, avant même d'ouvrir les yeux, pour réfléchir à leur nouvelle situation. Kingsley avait décidé de poser deux semaines de vacances et de s'installer temporairement à Poudlard. Il ne restait qu'une semaine avant les congés de Noël et, ensuite, le loup-garou irait, avec Harry, passer deux semaines chez son ami. La première en compagnie de leur hôte, la seconde, malheureusement, ils ne le retrouveraient qu'en soirée. L'Auror ne pouvant se permettre d'abandonner totalement son métier. Il ne le voulait de toute façon pas, même si il avait douté pour Harry.

Kingsley accompagnerait donc l'enfant à tous ses cours pendant cette dernière semaine de cours, puis ils iraient tous les trois à la campagne, prendre un peu de vacances. Ils aviseraient pour la suite de l'année au cours de ces trois prochaines semaines, en espérant qu'il trouvent une solution acceptable.

Soupirant, Rémus se décida à ouvrir les yeux et se préparer pour la nouvelle journée qui démarrait. Cependant, le spectacle qui s'offrit à son regard, le laissa perplexe et il dut mettre plusieurs secondes à analyser la situation. Il reconnaissait bien le décor, qui correspondait à celui de sa chambre depuis qu'il avait emménagé à Poudlard. Il se trouvait sur son lit, couché sur le côté, son corps reposant sur son flanc gauche, mais se trouvait sous son nez quelque chose d'assez étrange.

Là, à quelques centimètres de son visage, se trouvait deux petits petons et une paire de fesses toute ronde. Il se redressa sur un coude, essayant d'englober la scène du regard et de la comprendre, puis se laissa retomber sur le matelas en soupirant.

Harry avait rejoint son lit pendant la nuit et s'était couché, tête bêche, roulé en boule, contre son ventre. Le nez collé tout contre sa peau. Rémus en fut juste heureux que ce ne soit pas juste un petit peu plus bas. L'enfant avait du quitter son vêtement une fois qu'il avait été glissé sous sa couverture. Il préférait toujours être nu, il jugeait encore que c'était plus confortable.

Bien, après avoir géré la crise de la veille, il allait maintenant devoir gérer le mal être de l'enfant. C'était, après tout, la première fois qu'il avait eu à faire à Quirrell depuis que son père était mort. Et si Rémus ne savait pas comment Fox réconfortait son petit, aujourd'hui c'était à lui de le faire. Il était heureux que Kingsley soit là pour l'épauler.

Soupirant doucement une dernière fois, il se leva et se prépara pour affronter la nouvelle journée qui s'annonçait déjà peu joyeuse.

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À dans deux semaines !