Bonjour, bonsoir ! Merci pour tous vos messages et encouragements ! Pour vos mises en follow et favoris ! Je suis heureuse que cette histoire continue de vous plaire !
J'avais été assez déçue (je n'étais pas contente de mon travail) de la mise en forme du précédent chapitre et l'ai retravaillé depuis. J'espère que celui-ci est mieux … J'ai toujours besoin de beaucoup de recul sur mes écrits pour m'en apercevoir, mais si je veux continuer à publier toutes les deux semaines, je ne peux me permettre plus de délai …
Ici, un chapitre qui aborde deux sujets, le premier m'est venu après avoir visionné un documentaire sur Arte « Mowgli et les enfants sauvages », ceux qui l'ont vu, repéreront clairement l'influence ^^ Le deuxième est plus complexe et j'attends avec impatience vos retours dessus !
Petit aparté pour mes lecteurs de « Endoctrinement » : je suis désolée de ne pas avoir publié la semaine dernière. J'ai eu très peu de temps pour écrire la semaine précédente et n'avais pas assez de matière pour publier. J'ai, néanmoins, travaillé dessus et il apparaîtra normalement la semaine prochaine !
Maintenant, je vous souhaite bonne lecture, on se retrouve en bas !
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Chapitre 61
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Rémus avait fini par se rendre dans une bibliothèque moldue. Il avait déjà compulsé tous les livres sur les sujets de l'éducation, de la psychologie cognitive ou celui des enfants sauvages. La bibliothèque de Poudlard – pour le peu qu'elle en comportait – avait été retournée en long, en large et en travers, mais c'étaient des sujets trop récents et le fond de l'antique école était bien trop ancien. Les sorciers n'étaient pas très bons pour les disciplines nouvelles.
Il avait donc traversé le parc de Poudlard et emprunté la cheminée des Trois-Balais. Ensuite, depuis le ministère de la magie, il avait rejoint la Britsh Library, la bibliothèque nationale de Londres. Là-bas, il était certain d'avoir un peu plus d'informations sur ce qui l'intéressait ou au moins de trouver des pistes pour poursuivre ses recherches.
Il y avait amassé une bonne pile de bouquins. En fait, il y avait exactement le nombre maximal de livres qu'il était possible d'emprunter. Il avait noté les autres pour les prendre plus tard, voire demander un budget à Mme Pince pour en acheter quelques-uns et renouveler un peu les stocks de l'école.
Il en avait aussi profité pour écumer la presse et il tomba, par hasard, sur un article très intéressant. Le journal datait tout juste du mois dernier et révélait la découverte d'un nouvel enfant dit « sauvage ». Le petit garçon avait à peine 7 ou 8 ans, il était sorti de la jungle ougandaise nu comme un ver, muet comme une carpe et dans un état lamentable. John Ssebunya, nom qui lui avait été donné par la femme qui l'avait adopté depuis, aurait été élevé par les singes pendant près de trois ans.
Dans l'article, le journaliste faisait une courte description de l'enfant et, si celui-ci semblait avoir un léger trouble psychologique, il était de taille normale et ne semblait avoir manqué de rien pour sa croissance. Étonnamment, il était assez agressif avec les autres enfants, mais s'était révélé très docile avec les adultes.
La police locale menait encore l'enquête pour établir les raisons de l'abandon primaire. Déjà, quelques-uns émettaient l'idée qu'il ait connu une sociabilisation humaine dans son très bas-âge, car le petit John parlait, ou du moins imitait des sons complexes, associant voyelles et consonnes dans des syllabes sans signification, et répondait aux appels. Or, le neuroscientifique qui était intervenu sur l'affaire affirmait que ce genre de choses s'apprenait dans les toutes premières années de la vie, au contact d'autres humains. En effet, témoignait aussi un psychologue qui avait étudié la question sur un autre cas d'enfant sauvage découvert en Russie près de quatorze ans auparavant, les enfants totalement privés de sociabilisation précoce – avant leurs 6 ans – restaient incapables de parler à vie.
Ces dernières nouvelles réjouirent Rémus qui conservait jusqu'alors des inquiétudes quant à l'adaptation de Harry dans le monde. Il lut tout de même le reste de l'article qui lui apprit encore plusieurs éléments sur le comportement résultant d'un isolement infantile, tels que l'absence récurrent de rire, l'insensibilité aux variations de température, ou encore la confiance envers les animaux de manière générale.
Il était revenu à Poudlard le nez dans l'un des bouquins et récupérant Harry auprès de Severus qui l'avait pris en leçon de découpage d'ingrédients.
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Harry avait pris place sur les genoux de Kingsley.
L'Auror était rentré du travail à peine une demi-heure plus tôt, mais il voulait participer aux apprentissages de son petit garçon, donc il s'était proposé pour faire les cours d'Histoire. La veille, Rémus et lui avait mis au point un programme détaillé qui servirait de fil conducteur. Heureusement que son ami lui avait fait remarquer que l'enfant ne connaissait pas les frises chronologiques, ni même n'avait de notion du déroulement du temps, car il aurait sûrement bêtement commencé par le début en remontant le temps progressivement jusqu'à nos jours en passant par les plus grands événements de l'Histoire.
Seulement, Harry avait à peine conscience de ce qu'était un mois, ne connaissait que le déroulement de la semaine, puisqu'il avait pu noter le changement de rythme entre les cinq premiers jours et le week-end. Peut-être avait-il aussi conscience du cycle de la lune, après avoir suivi les transformations de Rémus, c'était fort probable, mais c'était tout.
Ils avaient donc décidé qu'ils se contenteraient d'abord de l'Histoire proche, qui le concernait plus ou moins directement, avant d'entamer un enseignement plus large, relatant des grandes inventions, batailles et autres. Ils passeraient alors par un peu d'astronomie, puisque le petit avait déjà quelques notions. Ils pourraient étudier la courbe du soleil et de la lune, le mouvement des étoiles en fonction des saisons, pour arriver à la période la plus longue : l'année.
Quand Harry aurait compris tout ça, il serait en mesure d'en apprendre davantage.
- L'autre fois, tu t'interrogeais sur l'identité de Merlin et nous t'avons expliqué qui il était. Je vais justement t'enseigner l'Histoire de la magie, de notre monde ainsi que du Royaume-Uni. Nous allons voir ensemble quelques grandes personnes qui ont contribué à la construction de notre société telle qu'elle est aujourd'hui. Tu comprends ?
Harry acquiesça et Kingsley poursuivit :
- Je vais commencer par l'histoire d'un homme. Le petit Tom était un petit garçon qui n'a jamais connu ses parents.
- Pourquoi ?
- Sa mère est morte de faiblesse après l'avoir mis au monde. Elle eut juste le temps de lui donner son nom.
Harry avait les yeux écarquillés et suivait l'histoire comme un conte que lui raconterait son tuteur le soir.
- Le bébé, n'ayant pas de parents, fut placé dans un orphelinat. L'orphelinat, c'est un endroit où les enfants qui n'ont plus de parents habitent le temps qu'on leur trouve des tuteurs ou des parents. Il vécut dans cet orphelinat durant onze années. C'était un jeune sorcier et, comme tous les petits sorciers, il lui arrivait de faire de la magie accidentelle. Tu ne te rappelles pas, mais tu en faisais sans doute aussi, lorsque tu étais petit. C'est d'ailleurs ainsi que tu t'es transformé en renard la première fois.
Harry secoua la tête et confirma :
- Non, je ne me rappelle pas.
- Tom est né à une sombre époque. Une guerre chez les moldus avait ravagé le monde et un sorcier en avait profité pour assouvir ses pulsions de violence, à la recherche de toujours plus de puissance. Les orphelins étaient nombreux et les gens pour s'en occuper trop peu.
- C'est quoi une guerre ? Demanda Harry véritablement intrigué par ce nouveau mot qui semblait causer tant de problèmes.
Kingsley souffla fortement et passa une main sur son crâne avant de commencer son explication tandis que Rémus s'asseyait près de Harry.
- Une guerre, c'est quand deux groupes de personnes se battent.
Rémus pris l'enfant sur ses genoux et le serra contre lui. L'Auror poursuivit :
- Les guerres détruisent beaucoup de choses et tuent beaucoup de monde. Elles peuvent durer plus ou moins longtemps. Celle dont je t'ai parlé a duré quatre ans et a ravagé le monde moldu entier.
- Quatre ans, c'est presque la moitié de ta vie, spécifia Rémus à Harry.
Et l'enfant haleta.
- Il y avait donc beaucoup d'enfants à l'orphelinat et Tom ne reçut pas toute l'attention que devrait recevoir tout enfant. De plus, l'orphelinat n'accueillait que des moldus et Tom, au milieu des autres, semblait étrange. Il fut isolé et grandit seul.
- C'est triste, fit Harry les larmes aux yeux. Personne ne voulait jouer avec lui ? Moi je ne connais pas beaucoup d'enfants, mais Drago, George et Fred ils sont gentils et ça suffit !
- Les enfants ne sont pas toujours tendres. Du fait de ses pouvoirs grandissants et de son isolement perpétuel, les autres enfants eurent de plus en plus peur de lui. La peur est souvent source de méfiance, voire de méchanceté. Et ces enfants-là, qui avaient grandi trop vite, n'échappaient pas à la règle. Rapidement, Tom fut non seulement isolé, mais aussi brimé. Alors, pour se défendre, il usa de ses pouvoirs. Tu imagines la suite ?
- Comme Tom utilisait ses pouvoirs, les autres enfants le trouvaient encore plus bizarre. Donc ils étaient encore plus méchants avec lui et encore, et encore …
- Exactement. C'est ce qu'on appelle un cercle vicieux. Plus les enfants l'isolaient, plus Tom répliquait avec ses pouvoirs, et plus Tom utilisait ses pouvoirs, plus les enfants l'isolaient.
La lèvre inférieure de Harry tremblait, mais il semblait vouloir garder ses larmes courageusement pour lui.
- Lorsque Tom eut onze ans, le professeur Dumbledore vint le chercher pour qu'il entre à Poudlard.
- Eh bien, il a pu se faire des amis sorciers, là, alors !
- C'est vrai, mais Tom était devenu un enfant solitaire qui n'avait plus confiance en personne. Il avait appris à se servir d'une partie de sa magie et il ne l'avait jamais vraiment utilisé à bon escient.
- Comme il s'en servait pour se défendre contre les autres, expliqua Rémus, sa magie est devenue très réactive et plutôt agressive.
- Et comme aucun sorcier adulte n'a pu lui dire ce qu'il était, il a longtemps cru qu'il était quelque chose de monstrueux. Il s'est forgé sa propre idée de ce qu'était la magie.
- Mais la magie ce n'est pas méchant ! C'est beau ! S'exclama Harry.
- Sauf que Tom s'était construit une carapace et usait des mêmes armes que les autres enfants, expliqua Rémus. Il a fini par devenir méchant, voire cruel puisqu'il était puissant.
- À l'école, il fut réparti à Serpentard, repris Kingsley après un court silence.
- Comme Drago ! S'exclama Harry.
- Oui, comme ton ami. Tom était un élève modèle, charmant et très séduisant. Il excellait en tout et passait toutes ses heures libres à la bibliothèque. Hélas, il tomba sur des livres qui n'étaient pas du tout à la portée d'un enfant de onze ans. Des livres qui titillèrent son envie de toujours plus de pouvoir. Tom a grandi avec la peur au ventre. Peur qu'un enfant de l'orphelinat atteigne son but de l'exclure, peur que personne ne l'adopte jamais, peur aussi, sûrement, de ses propres pouvoirs dont il ne comprenait pas l'origine.
- Il faut que tu comprennes que personne n'est méchant de naissance, Harry, ajouta Rémus. Les gens qui font du mal ont souvent reçu ce même mal auparavant. Ils ne savent pas comment gérer certains sentiments, ils n'ont jamais appris. Ils n'ont jamais été aimé et ne savent pas faire confiance car jamais personne ne leur en a donné.
- L'été, continua Kingsley, Tom retournait toujours à l'orphelinat, puisque c'est son seul lieu de résidence et que l'école ne peut accueillir d'élève pendant les grandes vacances.
- Mais alors, ça veut dire que …
- Le cercle vicieux continua. Tom avait toujours plus de pouvoir et les enfants toujours plus de peur. Il se mit à chercher encore plus de connaissances et se tourna vers les forces du mal. Elles lui assurèrent une plus grande puissance rapidement.
Kingsley fit une courte pause, le temps de prendre une gorgée d'eau et continua :
- Dans ses recherches, Tom découvrit ses origines. Son père était moldu et sa mère sorcière, descendante directe d'une puissante lignée, celle de Salazar Serpentard lui-même.
- Serpentard ?
- Oui, comme la maison de Poudlard. Il est un l'un des quatre fondateurs, mais ceci est une autre histoire, je te promets que nous la verrons plus tard, Tiny.
L'Auror fit un clin d'œil à Harry, qui lui répondit d'un petit sourire complice, avant de poursuivre :
- Je disais donc que Tom avait découvert ses origines. Son père était moldu et encore en vie.
- Mais alors pourquoi il était dans l'orphelinat ? Demanda Harry dont l'histoire de ce pauvre enfant le touchait vraiment.
- On n'a jamais su si le père de Tom savait qu'il avait un fils. Peut-être que oui, mais sachant qu'il était d'une sorcière, il avait voulu l'oublier. Ou bien, peut-être qu'il ne l'avait jamais su. Toujours est-il que Tom se mit à haïr les moldus.
Harry était assailli de sentiments contradictoires. Cette histoire était bien compliquée. Les sentiments et le comportement humain était encore un peu mystérieux pour lui, mais il commençait à en entrevoir toute la complexité.
- Lors de la scolarité de Tom, un incident particulier fut à noter. Il y eut un meurtre dans l'école. Hagrid fut alors accusé, mais tout portait à croire que Tom avait joué un rôle prépondérant dans l'affaire. Albus Dumbledore, professeur à cette époque, le suspectait fortement d'en être l'auteur, mais rien n'a jamais pu être prouvé.
Les yeux de l'enfant étaient écarquillés, s'il avait bien enregistré une chose de tous les codes humains, c'était que tuer un autre humain était un acte très grave.
- Bien plus tard, on découvrit que les derniers membres de la famille de Tom, son père et ses grands-parents paternels, furent assassinés l'été qui suivit cette même année scolaire.
Kingsley soupira et prit une grande inspiration avant de finir :
- Lorsque Tom quitta Poudlard, il travailla quelques mois dans une boutique de l'Allée des Embrumes, annexe malfamée du Chemin de Traverse, l'allée sorcière de Londres. On n'eut plus de nouvelles de lui pendant plusieurs années. Il semble qu'il ait voyagé dans de nombreux pays, toujours à la recherche de plus de pouvoirs, pour ne réapparaître que dix ans plus tard. À son retour, il avait perdu toute trace de son charme d'antan. Il se présenta à Poudlard et demanda à Albus Dumbledore, qui venait d'être promu directeur de l'école, un poste de professeur de défense contre les forces du mal.
- Tom a été professeur à Poudlard ? S'étonna Harry.
Il n'avait jamais entendu ce nom, mais peut-être était-ce le prénom d'un des sorciers qu'il avait déjà rencontré sans le savoir.
- Non, lui répondit Kingsley. Albus a refusé. Il présentait de mauvaises choses concernant son ancien élève. Tom s'en alla très fâché et promit de se venger. On n'entendit plus jamais parler de lui.
Un long silence persista dans le salon après cette conclusion. Kinsgley et Rémus attendaient une réaction de Harry. L'enfant, lui, était plongé dans ses pensées, perplexe. Il ne voyait pas bien où voulaient en venir ses tuteurs avec cette histoire qui ne menait nulle part.
Comme Harry semblait s'enfoncer de réflexions en réflexions sans rien verbaliser, Rémus déposa un baiser dans ses cheveux et demanda :
- On passe à table ?
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J'attends vos retours, à bientôt !
