Bonjour, bonsoir !
« Réapprentissage » a dépassé les 800 reviews ! (Et, grâce à Soln96 qui nous a rejoints, de beaucoup ! ^^) Merci beaucoup à tout le monde pour votre soutien indéfectible ! Merci pour vos encouragements, vos reviews, pour tous vos follows et mise en favori de ma fiction ou de mon profil !
Petit clin d'œil caché dans le texte à une question soulevée par Patmol25. Je fais une petite mise au point que je n'avais pas conscience d'être nécessaire, mais qui manquait peut-être. Erreur réparée !
Bonne lecture !
.
Chapitre 57
.
- Bon, s'exclama Severus pour abréger les effusions de Harry. Ce n'est pas tout, mais c'est l'heure du dîner et nous sommes déjà en retard !
L'enfant était capable de s'épancher pendant des heures si personne ne l'arrêtait, il valait donc mettre un terme à son émotivité, surtout que le repas devait déjà être servi dans la Grande Salle. Rapidement, donc, tout le monde se mit en mouvement.
Ils étaient arrivés dans le grand hall lorsque Harry se frotta les tempes avec énergie.
- Quelque chose ne va pas, Tiny ? Lui demanda Kingsley.
- J'ai mal à la tête … geignit-il.
Aussitôt, tout le monde se tourna vers lui et Rémus fut à ses côtés, se penchant à sa hauteur.
- Pourquoi ne rien avoir dit, Tiny. Où as-tu mal, exactement ?
- Aux yeux et là, expliqua-t-il en montrant son front.
Severus fronça les sourcils, s'approcha et lui retira les lunettes de son nez.
- Dis-moi si tu vois clairement, demanda-t-il.
Harry cligna plusieurs fois des yeux, regarda autour de lui puis se fixa sur le professeur de potions.
- Bien, je vois bien !
Il sourit puis s'exclama plus fort :
- Je vois très bien !
Rémus sourit et, se tournant vers son ami spécialiste, demanda :
- La potion a fini de faire effet, n'est-ce pas ?
Severus acquiesça et empocha la paire de lunettes désormais obsolète.
- Ce devait être la correction forcée des verres qui t'a donné ce mal de tête. Ça devrait aller mieux, maintenant.
Pendant ce temps-là, Drago avait observé le visage de son ami avec attention et il déclara pensivement :
- Tu es plus beau comme ça.
Puis il se rendit compte d'avoir prononcé ces mots à voix haute et rougit fortement en jetant un œil aux adultes qui affichaient un air amusé. Pour reprendre contenance et ne pas avoir à justifier de tels propos, il poussa la porte et pénétra dans la Grande Salle. Il fut rapidement suivi de Harry, qui tenait à l'accompagner à sa table pour la première fois. Kingsley, Rémus et Severus, eux, rejoignirent l'estrade réservée aux professeurs.
Drago s'installa auprès de ses camarades et fit une place à son ami. Timidement, Harry prit place à ses côtés en observant tour à tour tous les élèves qui avaient salué le petit blond. Il les salua aussi, bredouillant un peu, gêné et mal à l'aise face à l'attention qui lui était soudainement portée.
Au début, Harry fut très intimidé et commença à babiller sur tout et rien, un peu nerveusement. Puis, il prit ses aises et redevint aussi naturel qu'à son habitude, riant facilement sur les sujets qu'il abordait, même s'il n'avait pas beaucoup de réponses. Finalement, des questions sur un « Survivant » furent posées et comme il ne savait pas de qui il s'agissait, il laissa Drago répondre. Lui se contenta d'essayer de suivre d'une oreille. Ils utilisaient tous du vocabulaire qu'il ne comprenait pas toujours et devait déjà se concentrer sur le maniement de ses couverts, affaire assez laborieuse en soi.
D'ailleurs, les Serpentard qui l'entouraient ne tardèrent pas à remarquer sa maladresse et un ou deux le lui firent remarquer.
- Dis donc, on voit que Potter a été élevé par une bête ! S'exclama un garçon sur sa droite.
Harry releva la tête, comprenant que l'on parlait de lui et, de ses grands yeux ingénus, regarda le jeune homme, se demandant ce qu'il devait répondre.
Pour ne pas rester bêtement muet, il lui sourit doucement et dit candidement :
- Mon papa était un renard.
Drago se sentit alors brusquement suffoquer. Il craignait la suite des propos de ses « amis ». Harry ne savait pas se défendre, il ne saurait même pas déceler une moquerie cachée.
Une jeune fille qui les accompagnait se mit à glousser.
- Et ton père ne t'a, évidemment, pas appris à te servir d'une fourchette correctement, siffla un autre garçon.
- Bah non, c'est Moony qui s'occupe de moi, maintenant. Et mon papa il ne se servait pas de fourchette …
- Oh, et comment mangeait-il ton papa ? Coupa le premier garçon.
- Et il est où ton papa maintenant ? Pouffa le deuxième.
Harry se sentit démuni. Il sentait que le comportement des élèves autour de lui n'était pas très amical, mais il ne voulait pas mettre son ami dans l'embarras. Il se tourna donc vers Drago et découvrit qu'il était encore plus pâle que d'habitude.
Il ouvrit la bouche dans le but de l'interroger, mais ce dernier le prit de court :
- Tu devrais rejoindre monsieur Lupin, Harry.
Une boule se plaça dans sa gorge et des larmes lui montèrent aux yeux. Son ami ne voulait plus de lui, il lui avait fait honte. Harry lâcha brutalement ses couverts, les laissant cogner son assiette bruyamment. Il se leva avec saccades, les membres tremblants et courut comme il put jusqu'à la table des professeurs, entendant derrière lui des éclats de rire.
- Vous avez vu sa manie de sourire bêtement et de rire pour un rien ? Pouffa quelqu'un dans son dos.
Il ne put retenir ses larmes plus longtemps, saisissant là parfaitement la moquerie.
.
Rémus et Kingsley étaient placés côte à côte, Albus et Severus les encadrant. Le directeur avait personnellement invité le loup-garou à s'asseoir près de lui afin de discuter pendant le repas. Le vieil homme attaqua dès qu'ils furent installés.
- Je souhaitais m'enquérir sur l'état de Harry, commença-t-il alors que Rémus mettait sa serviette sur ses genoux. Je sais que nous en avons discuté un peu ce matin, mais je me suis aperçu qu'une question m'avait échappé.
Son voisin se tourna vers lui, attendant la suite.
- Cela fait maintenant un certain temps, mais … S'est-il bien remis de la mort de son père ?
Le loup-garou fut un instant un peu décontenancé par la question. Cependant, il se reprit rapidement et répondit poliment :
- Harry a reçu une éducation un peu particulière, vous le savez. Il n'appréhende pas les choses ou les événements de la manière que l'on pourrait attendre d'un petit garçon.
- Bien sûr, bien sûr, mais même les animaux connaissent le deuil.
- Oui, mais leur rapport à la mort est loin d'être le même. D'après les recherches que j'ai faites sur le sujet, les renards expriment leur deuil en évitant les lieux fréquentés par le disparu. Harry, après la mort de Fox, a refusé de se coucher sur la couverture qui leur servait de couche. Il a aussi beaucoup recherché mon odeur, me rejoignant parfois la nuit. L'odeur est un marqueur important chez les renards, comme chez tous les canidés. Les petits ont besoin de porter ou sentir l'odeur du mâle dominant ou d'un aîné, cela signifie pour eux qu'ils ont un protecteur. Au-delà de cette réaction, il n'y pas eu de manifestations particulières. Il a, évidemment, eu quelques coups de blues, pendant lesquels son père lui manquait, mais rien de plus.
- Hum, je vois. Il est vrai que les animaux n'ont pas de croyance ou d'a priori sur la mort ou l'après mort. Bien. Donc tout se passe bien avec lui côté affectif.
Rémus, qui avait déjà refoulé une réplique piquante à la mention de l'état de simple « animal » de Harry et de son père adoptif, fronça les sourcils.
- Tout va bien avec Harry, répondit-il un peu sèchement.
Albus dut sentir l'agacement de son voisin car il répliqua :
- Je ne remets pas en cause votre place à ses côtés, Rémus. Je m'interroge sur sa bonne intégration dans la vie courante d'enfant humain. Je ne peux que souhaiter le meilleur pour lui.
Rémus ne put répondre puisqu'il vit à ce moment même Harry se précipiter vers lui. Il eut juste le temps de se lever pour réceptionner l'enfant qui se jeta dans ses bras.
.
Drago avait passé le reste de son repas muet. Ses camarades avaient vaguement essayé de le faire participer à leur tournoi de phrase la plus stupide pour décrire son véritable et seul ami et il n'en avait été que plus dégoûté. Il n'avait même plus touché à son assiette et dès que les desserts étaient apparus, il avait quitté la salle.
Ça le rongeait de l'intérieur. Il n'avait même pas levé le petit doigt pour défendre son ami. Harry qui était bien trop naïf pour comprendre ces mots horribles et trop candide pour répondre. Il n'avait pas renchéri non plus, mais il était parfaitement conscient qu'il aurait pu être le meneur de ce genre de bassesses il y a encore quelques semaines.
Comme il aurait voulu avoir le courage de se lever et de soutenir publiquement son ami, mais il avait encore trop peur de son père pour cela.
.
Severus avait vu son élève quitter sa table prématurément, peu de temps après le retour de Harry aux côtés de Rémus qui le consolait à grand renforts d'étreintes partagées avec son nouveau colocataire. Après avoir constaté l'attitude de ses camarades restés pour le dessert, il avait facilement reconstitué la situation. Il était donc parti rencontrer le jeune Malfoy dans les couloirs.
- Monsieur Malfoy, l'interpella-t-il dans les escaliers conduisant aux cachots, le faisant sursauter.
Quand son élève se fut arrêté et tourné vers lui, il lui dit :
- Suivez-moi.
Il le dépassa alors rapidement et le conduisit dans son bureau.
Après l'avoir invité à s'asseoir, il l'interrogea :
- Que s'est-il passé avec Harry et tes camarades Serpentard ?
Drago tenta de cacher son soupir, mais le professeur ne fut pas dupe.
- Je sais que vous ne voulez aucun mal à votre ami, vous ne seriez pas venu nous parler de votre situation si c'était le cas. Cependant, je vois que cela vous touche aussi et, en tant que directeur de votre maison, monsieur Malfoy, j'ai le devoir de me préoccuper de mes élèves. Ayez donc l'obligeance de m'expliquer, en détail, s'il vous plaît, la scène à laquelle j'ai assisté au dîner.
L'enfant se lança alors dans son récit, explicitant ses états d'âme.
- Je comprends que votre père vous fasse peur, c'est un homme imposant, influent et charismatique qui sait tirer profit de n'importe quelle situation et mettre dans l'embarras avec quelques mots. Il est aussi un puissant sorcier qui sait user de sa baguette et je comprends aisément qu'il soit délicat de s'y opposer publiquement et plus encore de jouer un double jeu avec lui.
Il fit une pause pour lui lancer un regard de connivence, tentant de lui faire passer, sans mots dire, qu'il connaissait personnellement ce genre de situation.
Puis, il reprit sur un ton plus dur, sans toutefois être tranchant, il voulait simplement que les choses soient claires :
- Cependant, j'ai cru comprendre que vous teniez à l'amitié de Harry et lui ne supportera pas de jeux. Vous avez compris que, du fait de son éducation particulière, il n'est pas au même stade émotionnel et psychologique qu'un enfant de son âge.
Drago acquiesça et renchérit :
- Il agit toujours comme un petit enfant.
Severus hocha de la tête et expliqua :
- Il n'a jamais eu de rapport aux autres avant sa transformation et ses relations sociales ne connaissent pas les carcans de notre société. Il dit ce qu'il pense sans filtre, car il n'a jamais eu affaire au regard des autres. Bien que cela risque de changer après ce soir.
Drago retint son souffle, culpabilisant et Severus passa naturellement au tutoiement, comprenant le dilemme de son élève :
- C'est à toi de choisir, Drago. Soit tu joues le jeu face à tes camarades, prenant le risque de perdre Harry, soit tu prends le parti de ton ami, t'exposant à des retombées du côté de ton père. Jouer un double jeu est aussi s'exposer à l'éclatement de la vérité, mais cela te permettrait peut-être de gagner du temps. Cependant, les conséquences n'en seront que plus conséquentes si la vérité est dévoilée.
- Mais comment faire ? Geignit l'enfant.
- Explique à Harry que tu continueras de faire croire à ton père que tu es auprès de lui pour prendre des informations. Il n'est pas stupide et, s'il ne comprendra pas tous les enjeux du mensonge, il saura qu'il peut te faire confiance, ce qui est primordial, planifia Severus.
Il jeta un coup d'œil à son élève et constata qu'il avait repris quelques couleurs, il poursuivit donc :
- Envoie une lettre à ton père et écris-lui que, pour pouvoir continuer ton rôle, tu dois te séparer de certaines de tes anciennes fréquentations. D'après ce que tu nous as expliqué, côtoyer Harry est très important pour lui. Perdre une ou deux connaissances à Poudlard, ne répercutera que peu ton réseau d'influence et moins encore le sien. D'autant plus que tu en gagneras autant, si ce n'est plus en fréquentant Harry Potter. Cela ne devrait donc pas trop poser de problème.
Drago était revigoré après l'énoncé du plan de son directeur de maison. Il souriait et remercia sincèrement son professeur.
- Il n'y a pas de quoi, monsieur Malfoy, répondit alors Severus en repassant à un échange plus formel.
Et il ajouta même avec un sourire en coin :
- Cela m'aurait peiné de devoir vous sanctionner pour toutes les plus petites larmes que n'aurait pas manqué de verser Harry s'il avait appris votre défection dans votre amitié.
Drago manqua alors d'avaler de travers et préféra s'enfuir.
.
Ce fut encore très perturbé que Harry regagna ses appartements. Il était entouré de Rémus et Kingsley qui l'avait réconforté comme ils avaient pu, mais il était encore morose. Heureusement, deux amis qui patientaient devant la porte détournèrent facilement son attention.
- Tiny !
- Voilà notre petite mascotte !
Les jumeaux Weasley, adossés au mur et les mains nonchalamment plongées dans leurs poches de pantalon, l'attendaient avec un sourire crapule. Aussitôt, le visage de Harry s'éclaira et il courut dans leur direction.
- Fred ! S'exclama-t-il en se jetant dans les bras de l'un des deux jeunes hommes.
- Comment fait-il pour toujours nous reconnaître, Forge ? S'amusa l'un.
- Ça doit être son flaire, Gred, son flaire ! Répliqua l'autre.
Le petit brun frotta sa tête sur la poitrine de son ami, puis plongea son nez dans son cou pour y prendre une grande inspiration et, enfin, il se mit à léchouiller tout le bas de son visage qui était à sa portée.
- Je suis content de te revoir aussi, Tiny ! Pouffa Fred.
- Il n'a toujours pas appris à faire un vrai bisou, on dirait, rit George.
- Bonjours, les garçons.
- Bonjour Moony ! Répondirent les jumeaux d'une même voix avec un grand sourire. Bonjour Kingsley !
- Salut les garçons.
Les deux adultes firent pénétrer tout ce petit monde dans leur appartement et Harry répéta son manège avec son deuxième ami.
- Ah, tout de même ! Fit semblant de s'indigner George.
Mais il reçut la même affection que son frère et emprisonna à son tour le jeune garçon dans ses bras. Harry était vraiment très tactile et pour les jumeaux c'était un plaisir. Chez eux, ils avaient été un temps les plus jeunes, puis étaient venus Ron et Ginny, leurs petits frère et sœur. Le premier n'était pas câlin et la seconde était la seule fille de la famille et donc déjà bien chouchoutée par tout le monde, réclamant plutôt qu'on la laisse tranquille.
Harry, lui, recherchait toujours le contact et les odeurs des personnes en qui il avait confiance. Rémus et Kingsley le cajolaient et lui dispensaient bon nombre de câlins, caresses, étreintes. En revanche, Drago n'aimait pas du tout ses preuves d'affection et Severus n'était pas très enclin aux démonstration de ses sentiments. Alors il était heureux que Fred et George soient comme ses tuteurs. À la pensée de Drago, son cœur s'était serré, mais rapidement, les pitreries de ses deux autres amis lui avaient changé les idées.
.
.
Merci pour votre lecture ! J'attends vos retours !
A bientôt !
