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Chapitre 53

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Après ce fabuleux noël, la routine repris son cours au cottage Shaklbolt. Les batailles de boules de neige, jeux de cartes, lectures au coin du feu et expériences en tous genres avec son nouveau microscope occupaient les journées de Harry.

Kingsley et Rémus avaient aussi commencé à montrer à leur pupille comment se servir d'une baguette. Harry n'avait pas encore le droit de la garder tout le temps, ses tuteurs préféreraient lui apprendre comment la tenir, en quelles circonstances s'en servir, ou encore ce qu'ils connaissaient de la magie pour que l'enfant soit en capacité d'appréhender correctement son don.

Rémus lui expliqua donc plusieurs éléments théoriques avant de passer à la pratique.

- La magie est une sorte d'entité, comme une énergie qui circule partout dans le monde. Certains, les sorciers, y sont plus sensibles. C'est une capacité génétique, ça veut dire de père en fils, donc un enfant de sorciers à plus de chances de l'être aussi. Mais c'est malheureusement un gène récessif qui a tendance à se perdre. Voilà pourquoi certains sorciers voient l'ouverture de notre monde aux moldus comme quelque chose de mauvais. Cependant, il me semble que c'est plus compliqué que cela et beaucoup reste incompréhensible pour nous.

- C'est d'ailleurs le travail des Langues de Plomb du ministère, intervint l'Auror. Ils font de très nombreuses recherches sur les mystères de la magie.

- Car il y a parmi les moldus des enfants qui naissent sorciers ! Et parmi les sorciers des enfants qui naissent sans pouvoirs magiques. Sans compter les créatures magiques qui sont toute une pléthore de races et d'espèces différentes. On ne sait pas pourquoi certaines sont magiques et d'autres non. Ni, d'ailleurs, d'où vient la magie, on ne sait pas l'extraire, par exemple.

Rémus soupira.

- Enfin, tout ça est bien complexe, mais il faut que tu en soit conscient pour être un bon sorcier. Et peut-être qu'avec tes capacités propres toutes particulières, tu pourras résoudre certains mystères ?

Harry sourit, fier d'en apprendre toujours plus sur ce que les sorciers de ce monde pouvaient faire.

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Trois jours après le réveillon, alors que la pleine lune était pour le soir même et que Rémus se reposait dans sa chambre, Kingsley avait emmené Harry faire un tour dans la campagne environnante. Ils s'étaient beaucoup rapprochés durant cette première semaine de vacances et l'Auror en était ravi. L'enfant lui faisait plus confiance et lui racontait plus de choses, il commençait même à se confier à lui.

- Est-ce que j'y arrive mieux ? Lui demanda-t-il timidement alors qu'ils s'engageaient sur un nouveau chemin un peu plus broussailleux.

- Qu'est-ce que tu arrives mieux, Tiny ?

- À être un enfant ?

- Tu veux dire à avoir un comportement humain plus que renard ?

- Oui.

Kingsley fit une pause et réfléchit avec tout le sérieux dont l'enfant avait besoin pour être rassurer. Cela semblait être une question importante pour lui et il voulait lui montrer qu'il le comprenait.

- Eh bien, tu as encore beaucoup de réflexes animales, mais c'est tout à fait normal. Si non, tu ne cesses de faire des progrès ! Tu manges seul, tu marches beaucoup mieux …

- Mais je tombe encore !

- Ça arrive à tout le monde de tomber, tu sais. Il y a une nouvelle recrue, cette année, chez les apprentis Aurors. Elle est très douée, mais est d'une maladresse, c'est incroyable ! Elle ne cesse de se prendre les pieds dans tous les tapis qui sont sur son chemin. Et quand il n'y en a pas, elle arrive encore à tomber en s'emmêlant les pieds ! C'est une calamité !

Harry rit à la description de cette personne largement accentuée par des gestes et grimaces de Kingsley. Il était un peu rassuré. Il avait peur d'être un poids pour ses tuteurs. Il avait l'impression de progresser à une lenteur exaspérante.

- Je t'assure, Harry, reprit l'homme. Tu fais des progrès énormes ! Nous n'espérions jamais que tu arrives à ce stade de ta rééducation si tôt dans l'année. Nous t'avons même acheté une baguette pour commencer tes enseignements magiques alors que nous ne pensions pas pouvoir les entamer avant l'année prochaine.

- C'est vrai ? Demanda tout de même le petit avec des yeux remplis d'espoir.

- Je te le promets, affirma Kingsley avec un sourire attendri.

Ce fut rasséréné qu'ils reprirent la route.

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Ils étaient sur le chemin de retour lorsque Harry s'arrêta brusquement.

- Tu as entendu ?

- Quoi donc ? Demanda Kingsley en se tournant vers l'enfant.

Le petit avait les sourcils froncés et semblait tendre l'oreille. Il fit donc de même.

- Là ! S'exclama Harry.

- Je n'entends rien …

- Mais si ! Ça vient de là-bas …

Il se mit à marcher dans la direction indiquée et s'approcha du talus. L'Auror le suivit, se demandant ce qu'ils allaient bien pouvoir dénicher, mais il n'entendait toujours rien, tandis que l'enfant semblait suivre à l'oreille un son particulier. Peut-être était-ce son ouïe surdéveloppée qui lui permettait d'entendre un lapin ou quel qu'autre animal dans son terrier ?

Soudain, il vit une vipère sortir de son trou en sifflant fortement. Aussitôt, Kingsley s'élança, il attrapa le dos de la cape du petit et le tira en arrière. Il ne savait pas quels instincts avaient les renards vis à vis des serpents, mais il ne voulait pas tenter une morsure. Le reptile s'était dressé et continuait à siffler alors qu'il le tenait en joue de sa baguette.

L'Auror sentit un mouvement derrière lui.

- Harry, reste derrière moi et ne bouge pas ! Le prévint-il.

C'est alors qu'un autre sifflement retentit, mais dans son dos, cette fois. Il se retourna, prêt à porter Harry à bout de bras pour le mettre hors de portée d'une attaque, mais à sa plus grande surprise et horreur, le son sortait de la bouche de l'enfant, lui-même. Il resta statufié, ne sachant comment réagir.

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Harry avait capté un son. Au début, ce n'était qu'un murmure, mais quand il avait tendu l'oreille, il avait distingué des mots. Ce n'était pas comme une phrase, mais ça y ressemblait beaucoup. Cependant, les rythmes étaient étranges, comme traînants. Il s'était rapproché, puisque Ley disait ne rien entendre.

Là, dans le talus, il découvrit un petit serpent. Celui-ci était en train de se plaindre du froid quand il s'aperçut de sa présence.

- Eh bien, pourquoi me regardes-tu ainsi, toi ?

Harry allait répondre, mais il fut tiré violemment en arrière et caché derrière Ley.

- Que se passe-t-il, Ley ?

Il leva les yeux vers son tuteur lorsque ce dernier se retourna et tomba sur des yeux écarquillés.

- Quoi ?

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Kingsley, trop abasourdi, ne réfléchit pas plus. Il se saisit brusquement du bras de l'enfant, prenant tout de même soin de ne pas lui faire mal, et transplana près de sa maison. Il franchit rapidement les maigres barrières qui protégeaient le cottage en tirant Harry derrière lui et pénétra dans son salon.

Il chercha Rémus des yeux, mais son ami n'était pas présent dans le salon alors il cria son nom.

- Rem ! Rémus, vient vite !

Rapidement, des pas à l'étages se firent entendre et le loup-garou apparu dans les escaliers, la chemise déboutonnée et les cheveux en pétard. Il avait été réveillé de sa sieste en catastrophe et n'avait rien de présentable, mais peu lui importait. Kingsley avait hurlé son nom de façon presque paniquée, alarmante, alors il n'avait pas réfléchi et avait couru.

- Quoi ? Que se passe-t-il ? Harry ! Qu'y a-t-il, mon ange.

Kingsley se retourna vers l'enfant qu'il tenait toujours par le bras et découvrit sa bouille apeurée et en larme.

- Oh, Tiny. Je suis désolé, je me suis précipité sans prévenir, pardonne-moi.

Harry fonça dans les bras tendus de Rémus qui s'était penché à ses côtés. Ce dernier le souleva en passant un bras sous ses fesses et un autre dans son dos pour le réconforter tandis que l'enfant enroulait bras et jambes autour de son corps.

- Je suis désolé, continua de plaider Kingsley. Il a sifflé et j'ai eu peur pour lui, ce n'est pas une aptitude normale, mais c'est Harry et je ne voulais pas l'effrayé …

- Ley, tout va bien. C'est fini.

L'Auror prit une grande inspiration puis expira pour reprendre ses esprits.

- Eh bien, j'espère que tu ne paniques pas autant lorsque tu es en mission, dit Rémus pour détendre l'atmosphère.

- Il n'y a pas d'enfants en mission, ou alors je sais les gérer. Et Harry n'est pas n'importe quel enfant, Rem. Je ne savais pas comment réagir …

- OK, si tu commençais par m'expliquer ce qu'il s'est passé.

Ils s'installèrent autour de la table de la salle à manger, Harry sur les genoux de Rémus. Même s'il avait arrêté de pleuré, l'enfant avait gardé son visage lové dans le cou de son porteur qui continuait à l'étreindre et lui caresser le dos ou les cheveux.

- Harry est Fourchelang, introduisit Kingsley.

Et il raconta la scène à laquelle il avait assisté.

Rémus serra fort Harry dans ses bras, présageant une nouvelle signification négative à ce don hors du commun. Pourquoi fallait-il toujours que les mauvaises choses arrivent à cet enfant innocent. Il avait déjà perdu ses parents, deux fois – les biologiques et les adoptifs renards –, il avait un professeur malveillant qui en avait après lui et maintenant deux mauvais signes s'accumulaient. Ce ne pouvait être une coïncidence. Tout ça cachait quelque chose de sombre qui était, sans aucun doute, de mauvaise augure pour le petit.

Il soupira et détacha ses bras du petit corps contre lui. Forçant Harry à s'écarter, il lui releva le menton du bout des doigts et plongea son regard rassurant dans le sien.

- Harry, peux-tu me dire, savais-tu que tu avais ce don ?

Il refusait de l'appeler « malédiction ». Le Fourchelang était rare et tout le monde savait que ça avait été une capacité de Voldemort, héritée de son ancêtre Salazar Serpentard, mais c'était une langue, rien de maléfique là-dedans. C'était un outil comme un autre, avec lequel on pouvait faire le mal, mais aussi le bien. Cela dépendait de la personne qui le possédait.

- Non. J'ai entendu des chuchotements, expliqua-t-il en chuchotant, prenant son temps pour former des mots distincts. Alors, je me suis approché, pour comprendre. C'est là que j'ai vu que c'était un serpent. Je ne me suis pas demandé pourquoi je le comprenais, mais c'était le cas. Il râlait parce qu'il avait trop froid et puis il m'a interpellé. Il m'a demandé pourquoi je le regardais. J'ai voulu lui répondre, c'était un réflexe, j'imagine. Parce que je n'avais toujours pas réalisé que je comprenais un animal, en même temps, je suis un renard et un enfant, donc pourquoi ne pas comprendre les animaux … Et c'est là que Ley m'a fait reculer.

- Ce n'est pas courant, Tiny, de parler aux animaux. Encore moins aux serpents. Il existe un sort pour faire dire quelques mots à un animal, mais il faut que celui-ci soit domestiqué et ce n'est jamais long ni inné. On appelle ceux qui parlent aux serpents des Fourchelang. C'est un don rare, qui se transmet génétiquement. Le dernier sorcier connu qui possédait cette capacité était un sorcier noir et maléfique qui a assassiné beaucoup de monde. Il va falloir que tu fasses attention à garder ce don secret, Tiny. Tu comprends ?

- Oui, mais … Enfin, non. Pourquoi c'est grave ?

- Les préjugés sont tenaces et la guerre a beau être finie depuis un certain temps, maintenant, la mémoire des gens et leurs pertes sont encore vivaces. Ils pourraient faire des amalgames, c'est à dire confondre ton don et celui de Voldemort et le considérer mauvais. Et par extension, t'estimer néfaste. La peur fait faire des choses terribles, Harry, et je ne veux pas qu'il t'arrive malheur. Promets-moi que tu feras attention, s'il te plaît.

- C'est promis, Moony.

- Bien. Je suis rassuré.

Il lui offrit un baiser sur le front et Harry lui sourit en retour.

Ensuite, l'enfant se tourna vers l'Auror qui était resté muet depuis la fin de son propre récit. Il craignait que le petit ait peur de lui à présent et il regrettait d'avoir un peu perdu les pédales. Cependant, son pupille le surpris en lui donnant un sourire timide qui s'agrandit et devint franc lorsqu'il lui répondit de même.

L'incident était oublié et Harry pardonnait.

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La fin de journée était passée beaucoup plus tranquillement et maintenant, Rémus attendait fébrilement l'apparition de la lune. Kingsley l'avait enfermé, pour plus de sûreté, dans une ancienne cabane de berger, au fond de sa propriété et avait bardé le bâtiment de sorts. C'était étroit sombre, humide et il y faisait un froid glacial, mais Rémus avait tenu à être enfermé.

Harry attendait, lui aussi, à ses côtés, sous sa forme de renard. Le loup-garou lui avait d'abord demandé d'attendre à l'extérieur, il testait une nouvelle forme de potion et ne voulait pas risquer de blesser l'enfant, mais Kingsley avait approuvé en argumentant que la première version le rendait déjà inoffensif et qu'il préférait qu'il ne soit pas seul. Le loup-garou avait beau avoir répété qu'il avait l'habitude d'être seul, les deux autres n'avaient rien voulu savoir et il s'était résigné.

L'Auror avait commencé à patienter avec eux, mais Rémus l'avait entendu claqué des dents et l'avait obligé à rentrer se mettre au chaud. Par ces températures et avec ce vent glacial, même les sorts et sa cape fourrée ne le tenait pas suffisamment à l'abri du froid.

Soudain, un éclair blanc passa les interstices de la porte et la lumière de la lune les éclaira. La transformation de Moony commença alors. Harry, qui était malgré tout inquiet, pouvait entendre les os craqués et, comme d'habitude, ça lui donnait la chair de poule, mais il réprimait ses frissons, observant son tuteur en guettant la moindre grimace de douleur.

- C'est étrange, souffla Rémus. Ça tire et c'est désagréable, mais pas douloureux.

Un soulagement sans nom prit le corps de l'enfant. Enfin, le loup-garou ne craindrait plus les pleines lunes. Il se contrôlait toujours et n'aurait plus mal. Il était infiniment reconnaissant envers Severus.

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Merci pour votre lecture, j'espère que ça vous a plu !

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