Bonjour, bonsoir !

Merci pour toutes les reviews et les encouragements ! Bon, pour l'un des paragraphes qui suit, ne m'en veuillez pas si c'est difficile à comprendre, je n'y suis pour rien si l'arbre généalogique des Black est si compliqué ! Soit vous vous en fichez et vous passez facilement dessus sans vous prendre la tête, soit, si ça vous intéresse, je vous invite à vous munir d'un arbre tout fait trouvé sur internet pour suivre un peu le parcours. Mais en soit, ça ne gêne absolument pas la compréhension générale de l'histoire, ce n'est qu'un détail que je me suis amusée à introduire ^^ (il y a tellement à faire avec cette famille !).

Certains, ne seront pas mécontents de voir de la progression entre deux personnages que je ne citerais pas ici (je vous laisse découvrir la suite vous même !). Je n'en dirais pas plus … ^^

Sur ce, bonne lecture !

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Chapitre 75

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Harry se trouvait avec ses amis Drago, Fred et George dans sa chambre. C'était exceptionnel qu'ils soient tous rassemblés, généralement, Drago ne venait que quand il était certain de trouver son ami seul.

Ce jour-là, il s'était fait devancer par les jumeaux Weasley et, puisque tous les trois étaient dans la chambre d'enfant, il avait été obligé de s'engager pour aller les voir. Il ne pouvait décemment pas faire demi-tour lorsque monsieur Lupin l'avait invité à rejoindre Harry sans l'avertir qu'il avait déjà de la compagnie.

Les quatre garçons étaient installés un peu partout. Harry s'était affalé sur George au sol, sur le tapis, Fred était lui aussi au sol, mais les pieds en l'air posés sur le bord de la fenêtre. Seul Drago était assis correctement sur le lit, le dos droit et les mains sur les genoux.

- Je ne sais pas de quoi tu parles, Fred. Je ne connais pas les sports sorciers et je n'ai jamais entendu parler de « flight racing ». Qu'est-ce que c'est ?

Harry n'avait pas fini sa phrase que George, sous lui, pouffa. Le petit brun releva le menton pour tenter d'apercevoir le visage de son coussin humain. Il finit par froncer le nez, car, dans sa position, il n'arrivait à rien.

- Tu te moques ? Demanda-t-il ingénument.

Aussitôt, deux bras se refermèrent sur lui.

- Non, Tiny. Je trouve juste amusant ta façon de parler.

Harry fronça les sourcils.

- Qu'est-ce qu'elle a ma façon de parler ?

- Elle est absolument parfaite, Harry, rétorqua Drago. Tu fais quelques fautes, parfois, mais tu parles très bien. Ce sont eux qui parlent comme des barbares.

Fred et George levèrent les yeux au ciel.

- Tu prononces toujours tous les mots d'une phrase, sans jamais en manger la fin, ni faire d'abréviations ou manquer une marque de négation, expliqua Fred. Même lorsqu'on est entre nous, que tu parles vite ou que tu es fatigué, tes phrases sont toujours bien construites.

- Et c'est mal ?

- Merlin, non ! Harry, ne change surtout pas ! C'est tout ce qui fait ton charme, avoua George.

Harry rougit un peu même s'il n'avait pas vraiment compris ce que l'on reprochait à sa façon de parler. Et Drago renchérit, finissant de le rassurer :

- C'est une manière de s'exprimer tout à fait correcte, Harry.

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Rémus avait laissé les garçons seuls, ayant pour consigne d'aller chercher Severus au moindre problème. Paddy lui avait demandé de l'aide pour faire son déménagement. Puisque les Aurors en dernière année de formation avaient le statut de stagiaire et passaient la moitié de leur temps sur le terrain, ils recevaient donc un premier salaire, petit salaire, mais salaire tout de même.

Une semaine s'était écoulée depuis son retour au ministère. Une semaine qu'il avait passé à éplucher les offres d'appartements, à faire des allers-retours à Gringott et à négocier avec les gobelins. Sirius Black avait été renié par sa famille, il ne pouvait donc avoir accès aux coffres et biens de sa famille.

Entre ses seize ans et son enfermement, il avait vécu grâce à la générosité de la famille Potter, mais, depuis qu'il était libre, il ne possédait plus rien. Le petit coffre ouvert à son nom par Fleamont Potter, le père de James, ne contenait que ses biens confisqués lors de son arrestation, soit sa moto trafiquée, un livre quelconque, un bracelet de peu de valeur et un miroir à double sens, ainsi qu'un petit pécule d'une centaine de galion. Il s'était renseigné par curiosité, mais, même s'il avait pu, il n'aurait jamais réclamé l'héritage de sa famille.

Puisque la société sorcière était ce qu'elle était, la fortune Black ne revint pas aux enfants du frère de Walburga Black. En effet, Bellatrix, Narcissa et Andromeda nées Black étant des femmes, elles n'avaient pas la priorité sur l'héritage de la noble et très ancienne famille Black. Il en fut de même pour la sœur de Orion Black. Lycoris et Regulus 1er, les frères de Arcturus IIème du nom et père de Orion Black, n'ayant pas eu de descendants, la fortune alla donc au côté maternel de la famille, remontant au père de Walburga, Pollux Black. Ce dernier ayant eu trois sœurs, c'est donc à son père que revint l'héritage. Cygnus Black étant mort depuis de nombreuses années, c'est à sa descendance qu'il revint. Puisqu'il ne put aller à Sirius Black IIème du nom, père de Arcturus II, pour les causes déjà évoquées, il alla donc au dernier fils possible, Arcturus 1er. Ainsi, l'ensemble des biens de l'illustre famille fut divisé entre les familles Prewett, Londubat et Croupton, derniers héritiers mâles de la lignée.

Sirius avait été déconcerté par ce cheminement, mais il en était plus qu'heureux, bien qu'il eût préféré que les Croupton soient évités. La noble et très ancienne famille Black, si prestigieuse et ayant dominée le monde sorcier britannique pendant plusieurs siècles, avait chue. Plus personne, hormis lui, ne portait ce nom et, pour cette seule raison, il se jura de ne jamais avoir d'enfant. Ce serait alors le plus beau pied de nez fait à sa si haineuse famille.

Les gobelins avaient officialisé le lien entre son coffre et le ministère par le biais de son contrat. Ainsi, Sirius pourrait y faire transiter son salaire directement, puis en donner la partie nécessaire à la location de son nouvel appartement, tout nouvellement trouvé.

Rémus et lui avait effectué la contre-visite ensemble et le loup-garou avait pu juger de son confort. Le trois-pièces n'était certes pas immense, mais largement suffisant pour les besoins du futur Auror. Sirius en était heureux et c'était tout ce que pouvait lui souhaiter son ami.

Ils terminaient enfin, emballant le dernier carton, quand Sirius poussa Rémus sur le canapé, seul meuble qui n'était pas encore réduit. Son ami pouffa et ils s'affalèrent, épuisés.

- Qu'est-ce que tu vas faire, maintenant que je serai plus là pour veiller sur toi ?

- Est-ce que c'est vraiment de toi que tu parles, Paddy ? Ne serait-ce pas plutôt l'inverse ?

- Voyons, Moony, tout le monde sait que je suis le plus vieux …

- Et ça fait de toi quelqu'un de responsable ?

- Évidemment !

- Évidemment … Paddy, tu es l'homme le plus irresponsable sur Terre qu'y puisse exister !

- Oh, non ! Tu exagères ! Mitchell était pire !

- Mitch … Le Mitchell de Serdaigle ? Non, mais lui ne compte pas, il est hors catégorie ! C'était un vantard de première, que de la gueule et rien dans le ventre, oui ! Tu te rappelles le défi qu'on lui avait lancé la veille du Noël 74 ? Il ne s'était même pas pointé et le lendemain il avait prétexté une maladie quelconque …

- Okay Okay … On oublie Mitchell … Il y avait aussi ce gars, là …

- Arrête, Paddy ! Tu es indécrottable …

Sirius pouffa et sans crier gare, il dit :

- Bon, parlons bien, parlons Kingsley.

Aussitôt, Rémus cessa de rire bêtement et rougit comme une écrevisse.

- Je serai bientôt plus là pour jouer les entremetteurs, alors accélère !

- Quoi ? Mais …

- Oh arrêtes, Moony ! Ça se voit comme le nez au milieu de la figure que tu en pinces pour lui ! Vous vous seriez vus, tous les deux …

- Stop, murmura Rémus incroyablement gêné.

- Vous vous tournez autour, vous envoyant des petits regards énamourés …

- Arrête.

- Même vos gestes parlent pour vous ! Ok, Kings a toujours été hyper tactile, mais là c'est carrément des attouchements !

- Tais-toi ! Finit par crier Rémus.

Sirius se tut subitement et considéra le visage de son ami. Ce dernier se tenait tendu devant lui, le visage rouge, mais ce n'était plus de la gêne, c'était de la colère.

- Tu crois que je ne l'ai pas vu ? Tu crois que je m'amuse à le voir si proche ? Je ne peux pas faire ça … Je ne peux pas !

- De quoi tu parles, Moony ?

Rémus avait retrouver son teint, mais ses yeux s'étaient embués. Une boule dans la gorge, il fut incapable d'expliquer à Sirius qu'il avait simplement peur. Cependant, Sirius reconnaissait cette mine et il n'eut pas besoin de mots pour comprendre. Il avait devant lui le bon vieux Moony, son ami d'enfance et sa gueule de loup coupable.

- Moony, dis-moi que tu ne penses pas être « assez bien » pour lui.

- Non, mais …

- Oh ! Alors c'est parce que tu as peur que ça se finisse mal ? Écoutes, Kingsley et toi avez l'air de vraiment bien vous entendre ! Franchement, si je ne te connaissais pas si bien, j'aurais pu croire que vous êtes déjà en couple. Sincèrement, vous …

- Harry. Je ne veux pas perdre Harry.

- Oh, Moony …

- Si jamais, pour je ne sais quelle raison, ça se passe mal … Et il y a plein de raisons pour lesquelles ça pourrait mal tourner … Ce sera Kingsley qui aura la garde de Harry ! Parce que c'est lui le tuteur officiel, moi je ne suis rien légalement parlant. Et Harry est devenu vraiment très important pour moi.

- Sauf que si Kingsley se lasse de te tourner autour sans recevoir de réponse, il finira sûrement par aller voir ailleurs et chercher un plus beau, plus jeune, plus riche …

Rémus le regarda choqué, persuadé qu'il allait dénier ses allégations et le rassurer, mais Sirius faisait tout le contraire. Il était en train de critiquer leur ami.

- Quoi ? Non ! Kingsley n'est pas comme ça !

- Ah ! Cria Sirius. Tu vois, toi même tu reconnais qu'une telle chose n'arrivera pas !

Rémus rougit alors.

- Moony, même si ça devait mal se passer … Kingsley est quelqu'un de bien, tu le sais, c'est pour ça qu'il a cette place dans ta vie et celle de Harry. Alors fait lui un peu confiance, je suis persuadé qu'il ne t'enlèverait pas le droit de visite du petit.

- Mais …

- Il n'y a pas de « mais » qui tienne, Moony. Tu vas me faire le plaisir de prendre ton courage de Gryffondor à deux mais et saisir ta chance !

Rémus en resta comme deux ronds de flanc.

- Bon, et puis c'est pas le tout, mais il faut encore que j'emmène tout ce barda dans mon nouvel appartement. Alors, tu m'excuseras, mais j'ai encore du travail !

Et sur ces mots, il quitta les lieux, laissant Rémus muet et bouche béante derrière lui.

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Harry sortait de son cours de sortilèges et il avait les yeux brillants. Il avait hâte de raconter tout ça à Moony. Son petit professeur le suivait de peu, pour agrémenter le futur discours de son élève. En effet, l'enfant faisait des progrès fulgurants dans la pratique de la magie et il devait en discuter avec ses tuteurs. Sûrement n'était-ce dû qu'à sa pratique particulière et avantagée de la métamorphose, mais il voulait s'assurer que Rémus et Kingsley soit au courant des faits pour que Harry soit bien pris en charge.

Le petit brun déboula dans l'appartement comme une bombe et hurla :

- Moony !

Moony était bien sagement dans le canapé et n'avait rien loupé de l'arrivée explosive de Harry.

- Je t'entends et te vois très bien, Tiny. Nul besoin de faire tant de raffut !

- Oh, pardon Moony, fit l'enfant tout penaud.

Pourtant, son excitation était encore visible. Il trépignait sur place et se mordait la lèvre pour s'empêcher de parler inopinément.

Filius qui le suivait gloussa et s'annonça :

- Bonjour, Rémus. Puis-je entrer ?

- Bien sûr, Filius.

Rémus se leva et vint saluer le petit professeur.

- Je ne voudrais pas gâcher le plaisir de Harry, donc je le laisse parler.

Les deux adultes se tournèrent vers lui et, d'un hochement de tête, Rémus l'autorisa à prendre la parole. Aussitôt, Harry ouvrit grand la bouche et prit une grande inspiration, prêt à débiter le plus de paroles possibles. Cependant, il fut arrêté avant le carnage :

- Doucement, Harry. Nous avons tout notre temps et nous comprendrons mieux si tu le dis calmement.

L'enfant rougit, acquiesça et, après un petit soupire pour relâcher la tension qui l'habitait, prit la parole :

- Je voulais te dire que j'avais réussi tous mes sorts !

- Oh, je suis fier de toi, Tiny, fit Rémus en venant embrasser son front.

Harry eut un immense sourire qui amusa son professeur.

- Harry est un excellent élève, toujours aussi avide d'apprendre, très enthousiaste, mais qui sait aussi se concentrer quand il le faut.

- Bien, bien !

- Cependant, j'aimerais parler avec toi de petites choses. Rien de grave, juste faire un topo de l'avancement de Harry.

- Bien sûr ! Harry, tu préfères peut-être aller jouer ? Ou bien veux-tu rester ?

- Je peux rester ?

- Évidemment, c'est de toi que l'on va parler, tu as le droit d'entendre. Cependant, je crains que tu ne t'ennuies vite, mais c'est comme tu veux.

- Je voudrais rester …

- Bien. Veux-tu un petit goûter avant ?

- Oui !

Rémus prépara une tasse de chocolat chaud et une tartine de beurre. Quand ce fut prêt, ils s'installèrent tous à table et, tandis que Harry mangeait, Filius et lui entamèrent la discussion.

- Harry est très doué avec la magie. Il n'est pas particulièrement puissant, peut être juste un petit peu au-dessus de la moyenne, mais la façon dont il l'utilise est très originale. Il a la faculté de la convoquer avec une facilité déconcertante.

- Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Demanda Rémus, inquiet.

- Oh, c'est une bonne chose ! Seulement, je vais bientôt être limité dans ce que je peux lui transmettre … Je suis un expert en sortilèges avec baguette …

- Tu veux dire que …

- Harry fait une partie de magie sans baguette, oui. Et, sincèrement, je ne sais pas s'il est bon que je continue à l'instruire avec médiateur s'il n'a aucune difficulté à faire sans. Cette compréhension qu'il a de sa magie … J'ai peur de la bridée et de l'enfoncer dans un moule qui ne lui correspond pas si je poursuis son apprentissage comme je l'ai commencé.

- Crois-tu qu'il faille que j'en parle à Albus ?

- Il serait le plus à même de te répondre …

- Oui, je devrais le consulter. En revanche, je pense que continuer à étudier la théorie sur la magie et l'entraîner à l'écriture et la lecture sont toujours bon pour lui, n'est-ce pas ?

- Oui. C'est même important qu'il poursuive ! Et je crois qu'il aime ces cours, n'est-ce pas Harry.

- Oui, Fiyus ! Répliqua l'enfant qui suivait toujours la conversation d'une oreille tout en mangeant sa tartine.

Rémus sourit et lui offrit une caresse affectueuse dans les cheveux. Les deux hommes continuèrent à parler, d'abord de cours, puis d'autres sujets lambda. Harry finit par les abandonner et rejoindre sa chambre pour s'occuper autrement. Ce n'est que lorsque le petit professeur les quitta qu'il revint le saluer et le remercier pour ses cours.

Un fois que Filius fut partit, Rémus attira l'attention de l'enfant :

- Tu sais, Tiny, je suis très heureux que l'apprentissage de la magie te plaise tant, mais si je t'ai arrêté tout à l'heure, c'est parce qu'il faut que tu apprennes à réguler tes émotions. Tu peux être enjoué, mais lorsque tu t'exprimes pour expliquer quelque chose à quelqu'un, qui que ce soit, fait le calmement, ce sera plus agréable pour tout le monde. Même si te voir si enjoué me fais plaisir aussi. Est-ce que tu comprends ?

- Oui, Moony.

- Cela fait partie des comportements à observer en société, à avoir, si tu préfères.

- D'accord.

Rémus lui sourit et, après un baiser sur le front, l'envoya prendre sa douche.

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Merci pour votre lecture, j'espère que ça vous a plu, j'attends vos retours !

À bientôt !