Bonjour, bonsoir ! J'ai eu un peu de mal à le pondre, mais voici le nouveau chapitre ! Il est plus long que la moyenne, deux fois plus que les deux derniers publiés, et j'espère qu'il vous plaira ! Attention aux petits cœurs tout mous ;) Vous êtes prévenus !
Merci pour toutes les reviews et les encouragements sur le précédent chapitre !
Sur ce, bonne lecture !
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Chapitre 67
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Une autre semaine encore plus bizarre s'écoula. Depuis la libération de Sirius, les multiples procès défrayèrent la chronique. Rémus avait décidé de ne plus lire aucun d'entre eux après qu'il y ait lu que Lucius Malfoy avait été lavé de tout soupçon, encore une fois. Sûrement une histoire de pot-de-vin bien cachée. Ainsi, la tension dans le monde magique restait haute, mais quand une partie de la population se soulevait et réclamait des réformes, l'autre se lassait déjà et retournait dans sa routine quotidienne.
Les collègues de Kingsley étaient toujours mobilisés pour optimiser la sécurité à l'intérieur du Ministère et seul le hall était accessible au grand public. Il fallait à présent avoir un pass ou un rendez-vous urgent pour emprunter les ascenseurs, des groupes de manifestants s'agglutinant toujours devant la Fontaine de la Fraternité.
Après l'annonce de l'innocence de Sirius Black, le premier ministre Fudge avait été mis sur la sellette. Il n'était ministre que depuis un an, mais, malheureusement, sa prédécesseure n'était plus vivante pour accuser les pots cassés et la population voulait un coupable. Le problème étant que Fudge n'était qu'un benêt mal-assuré qui n'était là que pour le pouvoir et le prestige du poste. D'autres tiraient les ficelles en arrière-plan et parmi eux des personnalités aussi différentes que Albus Dumbledore ou, justement, Lucius Malfoy.
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Harry sortait tout juste d'un cours de Moony qui avait fait suite à un autre de Filius. Il avait la tête pleine et les oreilles bourdonnantes. Il savait que, bientôt, les jumeaux allaient arriver et il avait hâte. Il n'en pouvait plus de l'ambiance qui régnait dans l'appartement. Kingsley rentrait épuisé de ses journées au ministère et, malgré tous ses efforts, il passait moins de temps avec lui. Quant à Rémus, il semblait constamment absent. Même pendant ses leçons, il n'était pas vraiment là.
L'enfant attendait l'arrivée de ses amis sur le pas de la porte, assis à même le sol. Parfois quelques Serdaigle passaient devant lui, mais peu le remarquaient.
Ce ne fut qu'une poignée de minutes plus tard que les deux rouquins firent leur apparition.
- Hé Tinypaw !
Harry se releva aussitôt et son visage se transforma.
- Fred !
- Salut Tiny !
- George !
L'enfant fonça sur eux et plongea dans leur étreinte, la première de la journée. Depuis une semaine, rares étaient devenus les moments de tendresse. Heureusement, Harry arrivait à voir ses amis au moins quelques minutes par jour.
- Tu as combien de temps ? Demanda George.
Harry haussa les épaules. Le temps et son écoulement était encore un concept difficile pour lui. Il ne réussissait pas toujours à correctement faire la conversion minutes-heures et la lecture de l'horloge était encore un peu aléatoire.
- J'ai plus de cours aujourd'hui, déclara le petit brun.
- Donc nous avons deux heures avant le repas dans la Grande Salle. Eh bien, c'est largement suffisant pour bien s'amuser !
Harry leur offrit un immense sourire et ils partirent tous les trois, bras dessus, bras dessous, dans les couloirs de Poudlard à la recherche d'une occupation ludique et, pourquoi pas, espiègle.
- Deux heures, est-ce que tu crois que ça suffit à explorer les cachots ? Demanda George à son frère.
- On dit qu'ils se transforment continuellement, ne laissant passer que les Serpentard !
- Ça te dit Tiny ?
- Oui !
Ainsi, les trois compères se dirigèrent hilares vers les sous-sols de l'école. Il y faisait incroyablement froid et humide, mais Harry, seulement vêtu d'un pull par-dessus son polo, ne semblait pas en souffrir. Ce n'était pas le cas des jumeaux qui grelottaient, malgré leurs écharpes remontées jusqu'au nez.
Harry le remarqua et leur dit :
- Calidum, il faut dire Calidum !
Fred haussa un sourcil et fronça le nez.
- Que dis-tu, Tiny ?
- C'est le sort pour réchauffer. C'est Moony qui l'a appris à Drago. Moony, il a toujours peur que j'aie froid alors que c'est toujours Drago qui s'en sert.
George pouffa, mais s'empressa de prononcer le sort. Fred soupira de bien-être et l'appliqua à son tour à son frère. Ils s'ébrouèrent tous les deux, remercièrent leur ami et progressèrent encore plus dans les cachots.
Après plusieurs coudes passés, les jumeaux durent user d'un Lumos pour s'éclairer tant l'obscurité gagnait de terrain sur la faible lumière des torches. Torches qui se faisaient de plus en plus rares au fur et à mesure qu'ils s'enfonçaient dans les entrailles de Poudlard.
Ils ne savaient depuis combien de temps ils marchaient, discutant de tout et de rien, c'était devenu naturel pour eux, quand ils arrivèrent devant un cul de sac.
- Oh non, nous avons fait tout ce chemin pour rien, se plaignit George avec un air boudeur très largement exagéré.
- En même temps, tu t'attendais à quoi ? L'interrogea Fred en s'accoudant à l'épaule de son jumeau, un sourcil haussé et l'air blasé.
- Je ne sais pas, j'aurais … Tiny ?
George s'était interrompu en voyant Harry se métamorphoser en renardeau. La petite boule de poils reniflait à présent le couloir et semblait avoir flairé quelque chose.
- Tiny ? Répéta Fred.
Harry semblait concentré sur sa piste et ne se retransforma pas pour répondre. Il s'avança, au contraire, plus encore dans le fond de l'impasse. Les jumeaux le suivirent, intrigués. Là Harry reprit forme humaine.
- Il y a une ouverture, j'en suis presque sûr. Il y a une odeur qui s'échappe de ce mur et je sens un … hum. Un peu comme du vent sortir.
Fred s'approcha et tendit la main pour prospecter la pierre.
- Tu as raison, Tiny. Il y a un filet d'air qui passe là.
Il désigna une ligne verticale qui longeait le bord du mur, presque à l'angle. Son frère vint à ses côtés et commença à tâter les pierres dans l'espoir d'activer un mécanisme quelconque pouvant révéler une ouverture.
Et tout le monde s'y mit. Harry tâtait les pierres basses tandis que les jumeaux se chargeaient des plus hautes, mais rien ne se passa et les garçons durent bien avouer qu'ils ne résoudraient rien ce jour.
- Eh bien, voilà un mystère de plus dans ce château, soupira Fred un peu contrarié, mais tout de même heureux d'avoir mis le doigt sur un phénomène inconnu de plus.
Il devait penser à demander à Moony de leur montrer la carte des Maraudeurs pour vérifier s'il n'y avait pas un passage ici, bien qu'à son souvenir ce ne soit pas le cas.
Les garçons se retournèrent et rebroussèrent chemin.
- Au fait, Tiny, quelle était l'odeur que tu as sentie ?
- Je sais pas, ça ressemble à plusieurs choses, mais je connais pas l'odeur. On dirait un peu comme euh … je ne sais pas comment dire. Les renards quand nous mangeons, il reste les os.
Les jumeaux s'arrêtèrent étonnés et l'un d'eux s'exclama :
- Bien sûr, personne ne mange les os !
- Mais si ! Répliqua Harry. Il y a pleins d'animaux qui mangent les os, mais après ils … euh.
- Ils recrachent ?
- Régurgitent ? Proposèrent les deux frères.
- Oui, c'est ça. Et …
- Ok ok ! Je veux pas en savoir plus, l'interrompit encore Fred avec une mine dégoûtée. On a compris, y a des animaux qui régurgitent les os. C'est ça que tu as senti ?
- Un peu, mais aussi de l'eau sale.
Les jumeaux affichèrent une moue pensive.
- Hum, en même temps on est dans les cachots, fit remarquer George.
- Mmm oui … pas faux, reconnu son frère.
Harry se contenta de hausser les épaules et tous les trois continuèrent leur route. Jusqu'à ce que le petit brun s'arrête de nouveau.
- On n'est pas passé par là tout à l'heure, affirma-t-il.
- Comment ça ? Demanda Fred.
- Il n'y a plus notre odeur, depuis tout à l'heure je suis notre odeur, mais là, je ne la sens plus.
- Crotte de Strangulot ! Jura George.
- Et nous qui comptions sur toi pour ne pas se perdre, voilà que Poudlard se joue de nous !
Les deux frères soupirèrent fortement. Fred lança un Tempus et découvrit l'heure tardive.
- Il nous reste à peine une demi-heure avant le repas.
- Je crois qu'on n'y sera jamais, répondit son frère sans être plus préoccupé que ça.
Puis ils se tournèrent vers le plus jeune du groupe, le plus susceptible d'être embêté par ce retard. Cependant, Harry voyait les choses autrement. Puisque, de toute façon, Moony ne s'occupait pas de lui et qu'il ne s'apercevrait peut-être même pas de son absence, Harry s'en fichait. Il en serait peut-être autrement pour Ley, mais peu lui importait. Il n'avait pas envie de rentrer et de subir à nouveau la mauvaise ambiance des lieux. Il en avait vraiment marre.
Alors, pour toute réponse, il haussa les épaules et fit mine de continuer à marcher. Seulement, les jumeaux ne laissèrent pas passer cette non-réponse. Et pas simplement pour la promesse qu'ils avaient fait au tuteur de leur ami.
- Tiny.
Harry s'arrêta sans se retourner et soupira. Les deux frères le rattrapèrent et, posant chacun une main sur ses épaules, l'interrogèrent du regard.
- Qu'y a-t-il ? Demanda George après plusieurs secondes de silence.
- On a bien vu que tu n'avais pas très bonne mine cette semaine.
- Mais quand t'es avec nous, ça va.
- Par contre, dès qu'on prend le chemin du retour, ton visage s'affaisse.
- Et là encore, tu nous prouves que, décidément, quelque chose ne va pas.
- Alors, dis-nous. Tu peux bien nous parler à nous.
- Nous ne dirons rien à personne.
- Juré, finirent-ils ensemble.
Harry les regarda tour à tour et soupira encore. Il baissa la tête, hésitant. Il ne savait pas s'il pouvait vraiment le leur dire. Oui, il avait besoin d'en parler et il n'aurait jamais eu de doute avec son père, il ne se serait sûrement jamais posé la question. Seulement, son père n'était plus là et Moony, qui l'avait en quelques sortes remplacé dans son rôle, l'avait abandonné ces dernières semaines.
Fred se pencha et plongea son regard dans celui de son jeune ami pour constater que ses yeux étaient remplis d'eau.
- Hé ! Tiny …
Harry fondit en larme et les jumeaux durent réceptionner un petit corps tout mou qui lâchait prise. L'enfant tremblait, ses épaules se secouaient de sanglots et de petits couinements s'échappaient de ses lèvres.
- Tiny, explique-nous, ça ira mieux après, souffla George.
- C'est toujours ce que nous dis maman, avoua Fred.
Harry les regarda la mine défaite. George s'agenouilla et l'invita à s'asseoir devant lui. Son frère suivit le mouvement et étreignit leur petit ami en pleurs.
- J'ai peur, murmura-t-il.
Tous les deux avaient bien sûr connaissance de l'actualité. Ils lisaient les journaux et tout Poudlard parlait des procès en cours. Beaucoup de Serpentard faisaient profil bas tandis que certains Poufsouffle et Gryyffondor clamaient haut et fort leurs revendications. Ils pouvaient facilement imaginer que Harry puisse être un peu perdu. D'autant plus qu'il leur semblait que ces événements touchaient beaucoup ses deux tuteurs. Et ils n'avaient pas oublié qui était Sirius Black pour le petit brun.
Moony devait lui aussi être touché par la libération de son ancien ami. Le procès et les révélations sur son innocence devaient l'avoir chamboulé. Seulement, Harry n'était sûrement pas en mesure de tout comprendre. Peut-être ne connaissait-il même pas les raisons de ce changement d'ambiance dans le monde sorcier. Pourtant, les jumeaux étaient sûrs qu'il l'avait perçu et que ça le touchait aussi.
- De quoi as-tu peur, Tiny ? Demanda Fred en lui frottant le dos dans l'espoir de le réconforter un peu.
- Je sais pas, avoua Harry d'une toute petite voix. Moony, il est bizarre et Ley aussi. Et ils s'occupent plus de moi, ajouta-t-il en bredouillant, honteux.
Il était grand, pardi. Il ne devait plus sentir autant d'insécurité à moins recevoir de marques d'affection. Il tenta d'effacer ses larmes, mais échoua lamentablement.
George sembla s'apercevoir d'une partie du problème car il lui dit :
- Tu n'as pas à avoir honte, tu sais. Nous aussi on fait des câlins et on est content d'en avoir.
- Merlin, oui ! Confirma son frère. Même si maman est une pieuvre, il n'est pas rare qu'on se laisse embrasser ou étreindre par elle, notre père ou un de nos grands frères !
- Sauf Percy, nuança George.
- Ouais, sauf Percy. Mais il ne compte pas, c'est une tête de piaf et un préfet !
Ces quelques mots eurent le mérite de faire pouffer Harry qui réussit à dompter ses sanglots et à finalement essuyer ses larmes. Il se relève alors et les jumeaux lui offrent une étreinte d'ours. Harry se fond dedans et en puise tout le réconfort nécessaire.
En ce moment, tout le monde sorcier est sens dessus dessous. C'est compliqué car les faits remontent à longtemps, bien avant ta naissance. Nous étions à peine nés, voire pas encore pour certains événements. À l'époque, il y avait la guerre et beaucoup de choses mal ont été faites. Aujourd'hui, des sorciers veulent rétablir la vérité et réparer les erreurs commises alors.
La situation était complexe et Harry était loin d'avoir toutes les billes pour la comprendre. Il ne connaissait pas encore l'histoire récente du monde magique, même si Kingsley avait commencé à lui enseigner quelques faits importants.
Harry affichait une moue concentrée mais perplexe.
Fred, s'apercevant du temps passé, frappa dans ses mains :
- Allez viens, on n'a que trop tardé et on est toujours perdu.
Harry prit sur lui pour oublier ses incertitudes et fronça les sourcils dans une nouvelle détermination. Il se transforma ensuite de nouveau en renardeau et s'appliqua à retrouver leur piste, ce qu'il put faire après avoir fait quelques pas en arrière. Les jumeaux le suivirent et ils purent remonter à la surface.
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Rémus commençait à s'inquiéter. Il était presque 20h et il n'y avait toujours pas de trace de Harry. Il savait qu'il était parti avec ses amis, mais les frères Weasley étaient toujours rentrés à temps pour l'heure du dîner, soit une demi-heure plus tôt, prenant très à cœur la promesse qu'ils lui avaient faite.
Il se dirigea vers sa chambre pour en sortir la carte des Maraudeurs et retrouver son pupille au plus vite. Il la dénicha dans son tiroir de bureau et l'ouvrit rapidement avec la bonne incantation. Une fois déployée, il la parcourut des yeux de long en large. Il désespérait de ne pas trouver l'étiquette désignant « Harry Potter » quand il en aperçut une autre dans les cachots. Cette dernière était un peu plus longue que celle qu'il cherchait, mais il ne pouvait avoir aucun doute quant à son propriétaire : « Harry Potter-Shaklebolt ». Sans compter qu'elle était accompagnée de deux autres au nom identique.
Une chaleur envahit sa poitrine et il ressentit une certaine fierté. Puis il avisa l'emplacement de l'étiquette et son inquiétude revint. Il ne pouvait se souvenir du nombre de fois où il s'était aventuré dans les cachots avec les Maraudeurs et où ils s'étaient perdus dans le dédale labyrinthiques de leurs couloirs.
Aussitôt, il se précipita vers l'extérieur de ses appartements et suivit des yeux le parcours des trois étiquettes qui progressaient ensemble avant de se diriger dans leur direction.
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Harry, Fred et George avaient eu de la chance, après que le premier ait eu retrouvé leur odeur, ils ne perdirent plus leur chemin et débouchèrent bientôt sur un escalier familier. Celui-ci conduisait au palier du hall, au rez-de-chaussée. Poussant la porte qui le dissimulait, ils tombèrent nez à nez avec Rémus, essoufflé.
Les trois jeunes garçons le regardèrent étonnés tandis que l'homme reprenait son souffle.
- Merlin, vous êtes entier, soupira-t-il.
Les jumeaux se jetèrent un coup d'œil et haussèrent un sourcil. Harry lui, avait froncé les sourcils.
- Est-ce que vous avez vu l'heure ? Gronda soudainement Rémus en posant ses mains sur ses hanches. Vous vous rendez compte de combien j'ai pu être inquiet ?
- C'est faux ! Cria alors Harry, les poings serrés.
Rémus se tourna vers lui et lui lança un regard sévère.
- Je te demande pardon ?
- Tu t'en fiches ! Cria l'enfant.
- Tiny, essayèrent d'intervenir les jumeaux.
Cependant, l'adulte les coupa d'un geste et se pencha sur son pupille.
- De quoi parles-tu, Harry ?
- Tu t'en fiches de moi ! Rétorqua le petit brun, les larmes lui revenant aux yeux. Tu mens, t'étais pas du tout inquiet pour moi !
Le cœur de Rémus rata un battement et se serra. Il parut tout à coup beaucoup plus vieux et son visage se décomposa.
Les jumeaux s'écartèrent alors sur la pointe des pieds avant de se faire la malle, jetant un dernier coup d'œil vers leur ami, puis rejoignirent la Grande Salle. Harry avait besoin de parler avec son tuteur.
- Bien sûr que non, je ne m'en fiche pas de toi, comment peux-tu penser cela ?
Les larmes dévalaient à présent le visage de Harry, mais il trouva la force de hurler encore :
- Tu t'en fiches de moi ! Toute la semaine j'ai essayé de te parler, mais t'en avais rien à faire ! Je sais que tu as peur, mais moi aussi j'ai peur ! Et je comprends rien ! Tu n'écoutes pas ! Tu t'en fiches de moi ! Répéta-t-il encore, sa voix se cassant sur les derniers mots.
Rémus était figé devant lui, la bouche béante et une expression de complète stupeur sur le visage. Tout son comportement de la semaine lui était retourné en pleine figure. Évidemment qu'il avait peur, seulement, il avait oublié qu'il avait à présent un enfant à charge et qu'il ne pouvait plus se permettre de se lamenter comme il l'avait toujours fait, solitaire. Et Kingsley, qu'avait-il pensé de lui ? Il se sentait pitoyable. Une boule dans le ventre et le cœur au bord des lèvres, il s'approcha doucement de Harry, les bras tendus devant lui, réclamant un pardon.
L'enfant ne fit aucun geste et laissa venir à lui Rémus. Lui aussi ne se sentait pas bien. Il voulait en finir avec cette semaine horrible, se faire pardonner ces mots abjects qu'il avait prononcé et effacer ce moment gênant de ses pensées.
Quand Rémus l'étreignit enfin, il respira de nouveau et sa colère s'envola. Les larmes dévalaient toujours son visage, mais c'était le soulagement et la tension finalement libérée qui en étaient la cause.
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L'homme et l'enfant rejoignirent lentement leurs appartements, toujours cramponnés l'un à l'autre par une poigne solide. Là-bas, ils retrouvèrent Kingsley qui les attendait impatiemment, inquiet. Il les accueillit avec soulagement et les étreignit brièvement avant de leur désigner la table où le repas était servi.
Ils discutèrent longuement ce soir-là. Rémus s'excusa pour son comportement et lui demanda d'en parler, à l'avenir, si ça devait se reproduire, plutôt que de garder tout ça pour lui. Kingsley promit qu'il passerait de nouveau plus de temps avec lui, dans la mesure de son possible, car son travail le fatiguait tout de même beaucoup, parfois. Quant à Harry, il dut reconnaître qu'il n'avait pas bien réagi et s'excusa pour les mots qu'il avait prononcés dans le couloir, plus tôt.
Cependant, Kingsley tint tout de même à le punir. Le contexte n'excusait pas son comportement vis à vis des règles et il se devait d'être à l'heure pour le dîner. L'homme l'avait sermonné et Harry avait finalement compris qu'ils avaient réellement été inquiets quant à son retard. C'était nouveau pour lui, sa première punition. Il avait donc interdiction de sortir pour le week-end. Et les yeux de renardeau mouillé ne firent rien à l'affaire.
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Merci pour votre lecture ! J'attends avec impatience vos retours :)
À bientôt !
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