Bonjour, bonsoir ! Merci à tous pour vos messages et encouragements ! Pour les follows et favoris ! Et merci aux lecteurs de passage !
Ici un très long chapitre :P Le plus long de toute l'histoire, mais vous comprendrez que je ne pouvais pas couper ailleurs ...
J'en profite pour me faire de la publicité ^^ J'ai publier une nouvelle fiction : La Grande Perturbation ! Je vous laisse la découvrir sur ma page :)
Sur ce, bonne lecture !
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Chapitre 52
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Harry et ses deux tuteurs avaient passé la journée à préparer le repas qui serait servi au dîner. Chacun avait commencé par préparer un plat de petits toasts. Celui de l'enfant était nettement reconnaissable par les petites bavures qui s'étalaient un peu sur le bord, mais surtout par la plus grande quantité de garniture sur les petits pains. Kingsley en avait ri tout en râpant les carottes, proclamant que le petit était un véritable « estomac sur pattes ».
Rémus et Harry, qui confectionnaient une vinaigrettes bien assaisonnée avec des échalotes, du laurier, un peu de moutarde, du bon poivre noir et du sel, complotaient à voix basse pour se venger des moqueries de leur hôte. Puis, avec l'aide de l'Auror, cette fois, le petit avait dénervé le fois gras, l'avait imbibé de cognac, alcool français prisé en cuisine, s'amusant à se faire peur avec les nerfs chargés de sang, en faisant des grimaces et le mit au four. Ils avaient aussi, tous les trois, décortiqué les crevettes et une mayonnaise avait été battue par le petit, sous les encouragements des deux adultes à coup de chorégraphies ridicules. Une ambiance somme toute bon enfant régnait donc dans la maison.
Ils firent, tout de même, une pause au milieu de la journée. Le temps était plutôt clément, bien que le ciel soit couvert, il n'y avait pas de vent, et ils en avaient profité pour aller se promener et ramasser quelques branches de houx, qui ferait la décoration de la table.
Harry et Rémus en profitèrent même pour mettre leur vengeance à exécution, en déclarant une bataille de boules de neige. Ça avait été la première du petit et s'il avait eu beaucoup de mal, au début, à former lui même les projectiles et que Moony l'avait beaucoup aidé, il avait trouvé ce jeu très amusant, lui rappelant un peu les chamailleries qu'il avait parfois eu avec ses frères, il y a longtemps.
À ce souvenir, il avait eu un petit coup de mou pendant lequel Kingsley avait profité de son immobilité pour le jeter dans un tas de poudreuse. Il n'en avait émergé que plusieurs secondes plus tard, sous forme de petit renard et avait poursuivi l'Auror en lui mordant le bas de son pantalon sur plusieurs mètres avant que l'adulte ne s'avoue vaincu.
Kingsley riait à gorge déployée et criait entre deux reprises de souffle :
- Je me rends ! Je me rends ! Tu m'as eu !
Rémus avait secoué la tête, plus amusé qu'exaspéré par les enfantillages et les avaient interpelé en leur rappelant que le repas n'allait pas se faire tout seul.
- Et puis je me pique les mains avec tout ce houx, moi !
Harry avait ri et Kingsley lui avait ébouriffé les cheveux, ce à quoi il avait répondu avec beaucoup de flegme par un très puéril tirage de langue.
À leur retour, ils s'attaquèrent au plat de résistance. Le maître des lieux enfourna le chapon en chantant et commença à éplucher les pommes de terre, tandis que Rémus surveillait les châtaignes ainsi que son petit voisin qui éminçait les oignons avec concentration. Les pommes de terre furent coupées en rondelles puis rissolées, une bonne cuillerée de maïs fut ajoutée au plat et le tout fut réservé sous sortilège. Aucun n'imaginait comment faisaient les moldus pour conserver leurs plats au chaud. Devaient-ils vraiment tout faire au dernier moment ?
Il ne restait plus que le dessert à faire. Harry avait tellement hésité que ce fut Kingsley qui trancha. Et ils se lancèrent tous les trois dans la confection d'une mousse aux trois chocolats. Ce fut laborieux et au moins deux d'entre eux finirent avec quelques tâches sur leurs tabliers, mais c'est avec le sourire qu'ils léchèrent les plats et ustensiles de cuisine.
Harry et Kingsley s'étaient déjà habillés de leurs tenues de soirée et attendaient Rémus qui se changeait toujours en dressant la table. Si l'Auror avait revêtu une belle tenue, Harry s'était contenté d'enfiler un gilet sur des habits simples aux couleurs plus sobres qu'au quotidien, il ne supportait toujours pas les grosses épaisseurs et, d'ailleurs, ses pieds étaient restés nus. Ils avaient placé le chemin de table doré sur la nappe rouge, disposé la belle vaisselle de porcelaine au liseré d'or, ainsi que les couverts en argent et étaient en train de répartir des bougies et branches de houx quand quelqu'un frappa à la porte.
Au même moment, Rémus pointa son nez du haut des escaliers et attira le regard de son ami. Il était vêtu d'un gilet de velours marron sur une chemise blanche et d'un pantalon noir sur des chaussures de la même couleur. L'ensemble n'était pas très récent et le bas du pantalon était un peu usé, mais il avait fait l'effort de se coiffer et dégageait une aura chaleureuse avec son sourire doux qui le caractérisait.
De nouveaux coups portés à l'entrée réveillèrent Kingsley qui s'était perdu dans la contemplation de son ami. Il se secoua avant de s'élancer pour découvrir qui frappait à la porte, bien qu'il n'y ait que peu de possibilités. Derrière le battant, il découvrit Severus, dissimulé sous une cape noire et une écharpe remontée jusque sous ses yeux. La nuit était tombée et avait rafraîchi l'air déjà glacial en journée.
Le propriétaire des lieux le fit rentrer rapidement et lui prit sa cape et son écharpe. Tandis qu'il les accrochait à une patère, Harry avait couru pour accueillir le nouvel arrivant. L'enfant ouvrit grand ses bras et, sans ralentir, lui fonça dessus pour une étreinte serrée. Severus, très mal à l'aise, ne sut quoi faire de ses bras qu'il avait levés à l'approche du boulet de canon. Il n'avait jamais été très tactile et câliner un renardeau qui ressemblait à une boule de poils, n'était pas la même chose que de prendre un enfant dans ses bras, aussi mignon soit-il. Il fut donc soulagé lorsque le petit le lâcha et s'écarta un peu de lui pour lui adresser un grand sourire. Sourire auquel il ne put manquer de répondre et, pour faire bonne figure, il lui donna une pichenette sur le front. Cela eut le don de faire rire l'enfant, ce qui rassura grandement le maître des potions.
Aussi vite qu'il était arrivé, Harry repartit finir la tâche qu'il avait entrepris avant l'arrivée de Severus. Puis ce fut Rémus qui vint à sa rencontre et le salua beaucoup plus sobrement, heureusement.
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Le repas fut excellent et tout le monde se régala jusqu'à s'en faire éclater la panse. Il y avait beaucoup de restes, mais quoi de plus normal alors qu'ils avaient préparé des quantités gargantuesques pour quatre bouches. Il y aurait seulement moins de cuisine à faire le lendemain et peut être même le surlendemain.
- Cette mousse était fabuleuse, complimenta Rémus.
- Merlin, oui ! J'en reprendrais bien, mais je crois que mon ventre ne supportera pas une bouchée de plus, commenta Kingsley.
- Tu en profiteras mieux demain, acquiesça Severus en s'essuyant la bouche d'un coin de sa serviette.
Il jeta un coup d'œil à Harry qui cherchait des étoiles dans son télescope et, après un léger toussotement pour attirer discrètement l'attention des deux autres hommes encore attablés avec lui, il se lança :
- J'ai reçu une lettre de convocation pour un procès. Ils veulent que je témoigne sous véritasérum pour mes activités dans les années 1970 …
Sa déclaration fut suivit d'un silence lourd.
- Severus, je suis désolé, commença Rémus.
Un geste de la main du professeur l'interrompit.
- Je m'y attendais.
- Quand est-ce ? Demanda Kingsley, mal à l'aise pour son invité.
Severus soupira, passa une main sur son visage et répondit :
- En mars.
Rémus hocha la tête, ne sachant que dire pour réconforter son ami. Ami qui, de toute façon, l'aurait sûrement mal pris s'il avait été trop conciliant.
Heureusement, l'ambiance changea lorsque Harry revint vers eux en se frottant les yeux. Rémus jeta un coup d'œil à l'horloge et ne s'étonna pas de voir le petit si fatigué, il était deux heures du matin bien passé.
- Tiny, tu devrais aller te coucher, maintenant. Il est tard et demain est encore une grosse journée !
L'enfant acquiesça mollement et dit bonne nuit à tout le monde avant de suivre Rémus à l'étage. Là haut, il se déshabilla rapidement, de gestes un peu brusques, pressé d'être débarrassé de tout ce tissu qui le couvrait. Son tuteur l'aida à défaire tous les boutons de son gilet puis retira son tee-shirt. Ce fut une fois nu, comme d'habitude, qu'il se glissa sous la couette.
L'adulte s'agenouilla à son chevet et, passant ses doigts sur son front et dans ses cheveux, il lui demanda en un murmure au creux de l'oreille :
- Tu as aimé cette soirée ? Tu ne t'es pas trop ennuyé ?
- Non, Moony, marmonna Harry. J'étais content de revoir Sev et puis je me suis bien amusé à faire la cuisine.
- Bien. Demain matin, il y aura une surprise sous le sapin. C'est la magie de noël, tu verras, je suis certain que tu vas aimer.
- Qu'est-ce que c'est ?
Rémus gloussa.
- Tu verras, petit chenapan Maintenant, il faut dormir pour mieux profiter demain !
- Oui, Moony. Bonne nuit !
- Bonne nuit, Tiny. Fais de beaux rêves.
Il lui embrassa le front et se releva. Il n'avait pas quitté la pièce que Harry dormait déjà. Et c'est en souriant qu'il rejoignit ses amis en bas.
Sourire qu'il perdit en constatant le froncement de sourcil de Severus. Il jeta un regard interrogateur au propriétaire des lieux et celui-ci lui offrit un sourire rassurant.
- Je lui ai raconté notre journée au Chemin de Traverse.
Il acquiesça, comprenant alors la réaction de son ami. Il n'avait guère du être ravi, tout comme eux, de la réplique de Ollivander et sans doute se demandait-il ce que cela pouvait signifier.
- Ça ne me dit rien qui vaille, mais je ne comprends sincèrement pas sa remarque. Évidemment, magiquement parlant, cela à une signification particulière, mais laquelle ? Je ne vois pas d'autres solutions que d'en parler à Albus. Bien que ça ne me plaise pas plus que ça de lui mettre d'autres billes en mains pour manipuler Harry.
- Ça ne me plaît pas non plus, mais nous garderons un œil sur lui. Enfin, vous plus que moi. Je ne vais pas pouvoir continuer à prendre des congés, à la rentrée.
Rémus acquiesça encore puis une idée lui vint :
- Et si tu demandais, en tant que tuteur de Harry, à résider au château ?
Kingsley le regarda surpris. Il eut une étincelle d'espoir dans les yeux avant de se reprendre :
- Si je viens habiter à Poudlard sous prétexte que je suis le tuteur officiel de Harry, quel sera le tien pour rester ? Et tu es bien plus important que moi pour lui, il a plus confiance en toi, tu t'y connais mieux en pédagogie et éducation et moi je devrai continuer à travailler au ministère la journée !
Un silence s'installa dans la salle à manger, tandis que tous étaient plongés dans leurs pensées.
- Hum, commença Severus. Je pense que tu pourrais tout de même demander à venir. Rémus a un contrat avec Albus pour faire une sorte de thèse avec accès aux bibliothèques de Poudlard. Il y resterait aussi en qualité de professeur de Harry puisque, comme tu l'as noté, il s'y connaît en pédagogie et cætera. Donc, je pense que ça se tente. Tu pourrais joindre le ministère quotidiennement via cheminette et revenir le soir.
- Pourquoi pas, admis Rémus.
- Vous êtes certain que ça ne risque pas de toucher la place de Rem à Poudlard ? Ou auprès de Harry d'ailleurs ?
- Non, je ne pense pas, acquiesça le maître de potions.
Rémus, lui était un peu inquiet quant à ce que cela engendrerait à leur retour, mais était prêt à tenter le coup. Après tout, il était vrai que Kingsley était le véritable tuteur de Harry. Il sourit doucement à son ami et hocha la tête pour lui indiquer qu'il était d'accord.
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Ils discutèrent encore une bonne heure avant que Severus ne se lève, décidé à partir rattrapé par la fatigue.
- Reste dormir ! On peut facilement métamorphoser le canapé en lit confortable et je suis certain que, de toute façon, tu seras le premier levé demain.
- Et Harry sera tellement content que tu sois resté pour découvrir avec lui les cadeaux, demain, sous le sapin, renchérit Rémus.
L'invité étudia un instant la proposition puis se laissa convaincre dans un soupir.
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Et comme prédit par Kingsley la veille, le professeur fut le premier debout au petit matin. Il redonna sa forme à sa couchette en un coup de baguette et entreprit de préparer le petit déjeuner. Il eut cependant à attendre moins longtemps qu'il ne le pensait avant d'être rejoint par le propriétaire des lieux.
Il lui adressa un haussement de sourcil – langage snapien qui signifiait qu'il s'interrogeait – et l'Auror lui répondit en souriant franchement, toujours amusé par ses mimiques :
- Mon travail ne permet que rarement les grasses matinées, expliqua-t-il. Il est difficile de perdre un rythme si durement acquis.
Severus hocha de la tête, comprenant. Il lui offrit de remplir sa tasse de thé, puisqu'il en avait la théière en main et, recevant une réponse favorable, servit son hôte.
En revanche, ils durent attendre deux bonnes heures avant que les deux autres habitants temporaires de la maison ne descendent. Les deux hommes plus matinaux étaient passés au salon et discutaient de sujets divers lorsque Rémus se pointa en robe de chambre, suivit d'un Harry simplement vêtu d'un large tee-shirt avec sa chouette sur l'épaule, tous les deux ayant les cheveux en désordre.
Kingsley pouffa :
- Il y a un petit air de famille, comme ça. Tu ne trouves pas, Severus ?
Rémus rougit devant la remarque, immensément heureux. Son ami le remarqua d'ailleurs et lui offrit un clin d'œil. Severus, lui, le dévisagea de haut en bas, fit de même avec Harry et un mince sourire apparut au coin de ses lèvres.
Comme tous les matins depuis que l'enfant passait ses journées sous sa forme de petit garçon, Harry s'installa sur les genoux de Monny pour déjeuner, appréciant la chaleur qui se dégageait du corps dans son dos et les bras qui entouraient sa taille. Tandis que son tuteur buvait sa tasse de thé et mangeait ses toasts de confiture, lui mangeait les fruits et buvait le chocolat au lait que venait de lui servir Ley qui s'était levé à leur approche. Hedwige, elle, avait demandé à sortir pour chasser.
Harry mit plusieurs minutes à sortir vraiment de son sommeil et finit par s'apercevoir de la présence inhabituelle d'une quatrième personne à table.
Aussitôt, il se redressa, donnant dans son élan un coup au menton de son porteur.
- Pardon, Moony, s'excusa-t-il rapidement. Sev ! Que fais-tu là ?
Il se leva et accouru près de l'homme en noir. Il frotta sa tête contre son épaule en guise de salut et l'adulte lui répondit de la même pichenette que la veille, sur le front. Encore une fois ça le fit rire. Il aimait bien ce nouveau geste, c'était un truc à Sev qu'il ne faisait qu'avec lui.
- Et moi, j'ai pas le droit à un bonjour ? Le taquina Ley.
Harry se précipita alors vers son deuxième tuteur et s'effondra dans ses bras. L'Auror le porta jusque sur ses genoux et c'est là qu'il finit son petit déjeuner.
Alors qu'il finissait son bol, Moony lui demanda :
- Te rappelles-tu de la conversation que nous avons eu hier avant le coucher, Tiny ?
L'enfant releva le regard vers son tuteur et acquiesça.
- Tu devrais vérifier sous le sapin, je pense, lui murmura-t-il alors d'un air comploteur.
L'enfant fit un bond depuis les genoux de Ley et tomba durement sur les mains. Immédiatement, l'Auror fut sur ses pieds et à ses côtés pour l'aider à le relever.
- Doucement, Tiny. Les paquets ne vont pas disparaître, prends ton temps. T'es-tu fais mal ?
Harry grimaça et fut reconnaissant envers son tuteur de le soutenir quelques instants dans ses bras.
- Non, Ley. Ça va.
Il regarda ses mains mais, hormis une petite rougeur due au choc, elles n'avaient rien. C'était juste un peu humiliant. C'est donc avec beaucoup de concentration et une certaine détermination qu'il rejoignit le coin du salon où trônait l'immense sapin.
Là, il fut sidéré par la quantité de boites hautes en couleurs. Et il ne fut pas le seul, les trois hommes eux même contemplaient le tas de cadeaux qui avait atteint une taille conséquente au cours de la matinée. De toutes les tailles, de toutes les couleurs, disposés en quinconce sur le vieux carrelage du salon de Kinsgley, une montagne de paquets attendait leurs destinataires.
Rémus s'approcha de son pupille, se positionna derrière lui et posa ses mains sur ses épaules.
- Regarde les noms sur le papier, tu peux ouvrir tous les tiens. Tu peux aussi distribuer les autres à qui de droit, si tu veux, mais ce n'est pas une obligation, cette journée est spéciale alors tu peux en profiter.
Harry hésita. Il avait très envie de découvrir ses cadeaux. Depuis qu'il avait reçu le télescope que lui avait offert Kingsley, il connaissait le principe de l'emballage et voir toutes ces boites sans savoir ce qu'il y avait à l'intérieur était très intrigant. Mais il n'oubliait pas ses tuteurs et savait qu'il était plus poli de servir les autres en premier. C'est donc à la recherche des différents noms qu'il avança vers la pile.
Ses tuteurs, qui s'étaient assis sur le canapé en attendant, ne comprirent pas tout de suite ce que l'enfant faisait. Harry avait commencé à faire de nouveaux tas près du premier. Il semblait trier les cadeaux. Cette hypothèse fut confirmée lorsqu'il entama plusieurs aller-retour entre l'une des nouvelles piles pour les donner à Rémus, puis lorsqu'il fit de même avec Kingsley et enfin Severus.
- Chacun son tour ! Déclara Harry, une fois que tout le monde fut livré de son propre tas.
- D'accord, Tiny. Commence ! Lui intima Rémus.
Mais Harry secoua la tête.
- Severus d'abord ! C'est le plus invité des invités, il est arrivé le dernier, alors c'est lui qui commence, expliqua l'enfant rouge de plaisir.
Se trouver là, au milieu de ses tuteurs avec bientôt plein de nouveaux cadeaux pour chacun, il était heureux et un magnifique sourire ornait son visage. Il s'assit à même le tapis, devant la cheminée et observa ses humains chéris.
Severus qui avait rosi à l'attention portée sur lui et surtout au nombre de cadeaux que lui avait donné le petit – Rémus était habituellement le seul à lui envoyer quelque chose –, il haussa les épaules, essayant de ne rien montrer de sa gène, et se saisit d'un premier paquet. Il était tout petit et faisait un peu de bruit. Il avait déjà reconnu l'écriture de son débiteur et se demandait quelle farce avait pu lui envoyer Albus.
Les trois autres attendaient patiemment l'ouverture du premier paquet de la matinée et Harry avait les yeux rivés sur l'emballage doucement et consciencieusement défait qui révéla son contenu. C'est alors que Rémus et Kingsley pouffèrent. Severus, lui, leva les yeux au ciel. Albus était incorrigible. Il lui avait expédié un paquet de bonbons accompagné d'une mise en garde « Attention aux caries ». Maintenant, les deux autres hommes savaient ce qu'ils les attendaient à l'ouverture de leur propre cadeau de la part du directeur de Poudlard. Ils avaient déjà repéré le leur et s'amusaient déjà de leur ouverture.
- Moony ! S'exclama soudainement Harry.
Rémus fut un instant déconcerté, puis se souvint que ce devait être à son tour d'ouvrir un paquet. Il prit alors le premier de la pile, plutôt épais mais très souple, dont le papier était rouge brillant et où il reconnut l'écriture de son ami et hôte. Il lui jeta un regard, mais Kingsley affichait un air mutin et le poussa à ouvrir son cadeau d'un geste du menton.
Le loup-garou déchira alors le papier et découvrit d'abord une chemise, puis un pantalon assorti. Il leva un regard sévère à son ami, pas dupe pour un sou à la tentative de renflouer un peu sa garde robe peu fournie et surtout vieillie.
- Ne te fâche pas, Rem, lui sourit Kingsley. C'est en remboursement de celle que Harry t'a prise pour dormir.
- C'est cela, oui.
- Non pas que te voir déambuler torse nu chez moi me dérange, mais bon …
L'Auror pouffa, fier de sa répartie. Et Rémus abandonna en soufflant lorsque Harry ajouta :
- Ils sont très beaux, Moony. Tu n'aimes pas ?
- Si, Tiny. Bien sûr que je les aime.
Harry sourit et se tourna vers son dernier tuteur pour qu'il ouvre un cadeau à son tour.
- Ah non, Tiny. Tu es l'invité, c'est à ton tour !
Le sourire du petit doubla de taille et il prit avec enthousiasme son premier cadeau. C'était une grosse boite où était inscrit en lettres capitale le mot « FRAGILE ». Il avait lu le mot avec fierté, sous l'approbation de ses tuteurs et avait décacheté avec précaution l'emballage avant de sortir d'un carton, un objet en métal tortueux. Il l'observa sous toutes les coutures, pour essayer de découvrir ses mystères mais, hormis un tube similaire à celui de son télescope de taille réduite et un petit miroir, il ne voyait vraiment pas son utilité.
Heureusement, Kingsley vint à son secours et s'agenouilla à ses côtés :
- C'est un microscope magique. Lorsque tu regardes ici, expliqua-t-il en désignant le tube, et que tu places un élément là.
De nouveau, il fit un geste vers une petite plate forme au dessous de laquelle se trouvait le miroir.
- Le microscope décompose l'élément et t'en indique les différents composés. Par exemple, si tu y déposes une goutte de potion, tu pourras connaître tous les ingrédients qui la composent. Tu comprends ?
- Oui ! C'est génial, Ley ! Merci !
Harry se jeta sur lui et entreprit de léchouiller l'entièreté de son visage. Kingsley en rit et lui ébouriffa les cheveux, heureux que son cadeau plaise. Severus, derrière lui, sourit fièrement. Son petit apprenti était prometteur. L'Auror lui avait raconté, lorsqu'ils attendaient leurs deux autres congénères, la potion qu'avait réalisée Harry avec minutie. Rémus, lui, regardait tout ce beau monde qui lui réchauffait la poitrine.
Harry reçu aussi une pile de nouveaux livres de contes ainsi qu'un ours en peluche, de la part de Rémus. Les premiers l'aideraient à s'endormir tout en lui donnant une image de la société dont il faisait à présent partie et le second serait, il l'espérait, un nouveau jouet ou un autre doudou, comme il choisirait. Les jumeaux Wealey lui avait envoyé deux jeux de cartes sorciers, le premier de bataille explosive et le second de bavboules, dont Kingsley lui avait expliqué les principes. L'enfant fut impatient d'y jouer et obtenu la promesse de ses tuteurs d'en faire une partie plus tard. Filius lui avait envoyé de nouveaux vêtements chauds mais allégés, ainsi qu'un carnet relié en cuir pour Rémus « Pour tes notes sur les méthodes de pédagogie avec un animagus, ça m'intéresse ! » était inscrit en première page.
Drago, lui, avait envoyé un kit de calligraphique avec encre de noix de Galle à son ami, avec un canivet en argent pour tailler les plumes et une belle plume de dinde Lafayette, ainsi qu'un lot de plume d'oie blanche, pour s'entraîner.
Severus n'avait pu s'empêcher de commenter :
- Les Malfoy, toujours dans la démesure !
Ce qui avait fait acquiescer l'ensemble des hommes de la maison et rire Harry.
Kingsley et Rémus avaient finalement ouvert leurs propres paquets de bonbons, avec les mêmes recommandations de la part du directeur que pour Severus. L'Auror découvrit un nouveau holster à baguette, offert par son ami qui ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour lui quand il partait en mission.
- Le tien s'use et je ne voudrais pas que tu perdes ta baguette dans un moment critique, avait commenté Rémus.
Kingsley l'avait remercié avec affection avant de se tourner vers Severus qui ouvrait le cadeau qu'il lui avait offert. C'était un ensemble de gant et tabliers.
- Les langues de plomb du ministère viennent d'en faire livraison à nos potionnistes, ils sont renforcés contre les hautes températures et éclaboussures abrasives.
Le maître des potions avait hoché la tête, reconnaissant, et avait suivi l'ouverture de ses propres cadeaux. En commençant par celui de Harry. C'était une fiole dont le contenu était un liquide translucide vert forêt et l'enfant lui en demanda les propriétés.
- C'est une potion qui te permettra de voir sans tes lunettes.
Aussitôt, il eut tous les regards tournés vers lui.
- Tu as réussi à l'obtenir ? S'étonna Rémus.
- Je l'ai brassé moi même, l'informa le potionniste. Elle mijote depuis plus d'un mois dans les cachots. J'ai été cherché sa touche finale dans les Balkans la semaine dernière.
- Merci beaucoup, Sev ! S'exclama l'enfant ravi de se débarrasser de ce poids sur son nez.
- Ça va être étrange de ne plus le voir avec ses lunettes sur le nez, commenta Rémus. C'était un peu son caractère distinctif …
- Peut-être, mais ainsi, il ne ressemblera plus tant à son père et on verra enfin ses beaux yeux vert, commenta Severus.
- Certes.
Rémus eut un petit pincement au cœur, mais finit par accepter, pour le confort de son petit protégé. Kingsley lui déposa une main chaude et réconfortante sur le bras et il lui sourit en retour. Lui aussi trouvait que Harry avait des yeux magnifiques et qu'ils seraient plus visibles et donc plus beaux encore sans leurs contours de métal, mais il comprenait que c'était aussi un point qui rattachait Harry à son père biologique et que son ami aimait ce lien qui lui rappelait aussi sa propre enfance.
- Les effets sont un peu lents et progressifs, il ne verra clairement qu'après plusieurs jours, mais moins d'une semaine devrait suffire, indiqua le maître des potions.
Harry la but et observa tout autour de lui. Il avait compris qu'il n'y aurait pas d'effet immédiat, mais ça ne coûtait rien d'essayer. Sauf que Severus n'était pas maître des potions pour rien et qu'il avait évidemment raison. Aucun changement ne fut perceptible. Il se tourna donc vers l'homme en noir, à qui c'était le tour d'ouvrir son dernier cadeau. Il n'en restait qu'un à chacun et il lui tardait d'élucider les derniers mystères avant de pouvoir profiter de chacun de ses nouveaux présents.
Severus découvrit un petit sachet accompagné d'un livre épais « Usage des poils de loups-garous dans les potions ». Rémus rougit et balbutia pour lui expliquer :
- Ce sont des poils de Moony, dans le petit sachet. C'est pour te remercier de toutes ces recherches que tu fais pour moi.
Les poils de loup-garou étaient un ingrédient peu facile à se procurer. En effet, il fallait qu'ils soient donnés volontairement pour plus d'efficacité et ce n'était pas chose aisée que d'en obtenir. Rémus lui faisait un beau cadeau avec ce geste, quand bien même ça ne lui avait rien coûté, il lui en était réellement reconnaissant.
- Merci beaucoup, Rémus. Je suis d'autant plus heureux d'avoir fini mon cadeau à temps, dit-il avec une certaine timidité.
- Ouvre-le ! Le pressa alors Harry.
C'était effectivement son tour d'ouvrir son dernier présent et maintenant que Severus venait de prononcé ces mots, ils étaient tous intrigués par son contenu. Rémus enleva donc le papier du tout petit paquet et en tira une fiole. Il ne la reconnaissait pas alors il interrogea son ami du regard pour qu'il lui explique.
- C'est la dernière version de la tue-loup. Tu m'en diras des nouvelles mais la transformation devrait être moins douloureuse. Et, avec ton cadeau, il devrait bientôt y avoir de nouvelles expérimentations.
Les yeux de Rémus se mouillèrent.
- Merci beaucoup, bredouilla-t-il ému.
Il y eu un moment de flottement puis le loup-garou détourna l'attention sur Harry.
- C'est ton tour, Tiny.
L'enfant déballa alors son dernier paquet qui était tout mou dans ses mains. Il en sortit un tissu magnifique qui semblait brillé d'argent et était si léger qu'il avait l'impression de toucher de l'eau. Le dépliant totalement, il s'aperçut que c'était une cape. Rémus haleta et attira les regards sur lui.
- C'est … C'est la cape d'invisibilité de James !
Severus et Kingsley en restèrent bouche bée.
- Et tu dis ça comme ça ! S'exclama l'Auror.
- Ça explique beaucoup de choses, commenta Severus.
- « Fais en bon usage », lut Harry sur un petit papier qui était tombé du même paquet.
- Que dis-tu ? L'interrogea Rémus.
- C'est ce qui est écrit là, lui montra l'enfant.
- C'est l'écriture de Albus, reconnut Severus.
Les deux autres hommes acquiescèrent et un silence s'installa dans le petit salon.
- C'est cool !
Ils se tournèrent vers Harry qui avait revêtu la cape, son corps disparaissant derrière. Seule sa tête était encore visible et semblait flotter dans les airs
- Promets moi que tu n'en feras pas n'importe quoi, Harry, réclama Rémus sérieusement.
Harry lui retourna un visage interrogatif, mais hocha de la tête.
- Tu devrais me la confier pour l'instant, Tiny, ajouta son tuteur. Je te raconterai plus tard des histoires sur elle, si tu veux.
L'enfant acquiesça et, presque solennellement, lui tendit le tissu. Rémus s'en saisit et la posa à ses côtés, la main encore un peu tremblante.
Kingsley souhaita détourner l'attention et surtout détendre l'atmosphère et déchira bruyamment son dernier paquet, le dernier qui restait. Il y découvrit une cape fourrée d'un beau brun sombre.
- C'est une cape trempée dans une potion de bouclier à sa fabrication, expliqua le maître des potions. Elle devrait résister aux sorts d'attaque mineurs.
- Et bien, merci beaucoup, Severus.
- Maintenant que Harry a des tuteurs dignes de ce nom, il serait dommage qu'il meurt bêtement.
L'Auror leva les yeux au ciel, touché malgré tout.
- Et moi, j'ai rien à vous donner comme cadeau, se plaignit Harry.
Les trois hommes se tournèrent vers lui et le regardèrent avec affection.
- Ta présence parmi nous est déjà un cadeau, Tiny, lui affirma Rémus.
Ce à quoi Severus et Kingsley acquiescèrent.
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Pfiou ! J'espère que ça vous a plu :D
A bientôt !
