Bonjour à tous ! Merci à tout le monde pour les reviews, les follows (vous avez passé la barre des 400 ! Merci !), les encouragements et de lire tout simplement :)
Je ne m'attarderais pas, seulement pour ceux qui sont concernés : ALLEZ VOTER ! (même blanc, c'est mieux que pas du tout !)
Bonne lecture :)
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Chapitre 47
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Comme présagé, Harry était grandement perturbé et n'avait pas lâché Rémus de la matinée. Il resta collé à ses côtés lors de leur petit déjeuner, agrippant une jambe de son pantalon dès que l'homme faisait mine de se lever. Il plongeait régulièrement son nez dans son cou ou son giron pour y renifler son odeur, pour se rassurer à la manière particulière des renards. Il le suivait aussi partout du regard et s'était mis à geindre lorsqu'il l'avait perdu de vue. Kingsley, arrivé à la fin de leur repas par cheminette, avait du le prendre dans ses bras et le bercer jusqu'à ce que son ami sorte de la salle de bain. La journée s'annonçait longue.
Alors qu'il était temps pour eux de se séparer, Harry fut à deux doigts de faire une crise de panique et tint à suivre Moony jusque dans la bibliothèque, refusant de se rendre à son cours d'écriture, pourtant aimablement dispensé par Filius sur son temps libre. Les deux hommes avaient du le prévenir au dernier moment et s'excuser grassement. Kingsley les avait donc suivi tous les deux, discutant volontiers pour distraire le petit, très remué par son agression de la veille, tout en le couvant du regard.
Si l'enfant n'avait pas assisté à son cours, il n'était pas resté inactif auprès de ses tuteurs, bien qu'il n'ait été que peu concentré. Il s'était exercé longuement à reproduire des lignes, l'Auror l'aidant et l'encourageant ou le corrigeant de temps en temps.
Cependant, malgré toute sa volonté de progresser dans son travail, son angoisse ne le quittait pas. Chaque fois que Rémus s'était levé pour prendre ou ranger un livre, Harry l'avait suivi du regard, l'inquiétude largement présente et perceptible dans ses yeux. Kingsley était persuadé que, s'il n'avait pas lui même été présent à sa table, le petit aurait rejoint le loup-garou dans les rayons en courant. Il s'était alors employé à le rassurer, le veiller et détourner son attention à coups de caresses, de regards bienveillants, de petites blagues ridicules – qu'il avait du rapidement abréger sous le regard courroucé de la bibliothécaire – ou de nouveaux exercices un peu plus difficiles.
Rémus avait quitté la table depuis un petit moment déjà, sûrement perdu entre deux rangées de vieux livres à examiner un ouvrage précis, lorsque Harry se rendit compte de son absence. Aussitôt, il se mit à le chercher du regard autour de lui, tendant le cou et tournant sa nuque dans des torsions douloureuses, mais il ne le voyait plus. Sa respiration commença alors à s'accélérer et de petits gémissements sortirent de sa bouche.
Kingsley, percevant sa détresse, s'empressa de le rassurer :
- Tout va bien, Harry. Rémus va revenir, il est seulement parti chercher un livre. Il n'a pas du le trouver tout de suite et s'attarde un peu, mais il va revenir.
Il avait beau accompagner ses paroles douces et chuchotées à l'oreille de l'enfant de caresses dans ses cheveux et sur son dos, celui-ci s'agitait toujours, comme s'il ne se rendait même pas compte de sa présence. Ce constat lui serra le cœur. Harry avait continué à geindre faiblement alors qu'il s'échinait à le rassurer et il devait avouer que ça faisait mal. Puis il se donna une claque mentale. Contrairement à son ami, lui n'était présent quotidiennement auprès du petit et, malgré tout l'entrain qu'il pouvait manifester à chacune de ses visites, il ne restait qu'un sympathique visiteur et non une véritable figure parentale.
Tout en continuant à consoler comme il pouvait l'enfant dans ses bras, il se jura d'y remédier durant les trois semaines à venir.
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Ils se dirigeaient actuellement vers leurs quartiers pour y prendre un repas bien mérité après cette première demi-journée studieuse pour tout le monde. Harry ne lâchait toujours pas Rémus, gardant l'une de ses petites mains accrochée à sa robe, cependant Kingsley pu constater une petite amélioration de son côté puisque l'enfant avait naturellement pris sa main pour marcher dans les couloirs. Ce petit geste représentait beaucoup pour l'Auror qui voyait ce signe comme annonciateur de rapprochement.
Une fois à table, Harry avait reproduit son comportement du précédent repas, bien qu'il semblait avoir inclus les deux adultes dans sa surveillance. Le sorcier noir supposa alors qu'il lui avait peut-être juste fallu un petit temps pour reprendre confiance en lui et qu'après plusieurs heures passées ensemble, sa présence était devenue presque autant rassurante que celle du loup-garou, bien qu'il ne se fasse pas d'illusion sur leurs rapports plus intimes. C'était justement là que Kingsley voulait progresser. Il était tout de même le tuteur officiel du petit et, à ce titre, il souhait acquérir une réelle proximité avec lui.
Pour la suite de la journée, Rémus n'avait pas voulu répéter son erreur de la matinée. De toute évidence, Harry n'était pas prêt à se confronter au monde aujourd'hui. Ils allaient donc rester tranquillement dans leurs appartements et s'occuper à changer ses idées et le rassurer.
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Plus tard dans la journée, alors que les cours prenaient fin, deux élèves se présentèrent à la porte des appartements de Rémus. Ce fut Kingsley qui répondit, le locataire des lieux étant occupé avec Harry qui prenait son bain, et les jumeaux Weasley crurent un instant s'être trompés de lieu.
- Euh, excusez nous, on a du se tromper …
- Vous ne sauriez pas où se trouve le logement de Moony ?
- On était persuadé qu'il se trouvait là …
- Vous savez ?
- Rémus Lupin, je crois qu'il s'appelle.
L'Auror regarda tour à tour les deux rouquins identiques en tous points qui ne cessaient de parler et de compléter la phrase de l'autre.
Après plusieurs secondes à les dévisager, les deux têtes rousses se penchèrent légèrement sur la droite, dans une moue interrogative. Kingsley se secoua et leur répondit :
- Vous ne vous êtes pas trompés, vous êtes bien chez lui.
- Oh ! Pardon, nous ne savions pas …
- Que Moony avait un compagnon.
- Tinypaw est-il présent ?
De nouveau, l'Auror se retrouva sans mot. Si sa peau n'avait pas été si sombre, Fred et George auraient pu voir une magnifique couleur coquelicot poindre sur son visage.
- Je … Mais … Je ne suis pas son compagnon ! Je suis un ami en visite. Rémus est en train de donner son bain à Harry.
- Au temps pour nous !
- On ne juge personne !
Kingsley allait démentir une fois de plus, mais Fred poursuivit sans se préoccuper de lui :
- En fait, on voulait juste savoir si Tiny allait bien …
- Il était mal hier quand on l'a retrouvé.
- Je sais pas ce qu'a fait le professeur Quirrell …
- Mais il ne s'est pas beaucoup pressé pour aider Tiny.
Kingsley soupira. Rémus lui avait raconté ce que Harry lui avait rapporté. Il s'était insurgé face aux comportements jumelés de Quirrell et Albus. Le premier attentait à la santé d'un des occupants de Poudlard sans impunité, il en était révolté. Heureusement que les frères Weasley avaient été présent pour l'arrêter.
- Je voulais, d'ailleurs, personnellement vous remercier pour ce que vous avez fait.
- Bah, c'est rien !
- C'est normal !
- Est-ce qu'il va bien ? Demandèrent les jumeaux d'une même voix.
Kingsley soupira en repensant à la journée écoulée.
- Pas très bien. Il peine à reprendre confiance et a eu du mal à sortir ce matin. Nous nous sommes occupés de lui cet après-midi, mais il y a encore un peu de chemin à faire pour qu'il sorte à nouveau seul.
George acquiesça gravement, tandis que Fred répliquait :
- N'hésitez pas à faire appel à nous !
- Oui, on se chargera de lui changer les idées …
- Ou de le conduire à ses cours s'il le souhaite !
- C'est généreux de votre part, les garçons. Repassez un autre soir, je suis sûr que Harry sera heureux de vous voir.
Sur ces derniers mots, les frères Weasley regagnèrent leur salle commune et Kingsley referma la porte avant de se retourner dans le canapé pour y attendre les deux autres habitants de l'appartement.
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Le dernier repas de la journée s'était déroulé tant bien que mal. Harry avait conservé cette angoisse et Rémus et leur invité avaient du multiplier les paroles rassurantes. À présent, ils étaient tous côté salon, installés sur les sofas et buvant un petit digestif pour les adultes, tandis que l'enfant somnolait dans les bras de son Moony.
- Et si je te mettais au lit, Tiny. Tu tombes de sommeil, tu seras mieux sous les couvertures.
À peine avait-il fini sa phrase qu'un petit son couinant lui répondit et Harry resserra sa prise sur la chemise de son porteur. Rémus soupira et passa une main dans les cheveux de son petit protégé.
- Harry, je te promets qu'il ne peut rien t'arriver ici. Jamais personne ne pénétrera dans nos appartements, pas sans notre accord. Et je ne laisserai jamais entrer Quirrell, je peux te le jurer. Ce soir, il n'y aura que Ley et moi. Promis.
Un faible gémissement, mais aucun autre signe de protestation ne fut manifesté et Rémus prit cela comme un consentement partiel. Il fallait bien essayer. C'est dans cet état d'esprit qu'il se releva et alla coucher Harry. Dans la chambre, il déposa sont petit fardeau sur le lit enfant et ferma les rideaux de la fenêtre avant de revenir vers le petit corps déjà roulé en boule et de nouveau nu. Il s'approcha pour le border, mais Harry agrippa sa chemise, une fois de plus, et enfouit son nez dedans.
- Papa … chouina l'enfant.
Le cœur de Rémus rata un battement. C'était la première fois que Harry réclamait son père depuis sa mort. Aussitôt, il s'agenouilla à ses côtés et le cajola, passant et repassant sa main sur son visage, dans ses cheveux et sur le bras qui dépassa de la couette, murmurant à son oreille :
- Oh, Harry. Je sais que c'est difficile et que ton papa te manque.
Il lui embrassa le front et l'enfant vint frotter son nez contre son cou.
Tu ne dois pas avoir peur ici, Tiny. Tu es en sécurité et je te promets que tu pourras toujours venir t'y réfugier si tu as un problème. Sev, Ley et moi, on sera toujours là pour t'aider, te protéger et t'aimer. Et puis tu t'es fait de bons amis ! Drago t'aime beaucoup, même s'il ne le montre pas vraiment, j'en suis persuadé. Quant aux jumeaux Weasley, ils t'adorent déjà. Ley m'a dit tout à l'heure qu'ils étaient passés pour demander de tes nouvelles, lorsque nous étions dans la salle de bain.
Harry renifla et demanda d'une voix chevrotante :
- C'est vrai ?
- Bien sûr ! Ley leur a demandé de repasser demain, tu pourras t'amuser avec eux, si tu veux. Tu aimerais ?
L'enfant acquiesça doucement et Rémus lui embrassa encore le front.
- Bien. Nous sommes dans le salon, avec Ley. Cette nuit, je serais dans ma chambre et Ley dormira dans le canapé, puisque la chambre d'à côté n'est pas encore prête. Tu pourras venir nous chercher si tu as un problème, d'accord ?
Harry acquiesça à nouveau, mais resserra sa prise sur le haut du loup-garou. S'en apercevant, Rémus lui proposa :
- Veux tu que je te laisse ma chemise pour dormir ?
Il savait que le petit avait encore des réflexes de renard et les odeurs avaient leur importance chez eux. Il était certain que Harry s'endormirait plus facilement s'il avait son parfum avec lui. Après un énième hochement de tête, Rémus repartit torse nu vers le salon, laissant la porte entrouverte, de sorte que leur voix parviendraient aux oreilles de l'enfant, lui assurant leur présence, sans qu'elles ne le gênent de trop.
Harry réussit à s'endormir sans trop de problème, rassuré par les sons qui lui parvenaient du salon, par l'odeur sur le vêtement qu'il avait glissé sous son nez, tout contre lui, et par les paroles de Moony qui tournait dans sa tête et qui agissaient comme un baume sur ses peurs. Il sombra dans les bras de Morphée avec la perspective d'une nouvelle visite de ses amis.
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Le lendemain, Harry resta un peu chafouin et grognon, mais consentit à reprendre à ses cours. Une nouvelle routine s'installa et il reprit confiance peu à peu, regagnant cette joie de vivre naïve caractéristique des enfants. Comme promis, les jumeaux lui rendirent visite, ainsi que Drago, ce qui lui remonta largement le moral et lui fit oublier ses angoisses.
Les jours suivants, il s'amusa à démontrer à son tuteur et nouveau garde du corps combien il avait progressé. Kingsley avait beaucoup ri quand son pupille lui fit visiter le château. De toute évidence, il ne devait pas savoir que, sauf rares exceptions, tous les sorciers de Grande Bretagne passaient par Poudlard pour faire leur éducation de premier cycle. Néanmoins, l'Auror joua le jeu et se laissa traîner, bonne patte, dans tous les couloirs de l'illustre école.
Il fut toutefois surpris lorsque l'enfant le guida vers un certain couloir du troisième étage. D'après ses souvenirs, il ne s'y trouvait rien d'autre que de banales salles de classe et peut être un ou deux placards de réserve. Pourtant, Harry semblait vraiment tenir à lui faire visiter ce corridor.
- Dépêsse-toi, Ley' ! S'écria l'enfant avec un léger cheveu sur la langue qui attendrit l'Auror.
Harry se rendit compte du sourire un peu benêt de l'adulte. Indigné de ne pas être suivi un peu plus promptement et en plus d'être moqué, il s'arrêta brusquement, fronça les sourcils et fonça la tête la première dans le ventre de Kingsley. Celui-ci, surpris par l'attaque, eut le souffle coupé. Heureusement ses réflexes d'Auror lui permirent de non seulement rester debout, mais aussi de retenir le petit corps teigneux qui l'avait heurté et qui, du fait de son équilibre encore précaire, allait tomber sur les pierres dures du château.
- Mais qu'est-ce qu'il te prend, par Merlin ! On ne bouscule pas les gens ainsi !
- Tu te moques de moi, se fâcha Harry.
- Quoi ? Mais non, bien sûr ! Quelle idée.
- Si, tu as souri quand je me suis trompé.
- Tiny, soupira l'Auror en adoptant, pour la première fois, le surnom du petit qui lui collait à la peau. Je ne me moquais pas, j'ai trouvé ça mignon. Tu fais de très gros progrès en prononciation et tu as juste transformé le son -ch- en -s- en voulant aller trop vite. Je suis désolé si je t'ai vexé, mais je ne me suis en aucun cas moqué. Aller, montre moi ce fameux mystère que cache ce couloir.
Kingsley lui tendit la main et Harry, rasséréné par l'explication, se redressa, se saisit de la main tendue et l'entraîna plus en avant.
Ils finirent par atteindre le bout qui était devenu plus sombre et l'Auror commença à comprendre en avisant la trappe percée dans la porte qui leur faisait face.
- Euh, Harry. Tu devrais peut-être y aller en premier. Ton ami ne me connait pas et son rôle est d'être gardien des lieux. Il pourrait me prendre pour un ennemi et je ne voudrais pas en venir à un affrontement.
Harry s'arrêta devant la porte et regarda son tuteur, songeur. Ce n'était pas faux. Touffu avait déjà attaqué Sev par mégarde, il ne voulait pas que l'incident se reproduise avec Ley, en aucun cas. Il acquiesça alors, se transforma et précéda l'Auror dans la petite pièce.
Ainsi, Kingsley fit la connaissance de Touffu.
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La semaine s'écoula tranquillement, puis ce fut le moment du départ.
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A dans deux semaines !
