Bonjour, bonsoir ! C'est assez drôle, je me suis aperçue qu'il y avait un certain parallélisme entre mes deux histoires sur le dernier chapitre ^^ J'espère que mes lecteurs qui les suivent toutes les deux ne s'ennuieront pas. Ce n'est en aucun cas une copie ! Les événements pour cette histoire sont prévus depuis très longtemps.
Bon, chapitre toujours pas très long, mais … hey ! C'était mon anniversaire cette semaine, donc y'a du monde à la maison, pas très poli d'écrire avec des invités … ^^ Et puis, sincèrement, je suis rentrée de stage et la reprise des cours c'est c*** ! :P
En attendant, voilà un chapitre très attendu ! J'espère qu'il vous plaira !
Merci pour toutes les reviews et les encouragements sur le précédent chapitre !
Sur ce, bonne lecture !
.
Chapitre 68
.
L'incident du vendredi soir était à présent oublié. La punition de Harry était passée comme une lettre à la poste puisque, s'il n'avait pu voir ses amis, il en avait profité pour renouer les liens avec ses deux tuteurs et ce n'était en rien pour lui déplaire. Bien que Rémus restait anxieux quant aux événements futurs et Kingsley préoccupé par son travail, ils firent tous deux de grands efforts pour discuter et jouer avec l'enfant. Ils avaient même fait une promenade tous les trois, profitant d'une éclaircie, ce dimanche après-midi.
.
Rémus, Kingsley et Harry attendaient devant le portail de l'école, l'arrivée d'un homme longtemps attendu. Sirius Black retrouvait aujourd'hui son entière liberté. Soudain, un « pop » retenti et une fine silhouette apparut dans le paysage. Elle n'avait rien de gracieux, elle était plutôt filiforme, presque décharnée. Sirius était habillé simplement, d'une robe noire tout ce qu'il y avait de plus banale. Ses cheveux étaient propres et leur coupe nette, tombant au-dessus des épaules, comme ça avait été le cas avant son emprisonnement. Les médicomages avaient du lui couper les cheveux à sa sortie de prison.
Cependant, son visage n'avait plus rien de son charme d'antan, trahissant ses longues années d'enfermement. Ses yeux, toujours de leur bleu-gris caractéristique de sa famille, n'avait plus l'étincelle de joie de sa jeunesse et son regard révélait toute sa fatigue. Sa silhouette sembla tanguer un instant, puis retrouva sa stabilité avant de faire un pas vers eux. Rémus n'y croyait pas. Son ami était là devant lui, pourtant il avait peine à le reconnaître.
Il n'y eut aucun mot, aucun geste. Ce fut silencieux qu'ils firent tous les quatre le chemin vers la tour Serdaigle. Harry voulait poser des questions, mais sentait que ce n'était pas le moment et la main de Kingsley qui s'était serrée sur la sienne un court instant le lui avait confirmé.
Devant les portes du château, les attendait Albus, sa barbe volant légèrement avec la brise du matin. Le directeur sourit à l'approche de ses anciens élèves et de Harry. Lors du procès de Sirius, la question de son lieu de résidence avait été posée. Puisqu'il avait refusé de retourner dans le manoir de ses ancêtre – choix approuvé par ses médicomages, aux vues des traumatismes qu'il y avait vécu – et qu'il n'avait nulle part où aller, Albus avait proposé Poudlard, le temps que le sorcier, tout juste libéré, puisse rebondir et se trouver un logement.
Le Magenmagot avait un peu répugné à laisser Sirius s'installer si près d'enfants, mais le directeur de l'école leur avait rappelé son statut d'innocent, ainsi que son séjour à l'hôpital comme garantie de son bon rétablissement et avait pointé que c'était de toute façon lui le maître des lieux. Poudlard avait déjà servi de lieux d'accueil exceptionnel par le passé et l'école ne serait qu'un passage temporaire pour l'ancien prisonnier. Après un long débat, la décision avait été approuvée et un ancien appartement de professeur fut apprêté.
Les formalités furent vite écartées, Abus les conduisit aux nouveaux appartements de l'ancien détenu et après une énième parole de bonnes pensées, conscient que sa présence gênait pour l'instant, le directeur les abandonna. Rémus et Sirius se regardaient dans le blanc des yeux. Kingsley prit alors les devant et, emportant Harry avec lui, se retourna pour laisser les deux hommes se retrouver.
- Viens, Harry. Rémus nous rejoindra plus tard.
Ainsi, l'Auror et l'enfant s'en allèrent.
Rémus était fébrile et Sirius, face à lui, presque fiévreux. La tension était si forte que leurs respirations s'en firent laborieuse. Il y eut encore un moment de flottement puis, comme une bouteille de champagne qui surprend tout le monde en pétant soudainement, leur joie explosa. Sirius hurla, Rémus pleurait et, en tremblant, ils se tombèrent dans les bras. Dix ans qu'ils ne s'étaient pas vus, dix ans d'éloignement, deux parcours diamétralement différents et pourtant chacun n'avait jamais cessé de penser à l'autre.
Sirius prit la tête de Rémus entre ses mains, collant son front au sien et empoignant quelques mèches de cheveux au passage, leurs yeux plongés dans le regard de l'autre. Réalisant à peine qu'ils se retrouvaient enfin, Rémus étreignit son ami fort contre lui.
- Pourquoi ? Pourquoi, pourquoi ?
Il avait beau répéter ce mot encore et encore, il ne comprenait pas comment, après tant d'année, son ami pouvait de nouveau se tenir à ses côtés.
- Tu m'as manqué, Merlin ! Tu m'as manqué, Paddy, si tu savais comme je suis désolé ! Je suis désolé …
- C'est pas ta faute, Moony, pas ta faute ! Et … C'était Harry ? Là, il y a un instant ? Demanda-t-il incrédule. Petit Harry, bébé Harry … Il a tant grandi ! Et si je n'avais pas … Si Peter …
- Chut … C'est passé, c'est loin, il est en prison maintenant. Harry est là et toi aussi, à présent. Tout est rentré dans l'ordre.
Il soupira faiblement.
- J'ai été en colère, tu sais ? Oh oui, je t'ai haï … Je me suis demander et ça m'a hanté des nuits et des nuits … Pourquoi avoir couru après Peter ? Pourquoi ne pas être resté auprès de Harry qui avait tant besoin de toi … Mais je m'en fiche aujourd'hui, je m'en fiche parce que tu es là, Harry est là et …
Rémus eut un sanglot, incapable de finir sa phrase. Les Maraudeurs s'étaient séparés bien avant la mort tragique de James et Lily. Cette époque avait été si sombre et avaient brisé de nombreuses familles.
- J'ai essayé de rester … Cette nuit-là, mais Hagrid ne voulait pas me laisser le petit, Albus lui avait ordonné de récupérer Harry et de le conduire à l'infirmerie de Poudlard … Mais j'ai quand même couru après Peter … J'étais si en colère !
- Chut … C'est pas grave, Paddy, tu es là maintenant, Harry aussi et Peter est en prison.
- Mais j'ai perdu tant de temps …
Sirius eut un soupire tremblant.
- Moi aussi j'ai été en colère contre toi … Tu savais, toi, que jamais je n'aurais trahi Prongsy et Lily ! Pourquoi tu n'es jamais venu me voir ?
Rémus pleurait encore sur son épaule, les mains accrochées au dos de la robe de son ami, mais il prit une grande inspiration pour répondre :
- Comment aurais-je pu me rendre à Azkaban ? Je suis un loup-garou, Paddy ! Tu ne peux pas l'avoir oublié …
- Non, bien sûr que non. Mais …
- Mais vous me soupçonniez, à l'époque ! Je n'ai jamais eu aucun crédit, aucun pouvoir politique, rien !
Un long silence pesa sur la pièce, ni tendu, ni serein, juste une pause dans leurs vies tumultueuses. Les deux hommes se tenaient toujours serrés l'un contre l'autre. Le temps avait passé et il ne restait plus aucune rancœur dans leurs cœurs, juste des mots qu'ils avaient eu besoin d'échanger pour remettre les choses à plat, pour retirer ces épines dans leurs pieds, pour se défaire de tous remords et puis pour se rassurer aussi. Après tout ce temps passé, ils étaient encore capables de se pardonner et de reprendre, en quelques sortes, leur amitié là où elle avait été mise en suspens, plusieurs années auparavant.
Après de longues minutes, Sirius se redressa et demanda presque timidement :
- Est-ce que je peux aller voir Harry ?
Rémus le regarda dans les yeux avec toute la tendresse qu'il pouvait ressentir pour son ami, son ami d'enfance, son meilleur ami.
- Évidemment que tu le peux, tu es toujours son parrain !
- C'est vrai, j'ai récupéré ce titre en même temps que ma liberté.
- Seulement, il y a certaines choses que tu dois savoir sur lui …
En chemin, Rémus conta en version condensée les dix années que Sirius avait loupées de la vie de Harry. Ce qu'il en avait appris grâce aux nombreux récits de Fox lors des nuits de pleines lunes, ce qu'ils avaient vécu, lui et les quelques membres de l'Ordre qui n'avaient pas abandonné les recherches. Sirius en était sidéré.
Depuis plusieurs secondes déjà ils étaient arrivés au pied de la tour Serdaigle, mais Sirius n'arrivait pas à saisir la poignée de porte. Une minute entière passa sans qu'il ne puisse faire un geste. Ce fut finalement Rémus qui, une main sur l'épaule, l'encouragea à passer le pas.
Poussant enfin le panneau de bois, Sirius pénétra dans les appartements chaleureux de Rémus, Kingsley et Harry. Ce dernier n'était pas en vue, en revanche, l'homme noir qui l'avait accueilli aux portes de l'école aux côtés de son ami était présent.
L'Auror se leva à son entrée et vint à sa rencontre, le saluer :
- Sirius.
- Kingsley …
- Bienvenu, gamin, fit l'Auror avec un clin d'œil.
- Gamin ? Kings, tu peux pas me faire ça !
Kingsley l'évalua de haut en bas l'air sérieux puis plongea son regard dans celui de son ancien élève. Un sourire plissa le coin de ses lèvres et un éclat de rire s'échappa soudainement de sa bouche.
- Siri ! Ça fait du bien de te revoir !
Les deux hommes se prirent dans une accolade virile et se tapèrent dans le dos avec camaraderie.
- Content de te revoir aussi, l'ancien, fit Sirius avec bonheur.
Kingsley se défit de l'étreinte, lui ébouriffa les cheveux et lui répondit :
- Et je n'ai que six ans de plus que toi !
- Raison de plus pour ne pas m'appeler « gamin » !
Rémus, derrière eux, secoua la tête amusé et si heureux.
- Tu voulais voir Harry …
Sirius se figea et se tourna lentement vers son ami.
- Euh … Je … Oui, mais …
- Eh bien, je t'ai connu plus foufou ! Se moqua gentiment Kingsley. Aller, vas-y gros benêt ! Il ne va pas te manger !
Rémus lui désigna la porte d'un coup de tête. Sirius s'approcha et s'arrêta devant. Hésitant, il leva le bras, mais ne put finir son geste.
- Et s'il ne voulait pas me voir ? Demanda-t-il, incertain.
- Il ne te connaît pas, Paddy. Nous n'avons pas encore pu aborder le passé comme nous le voulions. Je t'ai expliqué la situation …
Sirius hocha la tête, prit son courage à deux mains ainsi qu'une grande inspiration et, avec un hochement de tête volontaire, franchit le pas. De l'autre côté, il découvrit le petit garçon qui jouait avec des cubes. Celui-ci tourna la tête quand la porte de sa chambre s'ouvrit et plongea son regard vert flamboyant dans celui de l'ancien détenu.
Rémus avait suivi son ami dans la chambre de son pupille, veillant à ce que la rencontre se passe bien. Voyant qu'aucun des deux ne disaient mot, il pénétra plus en avant et intima, d'un geste, Harry à le rejoindre :
- Tiny, je te présente Paddy. Paddy, voici Tiny.
Sirius, très ému, vit l'enfant lui offrir un sourire timide et c'est avec beaucoup d'émotion qu'il lui répondit.
.
Merci pour votre lecture ! J'attends avec impatience vos retours :)
À bientôt !
.
