Bonjour, bonsoir !

WAHOO ! Plus de 1000 reviews ! Jamais je n'aurais pu imaginer un truc pareil au commencement ! Merci beaucoup à tout le monde pour vos reviews et encouragements sans lesquels j'aurais sans doute moins eu le cœur à l'ouvrage et merci aussi pour vos mises en follow ou favoris !

J'espère que ce chapitre vous plaira !

Bonne lecture ;)

.


Chapitre 64

.

- Lorsque j'étais petit …

Harry gloussa.

- Quoi ? Moi aussi j'ai été enfant ! S'indigna faussement Kingsley. C'était il y a longtemps, d'accord, mais tout de même ! Je ne suis pas si vieux !

L'enfant rit encore et l'Auror lui ébouriffa les cheveux. Rémus les couvait du regard et les écoutait depuis son fauteuil.

- Je disais donc : quand j'étais petit, je devais avoir tout juste quatre ans peut-être, un sorcier sombre fit son apparition. On appelle « sorcier sombre » les sorciers qui pratiquent la magie noire, la magie qui fait du mal.

Harry se tenait sur les genoux de Kingsley et écoutait avec attention.

- Il y a toujours eu des pratiquants de la magie noire, mais la plupart du temps, ils restent discrets car elle est interdite. Seulement, de temps en temps, un sorcier plus puissant tente d'imposer son retour à la légalité.

- Ce qui est légal, c'est ce qui est autorisé par la loi, intervint Rémus. Ce qui est illégal, c'est le contraire, c'est interdit par la loi et punissable. La loi permet de connaître tes droits et tes devoirs. Lorsque tu nais dans un pays et vis, tu dois respecter sa loi. C'est un peu compliqué, nous reverrons ça plus tard.

L'enfant acquiesça et se tourna de nouveau vers le conteur du soir.

- Ce sorcier sombre, reprit Kingsley, se faisait appeler Voldemort. C'était un sorcier très puissant qui connaissait beaucoup de magie et qui était très doué pour la manier. Il a peu à peu rassemblé du monde autour de lui. Il appelait ses hommes les Mangemorts.

Harry fronça les sourcils. Les termes de vol-de-mort et de mange-mort étaient très étranges. S'en apercevant, l'Auror expliqua :

- Voldemort et ses hommes étaient très violents et ont tué beaucoup de monde.

- Pourquoi ?

- C'étaient des hommes haineux, xénophobes et qui avaient peur de mourir. Ils étaient méchants par plaisir, aimaient voir les autres souffrir, mais indépendamment de ça, je suis persuadé qu'ils n'ont jamais connu le bonheur et particulièrement Voldemort.

Harry restait silencieux, il ne comprenait pas tout, mais le peu qu'il saisissait lui donnait des frissons dans le dos. Il avait un peu peur et se lova volontiers contre son tuteur. Celui-ci le serra plus dans ses bras.

- Une dizaine d'années plus tard, Rémus venait d'entrer à Poudlard et moi de la quitter, la guerre devint officielle. Les attaques étaient de plus en plus grandes et touchaient de plus en plus de monde. Plusieurs peuples et créatures magiques, brimés par les sorciers car considérés à tort de nature sombres, se sont peu à peu joints à lui. Ses rangs grossirent et les attaques prirent encore de l'ampleur.

Rémus surveillait attentivement l'enfant. Il espérait que Harry comprenait le principal, mais qu'il ne serait pas mal face à ce petit cours d'histoire.

- Finalement le ministère a mobilisé les Aurors pour les arrêter et Albus a constitué une Résistance qui luttait à ses côtés dans l'ombre.

- Tu t'es battu toi ?

Harry avait bien enregistré le métier de son tuteur et il craignait pour lui.

- Oui, répondit Kingsley. Mais c'était il y a longtemps, Tiny, d'accord ? C'est fini depuis très longtemps et tout va bien.

Kingsley jeta un œil à Rémus. Son ami hocha la tête pour lui dire de poursuivre, alors c'est ce qu'il fit.

- Entre le moment où Rémus quitta Poudlard et ta naissance, il ne se déroula que deux ans et quelques mois. Je t'ai déjà expliqué ce qu'était les mois et les années, tu te souviens ?

Harry acquiesça et récita sa leçon, apprise il y a quelques jours lors d'un repas :

- Dans une année il y a douze mois, dans un mois il y a entre vingt-huit et trente-et-un jours, dans un jour il y a vingt-quatre heures. Chaque jour le soleil se lève et se couche une fois et il y a la nuit entre deux jours. Une année dure quatre saisons, les saisons sont les périodes froides et chaudes et celles qu'il y a entre les deux.

L'enfant prit une grande inspiration et poursuivit :

- Aujourd'hui nous sommes en hiver, c'est la période froide, au mois de janvier, un mois qui a euh … Trente-et-un jours et l'année vient juste de commencer. Nous sommes le lundi vingt-sept, le premier jour de la semaine. Une semaine ça dure sept jours : il y a le lundi, le mercredi, le … euh. Non. Le mardi, puis le mercredi, le jeudi et le vendredi. Ce sont les cinq jours de travail. Et enfin il y a le samedi et le dimanche, jours de week-end où on se repose.

- C'est très bien, Tiny, le félicita Rémus.

Et Kingsley le serra dans ses bras un peu plus fortement, le temps d'un instant, puis lui ébouriffa les cheveux.

- Bien, pendant ces deux années, beaucoup de Mange-morts furent emprisonnés ou tués. C'était une période où les gens avaient peur, une paranoïa régnait partout et plus personne n'avait confiance en personne. Tout le monde se méfiait de tout le monde. On craignait les traîtres et même les amis n'étaient plus toujours les bienvenus.

Harry s'était de nouveau tendu dans ses bras, alors l'Auror fut plus prompt à finir son récit :

- Tu avais un an quand ta maison a été attaquée. Tes parents humains se battaient aussi contre Voldemort, ils faisaient partie de la Résistance montée par Albus. C'étaient d'excellents combattants.

- Ils étaient des amis formidables … murmura Rémus.

Harry l'entendit et vit qu'il avait les larmes aux yeux. Aussitôt, il descendit des genoux de Kingsley et se dirigea vers lui afin de monter sur les siens. Perché dessus, il glissa son nez dans le cou de son nouveau porteur. Après une seconde d'hésitation, ses premiers instincts lui revinrent et il cessa de lutter. Il se mit donc à léchouiller d'abord le menton puis la commissure des lèvres de Rémus, dans un geste qui se voulait hautement réconfortant.

Le loup-garou sourit. Malgré tous les efforts fournis par l'enfant et ses professeurs, il gardait toujours quelques vieux réflexes de renard. Il le serra contre lui et passa sa main dans ses cheveux.

- Ça va, Tiny. Je suis un peu triste de penser à eux, mais ça va. Merci.

Kingsley, soucieux du bien-être de son ami, hésita à continuer, mais Rémus lui fit un signe de la main alors il termina :

- Voldemort a attaqué ta maison le trente-et-un du mois d'octobre, jour de la fête d'Halloween. Ton père a essayé de l'arrêter, mais Voldemort était trop fort et il a perdu le duel. Ta mère aussi s'est dressée contre lui, elle s'est sacrifiée pour que tu puisses vivre. Après cette nuit, tu étais le seul survivant. Voldemort a disparu et la guerre s'est achevée.

Kingsley avait volontairement évincé les mots « mort » ou « tué » de son récit, pour que l'idée soit un peu plus douce à passer, mais c'était délicat. Harry était encore jeune et sa perception de la mort était différente, il ne savait pas comment il allait prendre les choses.

- Pourquoi ?

Harry était, en fait, extrêmement perplexe.

- Personne ne sait, Tiny. Albus suppose que c'est un grand pouvoir qui fut mis à l'œuvre. Ta mère, par son sacrifice, aurait activé une ancienne magie de l'amour qui t'aurait sauvé. Il a ses raisons de croire que Voldemort a bien tenté de te tuer, mais que son sort s'est retourné contre lui. Cependant, il n'y avait aucun témoin, personne ne sait ce qu'il s'est réellement passé.

- C'est la version officielle, celle qui a été rapportée dans les journaux, lui indiqua Rémus. Les gens croient en cette histoire et tu es devenu célèbre. Le monde sorcier t'a dressé en héros et t'appelle le « Survivant » ou « Celui-qui-a-vaincu ». Il faut que tu t'attendes à être reconnu partout où tu vas.

Voulant tout de même que les choses soient claires, Rémus posa finalement les mots sur la situation :

- Je sais que c'est paradoxal, mais ce jour où tes parents humains sont morts, les sorciers, eux, ont fêté la fin de la guerre.

Kingsley attendit un instant, mais Harry ne réagissant pas, il prit une grande inspiration et conclut :

- Ce sorcier sombre qui avait pris le nom de Voldemort … Son vrai nom c'était Tom Jedusor.

Il plongea alors son regard dans celui de l'enfant. Harry le fixait, son visage impassible. L'Auror se demanda s'il avait tout compris, ou suffisamment pour voir là où il voulait en venir.

- Tu te souviens de l'histoire de Tom ? Demanda doucement Rémus en caressant ses bras du bout des doigts.

Harry ne réagit pas. Une tempête faisait rage dans sa tête. Les informations tournaient comme dans un ouragan, il n'en saisissait pas toujours le sens, mais il pensait que le principal était plutôt clair. Un homme méchant avait tué ses parents humains, un ancien enfant malheureux qui n'avait jamais eu de chance. Les sorciers lui attribuaient, à lui, la défaite de ce vilain qui n'avait jamais connu l'amour et qui avait traumatisé le monde pendant trop d'années parce que, lui, sa mère l'avait aimé.

N'y tenant plus, Rémus se leva avec l'enfant dans les bras.

- Il est l'heure d'aller dormir, Tiny.

.

Rémus passa un long moment à coucher Harry. Longtemps, il le berça en lui murmurant des mots d'amours. L'enfant finit par tomber de sommeil dans ses bras. Alors, seulement, il le coucha. Il le glissa sous ses couvertures, le borda, lui glissa son doudou sous le bras et l'embrassa avant de quitter la chambre.

En bas, Kingsley n'avait pas bougé. Rémus affichait toujours un air sombre lorsqu'il descendit. Son ami avait sorti deux verres et servit du whisky pur-feu.

Pour ne pas s'appesantir sur les propos précédents qui ne manqueraient pas de faire perpétuer cette mauvaise ambiance, Kingsley entama un sujet plus léger :

- Et ce rendez-vous, tu ne m'as pas dit ce que ça avait donné ?

Rémus soupira et raconta son après-midi. Assurément, ça lui remonta le moral. Ses yeux se mirent à briller d'une tout autre manière.

- C'est assez fou tous ces livres pour les enfants ! Certains sont vraiment magnifiques et leurs histoires merveilleuses.

Kingsley sourit à l'enthousiasme de son ami.

- Il m'en a montré un, c'était une véritable œuvre d'art !

L'Auror gloussa.

- Arrête de te foutre de moi !

Son ami rit franchement.

- Je te jure que je ne me moque pas, mais tu es tellement beau lorsque tu dégages tant de bonne humeur !

Rémus rougit franchement à cette remarque.

- Dis pas n'importe quoi !

- Je ne dis pas n'importe quoi, mais tu sais qu'il existe aussi des livres pour enfants dans le monde sorcier ?

- Ah ?

Ravi de changer de sujet, Rémus s'infiltra dans la brèche.

- Oui, les livres pour enfants sorciers s'animent et illustrent l'histoire que tu racontes en direct.

- Comme les tableaux ?

- Non, les personnages et le décor se projettent un peu comme l'image des fantômes …

- Un genre d'hologramme ? Demanda Rémus.

- Je ne sais pas ce qu'est un hologramme.

- C'est pas grave, je vois ce que tu veux dire. Mais donc quand tu achètes un livre et il peut raconter toutes les histoires ?

- Non ! Les personnages et décors sont fixés par ouvrage, mais ils s'animent lorsque tu lis l'histoire. En revanche, ce qui est assez drôle, c'est de raconter des bêtises. Les personnages continuent de mimer ce que tu dis alors que l'histoire dévie complètement …

Kingsley paraissait euphorique à raconter une anecdote de son enfance dans laquelle sa mère lisait initialement une histoire de petits lutins et où s'était ajouté un ourson en tutu et un Hippogriffe pirate.

.

Les deux hommes étaient allés se coucher tard ce soir-là. Ils avaient profité d'un temps ensemble de complicité pendant lequel ils avaient partagé sur mille et un sujets.

Ils étaient au lit depuis une heure à peine, lorsque Kingsley fut réveillé par un petit bruit. Encore ensommeillé, il tendit l'oreille et fronça les sourcils. Le bruit se répéta encore, très faible. Il se dressa sur ses coudes et se concentra. Il lui semblait que ça provenait de la pièce d'à côté. Il lui fallut une autre seconde pour se rappeler que cette pièce était la chambre de Harry. Aussitôt, il se leva et fila voir ce que pouvait être ce bruit.

La chambre d'enfant était plongée dans l'obscurité, mais il pouvait déceler la forme allongée dans le petit lit. C'est de là que venait le bruit qu'il pouvait désormais identifier comme un infime gémissement. Il s'avança prudemment, ne voyant pas suffisamment bien pour voir ou manquer un jouet qui pourrait traîner au sol.

Atteignant le lit, il se pencha dessus et, à tâtons, chercha les épaules de l'enfant. Quand il les trouva, il les secoua légèrement en l'appelant.

- Harry … Harry ! Réveille-toi, tout va bien. C'est un cauchemar.

Harry se réveilla en sursaut et ses yeux se brouillèrent de larmes. Kingsley le prit aussitôt dans ses bras et s'assit sur le lit.

- Tout va bien, Harry. C'est fini. Là, ça va, bonhomme.

L'enfant renifla plusieurs fois et enfouit son visage dans le creux de son épaule. L'Auror passa et repassa une main sur son dos, tandis que l'autre le serrait contre lui.

- Tu veux en parler ?

Harry se décolla du corps massif de son porteur, ses deux mains cramponnées à lui comme il pouvait. Il faut dire que Kingsley dormait en caleçon alors, hormis sa peau nue, l'enfant n'avait rien à quoi se raccrocher.

L'homme passa une main sur son visage pour effacer les larmes qui mouillaient encore ses joues.

- Dis-moi tout, lui murmura-t-il.

Harry renifla une dernière fois avant de baragouiner quelques mots desquels Kingsley distingua « lumière verte », « cri » et « yeux rouges ». Autant dire qu'il n'eut pas besoin de plus pour saisir de quoi avait rêvé l'enfant.

- Oh, Harry. C'est de parler de tes parents qui t'a secoué, nous aurions du nous en douter. Pardonne-nous, c'est fini maintenant.

Il le reprit contre lui et lui murmura des mots réconfortants, lui confiant qu'il lui arrivait aussi d'avoir des cauchemars de temps en temps. En parler faisait toujours du bien et qu'il ne fallait qu'il hésite lui-même à leur en parler, à Rémus et lui, s'il voulait discuter de n'importe quoi.

Après un gros câlin et une petite chanson berçante, Harry se rendormit dans les bras de son tuteur et Kingsley put le recoucher, veillant un instant sur son bon sommeil. Comme la respiration du petit se fit profonde, l'Auror choyant jeta un dernier coup d'œil à son pupille avant d'aller se recoucher à son tour.

.


J'attends vos retours avec impatience !

À bientôt !